7 mai 2015

Le Portrait de Jennie (1948) de William Dieterle

Titre original : « Portrait of Jennie »

Le portrait de Jennie Le peintre Eben Adams, qui a bien du mal à vendre ses toiles jugées trop ordinaires, fait la rencontre un soir d’hiver d’une jeune fille habillée de vêtements un peu démodés. Elle disparaît mais il réussit à la revoir quelques jours plus tard. Il lui semble qu’elle a grandi. Elle est pour lui une source d’inspiration… Adapté d’un roman plutôt intimiste de Robert Nathan, Le Portrait de Jennie est une production de David O. Selznick pour sa propre compagnie, la Vanguard Films. L’histoire se situe sur le thème onirique et de l’amour inaccessible. Selznick a tenu à en gommer tous les aspects fantastiques. Malgré tout le talent de Dieterle, le résultat manque d’intensité, le souffle épique voulu par Selznick étant aux abonnés absents si ce n’est dans la fin que Selznick a voulu, selon ses propres dires, « à la Griffith ». Le tournage fut long, dispendieux, compliqué. William Dieterle réussit de belles scènes dans un New York enneigé et parvient à créer une atmosphère éthérée. De nombreuses scènes sont filmées à travers une toile pour donner l’impression d’une peinture animée. La frontière entre réel et irréel s’estompe. Le Portrait de Jennie connut un insuccès total à sa sortie mais avec le temps, il est monté dans l’estime des cinéphiles comme bel exemple de cinéma onirique. On peut toutefois, comme ce fut mon cas, le trouver ennuyeux…
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Jennifer Jones, Joseph Cotten, Ethel Barrymore, Lillian Gish, Cecil Kellaway, David Wayne
Voir la fiche du film et la filmographie de William Dieterle sur le site IMDB.

Voir les autres films de William Dieterle chroniqués sur ce blog…

Le Portrait de Jennie
Jennifer Jones et Joseph Cotten dans Le portrait de Jennie de William Dieterle

Remarques :
* Le Portrait de Jennie est en noir et blanc, sauf les dernières scènes qui sont teintés (ce qui lui donne un petit aspect « film muet ») et le plan final sur le tableau du titre est en couleurs (à la Levin…)
* Le film est ressorti en 1950 sous le titre The Tidal Wave pour tenter de capter un autre public, mais une fois de plus, sans succès.
* Dans certains cinémas, la scène finale de la tempête fut projetée en Magnascope sur un écran Cycloramic avec un son Multi-Sound. L’effet était saisissant.
* Le Portrait de Jennie est le dernier film du talentueux chef-opérateur / directeur de la photographie Joseph H. August qui a débuté dans les années dix (avec Thomas H. Ince notamment) et a travaillé sur plus de 150 films (dont plusieurs John Ford dans les années trente et quarante).

5 mai 2015

La Diligence vers l’Ouest (1966) de Gordon Douglas

Titre original : « Stagecoach »

La diligence vers l'OuestUne diligence part en direction de la ville de Cheyenne alors que la région est sous la menace de raids indiens meurtriers. Ses six passagers ont des motivations bien différentes de se rendre à leur destination…. On peut parfois se demander quelles motivations peut avoir un metteur en scène à s’attaquer à des films-monuments comme Stagecoach de John Ford. Penser que l’on va pouvoir surpasser ou au moins égaler l’original est passablement présomptueux. Gordon Douglas est un réalisateur aguerri, spécialiste des comédies et des westerns. Sur le déroulement de l’histoire, ce remake est la copie conforme de l’original : on y retrouve les mêmes personnages, les mêmes évènements, mais ici cette histoire n’a aucune force, tout tombe à plat. La poursuite est toutefois un peu différente, placée en forêt, probablement pour qu’elle soit plus spectaculaire. Côté acteurs, si Alex Cord est bien terne par rapport à John Wayne, l’interprétation de Bing Crosby (le médecin alcoolique), de Van Heflin (le shérif) et d’Ann-Margret (la jeune prostituée) sont honorables, voire excellente dans le cas de Bing Crosby dont c’est ici le dernier film. Cela ne suffit pas à sauver ce remake qui paraît bien inutile.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Ann-Margret, Bing Crosby, Robert Cummings, Van Heflin, Red Buttons, Slim Pickens, Stefanie Powers
Voir la fiche du film et la filmographie de Gordon Douglas sur le site IMDB.

Voir la présentation de l’original : La Chevauchée fantastique de John Ford (1939)

Stagecoach 1966
Slim Pickens et Van Heflin dans La diligence vers l’Ouest de Gordon Douglas

Stagecoach 1966
Alex Cord, Bing Crosby, Red Buttons et Mike Connors dans La diligence vers l’Ouest de Gordon Douglas.

Stagecoach 1966
Robert Cummings (de dos) et Ann-Margret dans La diligence vers l’Ouest de Gordon Douglas.

 

30 avril 2015

Deux rouquines dans la bagarre (1956) de Allan Dwan

Titre original : « Slightly Scarlet »

Deux rouquines dans la bagarreJune Lyons va accueillir sa soeur Dorothy à sa sortie de prison. June est l’assistante et la petite amie de Frank Jansen qui se présente aux élections pour nettoyer la ville des gangsters. Le principal d’entre eux, Solly Caspar, ne voit pas cela d’un bon oeil… Slightly Scarlet est un film plus intéressant que son titre français, un peu caricatural, ne le laisserait supposer. Ce n’est pas tant par son histoire qui est très classique : on aura bien du mal à lui trouver de l’originalité. Non, si Slightly Scarlett est digne d’être remarqué, c’est bien plus pour ses qualités esthétiques. Les couleurs (Technicolor) sont flamboyantes et la photographie du talentueux John Alton (qui a photographié sept films d’Allan Dwan, c’est ici le dernier d’entre eux) est superbe. Ces couleurs et éclairages permettent de mettre en valeur les deux héroïnes féminines, à commencer par leur chevelure rousse qui nous vaut le titre. Car ce sont bien les deux rouquines qui sont ici les personnages principaux. Arlene Dahl et surtout Rhonda Fleming ont une forte présence sensuelle et certaines scènes ont une indéniable intensité érotique. Très bien réalisé malgré un budget plutôt faible, Slightly Scarlet n’est pas un film à négliger. Patrick Brion a bien raison de le qualifier comme étant « le plus beau, avec Party Girl, des films noirs en couleurs ».
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: John Payne, Rhonda Fleming, Arlene Dahl, Ted de Corsia
Voir la fiche du film et la filmographie de Allan Dwan sur le site IMDB.

Voir les autres films de Allan Dwan chroniqués sur ce blog…

Lire la longue – mais intéressante – critique sur le site DVDClassik

 

Deux rouquines dans la bagarre
Arlene Dahl et Rhonda Fleming sont Deux rouquines dans la bagarre dans le film d’Allan Dwan.

Remarques :
* Le film est librement inspiré d’un roman de James Cain « Love’s Lovely Counterfeit ».
* Lorsque le chef opérateur John Alton demanda à Allan Dwan quel style esthétique il désirait, le réalisateur lui répondit : « Rembrandt, sans aucun doute ! »
* Slightly Scarlet est proche d’être la 400e réalisation d’Allan Dwan qui a débuté en 1911. Il en tournera encore cinq autres après celui-ci (sur les 400, la plupart sont des films d’une ou deux bobines tournés entre 1911 et 1915).

27 avril 2015

New York Confidential (1955) de Russell Rouse

New York confidentielCharlie Lupo est à la tête de la branche new-yorkaise du syndicat du crime. Il fait venir le tueur Nick Magellan de Chicago pour une mission et, impressionné par sa classe et son efficacité, décide de la garder à ses côtés… Après qu’une commission d’enquête (Kefauver hearings, 1950-51) eut révélé à des millions de spectateurs médusés l’omniprésence de la Mafia dans tous les rouages de la société américaine, un certain nombre de films virent le jour sur ce sujet (1). New York Confidential est l’un des plus remarquables d’entre eux. Il est librement inspiré d’un best-seller du même nom signé Jack Lait et Lee Mortimer. Il nous montre le fonctionnement de l’organisation criminelle avec ses règles et ses processus de décision. Contrairement au cinéma des années trente, les hommes qui la dirigent ne sont pas montrés comme des caïds risque-tout mais comme des hommes d’affaires, qui ont un bureau, une secrétaire et même une famille qui cause des soucis. Mais le personnage central de New York Confidential n’est l’un de ces patrons du crime mais son bras droit remarquablement interprété par Richard Conte, stylé et séduisant en apparence mais implacable tueur quand il s’agit de régler les problèmes. Finalement, New York Confidential est un étonnant précurseur, vingt ans auparavant, du Parrain de Coppola.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Broderick Crawford, Richard Conte, Marilyn Maxwell, Anne Bancroft, Mike Mazurki
Voir la fiche du film et la filmographie de Russell Rouse sur le site IMDB.

New York Confidential
Richard Conte  est un tueur stylé dans New York confidentiel de Russell Rouse

New York Confidential
Broderick Crawford  est l’un des chefs de la Mafia dans New York confidentiel de Russell Rouse, 20 ans avant Marlon Brando…

Remarque :
* Le terme « Mafia » n’est à aucun moment prononcé dans le film qui utilise le terme « Syndicat » ou « l’Organisation ».

(1) On pourrait citer The Captive City (1952) de Robert Wise, Hoodlum Empire (1952) de Joseph Kane ou encore The Turning Point (1952) de William Dieterle pour se limiter à ceux qui s’attachent à montrer le fonctionnement de la Mafia.
Il y en a beaucoup d’autres sur le thème du crime organisé  qui est l’un des sujets principaux de la décennie des années cinquante : The Enforcer de Raoul Walsh (1951), The Mob de Robert Parrish (1951), The Racket de John Cromwell (1952), The Narrow Margin de Richard Fleisher (1952), The Big Combo de Joseph H. Lewis (1955), etc.

21 avril 2015

Témoin à charge (1957) de Billy Wilder

Titre original : « Witness for the Prosecution »

Témoin à chargeA Londres, Sir Wilfred est un brillant avocat qui vient d’échapper à une grave crise cardiaque. Ses médecins lui déconseillent désormais les grandes affaires criminelles. Pourtant, il va accepter de défendre un homme accusé d’avoir tué une riche veuve… Incontestablement à classer parmi les tous meilleurs films de procès, Témoin à charge est adapté du roman homonyme d’Agatha Christie. Le film est particulièrement brillant par son mélange de gravité et de légèreté et par son interprétation hors-pair. Charles Laughton montre là son immense talent, sans jamais forcer le trait, simplement en donnant de l’intensité à chacune des scènes où il apparaît. De façon amusante, le flashback berlinois est un clin d’oeil très appuyé à La Scandaleuse de Berlin (1) où Marlene Dietrich tenait le même rôle. Le déroulement du scénario est habile et nous maintient en constante attention. Témoin à charge plut beaucoup à Agatha Christie qui déclara à sa sortie qu’il s’agissait de la meilleure adaptation d’un de ses romans au cinéma.
Elle:
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Tyrone Power, Marlene Dietrich, Charles Laughton, Elsa Lanchester, John Williams
Voir la fiche du film et la filmographie de Billy Wilder sur le site IMDB.

Voir les autres films de Billy Wilder chroniqués sur ce blog…

Voir les livres sur Billy Wilder

Témoin à Charge de Billy Wilder
Charles Laughton est magistral dans Témoin à charge de Billy Wilder
(à l’arrière-plan : John Williams)

Marlene Dietrich dans Témoin à Charge de Billy Wilder
Marlene Dietrich dans Témoin à charge de Billy Wilder

Remarques :
* Elsa Lanchester, qui interprète ici l’infirmière personnelle de l’avocat, était dans la vraie vie la femme de Charles Laughton (de 1929 jusqu’à sa mort en 1962)
* Témoin à charge est le dernier film de Tyrone Power. L’acteur décèdera d’une crise cardiaque l’année suivante à l’âge de 44 ans.
* Si le twist final est aujourd’hui une figure obligée des films policiers et des thrillers, cela l’était moins dans les années cinquante et les studios ont tout fait pour le garder secret : les équipes de tournage et même les acteurs ont travaillé avec des scénarios auxquels manquaient les dix dernières pages. Au moment de tourner la fin, toute l’équipe a dû signer un engagement de non-divulgation. Même la Famille Royale aurait signé un tel document lors d’une projection privée en avant-première.

(1) La Scandaleuse de Berlin de Billy Wilder (1948) avec Marlene Dietrich et Jean Arthur.

19 avril 2015

La Clé de verre (1942) de Stuart Heisler

Titre original : « The Glass Key »

La clé de verreHomme politique trouble, Paul Madvig décide de soutenir la candidature à la mairie de Ralph Henry qui veut assainir la ville, rompant ainsi brutalement ses relations avec le patron de maisons de jeux Nick Varda. En réalité, Madvig s’est surtout entichée de la fille de Ralph Henry. Ed Beaumont, le bras droit de Madvig ne voit pas cela d’un bon oeil. Ses craintes se justifient lorsque le fils de Ralph Henry est retrouvé mort dans une ruelle… Comme Le Faucon Maltais, le roman le plus connu des cinéphiles de Dashiell Hammett, La Clé de verre a été porté plusieurs fois à l’écran en moins de dix ans : Frank Tuttle l’avait déjà adapté en 1935 dans une assez bonne version avec George Raft et Edward Arnold. Cette version de 1942 est assez fidèle au roman dans le déroulement de l’histoire, à ceci près qu’elle se concentre sur la relation entre Beaumont et la fille de Henry. Pour la Paramount, l’occasion était trop belle de réunir à nouveau Alan Ladd et Veronica Lake à l’écran, après l’énorme succès de Tueurs à gages quelques mois auparavant, et de jouer sur la tension sexuelle générée par le couple et sur une certaine aura de mystère autour de Veronica Lake. Par rapport au livre, les relations ambigües entre Beaumont et l’homme de main Jeff, fortement teintées d’homosexualité et de sadomasochisme, sont restées (assez bizarrement, du fait de la censure). Sur le fond, le film met le doigt sur la corruption des politiques qui sont aux ordres de la pègre. Au final, on peut donc considérer que cette version de La clé de verre restitue bien l’esprit assez subversif des romans de Dashiell Hammett.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Brian Donlevy, Veronica Lake, Alan Ladd, Richard Denning, Joseph Calleia, William Bendix
Voir la fiche du film et la filmographie de Stuart Heisler sur le site IMDB.

The Glass Key (1942)
Brian Donlevy, Alan Ladd et Veronica Lake dans La clé de verre de Stuart Heisler (photo publicitaire)

Remarque :
* Pendant le tournage, Alan Ladd s’est retrouvé réellement assommé par William Bendix à la suite d’une erreur dans le coup porté par ce dernier. Bendix s’est à tel point confondu en excuses que ce fut le début d’une profonde amitié entre les deux acteurs qui durera jusqu’à leur mort (la même année en 1964).

Autres adaptations :
The Glass Key de frank Tuttle (1935) avec George Raft, Claire Dodd et Edward Arnold
Miller’s crossing des frères Coen (1990) (inspirés de deux romans de Hammett : La Clé de verre et La Moisson rouge)

Veronica Lake
Veronica Lake dans La clé de verre de Stuart Heisler (photo publicitaire)

18 avril 2015

Le Petit Lord Fauntleroy (1936) de John Cromwell

Titre original : « Little Lord Fauntleroy »

Le petit Lord FauntleroyUn jeune garçon de Brooklyn apprend qu’il est l’unique héritier d’un comte anglais et qu’à la demande de ce dernier, son grand-père, il doit aller vivre en Angleterre dans le château familial afin de se préparer à prendre sa suite… Le petit Lord Fauntleroy est un conte pour enfants écrit par Frances Hodgson Burnett qui a été porté plusieurs fois à l’écran. C’est une gentille histoire écrite au départ pour redorer le blason de l’aristocratie victorienne anglaise et mettre en relief ses valeurs humaines profondes, quelquefois enfouies mais toujours présentes, de générosité et d’altruisme. Mary Pickford en avait fait un succès quinze ans auparavant et, pour sa première production en indépendant (1), le producteur David O. Selznick n’a pas pris de risque en choisissant John Cromwell pour le réaliser car il savait qu’il aurait un travail soigné. La réalisation est effectivement très classique mais de qualité. Le jeune Freddie Bartholomew, que Selznick avait découvert pour son David Copperfield l’année précédente, fait une belle prestation et on notera le petit rôle de Mickey Rooney. Le succès fut au rendez-vous mais cette version du Petit Lord Fauntleroy présente moins d’intérêt aujourd’hui où l’histoire nous apparaît bien mièvre.
Elle:
Lui : 1 étoile

Acteurs: Freddie Bartholomew, Dolores Costello, C. Aubrey Smith, Guy Kibbee, Mickey Rooney
Voir la fiche du film et la filmographie de John Cromwell sur le site IMDB.

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(1) David O. Selznick venait de quitter la MGM pour fonder la Selznick International Pictures et avait signé un contrat de distribution avec United Artists.

Little Lord Fauntleroy 1936
C. Aubrey Smith, Freddie Bartholomew et Dolores Costello dans Le Petit Lord Fauntleroy de John Cromwell (1936)

Autres adaptations  :
Le petit Lord Fauntleroy (Little Lord Fauntleroy) d’Alfred E. Green et Jack Pickford (1921) avec Mary Pickford
Le petit Lord Fauntleroy (Little Lord Fauntleroy) de Jack Gold (1980) avec Rick Schroder et Alec Guinness

15 avril 2015

Broadway Danny Rose (1984) de Woody Allen

Broadway Danny RoseDans un restaurant de New York, à la fin d’un repas, des artistes de cabaret se racontent des histoires sur les gens du métier. La discussion se centre sur Danny Rose, un impresario qui se dévouait corps et âmes pour ses artistes, des tocards ou des laissés pour compte. L’un d’entre eux, le crooner de seconde zone Lou Casanova semblait soudain profiter d’une vague nostalgique mais celui-ci avait alors une liaison avec une jeune femme, Tina, qui fréquentait la pègre… Dans la filmographie de Woody Allen, Broadway Danny Rose s’inscrit dans une série de films nostalgiques ou, du moins, se situant dans le passé (1). Le film est pour le cinéaste l’occasion de rendre hommage aux petits, aux obscurs qui font le métier, parfois avec une totale abnégation mais une inébranlable force de conviction. L’histoire est totalement rocambolesque et assez amusante. Broadway Danny Rose ne fait pas vraiment partie des meilleurs films de Woody Allen, le plus remarquable étant probablement l’extraordinaire prestation de Mia Farrow, que l’on n’imaginait pas pouvoir interpréter avec tant d’aisance une blonde un peu vulgaire à la voix haut-perchée. Elle montre indéniablement toute la versatilité de son talent.
Elle: 3 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Woody Allen, Mia Farrow
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Broadway Danny Rose (1984) de Woody Allen
Remarques :
* Mia Farrow porte des lunettes de soleil dans tout le film. On ne voit ses yeux que brièvement, quand elle se regarde dans la glace de la salle de bains par exemple. Woody Allen a dit avoir craint qu’elle ne puisse être crédible en « poule italienne » (« italian broad ») si l’on voyait ses yeux.

* Le film est presque atemporel car il est bien difficile de situer l’histoire racontée dans le temps ; la mention de l’atterrissage sur le Lune la situerait à la toute fin des années soixante.

* Le chanteur Lou Casanova est jouée par un authentique chanteur-crooner : Nick Apollo Forte. Woody Allen dit avoir eu beaucoup de mal à le faire jouer juste, ses scènes nécessitant parfois 40 prises. Il n’a tourné aucun autre film…

Broadway Danny Rose (1984) de Woody Allen

* Assis à la table du restaurant, les personnes qui évoquent leurs souvenirs sont de véritables artistes de music-hall. Celui qui raconte l’histoire de Danny Rose est Milton Berle (3e en partant de la gauche). On notera la présence dans le groupe de Jack Rollins (2è en partant de la droite), le producteur de Woody Allen, dont on connait si bien le nom puisqu’il ouvre tous les génériques de ses films (il a également un petit rôle dans Stardust Memories). A noter que Jack Rollins est né le 23 mars 1915, il vient donc d’avoir 100 ans… et continue de coproduire les films du cinéaste !

 

Broadway Danny Rose (1984) de Woody Allen
Woody Allen et Mia Farrow dans Broadway Danny Rose de Woody Allen

(1) Comédie érotique d’une nuit d’été (1982), Zelig (1983), Broadway Danny Rose (1984), La Rose Pourpre du Caire (1985), Radio Days (1987). Ces cinq films se suivent, hormis le fait que Hannah et ses soeurs (1986) s’intercale entre les deux derniers.

9 avril 2015

Mondwest (1973) de Michael Crichton

Titre original : « Westworld »

MondwestDans le futur, deux américains se rendent dans un parc d’attractions qui recrée des mondes du passé : une bourgade du Far-West, un château médiéval ou une demeure de la Rome Antique. Ces mondes sont peuplés de robots humanoïdes ce qui permet aux visiteurs de laisser libre cours à tous leurs penchants… Mondwest est le premier long métrage de Michael Crichton qui en a, bien entendu, écrit le scénario. Depuis Asimov (et même avant), le thème du robot qui se retourne contre son créateur est l’un des thèmes majeurs de la science-fiction et Crichton en propose ici une variation intéressante car il la double d’une réflexion sur la violence. Il met en opposition (ou est-ce un parallèle ?) l’obéissance à des pulsions instinctives de violence du robot au désir civilisé de divertissement des humains où pointe une certaine fascination pour cette même violence. Yul Brynner est assez étonnant dans ce rôle d’androïde. Il utilise le costume qu’il a utilisé pour Les 7 Mercenaires, ce qui donne une dimension particulière à son personnage. Tourné avec un petit budget, Mondwest connut un beau succès alors que le projet avait été refusé par plusieurs studios.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Yul Brynner, Richard Benjamin, James Brolin
Voir la fiche du film et la filmographie de Michael Crichton sur le site IMDB.

Mondwest
Yul Brynner, l’étonnant androïde de Mondwest par Michael Crichton.

Remarques :
* Michael Crichton aurait eu l’idée du scénario après une visite à Disneyland où il avait vu une reconstitution du monde des pirates des Caraïbes avec des automates animés.

* Mondwest est le premier film à inclure des images retouchées par ordinateur : pour simuler la vision de l’androïde, l’image est pixélisée. Sans scanner couleur (qui n’existait pas encore), il fallut scanner trois films, les couleurs de base étant séparées optiquement au tirage. Lire un article sur le sujet… (en anglais)
L'image pixelisée de Mondwest

* Mondwest est l’une des toutes premières évocations de la possibilité d’apparition de virus informatiques (il s’agit toutefois de virus en génération spontanée alors que les virus, tels que nous les connaissons aujourd’hui, ont toujours une origine humaine et délictuelle).

* Mondwest a eu une suite (moins intéressante et à laquelle Crichton n’a pas participé) :
Les rescapés du futur (Futureworld) de Richard T. Heffron (1976) avec Peter Fonda.
Il faut aussi mentionner Beyond Westworld (1980), cinq épisodes d’une série télévisée utilisant les mêmes robots à la solde d’un créateur qui rêve d’une société entièrement robotisée.

8 avril 2015

Mississippi (1935) de A. Edward Sutherland

MississippiUn jeune homme du Nord (Bing Crosby), fiancé à la fille d’une famille du Sud, refuse de se battre en duel avec l’un des anciens prétendants de sa fiancée. Il est chassé de la famille et s’engage comme chanteur sur le bateau du pittoresque Commodore Jackson (W.C. Fields)… Mississippi est la version musicale d’une pièce de Booth Tarkington, Magnolia, déjà portée par deux fois à l’écran par la Paramount. Le film était conçu pour plaire, en joignant à une star montante, Bing Crosby, une bonne dose d’humour avec l’inénarrable W.C. Fields. Ce dernier est hélas moins débridé qu’à son habitude, il semble relégué ici à jouer les faire-valoir, le meilleur étant certainement dans une amusante partie de poker aux multiples as où il fait preuve d’une belle dextérité. Mississippi pourra ravir les amateurs de Bing Crosby, qui déploie beaucoup de charme dans les chansons qu’il interprète, mais les autres pourront être aussi déçus que je le fus…
Elle:
Lui : 1 étoile

Acteurs: Bing Crosby, W.C. Fields, Joan Bennett
Voir la fiche du film et la filmographie de A. Edward Sutherland sur le site IMDB.

Voir les autres films de A. Edward Sutherland chroniqués sur ce blog…

Mississippi
Bing Crosby, Joan Bennett et W.C. Fields dans Mississippi d’Edward Sutherland

Remarques :
* Précédentes adaptations de la pièce Magnolia :
Le Capitaine Blake (The Fighting Coward) de James Cruze (1924) avec Mary Astor
River of Romance de Richard Wallace (1929) avec Charles Rodgers et Mary Brian

* Fred Kohler interprétait déjà le Capitaine Blackie dans la version de 1929.

* Wesley Ruggles a réalisé certaines scènes lorsque Edward Sutherland était absent.

* L’une des amies écolières de Joan Bennett est jouée par la jeune Ann Sheridan qui a même une ou deux lignes de texte.