28 février 2006

Laura (1944) d’ Otto Preminger

Laura Elle :
Un grand classique en noir et blanc que nous avons déjà vu de nombreuses fois mais que je revois toujours avec grand plaisir. Une belle mise en scène, un bon scénario et des acteurs vraiment remarquables, dont la sublime Gene Tierney.
Note : 5 étoiles

Lui :
Parmi les films noirs américains des années 40 et 50, Laura est certainement l’un des plus beaux, ne serait-ce que sur le plan de sa construction :  alors que l’histoire débute sur une situation simple (un meurtre à élucider), le spectateur découvre petit à petit que ses certitudes sont bien fragiles et que rien ne correspond à ce qu’il a pu croire. Otto Preminger réussit à rendre ses personnages très proches de nous, presque intimes.
Note : 5 étoiles

Acteurs: Gene Tierney, Dana Andrews, Clifton Webb, Vincent Price, Judith Anderson
Voir la fiche du film et la filmographie de Otto Preminger sur le site IMDB.

Voir les autres films de Otto Preminger chroniqués sur ce blog…

Laura
Gene Tierney et Dana Andrews dans Laura d’Otto Preminger.

Laura
Gene Tierney et Vincent Price dans Laura d’Otto Preminger.

Laura
Vincent Price, Gene Tierney, Clifton Webb et Dana Andrews dans Laura d’Otto Preminger.

4 commentaires sur « Laura (1944) d’ Otto Preminger »

  1. Bonjour,
    Tout d’abord ravi d’apprendre que mon texte sur angel face du même Preminger ne vous ait pas déplu. Ensuite eh bien il faut que je vous avoue que contrairement à vous j’ai trouvé Laura plutôt décevant, Preminger s’étant ici contenté de raconter la sempiternelle histoire d’un type, lydecker pour ne pas le nommer, qui se fait phagocyter par sa créature. De plus j’ai trouvé le personnage de Laura nimbé d’une misogynie toute wilderienne, car non seulement celle-ci est une dévoreuse d’hommes (qu’elle préfère bien sûr aux épaules carrées), mais est en plus d’un arrivisme crasse ! (karamzin)

  2. Samedi 25 mai, ce grand classique du film noir sera présenté par Bertrand Tavernier à l’Institut Lumière (Lyon 8). Il échangera avec le public autour du film et de ses livres sur le cinéma américain.

  3. L’aura de LAURA
    Qu’est ce qui fait qu’un film comme LAURA devient un classique (du film noir) et entre au Panthéon ? Et bien précisément ici son aura. Aura d’un des premiers du genre. Mais qui est Laura, le prénom féminin du titre, la chanson, le portrait, l’actrice Gene Tierney, la créature que son créateur à façonné, tous ces doubles, et la présence de son absence, ce qu’on appelle l’aura, cette chose indéfinissable qui marque l’atmosphère, attire mystérieusement sans qu’on puisse précisément la définir. Il parait d’ailleurs que la Fox a demandé au romancier James Ellroy d’écrire un scénario pour le tournage d’un remake. Mais pourquoi refaire ce qui a été si bien réussi ? En tout cas au moment de son tournage en 1944 personne ne pouvait parier sur la postérité du film auquel peu de participants croyaient. Et pourtant, dès le générique banal – des lettres blanches fixes sur le plan fixe d’un portrait noir et blanc – la belle et altière Laura – le célèbre leitmotiv obsédant de David Raksin (composé en moins de deux le soir où sa femme venait de le quitter) donne le ton, puis aussitôt dans le noir la voix off du narrateur (dont on ne sait encore qui il est) « Je n’oublierai jamais le jour où Laura est morte » font qu’effectivement on est déjà happé et qu’on n’oubliera pas non plus. Laura est donc morte lorsque le film démarre. On l’a retrouvée morte chez elle défigurée par un fusil tiré à bout portant. On imagine un retour dans le passé, un flash-back, et bien non, enfin pas tout de suite. Le film ménage comme ça plusieurs surprises en son cours grâce à son originale construction et sa double fausse piste de départ (qu’on ne racontera pas même si le film n’est plus une découverte). Lorsque le petit inspecteur chargé de l’enquête (Dana Andrews, acteur moyen auquel on peut s’identifier) s’endort sous la dose de whiskies et sous le portrait de Laura qui le hante amoureusement, on rêve avec lui et le film offre sa plus belle bascule qu’on ne dévoile pas non plus, bien qu’on en soit encore qu’au milieu (et on peut trouver la seconde partie moins intéressante). Il faut dire que sans sa construction, le récit serait des plus classiques s’approchant d’un Agatha Christie, aussi bien photographié soit-il. Sa grande réussite est de fantasmer la présence d’une absente (comme dans Rebecca d’Hitchcock qui tourne aussi autour d’un portrait mystère; rappelons que la même année Fritz Lang tourne « La femme au portrait », c’est dans l’air!). Et puis bien sur le choix de Gene Tierney au visage nimbé d’ombre ou de lumière, de présence ou d’absence, de fragilité ou de déterminisme, d’enfantisme ou de dureté qui seront sa marque (elle venait de vivre un drame personnel qui l’affectera beaucoup)
    Otto Preminger, producteur mécontent, vira le réalisateur Rouben Mamoulian et prit sa place et remplaça le chef op Lucien Ballard par Joseph LaShelle dont ce furent les débuts et qui récolta un oscar mérité. il fit à la suite d’autres films avec la nébuleuse Gene

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