6 janvier 2018

Bullitt (1968) de Peter Yates

BullittLe lieutenant de police Frank Bullitt est chargé par un sénateur de protéger un témoin prêt à témoigner contre la Mafia pendant un week-end…
Bullitt est un film que tout le monde connaît pour sa scène centrale de 10 minutes, une poursuite automobile qui a révolutionné le genre. Depuis ses tous débuts, le cinéma a bien moult fois montré des courses-poursuites motorisées de toutes natures mais jamais de façon si spectaculaire. Utilisant avec une certaine maestria la topologie si particulière de San Francisco, l’anglais Peter Yates transforme les bolides en animaux qui bondissent et rugissent de leurs huit cylindres. Il multiplie les angles de vue, adoptant même une vision subjective qui donne des haut-le-cœur dans les descentes, avec un montage particulièrement efficace. Toute cette scène fut tournée sans trucage, sur les lieux réels, comme le restant du film qui offre cependant beaucoup moins d’intérêt. L’histoire n’est guère passionnante.  Si Peter Yates sait créer de belles images, avec un certain style d’ailleurs (on le voit dès le générique), il se révèle totalement incapable de donner la moindre épaisseur à ses personnages. Il se contente de les filmer, in situ, parfois au plus près de leur quotidien, dans un esprit presque Nouvelle vague ! Gros succès commercial.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Steve McQueen, Robert Vaughn, Jacqueline Bisset, Don Gordon, Robert Duvall
Voir la fiche du film et la filmographie de Peter Yates sur le site IMDB.

Bullitt
Course-poursuite dans les rues de San Francisco dans Bullitt de Peter Yates.

Bullitt
Steve McQueen pilote lui-même dans certaines scènes de Bullitt de Peter Yates, mais pas toutes. On peut le remarquer à la position du rétroviseur : quand il est plus haut et ne montre rien, c’est Bud Ekins qui pilote. Les vitesses réelles ont été jusqu’à 170 km/h. Pour en savoir plus sur les voitures

4 janvier 2018

Le Pont des espions (2015) de Steven Spielberg

Titre original : « Bridge of Spies »

Le Pont des espionsEn 1957, un espion soviétique œuvrant secrètement aux Etats-Unis est arrêté. Un avocat, brillant mais plutôt spécialiste en assurances, est commis d’office pour le défendre. Son intervention va aller bien au-delà…
Ecrit par les frères Coen et Matt Charman, Le Pont des espions s’inspire de faits réels. L’histoire est de celles dont Hollywood raffole, celle d’un homme ordinaire amené à tenir un rôle extraordinaire. Le scénario se déroule à la perfection et nous happe totalement. Comme on peut s’y attendre de la part d’un réalisateur de talent comme Spielberg, la mise en scène est totalement maitrisée. Le tournage s’est déroulé en bonne partie sur les lieux réels (le pont de Glienicke à Berlin, notamment) avec une reconstitution minutieuse (étonnantes scènes de la construction du Mur). L’image est très belle, Spielberg et son habituel directeur de la photographie Janusz Kamiński ayant opté pour l’utilisation d’objectifs anamorphiques (1). Le Pont des espions est un film d’un très beau classicisme.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Tom Hanks, Mark Rylance, Amy Ryan, Scott Shepherd, Will Rogers
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Voir les livres sur Steven Spielberg

Le Pont des espions
Scott Shepherd et Tom Hanks dans Le Pont des espions de Steven Spielberg.

Le Pont des espions
Mark Rylance dans Le Pont des espions de Steven Spielberg.

Le Pont des espions
Le pont de Glienicke à Berlin dans Le Pont des espions de Steven Spielberg.

(1) L’anamorphose est un procédé optique qui compresse l’image dans sa largeur, par exemple pour permettre de stocker une image cinémascope dans un format 4/3. Longtemps utilisée pour palier aux différences de format, l’anamorphose a un regain d’intérêt pour ses qualités graphiques : plus de contrôle sur la profondeur de champ, et surtout une plus belle mise en valeur du sujet sur le fond avec un bokeh (flou d’arrière plan) plus esthétique et très particulier en grain de blé (au lieu d’être rond).
Voir un exemple des différences (regardez l’arrière-plan)
ou observez les grains de blé dans l’image ci-dessous.

Le Pont des espions
Tom Hanks dans Le Pont des espions de Steven Spielberg.

3 janvier 2018

La Dame en rouge (1935) de Robert Florey

Titre original : « The Woman in Red »

La Dame en rougeShelby (Barbara Stanwyck) est une écuyère professionnelle salariée par Nicko, une riche héritière qui a des vues sur Johnny, joueur de polo et fils d’une vieille famille désargentée de Long Island. Mais Johnny fait une cour assidue à Shelby qui finit par accepter ses avances même si elle comprend qu’elle va perdre sa place…
Adapté d’un roman de Wallace Irwin, The Woman in Red est un de ces films tournés rapidement (25 jours) que les studios alignaient au milieu des années trente. Le français Robert Florey a ainsi tourné pas moins de sept films en 1935. L’histoire n’est pas en soi très remarquable si ce n’est qu’elle abrite une critique sociale en dressant un portrait peu flatteur de la haute société de l’est des Etats-Unis, un cercle très fermé de familles qui se targuent d’être les descendants des premiers émigrants  qui arrivèrent par le Mayflower. Le film est surtout un vecteur pour Barbara Stanwyck qui fait une belle composition, sans faille aucune, dans un de ces personnages auxquels le public américain pouvait s’identifier : une femme émancipée, au tempérament volontaire, faisant fi de la lourdeur des conventions sociales. Film rare.
Elle: 2 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Barbara Stanwyck, Gene Raymond, Genevieve Tobin, John Eldredge
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Remarque :
* Robert Florey est très réputé pour ses écrits sur Hollywood :
Voir les livres écrits par Robert Florey

The Woaman in Red
Gene Raymond, Genevieve Tobin et Barbara Stanwyck dans La Dame en rouge de Robert Florey.

Homonyme :
The Woman in Red (La Fille en rouge) de Gene Wilder (1984), remake du film Un éléphant, ça trompe énormément d’Yves Robert.

2 janvier 2018

Retour vers le futur 3e partie (1990) de Robert Zemeckis

Titre original : « Back to the Future Part III »

Retour vers le futur: 3e partieCoincé en 1955, Marty découvre que Doc est bloqué en 1885 grâce à une lettre que ce dernier lui a fait parvenir. Il lui indique où il pourra retrouver la DeLorean, cachée depuis cette époque, pour qu’il puisse revenir en 1985. Mais il va faire une étrange découverte qui le poussera à remonter le temps à la rencontre de Doc…
Après un deuxième volet qui poussait très loin les paradoxes temporels, ce troisième film apparaît très différent. La famille McFly est un peu mise de côté et, avec elle, les inévitables paradoxes. Nous nous concentrons cette fois sur le personnage de Doc qui, tout en restant très excentrique et plein de ressources, va se découvrir une âme romantique grâce à l’arrivée de Mary Steenburgen. Parfaitement réalisé, Retour vers le futur 3 est une amusante variation autour du thème du western dont il reprend l’ambiance et les composants les plus emblématiques, de façon légère, sans aucun sérieux. L’ensemble est bon enfant. Sur un rythme assez trépidant, il y a là un excellent dosage entre aventures, humour et science-fiction.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Michael J. Fox, Christopher Lloyd, Mary Steenburgen, Thomas F. Wilson, Lea Thompson, Elisabeth Shue
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retour vers le futur 3
Michael J. Fox et Christopher Lloyd se retrouvent en 1885 dans Retour vers le futur: 3e partie de Robert Zemeckis.

Remarques :
* Le site Futurepedia (en anglais) est un site collaboratif qui reprend tous les évènements et personnages de la série Back to the Future et, surtout, qui reconstruit toute la chronologie, remplit tous les trous, explore diverses possibilités. Le contenu est abondant.

* Lorsque Marty parle de Clint Eastwood au Doc de 1955, celui-ci répond : « Clint qui ? » En arrière-plan, Zemeckis s’est amusé à placer deux affiches de Tarantula et de Revenge of the Creature, deux films de 1955 dans lequel Clint Eastwood, alors âgé de 25 ans, avait un tout petit rôle de figuration (non crédité au générique).

Retour vers le futur 3

Retour vers le futur 3
C’est ZZ Top qui assure l’ambiance au bal du village dans Retour vers le futur: 3e partie de Robert Zemeckis.

La trilogie :
Retour vers le futur (Back to the Future) de Robert Zemeckis (1985)
Retour vers le futur 2 (Back to the Future II) de Robert Zemeckis (1989)
Retour vers le futur 3 (Back to the Future III) de Robert Zemeckis (1990)

29 décembre 2017

Bagarres au King Creole (1958) de Michael Curtiz

Titre original : « King Creole »

Bagarres au King CreoleLe jeune Danny Fisher n’est guère doué pour les études et doit faire de petits boulots pour rapporter un peu d’argent au foyer qu’il partage avec sa soeur aînée et son père, un homme faible, brisé par la mort de sa femme. Alors qu’il balaie dans un club au petit matin, il prend la défense d’une jeune femme, malmenée par des pochards tardifs…
King Creole est le quatrième film d’Elvis Presley. Initialement, ce scénario inspiré d’un roman d’Harold Robbins sur un boxeur était destiné à James Dean. L’histoire fut remaniée pour s’adapter à un chanteur et le producteur Hal Wallis s’efforça de convaincre Michael Curtiz d’accepter de le réaliser. L’intention était de corriger les excès du film précédent d’Elvis, Le Rock du bagne (Jailhouse Rock), et de montrer une meilleure image de la star. Malgré le titre français, il n’y a que peu de bagarres. L’histoire, plus complexe, lui permet de montrer de réels talents d’acteur. Outre la réalisation précise de Curtiz, le film profite d’une belle photographie en noir et blanc qui contribue à donner une ambiance de film noir. King Creole est assez unanimement considéré comme étant le meilleur film d’Elvis Presley.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Elvis Presley, Carolyn Jones, Walter Matthau, Dolores Hart, Paul Stewart
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King Creole
Walter Matthau, Vic Morrow et Elvis Presley dans King Creole de Michael Curtiz.

King Creole
Elvis Presley chantant « King Creole » dans King Creole de Michael Curtiz.

Remarques :
* Lors du tournage, Elvis Presley fut parfois rétif aux instructions très directives de Michael Curtiz mais à la fin lui confia : « Maintenant, je sais ce qu’est un grand réalisateur ».

* La scène un peu suggestive de la chanteuse « Banana » (Liliane Montevecchi) fut coupée à la sortie par crainte de la censure pour n’être restaurée qu’en 2009. La chanson « Hard Headed Woman » d’Elvis fut également coupée à la sortie, probablement pour ne pas allonger le film, et elle ne figure toujours pas dans la version de 2009 (il n’en reste que quelques secondes lorsque la sœur arrive au club, juste avant qu’il ne chante King Creole).

Tournage de King Creole
Michael Curtiz, le producteur Hal B. Wallis et Elvis Presley en conciliabule sur le tournage de King Creole de Michael Curtiz.

King Creole
Elvis Presley, Walter Matthau et Carolyn Jones dans King Creole de Michael Curtiz (photo publicitaire)

28 décembre 2017

Incassable (2000) de M. Night Shyamalan

Titre original : « Unbreakable »

IncassableUnique rescapé d’une catastrophe ferroviaire, David Dunn est surtout perturbé par sa relation difficile avec sa femme Audrey. Il ne trouve pas extraordinaire de s’en sortir sans une seule égratignure jusqu’à ce qu’il trouve sur son pare-brise un mot : « Combien de fois avez-vous été malade dans votre vie ? »…
Après Sixième sens, M. Night Shyamalan reste dans le thème du paranormal avec cet Incassable qu’il a écrit et réalisé. Peut-on être un super-héros sans en avoir conscience ? C’est cette voie qu’il a choisi d’explorer. Le moins que l’on puisse dire est que Incassable est un film plutôt original, on se demande constamment où le réalisateur veut en venir et l’ensemble est mis en scène de façon très sérieuse, comme s’il cherchait à donner de l’importance au sujet. Cela lui a valu d’être qualifié de prétentieux (c’est lui-même qui le dit). Le scénario peine à intéresser car on est constamment déçu que tout cela n’aboutisse sur rien : même les scènes où il fait monter la tension (l’enfant et le pistolet par exemple) font « plouf ». Et, sans même parler de la révélation finale, qui est un peu ridicule, le personnage interprété par Samuel L. Jackson parait bien mal écrit, et finalement, plutôt inutile. Le film ne manque pas de défenseurs toutefois. Peut-être faut-il être plus sensible au mythe des super-héros que je ne le suis…
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Bruce Willis, Samuel L. Jackson, Robin Wright
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Incassable
Bruce Willis et Samuel L. Jackson dans Incassable de M. Night Shyamalan.

24 décembre 2017

Un coin de ciel bleu (1965) de Guy Green

Titre original : « A Patch of Blue »

Un coin de ciel bleuUne jeune fille aveugle, maintenue sans éducation et maltraitée par une mère et un grand-père alcooliques, fait la rencontre d’un homme qui va lui ouvrir de nouveaux horizons. Elle ignore que cet homme est noir…
Adapté d’un roman d’Elizabeth Kata, A Patch of Blue est un film sur lequel il est difficile de porter un jugement en faisant abstraction de son impact social. Ses intentions de combattre les à-priori sur la couleur de peau sont louables et il ne faut pas négliger que ce film est sorti dans le contexte très raciste des années soixante : les évènements sanglants du Bloody Sunday en Alabama et le Voting Rights Act interdisant les discriminations raciales dans le vote datent de la même année 1965. Il est donc difficile de dire du mal de ce film. Toutefois, on peut trouver ses ficelles assez grossières. Les personnages de la mère et du grand-père, qui sont les seuls à être ouvertement racistes, sont absolument abominables. Shelley Winters a avoué avoir été malade de jouer un tel rôle. On la comprend. Le personnage interprété par Sydney Poitier est, quant à lui, parfait sous tous rapports : intelligent, équilibré, attentionné. Malgré ces excès de typage, le film est émouvant, notamment lorsque l’apprentissage de la jeune fille devient un véritable éveil à la vie. Le film connut un grand succès.
Elle: 4 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Sidney Poitier, Shelley Winters, Elizabeth Hartman, Wallace Ford
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A patch of blue
Sidney Poitier et Elizabeth Hartman dans Un coin de ciel bleu de Guy Green.

Remarques :
* Pour le rôle, Elizabeth Hartmann portait des lentilles opaques qui lui ôtaient effectivement la vue.
* Les scènes de baiser furent enlevées des copies destinées aux états du Sud des Etats-Unis où le mariage mixte était encore interdit par la loi.
* A Patch of Blue est le premier film d’Elizabeth Hartmann (21 ans) qui s’est retrouvée nominée aux Oscars pour le rôle. Cette lumineuse actrice n’a hélas pas fait une grande carrière par la suite. Dépressive, elle s’est donné la mort à l’âge de 43 ans.
* Excellent directeur de la photographie, oscarisé pour Les Grandes Espérances de David Lean (1946), l’anglais Guy Green est passé à la réalisation au milieu des années cinquante où sa carrière fut moins remarquable.

23 décembre 2017

Yakuza (1974) de Sydney Pollack

Titre original : « The Yakuza »

YakuzaEn Californie, un détective à la retraite est rappelé par un ancien ami devenu trafiquant, parce que sa fille a été enlevée par un chef yakuza mécontent d’une commande d’armes non livrée. Le détective se rend au Japon et fait appel à ses anciennes connaissances, notamment le frère d’une femme qu’il a aimée…
Martin Scorsese voulait tourner cette histoire écrite par Paul Schrader (auteur de Taxi Driver) mais les studios décidèrent que ce serait Sydney Pollack. Le réalisateur s’est trouvé très dépaysé pour la tourner, que ce soit sur le plan des acteurs, de l’équipe et même du lieu puisque la très grand grande majorité du film a été tourné au Japon (1). Malgré cela, Yakuza est un film personnel, ce n’est pas un film de genre. Il y a beaucoup de choses dans Yakuza, on pourrait même dire que c’est autant un film romantique qu’un film d’action, mais ce sont les différences de civilisation qui ont visiblement le plus intéressé Pollack, notamment le formalisme de certaines règles. Il tente ainsi de faire comprendre la mentalité japonaise et la rigueur consentie de son système de valeurs à un public occidental. Cela n’a visiblement pas marché car le film n’a pas trouvé son public. A cette époque, beaucoup de critiques avaient, par méconnaissance (2), de forts à-priori contre l’univers du cinéma japonais. Il est plus estimé aujourd’hui, assez justement car c’est un film joliment complexe.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Robert Mitchum, Ken Takakura, Brian Keith, Herb Edelman, Richard Jordan, Keiko Kishi, Eiji Okada
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(1) Sydney Pollack raconte que son directeur de la photographie (Kôzô Okazaki) ne parlant pas anglais et lui-même ne parlant pas japonais, ils communiquaient en utilisant un simple nuancier de gris.
(2) Le public occidental découvrira vraiment la richesse du cinéma japonais quelques années plus tard.

Yakusa
Ken Takakura et Robert Mitchum dans Yakuza de Sydney Pollack.

Yakuza
Ken Takakura dans Yakuza de Sydney Pollack.

22 décembre 2017

Les Dents de la mer (1975) de Steven Spielberg

Titre original : « Jaws »

Les dents de la merSur la plage de l’île d’Amity au large de la côte Est, une jeune étudiante est retrouvée rejetée par la mer, le corps déchiqueté. Le chef de la police pense à une attaque de requin et veut immédiatement fermer la plage. Mais le maire et les commerçants refusent de peur de voir la saison touristique compromise… Malgré l’échec de son premier long métrage (Sugarland Express), Steven Spielberg réussit à réunir un bon budget pour tourner Jaws, adaptation d’un bestseller dont il ne gardera que ce qui l’intéresse : le combat contre un ennemi invisible. Rien ne se passera comme prévu lors du tournage mais la ténacité du jeune réalisateur de 27 ans finira par l’emporter, certains revers se transformant même en atout : le naufrage de Bruce, le requin à manivelle, dès la première prise força Spielberg à aller encore plus loin dans sa décision de ne pas trop le montrer (il a fallu un mois pour le réparer). Un ennemi invisible, juste suggéré par le passage d’un aileron ou d’un vague corps massif, est bien plus terrifiant : on retrouve ainsi dans la seconde partie, la plus soignée, le même type d’angoisse que dans Duel (1971). La tension est alors très forte, la musique de John Williams venant l’accentuer encore,  le film est indéniablement prenant. Spielberg est bien un magicien quand il s’agit de manier les images. Comme on le sait, le succès fut immense : le film battit tous les records de recettes et fut largement copié, plus souvent pour le pire que pour le meilleur, à commencer par Universal qui produira trois suites… sans Spielberg.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Roy Scheider, Robert Shaw, Richard Dreyfuss
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Jaws

Remarques :
* Jaws est l’un des tous premiers films où les studios utilisèrent une technique commerciale aujourd’hui largement répandue. Auparavant, les films sortaient dans quelques villes et, si les retours étaient positifs, on montait en puissance. Pour Jaws, Universal a tout de suite fait dupliquer un très grand nombre de copies et l’a sorti simultanément dans des centaines de salles tout autour du pays afin de créer une onde de choc massive. De plus, le film est de plus sorti en plein été, devenant ainsi le premier blockbuster de l’été (habituellement, les grosses sorties se faisaient en décembre mais le film eut du retard). Du fait du sujet, le même film sorti dans les froideurs de décembre aurait probablement eu moins d’impact.
* Jaws s’inscrit dans la vogue des films-catastrophe des années 70 (La Tour infernale est sorti l’année précédente).

* Une scène est restée célèbre : lorsque Roy Scheider est témoin de la première attaque sur la plage, Steven Spielberg fait sur son visage un effet de « traveling contrarié » (Dolly zoom en anglais), effet qui consiste à faire un traveling avant ou arrière en le compensant par un zoom inverse. Résultat : la tête du personnage reste à la même dimension mais le décor derrière lui change de taille. Cet effet a été utilisé pour la première fois par Hitchcock dans Vertigo, puis dans Psychose et Marnie.

Jaws
La face cachée de Bruce le Requin qui sème la terreur dans Les dents de la mer de Steven Spielberg (on remarque à l’arrière-plan à gauche, une barge pleine de monde qui semble être l’équipe de tournage).

21 décembre 2017

Retour vers le futur 2 (1989) de Robert Zemeckis

Titre original : « Back to the Future Part II »

Retour vers le futur 2A peine remis de ses aventures, Marty doit repartir avec Doc qui revient du futur pour le chercher. Cela concerne ses enfants dit-il, tout en restant très vague. Ils repartent dans une DeLorean visiblement améliorée par Doc, puisqu’elle vole et utilise des détritus comme carburant ! Ils se retrouvent ainsi en 2015…
Contrairement aux apparences, aucune suite n’était initialement prévue. La fin du premier film n’était qu’un gag, qui s’est transformé en point de départ obligé pour ce deuxième volet (1). Le scénario initial, toujours écrit par Robert Zemeckis et Bob Gale, était si copieux qu’il fut décidé de tourner immédiatement deux suites dont les tournages furent enchaînés sans attendre. Le début du film donne une petite impression de déjà-vu, le scénario reproduisant beaucoup des scènes du premier volet dans un nouvel environnement, mais la suite se révèle être plus intéressante. La façon dont le scénario utilise les différents niveaux de réalité à une époque donnée est assez remarquable : il n’y en aura pas moins de quatre dans la seconde moitié du film et, hormis les habituels paradoxes, tout se tient et reste cohérent. Plutôt que de tenter de les résoudre (ce qui serait peine perdue), les scénaristes jouent avec ces paradoxes pour enrichir leur histoire et créer des situations rocambolesques (2). Hormis Marty, c’est le personnage de Biff, le méchant, qui est cette fois le plus mis en avant, Doc paraissant plus sage que dans le film précédent. Ce fut une nouvelle un grand succès commercial.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Michael J. Fox, Christopher Lloyd, Lea Thompson, Thomas F. Wilson, Elisabeth Shue
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Remarques :
* Les scènes du début communes avec le film précédent furent tournées de nouveau car l’actrice Claudia Wells avait mis sa carrière d’actrice entre parenthèses pour soigner sa mère atteinte d’une grave maladie. Elisabeth Sue prit donc sa place.
* Un différend entre l’acteur Crispin Glover (George McFly, le père de Marty dans le premier volet) et les producteurs a conduit son personnage au cimetière.
* Le film a été tourné avant l’arrivée des effets créés par ordinateur. Toutes les scènes où un même acteur apparaît plusieurs fois (Michael Fox est notamment présent dans trois personnages lors de la scène du repas) ont été fait par avec le système VistaGlide créé par Industrial Light & Magic. Le maquillage de l’acteur concerné prenant de nombreuses heures, de nombreux objets étaient collés sur place afin qu’ils ne bougent pas entre les prises. A noter que Zemeckis avait déjà goûté aux délices du VistaGlide avec Qui veut la peau de Roger Rabbit? (1988).
* L’un des deux jeunes garçons près du jeu vidéo est joué par Elijah Wood (8 ans), sa première apparition au cinéma.
* Il est assez indispensable d’avoir vu le film précédent pour comprendre ce deuxième volet.

(1) Zemeckis a précisé que, s’ils avaient prévu de faire une suite, ils n’auraient pas mis Jennifer dans la voiture car elle était un poids mort pour les possibilités d’une suite, obligatoirement centrée sur Marty et Doc. Effectivement, le scénario paraît bien maladroit en ce qui concerne Jennifer en 2015. Il plus que patent qu’ils ne savent pas quoi en faire.
(2) D’ailleurs, comme on peut le voir sur tous les claps des vidéos de tournage, le titre provisoire était « Paradox ».

Retour vers le futur 2
Michael J. Fox et Christopher Lloyd dans Retour vers le futur 2 de Robert Zemeckis.

retour vers le futur 2
Petite pique (de Spielberg ?) envers Universal : Jaws 19 est à l’affiche en 2015 dans Retour vers le futur 2 de Robert Zemeckis.

La trilogie :
Retour vers le futur (Back to the Future) de Robert Zemeckis (1985)
Retour vers le futur 2 (Back to the Future II) de Robert Zemeckis (1989)
Retour vers le futur 3 (Back to the Future III) de Robert Zemeckis (1990)