16 juin 2021

La Môme vert de gris (1953) de Bernard Borderie

La Môme vert de grisL’agent du FBI Lemmy Caution est envoyé à Casablanca pour déjouer un projet d’attaque d’un convoi d’or américain…
La Môme vert de gris est le premier de la série de films policiers mettant en scène le personnage Lemmy Caution créé par l’auteur britannique Peter Cheyney. Il est personnifié par Eddie Constantine qui va abandonner ses ambitions de devenir chanteur pour faire l’acteur. L’histoire est un peu brouillonne et pleine de clichés mais réserve quelques bons rebondissements. La mise en scène de Bernard Borderie est bien plate. Eddie Constantine montre déjà tous les traits qui le caractériseront : c’est un dur décontracté avec un impossible accent américain et qui ingurgite de grandes quantités de whisky (boisson exotique pour les français de l’époque). Il montre aussi une grande raideur dans son jeu qui rend souvent son personnage assez improbable. Le succès en France sera très important et six films suivront. Un peu difficile à comprendre aujourd’hui, ce succès peut s’expliquer en tenant compte du contexte de l’époque.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Eddie Constantine, Dominique Wilms, Howard Vernon
Voir la fiche du film et la filmographie de Bernard Borderie sur le site IMDB.

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Remarques :
* La Môme vert de gris est également un premier film pour Dominique Wilms dont le personnage de femme fatale est entièrement copié sur Veronica Lake. Elle fera une carrière dans ce type de personnage tant que la vogue des films de détective durera.
* On remarquera dans les seconds rôles la présence de Maurice Ronet et de Roger Hanin, alors en tout début de carrière.
* Le vert-de-gris est un produit de corrosion du cuivre. Sous l’action conjuguée de l’humidité et du dioxyde de carbone, le cuivre s’oxyde à froid par l’air atmosphérique. Le vert-de-gris est toxique pour tous les organismes vivants, c’est un poison dangereux (le titre original du roman de Peter Cheyney est Poison Ivy). Par dérivation, le vert de gris est aussi une couleur, celle que prennent les statues en cuivre avec le temps.

La Môme vert de grisDominique Wilms et Eddie Constantine dans La Môme vert de gris de Bernard Borderie.

* La série des 7 films :
1) La Môme vert-de-gris de Bernard Borderie (1952) avec Eddie Constantine, Dominique Wilms, Howard Vernon
2) Les femmes s’en balancent de Bernard Borderie (1953) avec Eddie Constantine, Nadia Gray, Dominique Wilms
3) Cet homme est dangereux de Jean Sacha (1953) avec Eddie Constantine, Grégoire Aslan, Colette Deréal
4) Vous pigez ? de Pierre Chevalier (1956) avec Eddie Constantine, Maria Frau, René Clermont
5) Comment qu’elle est ? de Bernard Borderie (1960) avec Eddie Constantine, Françoise Brion, Alfred Adam
6) Lemmy pour les dames de Bernard Borderie (1962) avec Eddie Constantine, Françoise Brion, Claudine Coster
7) À toi de faire… mignonne de Bernard Borderie (1963) avec Eddie Constantine, Philippe Lemaire, Christiane Minazzoli

* Jean-Luc Godard rendra son hommage au personnage dans :
Alphaville, une étrange aventure de Lemmy Caution de Jean-Luc Godard (1966) avec Eddie Constantine et Anna Karina

25 janvier 2019

La Petite (1922) de Elvira Notari

Titre original : « È piccerella »

La PetiteDans un café de Naples, Tore rencontre la jeune Margaratella et en tombe instantanément amoureux. Il va tout faire pour conquérir et garder le cœur de la belle…
Première femme-cinéaste italienne, Elvira Notari est créditée d’une soixantaine de longs métrages, courts métrages et documentaires, tournés entre 1909 et 1929. Ils sont, pour la  plupart, aujourd’hui perdus. Beaucoup de ses films prennent place dans le Naples populaire ce qui leur donne  un parfum de néoréalisme avant l’heure. Elle eut beaucoup de succès à l’époque en Italie et à l’étranger parmi les émigrés italiens mais elle reste bien méconnue aujourd’hui. La Petite est une histoire de femme fatale qui, pour se dérouler dans un milieu très pauvre, n’en est pas moins destructrice. Quelques scènes d’extérieur sont filmées en décors réels (avec plusieurs dizaines de badauds qui regardent la caméra) et Elvira Notari complète son histoire avec des scènes documentaires sur certaines fêtes (par exemple celle de la Madonna del Carmine) et autres processions dont les italiens sont si friands. C’est une étonnante découverte (film muet de 63 mn).
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Rosè Angione, Alberto Danza, Eduardo Notari
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Remarques :
* Le frère de Tore est joué par Eduardo Notari, fils de la cinéaste, qui joue dans beaucoup de ses films. Le directeur de la photographie est Nicola Notari, son mari. Par ailleurs, la cinéaste a créé sa propre société de production, Film Dora.
* Les célébrations de la Madonna del Carmine (Notre-Dame du Mont-Carmel) ont lieu le 16 juillet et se prolongent pendant une semaine pour se terminer avec le fameux spectacle pyrotechnique qui embrase, tel un incendie, le campanile de l’église de la Madonna del Carmine, haut de 75 mètres (le plus haut de la ville). (Source Wikipédia)

La Petite
Rosè Angione et Alberto Danza dans La Petite de Elvira Notari.

Homonyme :
La Petite (Pretty Baby) (1978), film américain de Louis Malle avec Brooke Shields, Keith Carradine et Susan Sarandon.

12 janvier 2019

Le Val d’enfer (1943) de Maurice Tourneur

Le Val d'enferNoël Bienvenu, patron d’une carrière en Haute-Provence, est veuf et vit avec ses parents. Un ami mourant lui demande de s’occuper de sa fille Marthe, installée à Marseille. Noël découvre qu’elle est sans ressources et lui propose alors de venir vivre chez lui…
Ecrit par Carlo Rim, Le Val d’enfer est un film peu connu de la filmographie de Maurice Tourneur. Il est produit sous l’Occupation par la Continental, société de production aux capitaux allemands. C’est un drame réaliste qui met en scène un homme rude et simple. La description de ses rapports avec sa famille donne presque au film des qualités documentaires : on y voit, par exemple, la mère est très effacée, allant jusqu’à manger sur une chaise en retrait de la table où mangent les hommes. Les rapports entre les personnages sont marqués par une certaine rudesse, la communication étant réduite au minimum. Le fond de l’histoire est assez classique, sur le thème de la femme fatale, et met en valeur les notions du bien et du mal avec, comme lueur, la rédemption, toujours possible. On peut bien entendu voir l’idéologie de Vichy présente, c’est inévitable qu’elle le soit, mais ce serait réducteur de réduire le film qu’à cela. Le Val d’enfer est un film français de qualité, sans doute pas franchement remarquable mais tout de même digne d’intérêt. L’interprétation des quatre rôles principaux est excellente.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Ginette Leclerc, Gabriel Gabrio, Gabrielle Fontan, Édouard Delmont
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Le val d'enfer
Gabriel Gabrio et Ginette Leclerc dans Le Val d’enfer de Maurice Tourneur.

Remarque :
Le Val d’Enfer est le nom donné à un lieu bien réel, une vallée de calcaire située en contrebas du village des Baux-de-Provence où des carrières ont été ouvertes.

Le Val d'enfer
Gabrielle Fontan, Édouard Delmont et Ginette Leclerc dans Le Val d’enfer de Maurice Tourneur.

30 juillet 2018

Asphalte (1929) de Joe May

Titre original : « Asphalt »

AsphalteDans une bijouterie berlinoise, un jeune policier intervient pour arrêter une voleuse richement vêtue qui tente de l’attendrir sur son sort : elle prétend être sur le point d’être jetée à la rue par manque d’argent et lui demande de passer chez elle pour prendre ses papiers d’identité…
Le réalisateur autrichien Joe May a tenu une bonne place dans les deux premières décennies du cinéma allemand. On lui doit notamment la première version du Tombeau hindou (1921, coécrit avec Fritz Lang qui tournera sa version quelque quarante ans plus tard). Asphalt est l’un de ses films les plus remarqués. L’histoire en elle-même n’est pas des plus originales, énième variation sur le thème de la femme fatale et de l’amour impossible. Le traitement est, en revanche, bien plus remarquable à la fois par l’atmosphère générale de réalisme social et aussi par les expérimentations diverses de montage et de cadrages : l’avant-garde russe n’est pas loin. Le prologue, récemment restauré, en est le meilleur exemple. Joe May nous gratifie aussi de surprenants travelings et abuse quelque peu des effets d’ombres et des cadrages très serrés. Hélas, tous ces effets sont vraiment très visibles, mal intégrés à l’histoire et, dès lors, apparaissent quelque peu artificiels. Du côté des acteurs, Gustav Fröhlich (propulsé deux ans auparavant par Metropolis) fait une bonne prestation, bien qu’un peu terne du fait de son personnage, et la jeune Betty Amann montre une belle présence à l’écran dans un style extrêmement proche de Louise Brooks. Surprenant sans être vraiment notable, le film mérite d’être découvert. (film muet)
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Gustav Fröhlich, Betty Amann, Albert Steinrück
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Asphalt
Betty Amann dans Asphalte de Joe May.

Asphalt
Gustav Fröhlich dans Asphalte de Joe May.

20 novembre 2017

Manèges (1950) de Yves Allégret

ManègesAu chevet de sa jeune femme Dora, entre la vie et la mort à la suite d’un accident, Robert est en pleurs, dévasté par la peur de la perdre. Il se remémore les jours heureux… Ecrit par Jacques Sigurd et Yves Allégret, Manèges va encore plus loin dans la noirceur que Dédée d’Anvers et Une si jolie petite plage, les deux films précédents du tandem. Ce n’est pas un « film noir » dans le sens classique du terme mais c’est un des films les plus noirs qui soient. Les personnages sont ici franchement haïssables par leur cruauté, leur égoïsme et leur cupidité. Il n’y a aucun rayon de soleil dans cette histoire qui laisse le spectateur vacillant, ébranlé dans sa foi dans la nature humaine. On peut reprocher à Sigurd et Allégret de ne montrer que le côté noir des choses, oubliant ainsi de donner un peu de profondeur à leurs personnages. On peut toutefois noter une critique du nouvel ordre social qui s’est établi à la Libération et, heureusement, Bertrand Blier et Simone Signoret font une interprétation remarquable d’intensité.
Elle: 3 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Bernard Blier, Simone Signoret, Jane Marken, Jacques Baumer, Frank Villard
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Remarques :
* Devant un tel portrait si sombre de la gent féminine, il paraît difficile de ne pas employer le mot « misogynie ». Yves Allégret a cette réputation, en effet. Mais un autre élément est à prendre en compte : entre Dédée d’Anvers où l’actrice attire notre sympathie et le tournage de Manèges, Simone Signoret, épouse d’Yves Allégret, a rencontré Yves Montand ce qui provoquera un divorce l’année suivante. Manèges serait-il un règlement de comptes entre le metteur en scène et son épouse/interprète ?
* Dans son autobiographie La nostalgie n’est plus ce qu’elle était, Simone Signoret raconte que les spectateurs l’ont détestée dans ce film et l’arrêtaient dans la rue pour lui dire.

Manèges
Bernard Blier, Jacques Baumer et Simone Signoret dans Manèges d’Yves Allégret.

10 juin 2017

Nana (1955) de Christian-Jaque

NanaA Paris, sous le Second Empire, Nana est une chanteuse d’opérette qui fait tourner les têtes. Le comte Muffat, chambellan de l’empereur Napoléon III, en tombe amoureux malgré sa grande rigueur morale… Sous la direction de Christian-Jaque, le roman de Zola perd toute sa substance et devient un grand spectacle un peu canaille, avec une profusion de décors tapageurs et de robes froufroutantes mais des personnages sans aucune profondeur. Tout comme Jean Renoir trente ans auparavant, Christian-Jaque offre le rôle de Nana à son épouse dont il veut faire un sex-symbol. Martine Carol ne ménage pas ses efforts, elle gesticule beaucoup… sans être vraiment convaincante. Le meilleur est plutôt du côté du jeu de Charles Boyer et des dialogues d’Henri Jeanson. La réalisation de cette production franco-italienne est toutefois solide, et la photographie est signée par le grand Christian Matras. Mais nous sommes loin du Nana de Jean Renoir.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Charles Boyer, Martine Carol, Walter Chiari, Paul Frankeur, Jacques Castelot, Noël Roquevert
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Nana
Charles Boyer et Martine Carol dans Nana de Christian-Jaque.

Nana
Comme on peut le voir, Martine Carol a beaucoup de problèmes de lacets dans Nana de Christian-Jaque (d’ailleurs elle passe son temps à enlever quelque chose pour remettre autre chose…)

Nana Martine Carol
Là, on ne joue plus : on a sorti l’artillerie lourde…
Martine Carol, photo publicitaire pour Nana de Christian-Jaque.
A noter que les costumes sont de Marcel Escoffier et ont été réalisés en partie dans les ateliers Pierre Cardin.

2 avril 2017

Manon (1949) de Henri-Georges Clouzot

ManonEn juin 1944 en Normandie, le jeune FFI Robert Desgrieux tombe amoureux de Manon, condamnée par la rumeur publique. Ils fuient ensemble à Paris pour retrouver le frère de Manon qui fait des petits trafics sur le marché noir… Ce Manon d’Henri-Georges Clouzot n’est pas la première adaptation au cinéma du roman de l’Abbé Prévost Manon Lescaut (7 volumes rédigés entre 1727 et 1731) mais, avec l’aide de Jean Ferry, il l’a transposé pour la première fois à l’époque moderne, en l’occurrence la période de l’après-guerre. Cela reste une histoire d’amour fou mais témoigne aussi des troubles de son époque et de l’amoralisme des trafics. Il y a ainsi un contraste appuyé entre les ignominies du monde et la naïveté (ou l’aveuglement) de l’amour : « Rien n’est sale quand on s’aime » croit Manon. Le parallèle a souvent été fait avec Loulou de Pabst : c’est vrai sur le plan de l’amour fou qui peut nous conduire à faire des choses contraires à notre volonté, vrai aussi sur le petit scandale créé par l’amoralité du film, mais plutôt moins sur le personnage de la jeune femme, celui incarné par Louise Brooks paraissait plus réfléchi. Cela ne l’empêche pas d’être assez complexe. L’écrivain de cinéma Ado Kyrou a bien décrit Manon : « Dans une totale ignorance du mal, dans une instinctive négation du « péché », elle cherche désespérément à être femme tout en réalisant l’amour fou avec l’homme qu’elle aime. » A peine âgée de 20 ans, Cécile Aubry incarne son personnage avec beaucoup de candeur. Elle ne fera pas une grande carrière par la suite : son nom est probablement aujourd’hui plus connu de tous comme auteur de Belle et Sébastien. Manon est le premier grand rôle pour Michel Auclair, assez brillant dans son interprétation, un acteur que l’on posait alors en rival potentiel de Gérard Philipe. Le film d’Henri-Georges Clouzot est admirablement mis en scène. Le cinéaste alterne des moments de grande virtuosité (la scène du train bondé par exemple) avec des scènes à la fois tragiques et lyriques, et même audacieuses : cette scène finale où Desgrieux transporte sa Manon d’une façon si particulière dans le désert est assez inouïe, presque christique.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Serge Reggiani, Michel Auclair, Cécile Aubry, Andrex, Raymond Souplex, André Valmy, Henri Vilbert
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Manon
Michel Auclair et Cécile Aubry dans Manon de Henri-Georges Clouzot.

Remarques :
* Le second du navire est interprété par le jeune Michel Bouquet (sa 3e apparition à l’écran).
* Première apparition à l’écran pour Rosy Varte : elle est la maitresse de Serge Reggiani.

Principales adaptations :
1912 – Manon Lescaut, film français d’Albert Capellani
1926 – Manon Lescaut, film allemand de Arthur Robison avec Lya De Putti
1927 – Le Roman de Manon (When a Man Loves), film d’Alan Crosland avec John Barrymore et Dolores Costello
1940 : Manon Lescaut, film italien de Carmine Gallone avec Alida Valli et Vittorio De Sica
1949 – Manon, film d’Henri-Georges Clouzot
1954 – Les amours de Manon Lescaut, film italien de Mario Costa
1968 – Manon 70, film français de Jean Aurel avec Catherine Deneuve et Sami Frey
+ plusieurs adaptations pour la télévision dont une mini-série française (1978) avec Fanny Cottençon,
et Manon est également un opéra-comique de Jules Massenet.

27 décembre 2016

Friends and Lovers (1931) de Victor Schertzinger

Friends and LoversLe capitaine de l’armée anglaise Geoff Roberts tombe amoureux de la femme d’un escroc qui cherche à lui soutirer de l’argent. Envoyé aux Indes, il découvre que son meilleur ami est amoureux de la même femme… Adapté d’un roman du français Maurice Dekobra, Friends and Lovers est plus remarquable par sa distribution que par son scénario, classique et sans surprise. On ne peut que regretter qu’un tel plateau ne donne qu’un film si terne ; pourtant Adolphe Menjou est comme toujours excellent, le jeune (24 ans) Laurence Olivier a un jeu assez subtil et Erich von Stroheim exprime bien le côté retors de son personnage. Il ne faut pas s’étonner si la vedette féminine a un petit accent français : Lili Damita, Liliane Carré de son vrai nom, est née à Blaye. L’actrice française ne fera pas une grande carrière à Hollywood où elle se fera plus connaitre en épousant Errol Flynn en 1935 que par ses films. Victor Schertzinger a eu une carrière de chef d’orchestre, de compositeur et de réalisateur. Friends and Lovers fut un échec à sa sortie mais se laisse regarder sans ennui.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Adolphe Menjou, Lili Damita, Laurence Olivier, Erich von Stroheim, Hugh Herbert
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Fiends and Lovers
Adolphe Menjou, Hugh Herbert et Laurence Olivier dans Friends and Lovers de Victor Schertzinger.

Friends and Lovers
Erich von Stroheim et Lili Damita dans Friends and Lovers de Victor Schertzinger.

Friends and lovers
Erich von Stroheim et Lili Damita dans Friends and Lovers de Victor Schertzinger. Même s’il s’agit d’une photo publicitaire, nous sommes de toute évidence en présence d’un film pre-Code, c’est à dire d’avant la généralisation du code Hays…

1 novembre 2016

Les Trois Mousquetaires (1948) de George Sidney

Titre original : « The Three Musketeers »
Autre titre français : « D’Artagnan au service de la reine »

Les trois mousquetaires Le jeune D’Artagnan arrive de sa Gascogne natale à Paris pour s’engager dans le régiment des mousquetaires du roi Louis XIII. A peine arrivé, il provoque malgré lui trois mousquetaires en duel : Athos, Porthos et Aramis. Devenus amis, ils vont déjouer les tortueux complots de Richelieu… Souvent décrite comme étant la meilleure adaptation du roman d’Alexandre Dumas, cette version des Trois Mousquetaires n’est toutefois pas sans défaut. Dans leur volonté de privilégier la comédie, les scénaristes ont un peu perdu toute tension dramatique et le choix de garder tous les épisodes du roman pénalise le rythme : l’ensemble paraît un peu décousu. En revanche, cette version restitue à merveille l’exaltation et le panache, par ses décors et ses costumes tout d’abord, magnifiés par le Technicolor, et aussi par une interprétation brillante. Gene Kelly est un D’Artagnan bondissant et joyeux qui rappelle Douglas Fairbanks (dont Kelly était un grand admirateur lorsqu’il était enfant). Son premier duel avec Jussac est une merveille de chorégraphie. L’acteur était ravi d’interpréter ce rôle. Lana Turner incarne la belle et vénéneuse Milady avec classe et Vincent Price est un Richelieu particulièrement intriguant. Il faut aussi souligner la belle performance de Van Heflin dans le personnage complexe d’Athos. Les Trois Mousquetaires fut un très grand succès, l’un des plus grands succès de la décennie pour la M.G.M.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Lana Turner, Gene Kelly, June Allyson, Van Heflin, Angela Lansbury, Frank Morgan, Vincent Price, Keenan Wynn, John Sutton, Gig Young, Robert Coote, Reginald Owen
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Les Trois Mousquetaires
D’Artagnan (Gene Kelly) succombe aux charmes de Milady de Winter (Lana Turner) dans Les trois mousquetaires de George Sidney.

Les Trois Mousquetaires
Athos (Van Heflin), D’Artagnan (Gene Kelly), Porthos (Gig Young) et Aramis (Robert Coote), unis pour être au service de la reine dans Les trois mousquetaires de George Sidney.

Remarques :
* La musique composée par Herbert Stothart est basée sur des airs de Tchaïkovsky.
* Le premier duel de D’Artagnan contre Jussac était alors le plus long duel à l’écran. Il ne sera détrôné par le long duel de Scaramouche du même George Sidney.
* Une blessure à la cheville de Gene Kelly a retardé le début du tournage et obligé George Sidney à reporter toutes les scènes d’actions en fin de production.
* En faisant une belle prestation, Gene Kelly espérait pouvoir convaincre la M.G.M. de le laisser adapter Cyrano de Bergerac en comédie musicale. A son grand dam, il n’en fut rien.
* Lana Turner a d’abord refusé le rôle car elle n’était pas la star du film. La réponse de la MGM a alors été très ferme : suspension de contrat. Il a fallu des négociations et des aménagements de scénario pour qu’un accord soit trouvé.
* Code de censure oblige, Constance Bonacieux est devenue la fille du logeur de D’Artagnan (et non sa femme)… s’éprendre d’une femme mariée n’est, il est vrai, pas très convenable (on se demande où les écrivains vont chercher tout ça!)
* Tout aussi amusant : sous la pression de la National Catholic Legion of Decency qui demandait que le personnage soit supprimé, le Cardinal Richelieu a été promu Premier Ministre (à noter que, à proprement parler,  la France n’aura pas de Premier Ministre avant 1959).
* Dans Chantons sous la pluie (Singin’ in the Rain, 1952), l’extrait du film muet en noir et blanc (The Royal Rascal) utilise des scènes des Trois Mousquetaires. On peut même entrevoir Lana Turner dans l’embrasure d’une porte, plan enchaîné avec un gros plan sur Jean Hagen.

Les Trois Mousquetaires
Milady de Winter (Lana Turner) complote pour le compte de Richelieu (Vincent Price) dans Les trois mousquetaires de George Sidney. Les costumes sont de Walter Plunkett, surtout connu pour son travail sur Autant en emporte le vent, mais sa filmographie est impressionnante.

Les Trois Mousquetaires
D’Artagnan (Gene Kelly) est prêt à en découdre dans la joie et la bonne humeur dans Les trois mousquetaires de George Sidney (en fait, on peut dire que D’Artagnan se comporte le plus souvent comme un gamin de dix ans…)

Principales adaptations au cinéma :
a) Versions de l’époque du muet :
1903: Les Mousquetaires de la reine (1903) de Georges Méliès (film perdu)
1909: I tre moschettieri de Mario Caserini (Italie, 16 mn)
1911: The Three Musketeers de J. Searle Dawley (USA, 2 x 10mn) (Edison)
1912: When Kings were the Law de D.W. Griffith (USA, 17 mn)
1912: Les trois mousquetaires de André Calmettes et Henri Pouctal (France, durée ?)
1914: The Three Musketeers de Charles V. Henkel (USA, 80 mn env.) avec Earl Talbot (film perdu?)
1916: The Three Musketeers de Charles Swickard (USA, 63 mn) avec Orrin Johnson
1921: The Three Musketeers de Fred Niblo (USA, 119 mn) avec Douglas Fairbanks
1921: Les Trois Mousquetaires de Henri Diamant-Berger (France, 720 mn) avec Aimé Simon-Girard
1922: L’étroit mousquetaire de Max Linder (USA, 58 mn) avec Max Linder (parodie)

b) Versions du parlant :
1932: Les Trois Mousquetaires de Henri Diamant-Berger (France, 246 mn) avec Aimé Simon-Girard
1935: The Three Musketeers de Rowland V. Lee (USA) avec Walter Abel
1939: The Three Musketeers de Allan Dwan (USA) avec Don Ameche (comédie)
1942: Los tres mosqueteros de Miguel M. Delgado (Mexique) (parodie)
1948: The Three Musketeers de George Sidney (USA) avec Lana Turner et Gene Kelly
1953: Les Trois Mousquetaires de André Hunebelle (France) avec Georges Marchal et Bourvil
1954: I cavalieri della regina de Mauro Bolognini (Italie)
1957: Les Trois Mousquetaires et demi de Gilberto Martínez Solares (Mexique)(parodie)
1961: Les Trois Mousquetaires de Bernard Borderie (France en 2 parties) avec Gérard Barray et Mylène Demongeot
1973: The Three Musketeers de Richard Lester (UK) avec Michael York et Raquel Welch
1974: The Four Musketeers de Richard Lester (UK) avec Michael York et Raquel Welch
1974: Les Quatre Charlots mousquetaires de André Hunebelle (France) (parodie)
1993: The Three Musketeers de Stephen Herek (USA) avec Charlie Sheen et Chris O’Donnell
2001: The Musketeer de Peter Hyams (UK) avec Justin Chambers et Catherine Deneuve
2005: Les Trois Mousquetaires de Pierre Aknine (France) avec Vincent Elbaz et Emmanuelle Béart
2011: The Three Musketeers de Paul W.S. Anderson (USA) avec Logan Lerman, Juno Temple, Orlando Bloom et Milla Jovovich
et d’innombrables versions TV…
… et beaucoup d’autres films d’un univers proche (suites, filiations, etc.)

Versions chroniqués sur ce blog :
1921: The Three Musketeers de Fred Niblo (USA, 119 mn) avec Douglas Fairbanks
1921: Les Trois Mousquetaires de Henri Diamant-Berger (France, 720 mn) avec Aimé Simon-Girard
1922: L’étroit mousquetaire de Max Linder (USA, 58 mn) avec Max Linder (parodie)
1948: The Three Musketeers de George Sidney (USA) avec Lana Turner et Gene Kelly
1961: Les Trois Mousquetaires de Bernard Borderie (France en 2 parties) avec Gérard Barray et Mylène Demongeot

15 juillet 2016

La Femme aux maléfices (1950) de Nicholas Ray

Titre original : « Born to Be Bad »

Born to be BadDonna (Joan Leslie) accueille de bon coeur sa cousine Christabel (Joan Fontaine) sous son toit sans savoir qu’elle va s’arranger pour attirer l’attention de tous les hommes que Donna fréquente, à commencer par son riche fiancé… Born to Be Bad fait partie des premiers films de Nicholas Ray. Ce mélodrame paraît nettement moins remarquable que ses autres réalisations. L’intrigue est finalement assez conventionnelle et donc prévisible, avec une dimension psychanalytique sous-jacente qui reste hélas non développée. L’ensemble est sauvé par une belle interprétation, y compris dans les seconds rôles. Joan Fontaine casse ici son image habituelle de jeune femme parfaite et irréprochable. Le directeur de la photographie est le très expérimenté (et talentueux) Nicholas Musucara. On remarquera de nombreux très beaux plans et la prédilection de Nicholas Ray pour les escaliers… Le talent et l’inventivité de Ray pour la mise en scène sont patents dans la scène d’ouverture qui introduit un à un les principaux protagonistes en un vaste ballet de personnages sur un simple palier.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Joan Fontaine, Robert Ryan, Zachary Scott, Joan Leslie, Mel Ferrer
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Remarques :
* Born to Be Bad fait partie des quelques films dont Nicholas Ray refusait de parler.
* La scène de fin en happy end sur le tarmac de l’aérodrome a été ajoutée à la demande d’Howard Hugues (qui venait de racheter RKO Pictures). Cette scène fait sourire tant elle paraît peu crédible. Il est d’ailleurs peu probable qu’elle ait été tournée par Nicholas Ray. Le simple fait de voir soudainement Zachary Scott aux commandes d’un avion surprend… sauf si on se rappelle qu’Howard Hugues est un grand fan d’aviation !
* Le film n’est sorti en France qu’en 1985.

* Homonyme (sans aucun rapport) :
Born to Be Bad de Lowell Sherman (1934) avec Loretta Young et Cary Grant, film de la 20th Century Fox qui n’est, semble t-il, jamais sorti en France.

Born to be bad
Zachary Scott, Joan Fontaine et Mel Ferrer dans Born to be Bad de Nicholas Ray.

Born to be bad
Harold Vermilyea, Joan Leslie et Robert Ryan dans Born to be Bad de Nicholas Ray.