Londres, 1884. Le chirurgien Frederick Treves découvre un homme complètement difforme, devenu une attraction de foire sous le nom de « Elephant Man ». Il le recueille pour m’étudier, pensant que « le monstre » est un idiot congénital. Il découvre rapidement un homme meurtri, intelligent et doté d’une grande sensibilité… Elephant Man est un film américain réalisé par David Lynch. Il est basé sur les livres de Sir Frederick Treves car il s’agit bien d’une histoire vraie : Joseph Merrick a bien existé (1). Le film est coécrit et produit par Mel Brooks qui n’a pas voulu faire figurer son nom au générique de crainte de donner une fausse idée du film au public. C’est le deuxième long métrage de David Lynch après son fameux (… et éprouvant) Eraserhead (1977). Il en est très différent. Il a créé une histoire très touchante, pas du tout horrifique comme en témoigne la façon très naturelle de nous dévoiler le visage de son personnage après avoir éveillé notre appréhension. Pendant tout le film, le malaise est plutôt créé par la cruauté des hommes, celle que Merrick doit subir. Le thème est ici le regard des autres, qui prend plusieurs formes. La mise en scène de Lynch est assez délicate tout en se montrant classique avec quelques poussées créatives. L’éclairage noir et blanc est travaillé et le réalisateur utilise merveilleusement la musique. Un film remarquable qui est venu confirmer que Lynch était un grand créateur. Elle: – Lui :
Lecteurs : (2 notes, moyenne : 4,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Anthony Hopkins dans Elephant Man (The Elephant Man) de David Lynch.
(1) Toutefois, dans la réalité, Joseph Merrick n’a pas été maltraité, ni à l’hôpital, ni auparavant. Il a mené une vie courte, certes, mais paisible. Le véritable showman londonien de Merrick, Tom Norman, n’était pas un ivrogne brutal, comme le fictif « Bytes » et il partageait ses revenus à parts égales avec Merrick.
En 2025, plusieurs membres d’une même famille héritent d’une vieille masure abandonnée en Normandie. Quatre cousins éloignés, Seb, Guy, Céline et Abdelkrim, vont alors s’intéresser à une certaine Adèle qui a vécu dans cette maison à la fin du XIXe siècle… La Venue de l’avenir est un film français réalisé par Cédric Klapisch. Il en a écrit le scénario avec Santiago Amigorena. Leurs quatre personnages vont remonter le temps pour tenter de reconstituer la vie de leur ancêtre. Et c’est l’occasion de questionner la force de l’héritage du passé. Le rôle des arts (en l’occurrence la peinture et la photographie) sont particulièrement mis en avant. Le cinéaste n’évite pas certains clichés mais le film sait nous séduire et maintenir notre intérêt. L’image est belle, particulièrement dans les scènes du passé où la photographie montre une certaine douceur. Très bonne interprétation. L’accueil critique fut tiède mais le public semble plus enthousiaste. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Voir les autres films de Cédric Klapisch chroniqués sur ce blog…
Vincent Macaigne, Zinedine Soualem, Abraham Wapler et Julia Piaton dans La Venue de l’avenir de Cédric Klapisch.Sara Giraudeau et Suzanne Lindon dans La Venue de l’avenir de Cédric Klapisch.
Paris 1887. À cette époque, seul le duel fait foi pour défendre son honneur. Clément Lacaze, charismatique maître d’armes se retrouve happé dans une spirale de violence destructrice. Il rencontre Marie-Rose Astié, féministe en avance sur son époque, et décide de lui enseigner l’art complexe du duel. Ils vont faire face aux provocations et s’allier pour défendre leur honneur respectif… Une affaire d’honneur est un film français réalisé par Vincent Perez. Il en a co-écrit le scénario avec Karine Silla en se basant sur des faits bien réels. A partir de 1881, la loi sur la liberté de la presse a en effet multiplié les duels et certains grands journaux nationaux se dotèrent de salles d’escrime pour former leurs journalistes. Le patron de journal Ferdinand Massat (interprété par Damien Bonnard) a bien existé. « Il a traîné dans la boue Marie-Rose Astié de Valsayre (incarnée par Doria Tillier) à maintes reprises » précise Vincent Perez. Sa mise en scène est soignée, classique certes mais elle contribue à rendre le récit intéressant. Roschdy Zem est dans l’un de ces personnages taiseux, droits et même monolithiques, qui sont maintenant sa marque de fabrique. L’ensemble est de qualité. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Remarque : • Une mention en fin de film a de quoi surprendre. Elle n’est pas tout à fait exacte : La loi du 16 brumaire an IX (7 novembre 1800) interdisant aux femmes de porter le pantalon n’a pas « été définitivement abrogée en 2013 ». C’est simplement qu’aucun texte officiel n’avait officialisé son abrogation avant 2013. En réalité, cette ordonnance était implicitement tombée en 1946 lors de l’inscription des principes d’égalité entre les femmes et les hommes dans la Constitution. Le Ministère des droits des femmes a publié une clarification à ce sujet en 2013 en réponse à la question d’un sénateur : Lire sur senat.fr
Doria Tillier et Roschdy Zem dans Une affaire d’honneur de Vincent Perez.
Victime d’un complot, le jeune Edmond Dantès est arrêté le jour de son mariage pour un crime qu’il n’a pas commis. Après quatorze ans de détention au château d’If, il parvient à s’évader. Devenu immensément riche grâce à un secret de son voisin de cellule, il revient sous l’identité du comte de Monte-Cristo… Le Comte de Monte-Cristo est un film français écrit et réalisé par Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte (tous deux scénaristes des Trois Mousquetaires en 2023). Le roman d’Alexandre Dumas avait déjà été porté à l’écran, grand et petit, de nombreuses fois, mais la dernière version cinématographique vraiment notable remontait à 70 ans. La richesse du roman oblige à tailler à la serpe pour en faire un film de trois heures et, sur ce plan, le travail des scénaristes-réalisateurs est assez remarquable : ils ont beaucoup enlevé et modifié, certes, mais sans dénaturer l’histoire. Il manque toutefois un certain panache, Pierre Niney manque de présence et ses manœuvres paraissent souvent plus laborieuses que brillantes. De même, certains personnages (telle Haydée) sont bien plus fades que dans le roman mais les seconds rôles sont généralement bien tenus. La réalisation a bénéficié d’un budget conséquent et les réalisateurs ont fait preuve d’une indéniable maitrise pour créer un grand spectacle. En revanche, la musique (style « épique ») est horrible, lourde et ridicule. Gros succès en salles. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Pierre Niney dans Le Comte de Monte-Cristo de Alexandre de La Patellière & Matthieu Delaporte.
Adaptations les plus notables; les plus remarquées étant les deux versions de Robert Vernay de 1943 et 1954 (pour une liste complète voir ici): * 1915-1917 :Le Comte de Monte-Cristo (France) en six parties découpées en 15 épisodes, un « roman-cinéma » réalisé par Henri Pouctal pour Le Film d’Art et sorti en 1918. Le film ressort en 1923 en version raccourcie de trois heures. * 1922 : Monte Cristo (USA) par Emmett J. Flynn avec John Gilbert. * 1929 : Monte-Cristo (France) par Henri Fescourt avec Jean Angelo (3h45 en deux parties). * 1943 : Le Comte de Monte-Cristo (France) par Robert Vernay avec Pierre Richard-Willm (en 2 parties) * 1954 : Le Comte de Monte-Cristo (France) par Robert Vernay avec Jean Marais (en 2 parties). * 1961 : Le Comte de Monte-Cristo (France) par Claude Autant-Lara avec Louis Jourdan. * 1968 : Sous le signe de Monte-Cristo (France) par André Hunebelle avec Paul Barge. * 1979 : Le Comte de Monte-Cristo (TV, France), mini-série (4 × 90 min) de Denys de La Patellière avec Jacques Weber * 1998 : Le Comte de Monte-Cristo (TV, France), mini-série (4 × 100 min) de Josée Dayan avec Gérard Depardieu * 2024 : Le Comte de Monte-Cristo (France) par Matthieu Delaporte et Alexandre de La Patellière avec Pierre Niney.
Dans le dernier quart du XIXe siècle, un Polonais fils de propriétaire terrien, un allemand fils d’industriel et un juif débrouillard décident de faire fortune en profitant de l’industrialisation débridée de la ville de Lodz. Ils décident de construire leur propre entreprise et cherchent à financer leur projet… La Terre de la grande promesse (Ziemia obiecana, littéralement « Terre promise ») est un film polonais écrit et réalisé par Andrzej Wajda, adapté du roman paru en 1899 de Wladyslaw Reymont (prix Nobel de littérature en 1924). Pour Wajda, il s’agit à la fois de continuer à se pencher sur les origines de la Pologne moderne et de composer une grande fresque sociale sur le développement du capitalisme sauvage de la fin du XIXe siècle. S’il n’évite pas la caricature (Wajda est d’ailleurs homme à la revendiquer), il en dresse un tableau saisissant. Ses trois personnages principaux représentent bien les trois composantes majeures (Polonais, Allemands et juifs) de la ville alors la plus industrialisée du pays, paradis de l’arrivisme, où l’argent règne sur tout, où l’absence d’humanisme fait froid dans le dos. Il s’agit d’une fresque ambitieuse de près de trois heures, dotée de grands moyens. La réalisation est superbe, elle enchante vraiment. Wajda enchaine les scènes avec frénésie, les mouvements de caméra sont magistraux, les travelings peuvent être vertigineux. Les décors frappent l’esprit. Le naturalisme des usines contraste avec l’opulence des palais. Certaines scènes montrent une outrance fellinienne et Wajda utilise (parfois) les focales courtes pour déformer les visages. Le résultat est d’une puissance rare. La Terre de la grande promesse est l’un des meilleurs films d’Andrzej Wajda et du cinéma polonais. Elle: – Lui :
Lecteurs : (1 notes, moyenne : 5,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Daniel Olbrychski dans La Terre de la grande promesse (Ziemia obiecana) de Andrzej Wajda.La Terre de la grande promesse (Ziemia obiecana) de Andrzej Wajda. Andrzej Seweryn, Daniel Olbrychski et Wojciech Pszoniak dans La Terre de la grande promesse (Ziemia obiecana) de Andrzej Wajda.La Terre de la grande promesse (Ziemia obiecana) de Andrzej Wajda.
Remarque : Le film est visible sur le site de la Cinémathèque polonaise (sous-titres anglais ou polonais, pas de français)
En France à la fin du XIXe siècle, Eugénie travaille depuis vingt ans comme cuisinière pour le célèbre gastronome Dodin. Au fil des années, une passion affectueuse s’est développée entre eux. De leur amour commun pour la gastronomie naissent des plats uniques, savoureux et délicats. Eugénie, femme éprise de liberté, n’a cependant jamais voulu épouser Dodin… La Passion de Dodin Bouffant est un film français écrit et réalisé par Trần Anh Hùng (cinéaste français d’origine vietnamienne que l’on a découvert avec L’Odeur de la papaye verte en 1993). C’est l’adaptation assez libre du roman suisse La Vie et la Passion de Dodin-Bouffant gourmet, paru en 1924. Tourné dans un château en Anjou, ce récit simple est une belle ode à la gastronomie française, un film plaisant et réconfortant en ces périodes si anxiogènes. Le chef triplement étoilé Pierre Gagnaire a été consultant sur le tournage et son bras droit, le chef Michel Nave, a réalisé toutes les recettes. Tout est vrai. Le film évoque Le Festin de Babette de Gabriel Axel (1987) mais Trần Anh Hùng se montre plus admirable encore dans sa façon de filmer, avec de mouvements de caméra, amples et doux, qui donnent parfois l’impression de danser autour des personnages. On se délecte de ces images. Le film est une ode au plaisir de vivre. Il est toutefois logique que ce type de film hédoniste ne plaise pas à tous les spectateurs (à commencer par les critiques qui n’ont pas aimé). Prix de la mise en scène à Cannes 2023. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Emily Brontë est une jeune femme marginale et rebelle. Entourée de son père, de ses deux sœurs, de son frère et de son précepteur, le vicaire coadjuteur de son père, le film retrace le parcours initiatique qui l’amènera à écrire son chef-d’œuvre Les Hauts de Hurlevent… Emily est un film biographique américano-britannique écrit et réalisé par Frances O’Connor. Il s’agit du premier long métrage de cette actrice australo-anglaise. C’est une biographie romancée puisque l’on ne sait que peu de chose sur la vie d’Emily Brontë. Par exemple, si le vicaire a bien existé, la relation avec Emily est pure fiction. La complexité et la richesse de la personnalité d’Emily est bien rendue et l’interprétation de l’actrice franco-britannique Emma Mackey est forte. Le film manque toutefois un peu de puissance mais reste un beau portrait de femme, avec ce besoin de liberté, de penser et de vivre. En outre, les paysages du West-Yorkshire sont magnifiquement utilisés. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Pologne, dans les années 1870. Ancien commis de brasserie en proie à de régulières humiliations, Stanislaw Wokulski finit par devenir un riche homme d’affaires. Toutefois, il demeure sensible aux inégalités sociales, aide des personnes dans la misère et rêve de réunification de son pays démantelé. Il est aussi très épris d’une de la fille d’un aristocrate ruiné, Izabella Lecka, et son désir le plus ardent est de l’épouser… La Poupée est un film polonais réalisé par Wojciech Has. Il s’agit de l’adaptation du roman homonyme de Bolesław Prus, publié sous forme de feuilleton entre 1887 et 1889. Wojciech Has est un réalisateur peu connu en France (1) et le film était inédit en France jusqu’à sa sortie en DVD en 2008 et en salles fin 2022. Ce fut pour moi une grande surprise de le découvrir car c’est un petit chef d’œuvre. L’histoire évoque les romans de Balzac avec des sentiments exacerbés par l’attrait de la richesse et une noblesse désargentée qui a conservé un fort sentiment de supériorité. Certaines allusions ou allégories nous échappent certainement, à moins de connaître parfaitement l’histoire de la Pologne du XIXe siècle (2) mais cela n’empêche en rien d’apprécier le film. La mise en scène de Wojciech Has est magistrale, avec un contraste très fort entre les décors surchargés et colorés de la noblesse et la misère monochromatique des rues où émergent quelques personnages formant des ilots de couleurs. Certaines scènes prennent une teinte irréelle, le cinéaste tentant de jeter une passerelle entre rêve et réalité. La photographie est belle et très travaillée. Superbe musique de Wojciech Kilar (3). D’une durée de 160 minutes, La Poupée est un grand film de créateur, doté d’une puissance peu commune. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
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Remarque :
* L’actrice Beata Tyszkiewicz est elle-même descendante d’une famille de l’aristocratie polonaise. Au moment du tournage, elle était mariée avec le réalisateur Andrzej Wajda avec lequel elle a eu une fille.
Mariusz Dmochowski et Beata Tyszkiewicz dans La Poupée (Lalka) de Wojciech Has.
(1) Wojciech Has (1925-2000) a signé une quinzaine de longs métrages entre 1957 et 1988, parmi lesquels Le Manuscrit trouvé à Saragosse (1965), La Poupée (1968), La Clepsydre (1973) et Les Tribulations de Balthazar Kober (1988).
(2) La Pologne XIXe siècle : Divisée entre les empires russe, allemand et austro-hongrois, la République des Deux Nations a cessé d’exister. Bien que la république ait disparu de la carte, des générations successives réclament sa reconstruction et bataillent contre les oppresseurs. Le XIXe siècle présente ainsi un enchaînement de soulèvements polonais : l’insurrection de Kościuszko de 1794, la participation aux guerres de Napoléon, l’insurrection de novembre de 1830, le soulèvement de Cracovie de 1846, et l’insurrection de Grande-Pologne de 1848, avec leurs lourds tributs en vies humaines. La guerre dont il est question dans le film (et pendant laquelle Wokulski a, dit-on, fait fortune) est celle déclarée par le général russe Karl Lambert fin 1861 qui se terminera par l’Insurrection de janvier 1863 contre l’Empire russe. Cette insurrection sera défaite et fortement réprimée par les russes qui accentueront leur emprise sur cette partie de la future Pologne. (Source Wikipédia)
(3) Wojciech Kilar est un grand compositeur polonais de musique de films et de musique classique. IMDB le crédite de 168 films. Il sera Césarisé pour la musique du film Le Pianiste (2002) de Roman Polanski (César 2002 de la meilleure musique écrite pour un film).
Mariusz Dmochowski et Beata Tyszkiewicz dans La Poupée (Lalka) de Wojciech Has.
A l’époque de la Restauration, Lucien de Rubempré est un jeune poète idéaliste né sans fortune à Angoulême. Sa relation avec une femme mariée de la petite noblesse locale est l’occasion de monter à Paris avec l’espoir de se faire publier. Il va découvrir que la vie littéraire, intellectuelle et artistique parisienne n’est que la façade d’un monde voué à la loi du profit et des faux-semblants… Illusions perdues est un film dramatique français réalisé par Xavier Giannoli. Il a écrit le scénario de cette adaptation de Balzac avec Jacques Fieschi. Ils se sont concentrés sur la deuxième partie du roman homonyme, élément de La Comédie humaine. Animé par le désir de moderniser Balzac, Xavier Giannoli simplifie le récit et le transforme en une charge tous azimuts aux multiples résonances actuelles. A défaut d’être subtil et profond, le propos de Xavier Giannoli est simple à résumer : « tous pourris ». Il n’y a plus de Rubempré tiraillé entre le vice et la vertu puisque, selon Giannoli, le vice est partout. Le cinéaste s’attaque au monde de l’art, de l’édition, au pouvoir de l’argent et aux journaux par des logorrhées verbales assenées sentencieusement en voix-off. Et il insiste, comme pour faire nous faire bien comprendre qu’il ne parle pas du XIXe siècle mais de notre époque actuelle. Le film est fastueux mais un peu long. Sur le plan de la forme, la reconstitution est en effet réussie et l’interprétation est de très bon niveau jusque dans les seconds et troisièmes rôles. Les réticences exprimées ci-dessus ne sont pas partagées par tous, loin de là : le film a reçu un très bon accueil de la critique et du public, avec sept Césars à la clef. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
En 1876, dans les mines de charbon de Pennsylvanie, les mineurs sont exploités pour les besoins de l’industrie en plein essor. Une société secrète irlandaise, les Molly Maguires se vengent par des actions de sabotage et des agressions de l’encadrement. La police envoie sur place un détective pour les infiltrer… Traître sur commande est un film américain réalisé par Martin Ritt, sorti en 1970. Le scénario est l’œuvre de Walter Bernstein d’après un roman d’un certain Arthur H. Lewis. L’histoire se base sur des faits réels puisque les Molly Maguires ont bien existé (Arthur Conan Doyle s’est inspiré de leur histoire pour écrire La Vallée de la peur, paru en 1915) et le personnage du détective infiltré, James McParland, est tout aussi réel (il aurait dénoncé 347 Mollies présumés). Le film est assez remarquable par la reconstitution du travail dans les mines à cette époque et, si les intentions de Martin Ritt étaient de dénoncer la surexploitation des ouvriers, il le fait sans appuyer lourdement ; il est vrai qu’il suffit de simplement montrer ces conditions de travail pour convaincre. Le film est aussi remarquable par sa subtilité et son absence de manichéisme : le personnage du détective infiltré est en effet tout en ambiguïté, toujours à la limite de basculer dans l’autre camp. Enfin, le film est remarquable dans sa forme, montrant une grande précision de mise en scène et une superbe photographie : les plans à l’intérieur de la mine sont éclairés à la bougie (comme à l’époque) ; en extérieur, les blocs de charbon paraissent presque vivants, la poussière est palpable jusque dans les champs, l’éclairage est superbe. La musique d’Henry Mancini fait un large usage de la musique modale irlandaise. On se demande bien pourquoi un tel film fut ignoré par la critique à sa sortie. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Voir les autres films de Martin Ritt chroniqués sur ce blog…
Remarque :
• L’introduction est assez prenante : il faut attendre 15 minutes pour que la première parole soit prononcée.
• Le budget fut confortable et l’échec n’en fut que plus douloureux pour les producteurs Martin Ritt et Walter Bernstein.
Sean Connery et Krank Finlay dans Traître sur commande (The Molly Maguires) de Martin Ritt.
Richard Harris dans Traître sur commande (The Molly Maguires) de Martin Ritt.