2 mai 2021

Didier (1997) de Alain Chabat

DidierJean-Pierre, agent de football, a accepté de garder Didier, le chien d’une amie partie en voyage. Au cours de la nuit, le labrador prend une apparence humaine tout en restant psychologiquement un chien. Voilà un problème supplémentaire pour Jean-Pierre, en plus de ses soucis avec ses joueurs vedettes…
Didier est écrit et réalisé par Alain Chabat. Il s’agit de sa première réalisation. Le postulat de départ, un brin surréaliste, est aussi saugrenu que gonflé mais le scénario fonctionne finalement bien, même très bien grâce au jeu d’Alain Chabat qui parvient rendre crédible sa condition et son mental de chien. Face à lui, Jean-Pierre Bacri joue parfaitement de son style désabusé mais résilient. L’humour est toujours de bon ton, sans vulgarité, avec des répliques brillantes. Le film montre toutefois quelques longueurs, essentiellement dans sa partie sportive (qui évoque quelque peu le Coup de tête de Jean-Jacques Annaud, 1979). L’ensemble forme un bon divertissement.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Jean-Pierre Bacri, Alain Chabat, Caroline Cellier, Lionel Abelanski
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DidierJean-Pierre Bacri et Alain Chabat dans Didier de Alain Chabat.

4 mars 2021

Dogman (2018) de Matteo Garrone

DogmanDans une banlieue déshéritée, Marcello, toiletteur pour chiens discret et apprécié de tous, voit revenir de prison son ami Simoncino, un ancien boxeur accro à la cocaïne qui, très vite, rackette et brutalise le quartier. D’abord confiant, Marcello se laisse entraîner malgré lui dans une spirale criminelle…
Dogman est un film dramatique italien coécrit, coproduit et réalisé par Matteo Garrone, le réalisateur de Gomorra. L’histoire est librement inspirée d’un fait divers qui a défrayé la chronique en Italie, dans les années 1980. C’est une histoire très noire, dans un environnement presque irréel tant il est délabré. La vie semble avoir quitté cette banlieue aux allures post-apocalyptique. C’est aussi une histoire violente, une violence brute presque primitive. Dès les premières images, l’atmosphère met mal à l’aise. Le propos, sur le thème des rapports fort/faible, n’est guère convaincant à mes yeux, portant un regard sans nuances et assez caricatural sur la nature humaine. Le grand atout du film est son acteur principal, pourtant peu expérimenté, qui compose avec naturel un personnage très original. Il a été récompensé par le Prix d’interprétation masculine à Cannes 2018. La critique a majoritairement été enchantée par le film. A réserver aux amateurs d’histoires noires et violentes.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Marcello Fonte, Edoardo Pesce
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DogmanMarcello Fonte, souffre-douleur d’une grosse brute dans Dogman de Matteo Garrone.

1 février 2021

L’Appel de la forêt (2020) de Chris Sanders

Titre original : « The Call of the Wild »

L'appel de la forêt (The Call of the Wild)La paisible vie domestique de Buck, un chien au grand cœur, bascule lorsqu’il est brusquement arraché à sa maison en Californie et se retrouve enrôlé comme chien de traîneau dans les étendues sauvages du Yukon canadien pendant la ruée vers l’or des années 1890…
L’Appel de la forêt est adapté du célèbre livre de Jack London paru en 1903. Cette version issue des studios Disney est plus particulièrement destinée aux enfants ; l’histoire est donc plutôt édulcorée, toute cruauté a été gommée et la lutte pour la vie est devenue un parcours d’intégration. L’accent est mis sur l’anthropomorphisme, le chien Buck se comportant comme un humain, capable de comprendre beaucoup et même plus. La réalisation technique est parfaite, le chien est réalisé en image de synthèse avec une parfaite intégration à l’image. Les décors de nature sont très beaux. Toute la première partie est ainsi vraiment époustouflante et suscite l’émerveillement. L’intérêt s’essouffle quelque peu dans la seconde partie avec Harrison Ford mais il y a là de quoi ravir les petits enfants.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Harrison Ford, Omar Sy, Cara Gee, Dan Stevens
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Remarque :
* Pour faciliter le jeu des acteurs, de nombreuses scènes ont été tournées avec un acteur prenant la place du chien. Il s’agit du cascadeur et gymnaste Terry Notary (que l’on a vu dans The Square), grand spécialiste de la gestuelle animale. Il a ensuite été remplacé par le chien créé par ordinateur.

L'appel de la forêt (The Call of the Wild)Harrison Ford dans L’appel de la forêt (The Call of the Wild) de Chris Sanders.

20 novembre 2020

Le Miracle du Saint Inconnu (2019) de Alaa Eddine Aljem

Le Miracle du Saint InconnuPoursuivi par la police, un braqueur cache son butin au sommet d’une petite colline pierreuse dans une fausse tombe, en plein désert marocain. Quand il revient, des années plus tard après avoir purgé sa peine, il découvre qu’un mausolée a été édifié autour de la tombe…
Le Miracle du Saint Inconnu a été écrit et réalisé par le marocain Alaa Eddine Aljem. Il s’agit de son premier long métrage. C’est une fantaisie où l’humour est manié de façon très subtile, se moquant des croyances et des religions sans en cibler une seule, tournant en dérision les comportements figés. Par sa faculté de faire surgir l’humour là on ne l’attend pas, de mettre en scène les situations saugrenues, son cinéma très placide n’est pas sans rappeler celui d’Elie Suleiman. L’ensemble est épuré, sans paroles inutiles. Le film n’est pas exempt de défaut, il est sans doute un peu trop étiré, mais il se montre assez réussi.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Younes Bouab, Salah Ben Saleh, Bouchaib Semmak, Mohammed Nouaimane, Anas El Baz
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Le Miracle du Saint InconnuHassan Ben Bdida et Anas El Baz dans Le Miracle du Saint Inconnu de Alaa Eddine Aljem.

4 septembre 2020

Le Bon filon (1930) de James W. Horne

Titre original : « Laughing Gravy »

Le Bon filon (Laughing Gravy)Oliver et Stanley ont adopté un chien alors que leur propriétaire, un homme irascible logeant juste en dessous, interdit la présence d’animaux. Hélas, en pleine nuit, alors qu’il neige au dehors, Stanley est pris de hoquet, ce qui fait aboyer l’animal…
Laughing Gravy reprend le thème du court muet Angora Love (1929) à ceci près que la chèvre est remplacée par un chien. La version initiale de Laughing Gravy était prévue pour durer 3 bobines soit 30 minutes environ. C’est cette version qui fut utilisée à l’export. Mais, le producteur Hal Roach faisait alors pression sur le duo pour qu’il reste sur le format de 2 bobines, soit 20 minutes environ. La seconde situation (Stanley apprend qu’il va recevoir un héritage à la condition de se séparer de son ami Oliver) fut ainsi écartée et une fin alternative (maison placée en quarantaine et suicide du propriétaire) fut tournée pour être distribuée aux Etats-Unis. La partie avec le chien est assez réussie avec de multiples variations autour du même thème et une utilisation astucieuse du froid et de la neige. Le titre anglais est une allusion à un alcool (les Etats-Unis sont alors en pleine Prohibition), le titre français est plus difficile à expliquer (quel est donc ce « filon » qui serait bon ?)
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Stan Laurel, Oliver Hardy
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Le Bon filon (Laughing Gravy)Oliver Hardy et Stan Laurel dans Le Bon filon (Laughing Gravy) de James W. Horne.

18 janvier 2019

Paterson (2016) de Jim Jarmusch

PatersonPaterson est chauffeur de bus à Paterson, New Jersey. Il mène une vie réglée aux côtés de Laura et de son bouledogue Marvin. La ville a inspiré des poètes comme William Carlos Williams et Paterson écrit lui-même des poèmes sur un carnet secret qui ne le quitte jamais…
Ce film de Jim Jarmusch est assez difficile à décrire ou à cataloguer. Disons qu’il s’agit d’une rêverie-méditation presque philosophique autour d’un couple aussi étonnant qu’attachant : lui a une grande sensibilité malgré une vie réglée au cordeau, capable de prendre comme source d’inspiration des objets anodins pour exprimer toute une palette de sensations. Elle, de son côté, cherche sa voie, exubérante, multipliant les expériences artistiques avec un inépuisable enthousiasme. Nous suivons le couple sur sept jours, sans qu’il y ait d’histoire dans le sens classique du terme. Jim Jarmusch filme cela comme une ritournelle où les mêmes évènements reviennent chaque jour avec une variation différente. Il utilise la même construction, les mêmes effets de transition. Et pourtant, on ne voit pas le temps passer, on est comme happé par une douce atmosphère. L’humour est présent par petites touches, notamment grâce au chien. L’image est très belle, d’une grande douceur, d’une apparente simplicité mais toujours parfaitement construite. Paterson est un film qui se ressent, comme on ressent une œuvre d’art.
Elle: 4 étoiles
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Adam Driver, Golshifteh Farahani
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Remarques :
* Paterson est une ville de 150 000 habitants dans l’état du New Jersey aux États-Unis. Elle est située dans la banlieue ouest de New York. Il s’agit d’une ville plutôt pauvre.
* Les poèmes écrits par Paterson sont en réalité signés Ron Padgett, l’un des poètes contemporains préférés de Jim Jarmusch. L’écrivain a écrit certains poèmes pour le film et a autorisé que d’autres préexistants soient utilisés dans le film.
* Le poète américain William Carlos Williams est originaire de la région de Paterson. Il fut proche de Man Ray, Picabia et Duchamp, membre du collectif The Others et figure du modernisme américain.
* La chienne Nellie a été primée à Cannes : Palme Dog 2016 (la Palme Dog est décernée à Cannes depuis 2001). Elle a reçue cette récompense à titre posthume car la chienne est morte d’un cancer peu après la fin du tournage.

Paterson
Adam Driver dans Paterson de Jim Jarmusch.

Paterson
Golshifteh Farahani et la chienne Nellie dans Paterson de Jim Jarmusch.

14 février 2017

Le Chien des Baskerville (1959) de Terence Fisher

Titre original : « The Hound of the Baskervilles »

Le Chien des BaskervilleEn l’an 1790, Sir Hugo Baskerville, un aristocrate cruel, est attaqué par un énorme chien alors qu’il vient de poignarder une paysanne sur la lande. De là naît la légende du chien des Baskerville. Plusieurs décennies plus tard, Charles Baskerville meurt sur la lande dans des circonstances mystérieuses. Son neveu, Sir Henry hérite du domaine familial. Le détective Sherlock Holmes est contacté pour veiller sur lui… Le Chien des Baskerville de Terence Fisher est la deuxième grande adaptation du célèbre roman de Conan Doyle. Cette version prend quelques libertés par rapport au roman, sans le dénaturer toutefois. Le film étant issu des studios Hammer, on peut s’attendre à ce que le côté terrifiant soit développé mais il n’en est rien. Même l’apparition de la bête ne fait pas frémir. Le film est plutôt remarquable par son atmosphère, vraiment inquiétante, due à la précision du scénario, au jeu des acteurs et à leur forte présence. Le film joue beaucoup plus sur les nuances que sur le démonstratif. C’est sans doute pour cette raison que le film a plutôt déçu les amateurs des films de la Hammer et les suites prévues ne furent pas mises en chantier. Aujourd’hui, il est mieux considéré. A juste titre.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Peter Cushing, André Morell, Christopher Lee, John Le Mesurier
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Le Chien des Baskerville
André Morell (Watson) et Peter Cushing (Sherlock Holmes) dans Le Chien des Baskerville de Terence Fisher.

Le Chien des Baskerville
Peter Cushing (Sherlock Holmes) et Christopher Lee (Sir Henry Baskerville) dans Le Chien des Baskerville de Terence Fisher.

Les plus grandes adaptations du roman à l’écran :
1. Le Chien des Baskerville (The Hound of the Baskervilles) de Sidney Lanfield (USA 1939) avec Basil Rathbone, Nigel Bruce et Richard Greene
2. Le Chien des Baskerville (The Hound of the Baskervilles) de Terence Fisher (UK 1959) avec Peter Cushing et Christopher Lee
3. Priklyucheniya Sherloka Kholmsa i doktora Vatsona: Sobaka Baskerviley d’Igor Maslennikov (TV russe, 1981) avec Vasiliy Livanov et Nikita Mikhalkov
4. The Hound of the Baskervilles de Douglas Hickox (TV UK, 1983) avec Ian Richardson et Denholm Elliott
5. The Hound of the Baskervilles de Brian Mills (TV UK, 1988) avec Jeremy Brett et Edward Hardwicke
6. The Hound of the Baskervilles de Dave Attwood (TV UK, 2002) avec Richard Roxburgh et Ian Hart

2 janvier 2017

Dynamite Doggie (1925) de Roscoe Arbuckle

Dynamite Doggie(2 bobines, 18 mn) Un jeune homme rend visite à sa bien-aimée alors que son père est de sortie. Plus que le père, c’est le chien qu’il redoute… Après que sa carrière d’acteur eut été (injustement) ruinée par un scandale en 1921, Roscoe Fatty Arbuckle a réalisé des petits films comiques sous le pseudonyme William Goodrich (Buster Keaton lui avait suggéré de prendre le nom de Will B. Good, c’est-à-dire phonétiquement « je vais bien me tenir »). A défaut de pouvoir jouer lui-même, il a ainsi dirigé ses anciens acolytes et quelques autres. Si l’histoire de Dynamite Doggie est classique (elle est d’ailleurs proche de celle de Love dont on retrouve certains gags), l’originalité vient de l’utilisation du chien pour créer l’humour, chien qui joue remarquablement bien ! Pete The Dog (c’est son nom) est ici dans un de ses premiers films : il jouera dans près de cent films entre 1924 et 1935 ! Côté humain, c’est le neveu de Fatty, Al St. John, qui tient la vedette. Il a un jeu assez acrobatique, il montre notamment ses talents d’acrobate cycliste qui remontent à son début de carrière. Assez amusant à défaut d’être franchement remarquable, Dynamite Doggie a été redécouvert très récemment.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Al St. John
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Al St. John et Pete the Dog dans  Dynamite Doggie de Roscoe Arbuckle.

18 août 2016

Absolutely Anything (2015) de Terry Jones

Absolutely AnythingLancée en 1972 pour explorer les confins du système solaire et porter un message pacifique, la sonde Pioneer 10 est capturée par des créatures extraterrestres, représentants d’un groupement de civilisations très avancées. Pour savoir s’il faut détruire la Terre ou pas, ils décident de donner des super pouvoirs à un humain-test et observer s’il les utilise pour faire le bien ou pour faire le mal. Le tirage au sort désigne un professeur célibataire qui vit avec son chien… Ecrit et réalisé par l’ex-Monty Python Terry Jones, Absolutely Anything est une amusante comédie à l’humour très british. Le début a un petit air de Guide du Routard Galactique (de Douglas Adams) pour évoluer ensuite vers un humour nonsense qui joue beaucoup avec le sens des mots : la formulation approximative des vœux entraine souvent des effets inattendus. Simon Pegg est très bien mais le personnage le plus réussi est celui-ci du chien, habilement utilisé et merveilleusement doublé par Robin Williams (qui n’a hélas pu voir la sortie du film, c’est son dernier film). Les seconds rôles manquent sans doute de consistance. Le personnage de l’américain est par exemple loin d’être aussi pittoresque que celui d’Un poisson nommé Wanda même s’il permet le même type d’humour sur le décalage anglais / américain. L’ensemble est tout de même assez réussi même s’il laisse l’impression qu’il aurait pu l’être encore plus. Cela fait du bien de retrouver l’humour Monty Python.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Simon Pegg, Kate Beckinsale, Rob Riggle, Robin Williams
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Absolutely anything
Simon Pegg et Kate Beckinsale dans Absolutely Anything de Terry Jones.

Absolutely anything
Le chien Mojo (prénommé Dennis dans le film) et Simon Pegg dans Absolutely Anything de Terry Jones.

Remarques :
* Le film réunit cinq ex-Monty Python qui font les voix des aliens : John Cleese (le chef), Terry Gilliam (l’alien méchant), Eric Idle (Salubrious Gat), Terry Jones (l’alien scientifique), Michael Palin (le gentil alien) (le sixième Monty Python, Graham Chapman, est décédé en 1989). Terry Jones a déclaré que ce serait certainement la dernière fois qu’ils apparaissent ensemble. Terry Jones fait également une courte apparition (le conducteur de la camionnette qui renverse le vélo de Neil).

* Pour l’idée de départ, Terry Jones dit s’être inspiré de la nouvelle de H.G. Wells L’homme qui pouvait accomplir des miracles. Cette nouvelle a été portée à l’écran par le producteur anglais Alexander Korda en 1936 sous le titre The Man Who Could Work Miracles avec Roland Young.

* Le dernier contact avec Pioneer 10 date de 2003. Une tentative de contact a été faite en 2006. La sonde n’a pas répondu. Elle continue néanmoins sa course qui devrait lui permettre d’atteindre Aldébaran dans deux millions d’années (à noter dans son agenda…)

1 février 2015

Nanouk l’Esquimau (1922) de Robert Flaherty

Titre original : « Nanook of the North »

Nanouk l'Esquimau(Film muet) Nanouk l’Esquimau fait partie des films fondateurs de l’art cinématographique : si Robert Flaherty n’a pas « inventé » le documentaire, il lui a certainement donné ses titres de noblesse. Plusieurs tentatives précédentes ratées lui ont permis d’affiner sa démarche : avec ce film, il désire éviter tout folklore ou exotisme pour nous montrer cette famille d’Inuits comme des êtres humains, avec leurs aspirations et leur culture. Une approche très ethnologique donc. Pour atteindre son but, Flaherty n’hésite pas à recréer les situations où Nanouk et sa famille jouent leur propre rôle avec beaucoup de naturel (seule une scène, celle du gramophone, laisse transpirer une certaine artificialité). Il filme des kilomètres de pellicule, qu’il développe sur place et montre à ses « acteurs ». Au montage, il n’en gardera qu’un dixième environ. Même un siècle plus tard, le résultat est assez passionnant, nous laissant souvent ébahis face à l’ingéniosité déployée par l’homme pour survivre dans un environnement si hostile. Nous sommes également assez émerveillé par la vision de cette nature inviolée avec laquelle l’homme paraît être en communion. La construction de l’igloo d’un soir, la chasse au morse, la chasse au phoque et son dépeçage immédiat et même le réveil de toute la famille sont des scènes étonnantes. Flaherty prend le temps de bien expliquer la raison de chaque comportement. Le succès de Nanouk l’Esquimau fut très important et son influence sur l’émergence d’un certain style documentaire fut considérable.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs:
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Remarques :
* La méthode de Flaherty peut être opposée à celle de Dziga Vertov (le cinéma-oeil) pour qui la personne filmée devait ignorer la présence de la caméra.

* Pour les scènes à l’intérieur de l’igloo et avoir suffisamment de recul pour placer sa caméra, Flaherty proposa à Nanouk de construire « le plus grand igloo jamais construit ». Ils mirent plusieurs jours à y parvenir après de nombreux écroulements.

* Le succès du film fut tel que les chocolats glacés, récemment apparus (l’inventeur américain avait déposé son brevet sous le nom d’eskimo-pie quelques mois avant la sortie du film), furent appelés des nanouks en Allemagne, URSS et Europe centrale. En France, Gervais avait déposé la marque Esquimau. Le film accompagna leur rapide popularité.

* Le film a été financé par le fourreur français Revillon (ce qui explique certainement la présence de cette longue scène au début du film où Nanouk apporte ses peaux à vendre à la ville).

* Nanouk n’a rien su de sa popularité mondiale car il est mort de faim peu après le tournage, lors d’une de ses longues expéditions de chasse en forêt, avant même la sortie du film.

* Un documentaire de 65 minutes Saumialuk, le grand gaucher (c’est le surnom de Flaherty donné par les Esquimaux qui le voyaient toujours tourner la manivelle de la main gauche) a été réalisé en 1987 par Sébastien Régnier et Claude Massot qui sont partis sur les traces de Flaherty plus de soixante ans après.

Nanouk l'Esquimau (1922) de Robert J. Flaherty
Nanouk l’Esquimau

Nanouk l'Esquimau (1922) de Robert J. Flaherty
Nyla, la femme de Nanouk, et leur plus jeune fils.