11 janvier 2019

Moi, Daniel Blake (2016) de Ken Loach

Titre original : « I, Daniel Blake »

Moi, Daniel BlakeA la suite d’un accident cardiaque, les médecins de Daniel Blake lui interdisent de travailler. Il est toutefois déclaré apte par une compagnie privée mandatée par l’administration. Lors d’un rendez-vous au centre d’emploi, il fait la connaissance de Katie Morgan et se prend de sympathie pour elle…
Pour écrire leur scénario, Ken Loach et Paul Laverty se sont livrés à une longue enquête sur le terrain et recueilli de nombreux témoignages. Leur histoire met en évidence les incohérences et la déshumanisation des services administratifs qui prend souvent des allures kafkaïennes et broie les individus. Tout l’art de Ken Loach est de le faire sans misérabilisme, pointant les défauts sans chercher la polémique ; son propos est surtout humaniste : il nous rappelle qu’il ne faut pas oublier l’humain. Il est difficile de ne pas se prendre de sympathie pour ses personnages. Palme d’or au Festival de Cannes 2016.
Elle: 5 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Dave Johns, Hayley Squires
Voir la fiche du film et la filmographie de Ken Loach sur le site IMDB.

Voir les autres films de Ken Loach chroniqués sur ce blog…

Voir les livres sur Ken Loach

Contexte social (pour mieux comprendre la situation bizarre où Daniel Blake se retrouve) :
Depuis octobre 2008, les autorités du Royaume-Uni considèrent que de nombreuses personnes présentant des problèmes de santé ou de handicap peuvent accéder à un travail. C’est une compagnie privée qui évalue cette possibilité par questionnaire sans consultation du médecin. S’ils sont déclarés aptes, une prestation est versée, l’ESA (Employment and Support Allowance), pour les aider à retrouver une activité. Ils sont tenus de participer à une série d’entretiens concernant leur recherche d’emploi. (Texte repris de Wikipedia et complété)

Moi, Daniel Blake
Dave Johns et Hayley Squires dans Moi, Daniel Blake de Ken Loach.

6 novembre 2016

Gabriel Over the White House (1933) de Gregory La Cava

Titre français parfois utilisé : « Gabriel au-dessus de la maison blanche »

Gabriel au-dessus de la maison blancheDès sa première conférence de presse, le nouveau président des États-Unis, Judson Hammond, montre qu’il sera un chef d’État médiocre, peu enclin à affronter les grands problèmes du moment. Mais, tombé dans le coma après un accident automobile, il se réveille transformé… Gabriel Over the White House est un film très surprenant puisqu’il décrit un président « touché par la grâce » (ou par l’ange Gabriel plus exactement) qui met en place une dictature de gauche pour lutter contre les fléaux du chômage et du gangstérisme et initier le désarmement mondial. On peut déceler la patte du magnat William Randolph Hearst qui a produit le film et dont les idées radicales et xénophobes flirtaient avec le fascisme. Tourné en 1932 en pleine campagne électorale, Gabriel Over the White House est sorti en mars 1933, quelques semaines après l’entrée en fonction du président Roosevelt, qu’Hearst avait activement soutenu et qui a beaucoup apprécié le film au point de proposer des aménagements de scénario. En revanche, le très conservateur patron de la M.G.M., Louis B. Mayer, a été atterré lorsqu’il a découvert le film une fois fini et a tout fait pour en retarder la sortie. Hormis son contenu, le film n’est pas vraiment remarquable. Grégory La Cava, réalisateur surtout connu pour ses comédies, parvient toutefois à insuffler un bon rythme à l’ensemble qui est ainsi assez prenant. Le film fut un succès à l’époque.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Walter Huston, Karen Morley, Franchot Tone
Voir la fiche du film et la filmographie de Gregory La Cava sur le site IMDB.

Voir les autres films de Gregory La Cava chroniqués sur ce blog…

Remarques :
* Gabriel Over the White House est adapté du roman Rinehard. L’auteur, Thomas Frederic Tweed, est anglais. Il fut conseiller de David Lloyd George, ex-premier ministre, chef du parti libéral anglais.
* Le succès ne fut évidemment pas au rendez-vous en dehors des Etats-Unis. La version anglaise a été légèrement modifiée pour laisser croire que la Grande-Bretagne et les Etats-Unis oeuvraient ensemble pour obtenir le désarmement des autres pays.

Gabriel over the Whie House
Walter Huston (au centre), Franchot Tone et Karen Morley dans Gabriel Over the White House de Gregory La Cava.

1 mai 2016

Le Grand Amour (1931) de Otto Preminger

Titre original : « Die grosse Liebe »

Le Grand AmourDix ans après la fin de la guerre, un ancien prisonnier revient à Vienne, sa ville natale. La mère d’un soldat porté disparu le prend pour son fils. Il n’ose la contredire de peur de lui briser le coeur… Le Grand Amour est le premier film d’Otto Preminger alors âgé de 26 ans, le seul qu’il ait tourné en langue allemande. On ne peut pas dire que le réalisateur austro-hongrois fasse grand cas de cette période puisqu’il fait débuter son autobiographie en 1935 (c’est-à-dire au moment où il a émigré aux Etats-Unis) et c’est à peine s’il mentionne au détour d’une phrase « un petit film que j’avais auparavant dirigé ». Effectivement, ce film de jeunesse n’est pas vraiment remarquable. C’est un mélodrame dont l’histoire est assez classique et peu développée. On notera toutefois une satire de l’optimisme économique (où les gens se forcent à dire que ça va mieux), la critique de la bureaucratie et la satire des riches commerçants parvenus qui font des fêtes assez tapageuses. Preminger s’amuse à réaliser une petite prouesse technique, un panoramique à 360 degrés dans une pièce fermée (on peut supposer que les fils viennent du sol ou du plafond). Otto Preminger réalisera son premier film américain cinq ans plus tard en 1936 et son premier « grand film » (Laura en 1944) sera son sixième.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Hansi Niese, Attila Hörbiger
Voir la fiche du film et la filmographie de Otto Preminger sur le site IMDB.

Voir les autres films de Otto Preminger chroniqués sur ce blog…

Voir les livres sur Otto Preminger

Die grosse Liebe
Hansi Niese et Attila Hörbiger dans Le Grand Amour de Otto Preminger.

Die grosse Liebe
Hansi Niese et Hugo Thimig dans Le Grand Amour de Otto Preminger.

25 janvier 2016

Ça s’est passé à Rome (1960) de Mauro Bolognini

Titre original : « La giornata balorda »

Ça s'est passé à RomeDavid Saraceno est un jeune chômeur d’un quartier populaire qui cherche un emploi stable pour pouvoir épouser une jeune fille avec laquelle il vient d’avoir un enfant. Il se rend dans le centre de Rome et va rencontrer des personnes de divers milieux au cours d’une journée particulièrement chargée… Ça s’est passé à Rome est un film assez rare de Mauro Bolognini. Tiré des Nouvelles Romaines d’Alberto Moravia, le scénario a été écrit par Pier Paolo Pasolini (*). Ça s’est passé à Rome est ainsi dans le même esprit que Les Garçons (1959) : le film est ancré dans le néo-réalisme mais avec une certaine recherche esthétique et une approche similaire à celle de la Nouvelle Vague. La caméra est mobile, tournant le plus souvent en décors naturels, et nous suivons les déambulations de ce jeune romain, avec pour accompagnement la musique jazz de Piero Piccioni. A la différence des héros du film Les Garçons, le jeune David désire trouver un vrai travail honnête et durable mais, balloté entre les bureaux et les vagues promesses, il va découvrir la corruption de la société et même une certaine injustice. Lui-même oscille encore entre l’insouciance de la jeunesse avec ses quêtes amoureuses et le sentiment de responsabilité de père d’un nouveau-né. C’est le français Jean Sorel qui incarne avec une belle présence ce jeune aspirant à une vie meilleure. Le film fut mutilé et interdit en Italie, officiellement pour « amoralité » mais surtout parce qu’il était contraire aux valeurs que le gouvernement italien cherchait à insuffler.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Jean Sorel, Lea Massari, Jeanne Valérie
Voir la fiche du film et la filmographie de Mauro Bolognini sur le site IMDB.

Voir les autres films de Mauro Bolognini chroniqués sur ce blog…

Remarque :
* La scène d’ouverture du film est absolument superbe : il s’agit un lent traveling-avant en contre-plongée (quasi-verticale) entre deux rangées d’immeubles populaires reliées par des passerelles à chaque étage et le linge à sécher, avec les gens qui s’interpellent, certains habitants regardant la caméra depuis les passerelles, le tout sur la musique de Piero Piccioni. L’image est à la fois imposante et fascinante… un spectacle impressionnant. Magistral.

(*) Pasolini a écrit pour Bolognini pour quatre films entre 1958 et 60 : Les Jeunes Maris, Les Garçons, Ça s’est passé à Rome et Le Bel Antonio. Il est ici assisté de Marco Visconti (aucune relation de parenté avec le réalisateur Luchino Visconti).

Ca s'est passé à Rome
Jeanne Valérie et Jean Sorel dans Ça s’est passé à Rome de Mauro Bolognini

Ca s'est passé à Rome
Jean Sorel (ci-dessus) a de quoi troubler Lea Massari (ci-dessous) dans Ça s’est passé à Rome de Mauro Bolognini…
Ca s'est passé à Rome

17 avril 2014

Une vie de chien (1918) de Charles Chaplin

Titre original : « A Dog’s Life »

Une vie de chien(Court métrage, 3 bobines, 33mn) Après avoir dormi dans un terrain vague, Charlot essaie en vain de trouver du travail. Il prend la défense d’un petit chien errant et ils deviennent inséparables… Une vie de chien est le premier film de Chaplin pour la First National. C’est aussi le premier film dans son tout nouveau studio de La Brea. Par rapport aux films de la Mutual, Chaplin franchit un pas. Louis Delluc dira de ce film que c’est « la première oeuvre d’art complète du cinéma ». En effet, Une vie de chien préfigure Le Kid de façon étonnante : Chaplin joue toujours sur le registre burlesque mais il prend, plus que jamais, la défense des laissés pour compte. Son personnage n’est pas à proprement parler un marginal, il désire s’insérer dans la société mais n’y parvient pas. Ce contenu social ne l’empêche pas de placer de très nombreux gags : il faut le voir échapper à un policeman, ingurgiter en catimini les beignets du marchand ambulant, la scène la plus mémorable étant celle où après avoir assommé un voleur, il passe les mains sous ses aisselles pour parler par gestes au complice assis en face. Un petit bijou.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Charles Chaplin, Edna Purviance, Bud Jamison, Albert Austin, Tom Wilson
Voir la fiche du film et la filmographie de Charles Chaplin sur le site IMDB.

Voir les autres films de Charles Chaplin chroniqués sur ce blog…
Voir les livres sur Charlie Chaplin

Remarques :
* Fin 1917, Charlie Chaplin a signé à la First National pour 8 films de 2 bobines à réaliser en 16 mois. De plus en plus perfectionniste, allongeant la durée de ses films, il lui faudra plus de 4 années pour venir à bout de son engagement. C’est grâce à ce contrat que Chaplin a pu faire construire son propre studio, sur La Brea Avenue dans un champ de citronniers… (Voir l’emplacement actuel sous Google Maps… aujourd’hui, ce sont les locaux de la Jim Henson Co. et le quartier est passablement plus construit…)

9 avril 2014

Le Voleur de bicyclette (1948) de Vittorio De Sica

Titre original : « Ladri di biciclette »

Le voleur de bicycletteDans le Rome de l’Après-guerre, un chômeur trouve du travail comme colleur d’affiches pour la Mairie. Il se fait voler sa bicyclette qui est vitale pour lui pour garder cet emploi. Avec son fils, il se met en quête pour retrouver le voleur… Le Voleur de bicyclette est l’un des films les plus emblématiques du néo-réalisme italien. L’histoire est tirée d’un roman de Luigi Bartolini. L’Oscar honorifique de son film précédent, Sciuscia, avait attiré sur lui l’attention d’Hollywood mais pourtant Vittorio De Sica a préféré refuser l’offre de David O. Selznick de faire de son nouveau film une grosse production avec Cary Grant en vedette pour finalement le tourner avec un budget très réduit et des acteurs non professionnels (1). Le film reste l’un des témoignages les plus authentiques de l’état de l’Italie au lendemain de la guerre avec ses millions de chômeurs, nous montrant, de l’intérieur, la grande pauvreté de cette Italie qui était entièrement à reconstruire, avec la tentation des fausses croyances. Le voleur de bicyclette Le propos n’est pas misérabiliste pour autant, il est même assez positif avec cette entraide si importante et surtout par son image de fin, l’une des plus belles fins de toute l’histoire du cinéma, une image toute simple mais si forte d’un petit garçon qui prend la main de son père qui vient d’essuyer l’opprobre de la foule. Toute la force du film est d’avoir un contenu particulièrement riche alors qu’il semble ne montrer que la vie réelle dans son apparente banalité, et qui plus est, sur un laps de temps très court, l’essentiel de l’histoire se déroulant sur une journée. C’est en cela que Le Voleur de bicyclette reste encore aujourd’hui si unique.
Elle:
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Lamberto Maggiorani, Enzo Staiola
Voir la fiche du film et la filmographie de Vittorio De Sica sur le site IMDB.

Voir les autres films de Vittorio De Sica chroniqués sur ce blog…

Voir les livres sur Vittorio De Sica

Remarques :
* Sergio Leone a été assistant de Vittorio De Sica sur ce film. En outre, il apparait brièvement à l’écran : c’est l’un les prêtres qui entourent le père et son fils pendant l’averse.
* Le titre original en italien se traduit par *Les* Voleurs de bicyclette, la nuance étant d’importance. Le voleur de bicyclette pourrait n’être qu’un banal film policier (c’est probablement ce qu’ont voulu laisser croire les distributeurs français en optant pour le singulier), Les Voleurs de bicyclette élargit le propos à la société : chaque niveau social aurait-il son voleur de bicyclette ?

(1) L’acteur principal Lamberto Maggiorani était un ouvrier au chômage avant de tourner le film et le reviendra hélas, une fois le tournage achevé.

15 décembre 2012

Une auberge à Tokyo (1935) de Yasujirô Ozu

Titre original : « Tôkyô no yado »

Une auberge à Tokyo(Film muet) Dans la banlieue industrielle de Tokyo, Kihachi erre avec ses deux jeunes enfants à la recherche d’un travail. Chaque jour, le problème de trouver un endroit pour manger et dormir se pose. Il rencontre une jeune femme et sa fille, elles aussi sans domicile… Une auberge à Tokyo est un film assez étonnant : dans le sillage des grands films réalistes du muet, notamment des films soviétiques, Ozu arrive un résultat assez similaire à ce que sera le courant du néoréalisme italien quelque dix années plus tard. Une auberge à Tokyo évoque ainsi singulièrement Le Voleur de bicyclette de Vittorio De Sica (1948). Ozu pousse le réalisme jusque dans les détails et nous fait percevoir avec netteté et sans concession le désarroi de ce père condamné à errer avec ses deux enfants. Il parvient à nous faire sentir comment cette extrême pauvreté affecte l’homme dans l’estime qu’il s’accorde. La gravité du thème n’empêche pas Ozu de glisser un peu d’humour et de faire de très belles scènes dans les terrains vagues qui entourent les usines : celle où le père mime avec ses enfants un repas arrosé de saké, ou encore celles où l’homme et la femme regardent leurs enfants jouer. Même si la copie existante est assez abimée, l’image est assez belle et Ozu fait ici de très beaux travelings. Une auberge à Tokyo a été tourné en muet mais il a été ensuite sonorisé avec de la musique par le réalisateur.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Takeshi Sakamoto, Yoshiko Okada, Chôko Iida, Tomio Aoki
Voir la fiche du film et la filmographie de Yasujirô Ozu sur le site IMDB.

Voir les autres films de Yasujirô Ozu chroniqués sur ce blog…

Remarque :
Une auberge à Tokyo est l’avant-dernier film tourné par Ozu en format muet. Le dernier sera Daigaku yoitoko (Vive la fac ou Le collège est un endroit agréable) sorti en 1936.

11 décembre 2012

Choeur de Tokyo (1931) de Yasujirô Ozu

Titre original : « Tôkyô no kôrasu »

Le choeur de Tokyo(Film muet) Un jeune employé d’une compagnie d’assurances perd son emploi après s’être accroché avec son patron. Cherchant du travail à Tokyo, il rencontre son ancien professeur de lycée qui tient maintenant une petite gargote… Le choeur de Tokyo marque un tournant dans la filmographie d’Ozu car c’est le film avec lequel il abandonne le thème des étudiants et le burlesque pour traiter de sujets plus généraux et plus sérieux (1). L’humour n’est pas absent, notamment dans le premier tiers du film, mais le fond du propos est la crise économique qui frappe le Japon et la question : quelles compromissions doit-on / peut-on accepter en tant qu’homme ? La question est posée aussi bien vis-à-vis de sa famille (sa femme refuse qu’il s’abaisse) que dans le cadre de la société. Le cinéma d’Ozu devient plus réaliste et se concentre peu à peu sur l’homme.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Tokihiko Okada, Emiko Yagumo, Hideo Sugawara, Hideko Takamine, Tatsuo Saitô
Voir la fiche du film et la filmographie de Yasujirô Ozu sur le site IMDB.

Voir les autres films de Yasujirô Ozu chroniqués sur ce blog…

Remarque :
La petite fille (celle qui tombe malade) est jouée  par Hideko Takamine, actrice que l’on retrouvera entre autres dans plusieurs films de Mikio Naruse dans les années 50 et 60. Ici, à l’âge de 7 ans, elle en était déjà à son 15e film !

(1) Sur ce point, le début du film est explicite : après une longue scène purement burlesque se déroulant dans la cour d’un lycée où un professeur a bien du mal à mettre ses étudiants en rang de façon militaire, Ozu place un intertitre annonçant : « Ça, c’était le passé, passons à des choses plus sérieuses » et nous retrouvons notre étudiant quelques années plus tard, travaillant dans sa compagnie d’assurances.

10 décembre 2012

J’ai été diplômé, mais… (1929) de Yasujirô Ozu

Titre original : « Daigaku wa detakeredo »

J'ai été diplômé, mais...(Muet, 12 minutes) Un jeune diplômé se voir proposer un emploi subalterne qu’il refuse. Il reste sans emploi. A sa mère venue en visite, il fait croire qu’il a trouvé un travail en s’absentant durant la journée. Quand il voit que sa femme est obligée de travailler dans un bar pour les faire vivre, il décide d’accepter le travail peu gratifiant qui lui était proposé… J’ai été diplômé, mais… fait partie de toute une série de longs métrages qu’Ozu a réalisés au tout début de sa carrière sur le thème de l’université et des étudiants. C’est l’un des films les plus emblématiques de ses débuts. J’ai été diplômé, mais… est un film perdu dans sa version intégrale : seule subsiste une version courte de douze minutes qui recrée un ensemble plutôt cohérent. On remarque déjà, sous-jacent, le thème de l’opposition entre la tradition et la modernité  J'ai été diplômé, mais... et aussi certains plans vides de transition. On peut donc voir ici les prémices d’un style. Quelques belles trouvailles comme cette façon faire comprendre à sa femme qu’il n’a pas de travail : il lui montre un quotidien qui s’appelle Sunday et lui dit « Pour moi, c’est tous les jours dimanche ». Petit détail très apparent : Ozu a placé un gigantesque poster du film d’Harold Lloyd Speedy au mur de la pièce occupée par le jeune couple, montrant ainsi son intérêt pour le cinéma américain.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Minoru Takada, Kinuyo Tanaka
Voir la fiche du film et la filmographie de Yasujirô Ozu sur le site IMDB.

Voir les autres films de Yasujirô Ozu chroniqués sur ce blog…

11 juillet 2012

8 fois debout (2009) de Xabi Molia

8 fois deboutJeune femme instable, Elsa passe des entretiens d’embauche et fait des petits boulots au noir en attendant. Elle espère pouvoir regagner le droit d’avoir son fils de 10 ans. Elle rencontre Matthieu, son voisin de palier qui est dans la même situation qu’elle… Le titre est tiré d’un proverbe japonais « 7 fois à terre, 8 fois debout », ce qui laisse à penser que le film de Xabi Molia est plutôt optimiste. Ce n’est pas exactement le cas même si le ton reste assez léger. En fait, l’ensemble paraît être entre deux chaises. En outre, Xabi Molia a pris le parti de ne rien nous dire sur ses personnages. De ce fait, 8 fois debout peut nous apparaître comme un film un peu superficiel dont on reste plutôt en dehors. Julie Gayet est charmante (peut-être un peu trop pour le rôle d’ailleurs) mais cela ne suffit pas…
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Julie Gayet, Denis Podalydès, Mathieu Busson
Voir la fiche du film et la filmographie de Xabi Molia sur le site IMDB.