12 avril 2018

Le Milliardaire (1960) de George Cukor

Titre original : « Let’s Make Love »

Le MilliardaireDescendant d’une famille française qui a construit une fortune colossale depuis deux siècles, Jean-Marc Clément est un milliardaire qui multiplie les conquêtes féminines. Apprenant qu’une revue off-Broadway va se moquer de lui, il décide d’aller assister à l’une des répétitions. Il est pris pour un acteur venu auditionner pour le rôle…
Le début de Let’s Make Love a de quoi nous réjouir avec le superbe My Heart Belongs to Daddy (de Cole Porter) dansé et chanté par une Marilyn Monroe pleine de naturel et de sensualité. Il fait partie de ces numéros qui ont construit le mythe Marilyn. Hélas, le reste n’est pas aussi enthousiasmant. Malgré tout le potentiel de la situation de départ, l’histoire paraît bien poussive et Yves Montand s’y montre vraiment sans éclat. Malgré l’idylle entre les deux acteurs, rien ne passe à l’écran entre eux. La piètre performance d’Yves Montand serait-elle due au fait que l’acteur serait rétif à l’américanisation (1), américanisation qui est, somme toute, le sujet-même du film ? Rien ne fonctionne. George Cukor, en grand spécialiste des portraits de femme, a pourtant eu une approche intéressante, celle de prendre à contrepied l’image de son actrice : Marilyn n’a rien de vénale ou de frivole, elle est juste une jeune femme simple et désintéressée. Mais finalement, ce sont ses numéros et chansons qui sont les seuls points d’intérêt : outre le morceau précité, Marilyn Monroe interprète Let’s Make Love, Incurably Romantic et Specialization.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Marilyn Monroe, Yves Montand, Tony Randall, Wilfrid Hyde-White
Voir la fiche du film et la filmographie de George Cukor sur le site IMDB.

Voir les autres films de George Cukor chroniqués sur ce blog…
Voir les livres sur George Cukor

Lire un avis plus enthousiaste sur le site DVDClassik

Let's Make Love
Marilyn Monroe,  Yves Montand et Tony Randall dans Le Milliardaire de George Cukor.

Let's Make Love
My Heart Belongs to Daddy : Marilyn Monroe dans Le Milliardaire de George Cukor.

Remarques :
* George Cukor a réalisé quatre films sur le monde du spectacle dans la décennie des années 50 :
Une étoile est née (A Star is Born) avec Judy Garland en 1954
Les Girls (Girls) avec Gene Kelly en 1957
La diablesse en collant rose (Heller in Pink Tights) avec Sophia Loren en 1960
Le Milliardaire (Let’s Make Love) en 1960

* Arthur Miller serait intervenu dans l’écriture du script pour étoffer le rôle de sa femme Marilyn.

(1) La formule est de Jean-Pierre Coursodon et Bertrand Tavernier dans 50 ans de cinéma américain.

Let's Make Love
Arthur Miller, Simone Signoret, Yves Montand et Marilyn Monroe lors d’une conférence de presse pour Le Milliardaire de George Cukor.

11 avril 2018

L’Évadée (1946) de Arthur Ripley

Titre original : « The Chase »

L'évadéeAu lendemain de la guerre, Chuck Scott est embauché comme chauffeur du gangster Eddie Roman. Il a ainsi l’occasion de conduire sa femme Lorna, qui reste longuement, pensive et mélancolique, face à la mer. Elle finit par se confier à lui…
De la période où Michèle Morgan s’est réfugiée aux Etats-Unis pour éviter de tourner pour les nazis, on connait surtout Passage to Marseille où elle était face à Humphrey Bogart dans une tentative, un peu maladroite, de reproduire le succès de Casablanca. Moins connue, cette adaptation d’un roman policier de Cornell Woolrich (alias William Irish) mérite notre intérêt car The Chase reproduit parfaitement l’atmosphère noire et oppressante de l’auteur. Il est difficile de parler du film sans en dévoiler un élément-clé (il faut éviter de trop lire sur ce film avant de le voir), disons simplement qu’il s’inscrit dans cette vogue pour la psychologie et la psychiatrie de l’après-guerre. L’interprétation n’est sans doute pas le plus remarquable, même si Steve Cochran fait un gangster particulièrement inquiétant, c’est surtout le climat, la tension, l’atmosphère… et le caractère inattendu de certains évènements qui alimentent l’attrait du film. Le résultat est d’autant plus remarquable que les moyens ont été visiblement limités. Voilà un film noir peu connu qui mérite d’être découvert.
Elle: 3 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Robert Cummings, Michèle Morgan, Steve Cochran, Peter Lorre
Voir la fiche du film et la filmographie de Arthur Ripley sur le site IMDB.

Remarques :
* Le rôle féminin devait initialement être tenu par Joan Leslie mais, lorsque les négociations avec la Warner pour la libérer trainèrent en longueur, le producteur Seymour Nebenzal la remplaça par Michèle Morgan.
* Ne pas confondre ce film avec The Chase (La Poursuite impitoyable) d’Arthur Penn (1966) avec Marlon Brando, Robert Redford et Jane Fonda. Les deux films n’ont aucun point commun.

The Chase
Robert Cummings et Michèle Morgan dans L’évadée de Arthur Ripley.

The Chase
Steve Cochran dans L’évadée de Arthur Ripley.

The Chase
Steve Cochran, Peter Lorre, James Westerfield et Michèle Morgan dans L’évadée de Arthur Ripley.

9 avril 2018

Graine de violence (1955) de Richard Brooks

Titre original : « Blackboard Jungle »

Graine de violenceUn jeune professeur d’anglais est recruté par une école secondaire d’enseignement professionnel d’un un quartier populaire de New York. Il se heurte à l’hostilité des élèves et à leur désintérêt. La violence est très présente…
Basé sur un roman d’Evan Hunter, Blackboard Jungle est un film très novateur à la fois par le regard porté sur la délinquance juvénile et par son message anti-raciste. Le film est pratiquement une étude sociologique, débouchant sur la proposition d’utiliser des moyens détournés ou inhabituels pour parvenir à intéresser ces élèves particulièrement difficiles. Glenn Ford utilise ainsi un magnétophone, un film, des activités parascolaires, méthodes très peu usuelles à l’époque mais qui ont fait leur chemin depuis. Le film est aussi novateur pour sa musique : le générique débute sur « Rock Around the Clock » de Bill Haley qui attira en masse un public jeune et n’est pas étranger au grand succès du film. Celui-ci, en retour, ouvrit un véritable boulevard pour le rockabilly. Hormis Sydney Poitier, les élèves sont interprétés par des acteurs non-professionnels ce qui donne une très grande authenticité à l’ensemble (plusieurs firent carrière ensuite). Blackboard Jungle fut imité et lança une vogue de films sur la délinquance juvénile, de qualité inégale. Film franchement avant-gardiste, il semble toujours d’actualité aujourd’hui.
Elle: 4 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Glenn Ford, Sidney Poitier, Vic Morrow, Anne Francis, Louis Calhern, Margaret Hayes, John Hoyt
Voir la fiche du film et la filmographie de Richard Brooks sur le site IMDB.

Voir les autres films de Richard Brooks chroniqués sur ce blog…

Voir les livres sur Richard Brooks

Remarques :
* Les pressions internes à la Fox furent fortes pour bloquer le projet, puis pour empêcher la sortie du film. L’argument avancé est que le film allait ternir l’image des Etats-Unis. Richard Brooks s’en sortit en rajoutant un message avant le générique de début.
* L’ambassadrice des Etats Unis en Italie a réussi à empêcher que le film soit présenté au Festival de Venise puis a tenté de bloquer sa sortie en Europe.
* A sa sortie, le film fut interdit en Géorgie car il montrait un élève noir dans une classe de blancs.
* Le service juridique de la Fox a demandé à Sydney Poitier de signer un serment de loyauté stipulant qu’il n’avait pas l’intention de renverser le gouvernement des Etats-Unis (papier qu’il a réussi à ne pas signer).
* Certains cinémas coupèrent le son du générique du début car le rock and roll était suspecté d’avoir une mauvaise influence.

Blackboard jungle
Paul Mazursky, Vic Morrow, Glenn Ford et Sydney Poitier dans Graine de violence de Richard Brooks. Le jeune garçon derrière Vic Morrow (juste sous Glen Ford) est John Erman, futur réalisateur et producteur de télévision.

4 avril 2018

Vera Cruz (1954) de Robert Aldrich

Vera CruzA la fin de la guerre de Sécession, certains soldats sans attaches ou ayant tout perdu passent au Mexique, alors en pleine guerre civile, pour vendre leurs services au plus offrant. C’est ainsi qu’un ex-officier de l’armée sudiste (Gary Cooper) se voit forcé de faire équipe avec un aventurier rencontré en chemin (Burt Lancaster) dans une mission pour l’empereur Maximilien…
Sur une histoire imaginée par Borden Chase, dont les écrits ont déjà inspirés de grands westerns (Red River de Hawks, Winchester 73 et Bend of the River de Mann… et suivront Far Country toujours de Mann et Man Without a Star de Vidor), Vera Cruz met face à face deux têtes d’affiche pour un film à la réalisation parfaite et au contenu plus complexe qu’attendu. L’histoire est en effet assez simple mais son traitement est très particulier dans le cadre du western classique. Au lieu de montrer une opposition tranchée entre le bien et le mal, entre le bon et le méchant, Vera Cruz adopte une vision plus ambigüe de ses personnages, qui sont à la fois héros et anti-héros. Ainsi, si Gary Cooper montre une grande humanité, il n’hésite pas à trahir ou à tuer pour préserver ses intérêts bassement financiers. Face à lui, Burt Lancaster est bien le méchant de l’histoire mais il est aussi doté d’une indéniable droiture. Il est ambivalent, à l’image de son sourire à la fois carnassier et séducteur, et une utilisation très habile de l’humour le rend plus attirant encore.  Par cette ambivalence, cette façon de proposer des héros imparfaits, Vera Cruz semble ouvrir la voie aux westerns modernes.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Gary Cooper, Burt Lancaster, Denise Darcel, Cesar Romero, Sara Montiel, George Macready, Ernest Borgnine, Charles Bronson
Voir la fiche du film et la filmographie de Robert Aldrich sur le site IMDB.

Voir les autres films de Robert Aldrich chroniqués sur ce blog…

Voir les livres sur Robert Aldrich

Vera Cruz
Burt Lancaster et Gary Cooper dans Vera Cruz de Robert Aldrich.

Remarques :
* Vera Cruz a beaucoup influencé Sergio Leone. Il est parfois surnommé « le premier western spaghetti ». A noter que Charles Bronson a un tout petit rôle… où il joue (déjà !) de l’harmonica.

* Gary Cooper était vraiment très mal à l’aise avec son personnage d’anti-héros. Ce serait pour cette raison qu’il a ensuite refusé la proposition de Charles Laughton d’incarner le pasteur dans La Nuit du chasseur, laissant ainsi la place à Robert Mitchum.

* Le film est produit par la société Hecht-Hill-Lancaster formée par Harold Hecht (le producteur, aucune relation avec Ben Hecht le scénariste), James Hill et Burt Lancaster.

* Précision technique : Vera Cruz est le premier (et principal) grand film en SuperScope. L’image est enregistrée en 2:1 puis agrandie (en hauteur) afin d’occuper toute la hauteur du cadre dans les copies d’exploitation. Ce procédé, lancé par la RKO en 1954, ne vivra guère. Son principal avantage était d’éviter l’anamorphose à la prise de vue (tassement horizontal pour occuper toute la surface d’une pellicule 35mm) qui impose d’utiliser des objectifs spéciaux. Son inconvénient est de laisser inutilisée une grande partie de la pellicule (interimage important) et donc d’avoir inévitablement une image finale de qualité inférieure.

Vera Cruz
Burt Lancaster dans Vera Cruz de Robert Aldrich.

Vera Cruz
Ernest Borgnine et Sara Montiel dans Vera Cruz de Robert Aldrich.

27 mars 2018

The Thing (1982) de John Carpenter

The ThingAntarctique, hiver 1982. Dans les étendues vides et enneigées, un hélicoptère norvégien pourchasse un chien isolé. Arrivé dans une station de recherche américaine, l’homme continue à tirer sur l’animal sans se soucier de blesser les hommes à proximité tout en prononçant des phrases incompréhensibles. Il est abattu par le chef de station…
Trois ans après Alien de Ridley Scott, John Carpenter reprend le thème de la créature extraterrestre phagocytaire. Il s’agit toutefois du remake de La chose d’un autre monde, film produit par Howard Hawks (1) qui avait connu un grand succès en 1951. Autres temps, autres mœurs : alors que tout l’art de la première version avait été de ne pas montrer la créature et de laisser notre imagination travailler au grand galop, le film de John Carpenter montre et remontre une bestiole aussi multiforme que sanguinolente (il est judicieux d’éviter de voir le film après un repas trop copieux) avec jets d’acide et tentacules réglementaires que tout monstre digne de ce nom se doit de posséder. Les effets spéciaux sont élaborés et de vrais organes d’animaux ont également été utilisés (bon appétit!). C’est un cinéma efficace. Le scénario a été simplifié à l’extrême : John Carpenter a évacué toute dimension psychologique ou sociétale pour se concentrer sur la lutte pour la survie. Plutôt mal reçu à sa sortie (mais revalorisé par la suite), The Thing de John Carpenter sera sans aucun doute plus apprécié par les amateurs de films d’horreur que par les amateurs de science-fiction qui préfèreront revoir la version d’Howard Hawks.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Kurt Russell, Wilford Brimley
Voir la fiche du film et la filmographie de John Carpenter sur le site IMDB.
Voir la fiche du film sur AlloCiné.

Voir les autres films de John Carpenter chroniqués sur ce blog…

Voir les livres sur John Carpenter

* Préquelle :
The Thing, film américain de Matthijs van Heijningen Jr. (2011), raconte la découverte du vaisseau.

(1) Certains pensent qu’Howard Hawks l’a également réalisé, laissant le crédit à Christian Nyby pour qu’il puisse être membre de la Director’s Guild (ce que Hawks a toujours nié).

The Thing
Mac (Kurt Russell) …

The Thing
… fait équipe avec Windows (Thomas G. Waites) …
… dans The Thing de John Carpenter
(rappelons que le premier Mac ne sortira qu’en 1984 et Windows 1 en 1985 !)

23 mars 2018

Gussle’s Backward Way (1915) de Charles Avery et Syd Chaplin

Autre titre : Syd’s Backward Ways

Gussle's Backward WayUn voyageur sur sa mule s’arrête au bord d’une rivière de montagne où il se fait rançonner. Il parvient à s’échapper par ruse mais, dans sa précipitation, ne se rend pas compte qu’il chevauche sa monture à l’envers. Il arrive dans une auberge où il raconte ses mésaventures…
Frère de Charles Chaplin, Sydney Chaplin (couramment nommé Syd Chaplin pour éviter de le confondre avec Sydney Chaplin, le fils de Charles Chaplin) a rapidement rejoint son frère à Hollywood à la fin 1914 pour tenter d’entamer, lui aussi, une carrière au cinéma. Son personnage Gussle apparaît ainsi dans une dizaine de courts métrages pour la Keystone. Le plus remarquable dans celui-ci est l’utilisation habile d’un trucage (film passé à l’envers) pour simuler une mule sans tête. On ne peut que remarquer la propension de Syd Chaplin à imiter son frère pour son accoutrement (pantalon trop large, veste trop serrée, canne et chapeau ridicule). Le film a été tourné au printemps 1915 alors que Charlie Chaplin utilisait son costume du vagabond depuis presque un an (même si The Tramp n’a été tourné que quelques semaines avant celui-ci). Sydney n’a toutefois pas toute la gestuelle évocatrice de son frère, il ne parvient pas à en engendrer l’empathie et ses gags restent très classiques et habituels, tout à fait dans la pure tradition du slapstick de la Keystone. Ce film, dont l’intérêt historique est indéniable, a été récemment brillamment restauré.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Syd Chaplin, Phyllis Allen
Voir la fiche du film et la filmographie de Charles Avery sur le site IMDB.

Gussle's Backward Way

Gussle's Backward Way
Syd Chaplin et Dave Anderson dans Gussle’s Backward Way. A noter, en arrière-plan, l’écriteau de l’auberge qui annonce dans un français approximatif « Alpine du Nord – en pension ».

Gussle's Backward Way
Phyllis Allen et Syd Chaplin dans Gussle’s Backward Way.

20 mars 2018

Excalibur (1981) de John Boorman

ExcaliburGrâce à Merlin l’Enchanteur, le roi Uter Pendragon possède l’épée mythique Excalibur. Avant de mourir dans une bataille, il la plante dans un bloc de granit. Seul le jeune Arthur, son fils illégitime, parviendra plusieurs années plus tard à l’en extirper devenant par ce geste le nouveau roi d’Angleterre. Il parvient à rétablir la paix et crée la confrérie des Chevaliers de la Table ronde…
La Légende arthurienne a été porté plusieurs fois à l’écran mais la version de John Boorman est indéniablement la plus belle. Le scénario se base sur les écrits de Thomas Malory (milieu du XVe siècle) qui ont l’avantage de compiler légendes et écrits pour en faire un récit chronologique, comblant éventuellement les trous. John Boorman parvient à restituer tout le souffle épique de ces histoires où la magie se mêle aux luttes des humains. Il sait créer des images à la fois fortes et belles, sans démesure de moyens. Le film a été tourné en Irlande en évitant d’utiliser des acteurs connus pour concentrer l’attention sur le récit : bon nombre d’acteurs viennent de la scène shakespearienne anglaise ce qui donne une indéniable intensité à l’interprétation. Bien entendu, tout cela pourra paraître vieillot aux spectateurs nourris aux effets spéciaux et aux combats des productions plus récentes, mais rarement une telle ampleur a été donnée à la Légende arthurienne.
Elle:
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Nigel Terry, Helen Mirren, Nicholas Clay, Cherie Lunghi, Paul Geoffrey, Nicol Williamson, Gabriel Byrne
Voir la fiche du film et la filmographie de John Boorman sur le site IMDB.

Voir les autres films de John Boorman chroniqués sur ce blog…

Voir les livres sur John Boorman

 

Excalibur
Superbe plan : l’apparition de l’épée Excalibur dans Excalibur de John Boorman.

Excalibur
Gabriel Byrne (Uther, à cheval) et Nicol Williamson (Merlin) dans Excalibur de John Boorman.

Excalibur
Les Chevaliers de la Table ronde (presque) au grand complet dans Excalibur de John Boorman.

Excalibur
Patrick Stewart tente d’extirper l’épée prisonnière du roc dans Excalibur de John Boorman.

Excalibur
Nigel Terry (Arthur) et Cherie Lunghi (Guenevere) dans Excalibur de John Boorman. A l’arrière-plan à gauche : Nicholas Clay (Lancelot).

19 mars 2018

L’Adorable Voisine (1958) de Richard Quine

Titre original : « Bell Book and Candle »

L'adorable voisineUn soir de Noël, à New York, une ravissante jeune femme se désole de ne pouvoir tomber amoureuse d’un homme et mener une vie ordinaire. Elle ne fréquente en effet que des personnes de « son espèce ». Elle aimerait tant pouvoir ainsi passer une soirée avec son nouveau voisin…
Bell Book and Candle est adapté d’une pièce de John Van Druten qui n’avait connu qu’un très petit succès à Broadway au début de la décennie. Cette comédie légère sur le thème des sorcières est mise en scène à l’écran par Richard Quine, artisan des comédies à la Columbia. Beaucoup la considère comme sa réalisation la plus réussie. L’humour repose sur le décalage entre le monde courant et le monde des mages et sorcières. On peut voir le film comme une tentative de retrouver l’humour de la série des Topper (1937) (Cary Grant a d’ailleurs cherché à avoir le rôle) ou encore de I Married a Witch de René Clair (1942). Sans être aussi réussi, l’ensemble est très amusant. Le choix de Kim Novak paraît judicieux pour ce rôle ambivalent (à noter que Vertigo venait tout juste de sortir sur les écrans). L’actrice joue ici avec son propre chat. James Stewart a déclaré n’avoir pas été très à l’aise dans son rôle de businessman mais, s’il montre une petite gêne, celle-ci colle très bien avec son personnage. La présence de Jack Lemmon est plus inattendue ; elle ajoute des notes d’humour supplémentaires. Bell Book and Candle nous fait passer un bon moment.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: James Stewart, Kim Novak, Jack Lemmon, Ernie Kovacs, Elsa Lanchester, Janice Rule
Voir la fiche du film et la filmographie de Richard Quine sur le site IMDB.

Voir les autres films de Richard Quine chroniqués sur ce blog…

Bell Book and Candle
Kim Novak et son chat Pyewacket dans L’adorable voisine de Richard Quine.

Remarques :
* Richard Quine a été amoureux de Kim Novak pendant des années.
* La Columbia avait prêtée Kim Novak à la Paramount pour Vertigo. L’arrangement prévoyait une réciprocité. C’est ainsi que James Stewart s’est retrouvé dans cette production Columbia.
* Le français Philippe Clay est bien visible en chanteur dans deux scènes situées dans le Zodiac Club. Il y fait un beau numéro.
* L’expression Bell book and candle (= cloche, livre et bougie) fait référence aux trois accessoires nécessaires dans un rite latin d’excommunication par anathème (merci Wikipedia). A noter toutefois qu’il n’est jamais fait allusion à la religion dans cette histoire.

Bell Book and Candle
James Stewart et Kim Novak dans L’adorable voisine de Richard Quine.

Bell Book and Candle
Elsa Lanchester, Kim Novak et Jack Lemmon dans L’adorable voisine de Richard Quine.

17 mars 2018

Patton (1970) de Franklin J. Schaffner

PattonEn 1943, George S. Patton arrive en Tunisie pour prendre le commandement des troupes américaines alors très mal en point face à l’Afrikakorps de Rommel. Il renforce la discipline et restaure la confiance en remportant une victoire contre les chars allemands…
Sur un scénario co-écrit par Francis Ford Coppola, Patton retrace le parcours de ce général hors du commun, féru d’Histoire et, selon lui, né pour se battre. Le récit se concentre ainsi plus sur le personnage que sur ses faits d’armes. Le général Patton était incontestablement un brillant stratège mais il fut souvent tenu à l’écart par l’état-major car impossible à contrôler et enclin à faire des maladresses diplomatiques ou médiatiques. La vérité historique est assez bien respectée et le plus remarquable dans le film est dans la distance prise avec le sujet : ce n’est ni un éloge admiratif ni une condamnation, c’est avant tout le portrait d’un homme qui se sentait investi d’une mission et qui a joué un rôle important dans le déroulement de la Seconde Guerre mondiale. L’interprétation de George C. Scott est en tous points parfaite, très puissante.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: George C. Scott, Karl Malden, Stephen Young, Michael Strong
Voir la fiche du film et la filmographie de Franklin J. Schaffner sur le site IMDB.

Voir les autres films de Franklin J. Schaffner chroniqués sur ce blog…

Remarque :
* George C. Scott fut le premier acteur à refuser son Oscar, s’opposant ainsi à cette grande foire communicationnelle et réfutant le principe-même d’une compétition entre les acteurs.

Patton
George C. Scott dans Patton de Franklin J. Schaffner.

Patton
George C. Scott et Karl Malden dans Patton de Franklin J. Schaffner.

Partton
George C. Scott dans Patton de Franklin J. Schaffner.

15 mars 2018

Arizona Dream (1993) de Emir Kusturica

Arizona DreamAxel a perdu ses parents dans un accident. Son oncle Leo le fait venir en Arizona avec son cousin Paul pour qu’ils travaillent dans son commerce comme vendeurs de voitures. Axel y fait la connaissance de deux femmes, Grace et sa belle-mère Elaine, qu’ils suivent dans leur maison en plein désert. Elaine nourrit le rêve de voler dans les airs et Axel va l’aider en construisant des machines de fortune…
Ecrit et réalisé par le serbe Emir Kusturica, Arizona Dream est son unique (jusqu’à présent du moins) film américain. C’est une fable plutôt surréaliste où l’on sent poindre son incompréhension du rêve américain. Pour Kusturica, ce qui compte, c’est l’imaginaire, les rêves les plus fous qui sont enfouis en nous. Le cinéaste sait créer de belles allégories d’une indéniable force poétique. Tout cela serait parfait si le film n’était pas si long, toute la seconde moitié de ce film de 142 minutes n’apporte rien. La musique est remarquable avec quatre morceaux chantés par un Iggy Pop à la voix grave, dont le fameux « In the Death Car » (qui fut bloqué un certain temps par la justice car c’est un plagiat). Gros succès en Europe à sa sortie. Nous avions alors beaucoup plus apprécié ce film…
Elle: 3 étoiles
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Johnny Depp, Jerry Lewis, Faye Dunaway, Lili Taylor, Vincent Gallo
Voir la fiche du film et la filmographie de Emir Kusturica sur le site IMDB.

Voir les autres films de Emir Kusturica chroniqués sur ce blog…

Voir les livres sur Emir Kusturica

Arizona Dream
Symbole d’un rêve américain que Kusturica comprend mal : les grosses voitures que plus personne ne veut acheter sont réduites à être exposées au bord des routes dans Arizona Dream de Emir Kusturica (entre lesquelles Jerry Lewis semble vouloir au golf avec un balai).

Arizona Dream
Faye Dunaway et Johnny Depp dans Arizona Dream de Emir Kusturica.

Arizona Dream
Lili Taylor et Johnny Depp dans Arizona Dream de Emir Kusturica.

Arizona Dream
Vincent Gallo dans Arizona Dream de Emir Kusturica.