22 octobre 2020

Capitaine Conan (1996) de Bertrand Tavernier

Capitaine ConanLes Balkans, septembre 1918. Alors que l’armistice est signé en France, l’armée d’Orient n’est pas démobilisée et reste en état de guerre. En casernes à Bucarest, les soldats sèment le désordre, pillent et tuent. Norbert a la délicate mission de faire condamner les coupables, les hommes du Capitaine Conan, son ami, à qui l’on doit la prise du mont Sokol…
Adaptation du roman homonyme de Roger Vercel, Capitaine Conan de Bertrand Tavernier est un film particulièrement ambitieux et riche. Son ampleur et le soin porté à sa réalisation le rendent remarquable au sein du cinéma français. La qualité de l’interprétation, Philippe Torreton en tête bien entendu mais aussi de tous les seconds rôles, lui donne une intensité qui ne faiblit à aucun moment. Le propos est assez subtil et complexe : il questionne principalement sur les limites que l’on donne à l’héroïsme, sur les règles qui régissent la guerre. Conan se définit comme un « guerrier » et appelle les autres des « soldats », il ne reconnait que ses propres règles et va donc s’opposer à son ami chargé de faire condamner les coupables de méfaits. Nous sommes loin de tout manichéisme et du jugement hâtif. Est-ce pour cette raison que le film n’a pas remporté une adhésion plus large auprès du public ? Capitaine Conan est pourtant l’un des plus grands films de Bertrand Tavernier. C’est un grand film tout court…

Elle: 4 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Philippe Torreton, Samuel Le Bihan, Bernard Le Coq, Catherine Rich, François Berléand, Claude Rich
Voir la fiche du film et la filmographie de Bertrand Tavernier sur le site IMDB.

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 Capitaine ConanPhilippe Torreton et Samuel Le Bihan dans Capitaine Conan de Bertrand Tavernier.

Une réflexion sur « Capitaine Conan (1996) de Bertrand Tavernier »

  1. Grand film effectivement.
    A noter que, surpris par l’utilisation de la langue bretonne dans le film, à l’occasion d’un bref échange entre Conan et Rouzic, et considérant par ailleurs sa totale absence du roman de Vercel, je me suis permis de demander à M. Tavernier qui avait eu l’idée de cette insertion dans le film. C’est en fait une idée commune de Jean Cosmos et de Bertrand, tous deux coscénaristes, le regretté Jean Cosmos, décédé en 2014 à Lannion (22), étant par ailleurs auteur des dialogues du film.
    C’est une oeuvre que je revisionne régulièrement, et j’y trouve toujours quelque chose que je n’avais remarqué auparavant. J’ai eu l’occasion de fréquenter quelques anciens combattants fracassés qui n’avaient jamais vraiment pu reprendre pied après la guerre, et je trouve que le film aborde ce sujet de façon très subtile. J’ai également beaucoup aimé les « seconds rôle », le « piteux Pitard » (excellent Claude Rich !), de Scève (excellent Bernard le Coq), François Berléand… A noter que Bertrand Tavernier s’est sérieusement blessé lors du tournage, il n’en n’est pas revenu indemne non plus ! Philippe Torreton est remarquable dans le rôle de Conan, Le Bihan l’est tout autant dans celui du jeune Norbert. La scène finale est magnifique et très émouvante, d’une noirceur qui vous étreint le cœur.

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