15 février 2016

Malec forgeron (1922) de Buster Keaton et Malcolm St. Clair

Titre original : The Blacksmith

Malec forgeronBuster est employé chez un forgeron acariâtre. Il intervient aussi bien sur les chevaux que sur les autos… The Blacksmith fait partie des derniers courts métrages de Buster Keaton. Des versions différentes en ont récemment été découvertes, comportant de nouvelles scènes et d’autres tournées différemment. Buster Keaton fait preuve de beaucoup d’inventivité dans les gags, qui sont nombreux et toujours excellents. Les gags avec l’huile sale ne sont pas sans rappeler l’un des derniers courts métrages qu’il a tournés avec Fatty : The Garage (1920). La rutilante automobile qu’un homme lui demande de réparer est une coûteuse Pierce-Arrow (que Buster Keaton avait reçue en cadeau de ses beaux-parents lors de son mariage mais leurs relations s’étaient quelque peu envenimées entre deux). Sa destruction méthodique fut certainement très choquante pour le public de l’époque alors que la plupart n’avait pas les moyens de s’acheter un simple Model T. Et accessoirement, toute cette scène nous donne une confirmation que Buster Keaton utilisait bien le plus souvent la première prise car il est évident qu’il n’aurait pu les refaire… Avec tous ses excellents gags, The Blacksmith est bien à ranger parmi les meilleurs courts de Buster Keaton. (Court métrage muet, 21 mn)
Elle:
Lui : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Buster Keaton, Virginia Fox, Joe Roberts
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Malec forgeron
Buster Keaton dans Malec forgeron de Buster Keaton et Malcolm St. Clair

4 janvier 2016

Le Vent (1928) de Victor Sjöström

Titre original : « The Wind »

Le VentLa jeune Letty arrive de sa Virginie natale au Texas pour vivre chez son cousin. Contrairement à ses attentes, elle découvre que son cousin vit chichement dans une région isolée et très inhospitalière où le vent souffle en permanence. Sa femme a immédiatement un comportement hostile, voyant en elle une rivale potentielle… C’est Lillian Gish qui a proposé à Irving Thalberg le roman de Dorothy Scarborough Le Vent pour faire suite au succès de La Lettre écarlate. Et c’est la talentueuse Frances Marion qui fut, une nouvelle fois, chargée d’en écrire l’adaptation. Le Vent est un drame puissant, assez fortement chargé de métaphores : le vent symbolise la concupiscence masculine à laquelle la jeune femme se refuse (l’affiche ci-contre reprend d’ailleurs ce symbolisme sans équivoque possible, le vent ayant été remplacé par la tête du prédateur). Le caractère animal de cette passion est souligné, un peu lourdement sans doute, par l’image d’un étalon blanc fougueux et incontrôlable. Victor Sjöström est au sommet de son art, sa façon de rendre le vent omniprésent malgré l’absence de son est remarquable. Et que dire de Lillian Gish, si ce n’est qu’elle est l’une des plus grandes actrices du cinéma muet : elle parvient à faire passer tant de choses et toujours avec la même intensité. Après tant de tensions, la fin en happy-end est plutôt surprenante ; Lilian Gish a affirmé qu’elle avait été imposée par les studios, mais aucun élément n’a permis de valider cette affirmation. Comme beaucoup de films muets de 1928, Le Vent n’eut que peu de succès, la vague du parlant n’épargnant rien, même l’un des plus grands films muets.
Elle:
Lui : 5 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Lillian Gish, Lars Hanson, Montagu Love
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Remarques :
* Le générique annonce « A Victor Seastrom production », Seastrom étant l’américanisation de Sjöström.
* Le tournage fut, on le comprend aisément, particulièrement difficile du fait de la chaleur extrême (50°C) et du vent constant (créé par huit moteurs d’avion qui projetaient des cendres parfois incandescentes sur les acteurs).
* C’est grâce à Kevin Brownlow que Le Vent est ressorti en 1988, 60 ans après sa sortie donc, avec une nouvelle musique orchestrale de Carl Davis.

Le Vent
Lillian Gish et Lars Hanson dans Le Vent de Victor Sjöström.

21 décembre 2015

Tartuffe (1925) de F.W. Murnau

Titre original : « Herr Tartüff »

Tartuffe(Film muet) Un vieillard riche vit avec sa gouvernante qui lorgne sur sa fortune : elle réussit à faire déshériter son petit-fils qui, pour confondre l’intrigante, organise une projection privée du Tartuffe de Molière… Placer ainsi un film dans le film était un procédé très rare à l’époque : le prologue et l’épilogue se situent donc à la période actuelle avec une image plutôt moderne, des angles de vue innovants et une absence de maquillage des acteurs, alors que le corps du film est situé au XVIIe siècle, avec une image plus classique, adoucie par un flou artistique (ce sont les propres mots employés par l’opérateur Karl Freund interviewé en 1928). Murnau a beaucoup simplifié la pièce de Molière, ne conservant que quatre personnages principaux, mais il en garde bien l’esprit : il s’agit de fustiger l’hypocrisie et la fausse dévotion sur un fond de mise en relief des différences sociales. Les éclairages sont assez travaillés et les très gros plans nombreux. Pour compenser la dramatique réduction des dialogues, Emil Jannings a un jeu très expressif et son interprétation grimaçante de Tartuffe le rend plus inquiétant que ridicule. Du fait de ses connotations anticléricales, le film avait été amputé d’une dizaine de minutes dans sa version américaine. Il a été récemment restauré.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Emil Jannings, Werner Krauss, Lil Dagover
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Tartuffe
Emil Jannings et Lil Dagover dans Tartuffe de F.W. Murnau

 

17 octobre 2015

Paris qui dort (1924) de René Clair

Paris qui dort(Film muet, 35 mn) Un matin, le gardien de la Tour Eiffel se réveille en haut de sa tour et réalise qu’il n’y a aucun mouvement dans la ville. Il est rejoint par un petit groupe de personnes qui descendent d’un avion. Ils constatent que les personnes sont figées sur place, comme si le temps s’était soudainement arrêté… Paris qui dort est le premier film de René Clair alors âgé de 26 ans, une courte fable de science-fiction où il joue avec les possibilités offertes par la caméra : arrêts sur image, ralentis, accélérés. Il les met au service d’un fantastique poétique que l’on retrouvera dans plusieurs de ses films futurs. Il réalise de très belles images en hauteur sur la Tour Eiffel où il joue avec la structure métallique qui, sous l’oeil de sa caméra, devient presque abstraite. Cette abstraction est encore plus présente dans le laboratoire du savant fou, épuré au maximum. A noter également, une courte séquence d’animation explicative. Paris qui dort est une jolie fable surréaliste, très créative, un court film qui se situe à la naissance du courant avant-gardiste du milieu des années vingt, courant que l’on désigne par le terme « Avant-garde » (française principalement).
Elle:
Lui : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Henri Rollan, Albert Préjean
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Remarque :
* L’idée de base du scénario n’est pas loin de l’esprit des films à épisodes de Feuillade du milieu des années dix. René Clair a d’ailleurs fait un peu de figuration dans quelques films de Feuillade (un peu plus tard toutefois, en 1921).
* Tourné en 1923, le film n’est sorti qu’en décembre 1924.
* Le titre « Le Rayon de la mort » semble avoir été parfois utilisé (ne pas confondre avec le film homonyme de Lev Koulechov sorti en 1925).

Paris qui dort
Albert Préjean et Henri Rollan dans Paris qui dort de René Clair.

 

14 septembre 2015

La Chronique de Grieshuus (1925) de Arthur von Gerlach

Titre original : « Zur Chronik von Grieshuus »

La Chronique de Grieshuus Au XVIIe siècle dans le Holstein (région d’Allemagne touchant le Danemark, au nord de Hamburg), le seigneur de Grieshuus voit en son fils aîné Hinrich son digne héritier, tandis que le cadet, qu’il n’aime guère, fait des études de droit en ville. Mais Hinrich tombe amoureux de Bärbe, la fille d’un serf et le maître ne peut accepter cette idylle… Le nom du réalisateur, Arthur von Gerlach, n’évoquera certainement rien à la plupart des amateurs de cinéma et pour cause : on ne lui connait qu’une autre réalisation (1). Et pourtant, La Chronique de Grieshuus, récemment redécouvert, fut un film majeur de la grande époque de l’UFA. L’adaptation de ce conte de Theodor Storm, écrivain inspiré par les landes austères et romantiques de son Allemagne du Nord natale, est signée Thea von Harbou (scénariste et épouse de Fritz Lang). Il s’agit d’un sombre récit d’amour impossible et de lutte fratricide, un mélodrame assez appuyé avec un final teinté d’expiation. Les éclairages, notamment en intérieurs, sont tout à fait dans l’esprit du clair-obscur, plutôt impressionniste (2), avec une belle utilisation de voiles de lumière. Le chef-opérateur est le talentueux Fritz Arno Wagner que l’on connait surtout pour avoir travaillé pour Murnau et Fritz Lang. La production s’est étalée sur presque deux années pour un tournage dans les vastes studios de Babelsberg (dans la banlieue de Berlin) qui n’avaient alors rien à envier à ceux d’Hollywood. La restauration du film est assez remarquable. (Film muet)
Elle:
Lui : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Arthur Kraußneck, Paul Hartmann, Rudolf Forster, Lil Dagover
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La Chronique de Grieshuus
(de g. à d.) Paul Hartmann, Rudolf Forster et Arthur Kraußneck dans La Chronique de Grieshuus de Arthur von Gerlach. L’éclairage est superbe, un véritable tableau…

(1) La noce au pied de la potence (Vanina oder Die Galgenhochzeit) avec Asta Nielsen et Paul Wegener (1922), adaptation d’un roman de Stendhal.
La carrière d’Arthur von Gerlach a été brutalement interrompue par son décès prématuré en 1925.
(2) C’est ainsi que les décrit assez justement Lotte Eisner dans son ouvrage « L’écran démoniaque » (Ramsay).

3 juillet 2015

Berlin, la cité des millions (1925) de Adolf Trotz

Titre original : Die Stadt der Millionen

Die Stadt der Millionen(Film muet) Ce documentaire optimiste sur la ville de Berlin a été tourné à une époque où l’Allemagne se redressait : la page de l’Après-guerre marqué par la crise et l’hyperinflation était tournée et le moment était venu de retrouver une certaine joie de vivre. Berlin est ainsi montrée comme une ville foisonnante, riche de sa diversité autant économique que culturelle où la course effrénée des automobiles marque l’entrée de la ville dans la modernité. Le film met en avant les vertus du travail mais aussi celles des loisirs. La réalisation est soignée avec de beaux effets (fractionnement d’écran, surimpression). Hormis toutes les scènes « actuelles », le film illustre plusieurs moments d’Histoire par de petites mises en scènes en costumes et montre même une brève vision du Berlin de l’an 2000, Metropolis avant l’heure. Dans le domaine du cinéma, on y voit brièvement les studios de l’UFA et la façade d’un grand cinéma projetant Le Dernier des hommes de Murnau (1924). Berlin, la cité des millions est un documentaire à la fois intéressant et d’une indéniable valeur historique. Deux ans plus tard, Walter Ruttmann réalisera un autre documentaire sur Berlin, plus connu celui-là : Berlin, symphonie d’une grande ville (1927).
Elle:
Lui : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs:
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Berlin, la cité des millions
Images extraites de Die Stadt der Millionen de Adolf Trotz (1925)

Berlin, la cité des millions

21 juin 2015

Grandeur et décadence (1922) de Buster Keaton et Edward F. Cline

Titre original : « Daydreams »

Grandeur et décadencePour obtenir le consentement du père de sa fiancée, Buster va prendre divers emplois, en réalité de petits boulots qu’il édulcore dans ses lettres à sa fiancée… Il est un peu difficile de juger Daydreams puisqu’il manque une dizaine de minutes aux versions que nous pouvons voir aujourd’hui (il s’agissait en réalité d’un trois bobines, soit 30 minutes environ) mais ce court métrage souffre d’un effet de construction un peu facile qui permet d’assembler des éléments assez disparates. J’avoue m’être demandé s’il ne s’agissait pas de collages de films précédents tant on a l’impression de connaitre ces gags. Le début est assez décevant. Les meilleurs moments sont dans le dernier tiers : une course poursuite avec d’abord un, puis une foule de policiers. Cette partie évoque bien entendu très fortement Cops, sorti quelques mois plus tôt, mais elle est réussie avec de quelques belles variations par rapport à son prédécesseur. Cette poursuite s’achève avec une scène superbe : Keaton pris comme un hamster dans la roue à aubes d’un bateau en mouvement. malgré cela, Daydreams semble en deçà des autres courts métrages de Buster Keaton.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Buster Keaton, Renée Adorée
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Pour échapper à ses poursuivants, Buster se réfugie sur la roue à aubes d’un bateau mais celui-ci démarre. Il se retrouve alors pris à l’intérieur, forcé de marcher puis de courir, comme un hamster dans sa roue. Buster Keaton  dans Grandeur et décadence (1922).

Remarques :
* Le père de la fiancée de Keaton est joué par Joe Keaton, père de Buster Keaton dans la vraie vie.
* Le directeur du théâtre de music hall est joué par Edward F. Cline.
* Le scénario de Daydreams a, semble t-il, été coécrit par Buster Keaton et Fatty Arbuckle qui tentait alors de se remettre en selle après le scandale qui l’avait touché l’année précédente (une jeune fille avait trouvé la mort en tombant d’une fenêtre lors d’une de ses soirées folles).

14 juin 2015

La Peste à Florence (1919) de Otto Rippert

Titre original : « Die Pest in Florenz »

La Peste à FlorenceA l’époque de la Renaissance, la ville de Florence est dirigée par le Conseil des Anciens qui fait régner une austère discipline, d’inspiration religieuse. Une mystérieuse courtisane arrivée de Venise risque de remettre en cause le pouvoir de l’Eglise en incitant la population à profiter des plaisirs de la vie. Son arrestation provoque un soulèvement…
Peu connu, La Peste à Florence de l’allemand Otto Rippert a un scénario écrit par Fritz Lang qui s’est librement inspiré d’une nouvelle d’Edgar Allan Poe, Le Masque de Mort rouge. L’histoire est structurée en chapitres, ce qui était alors l’usage dans le cinéma allemand. Dès le début du film, on est frappé par l’ampleur des scènes de foule ce qui témoigne d’une maitrise certaine de la mise en scène. Si les scènes de débauche sont assez empâtées, il y a de belles scènes, notamment un passage dans le monde des morts (étonnant fleuve des morts), l’apparition de la peste, et un certain nombre d’images symboliques. Le sens profond est un peu difficile à cerner : « la cité symbolise la chute de l’Empire allemand, rongé par l’inflation » indique la fiche d’Arte qui a diffusé ce film. Oui, peut-être (quoique l’inflation en 1919 ne rongeait pas encore l’empire allemand)… personnellement, je verrais plutôt plutôt là une variation faustienne, une réflexion sur la quête d’idéal, sur la recherche de sens, avec, en ce lendemain de guerre mondiale, le thème fort de la Mort purificatrice. Le film a été restauré et numérisé 2K par la Fondation Murnau. (film muet)
Elle:
Lui : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Theodor Becker, Marga von Kierska, Anders Wikman
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Remarques :
* La réalisation la plus connue d’Otto Rippert est Homunculus (1916), un sérial en six épisodes qui met en scène un génie du crime, en fait une créature créée par un savant, qui devient dictateur et provoque une guerre mondiale ; une histoire qui préfigure étonnamment ce que sera Hitler. Otto Rippert a arrêté la réalisation en 1925 pour se consacrer au montage.
* Fritz Lang, qui écrivait beaucoup alors, a également signé la même année deux autres scénarios pour Otto Rippert : Der Totentanz (1919, film perdu), Die Frau mit den Orchideen (1919, film perdu).

 

La Peste à Florence(au premier plan de gauche à droite) Anders Wikman, Marga von Kierska et Theodor Becker dans La Peste à Florence de Otto Rippert

26 mai 2015

C’est la vie (1927) de Alfred Hitchcock

Titre original : « Downhill »

C'est la vieAu collège, victime d’une jalousie féminine, un étudiant se laisse accuser d’un petit larcin à la place de son ami. Il est renvoyé du collège et chassé par son père. C’est la descente… Tourné par Alfred Hitchcock juste après The Lodger, Downhill a bien peu de points communs avec ce dernier, hormis son acteur principal, Ivor Novello. L’acteur est, avec Constance Collier, le co-auteur de la pièce dont est tiré le film. L’histoire est le principal handicap de Downhill : elle est très mal écrite, les personnages sont mal mis en place, le développement est sans finesse, la fin est plate. Bref, c’est très mauvais – et, soit-dit en passant, passablement misogyne (1). Le point le plus notable dans tout cela est le thème du faux coupable, thème récurrent dans la filmographie d’Alfred Hitchcock. Sur le plan de la forme, il est assez difficile d’y déceler la patte du réalisateur, hormis dans les scènes d’hallucinations qui sont assez inventives. (film muet)
Elle:
Lui : 1 étoile

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Ivor Novello, Annette Benson, Isabel Jeans, Ian Hunter
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Ivor Novello et Isabel Jeans dans C’est la vie de Alfred Hitchcock

Remarques :
* Alfred Hitchcock a lui-même reconnu qu’il s’agissait d’une « pièce assez médiocre » et que « le dialogue était souvent mauvais ».

C'est la vie* Il a aussi reconnu que l’utilisation à plusieurs reprises de la métaphore de la descente des escaliers (et même d’un ascenseur où le héros, mis à la porte de chez lui, appuie sur le bouton « down » !) pour exprimer la descente sociale n’était pas très heureuse.
> Détail amusant : l’affiche ci-contre (affiche française mais la même existe en anglais) a inversé l’escalier : le héros semble s’apprêter à monter l’escalier ! Il serait intéressant de savoir de quelle époque date cette affiche. De plus, on peut s’interroger sur la signification du titre français, C’est la vie. A noter que Patrick Brion mentionne un autre titre français : La Pente.

* Ivor Novello, alors âgé de 34 ans, est sans aucun doute un peu âgé pour interpréter un étudiant censé avoir 18 ans au grand maximum.

* Pas de caméo d’Alfred Hitchcock dans ce film.

(1) Quand on y réfléchit, on peut trouver surprenant qu’Ivor Novello, qui était alors un acteur très connu sur la scène londonienne avec un physique à faire tomber toutes les femmes passant à moins trois mètres dans ses bras, ait pu écrire une histoire montrant les femmes sous un si mauvais jour : elles y sont cupides, profiteuses et franchement malveillantes, il n’y en a pas une à sauver (ce serait plutôt à nous de nous sauver en courant si l’on en rencontre une!) « Méfiez-vous des femmes », telle pourrait être la morale de cette histoire!

25 mai 2015

Les Cheveux d’or (1926) de Alfred Hitchcock

Titre original : « The Lodger: A Story of the London Fog »

Les cheveux d'orUn cri perce la nuit froide et brumeuse de Londres. Le «Vengeur» vient de faire une septième victime, encore une jeune femme blonde. Un témoin décrit un homme de grande taille se dissimulant le bas du visage avec un foulard. Le même soir, un étrange voyageur se présente pour louer une chambre dans une maison du quartier. La fille de la famille, Daisy, y est courtisée avec insistance par un enquêteur de Scotland Yard… The Lodger est le premier «vrai film» d’Alfred Hitchcock, le premier où il a pu exercer son style propre (1). C’est aussi la première adaptation à l’écran de ce roman de l’anglaise Marie Belloc Lowndes, roman inspiré par les crimes en série de Jack l’éventreur. Le cinéaste montre un talent pour créer une atmosphère plutôt angoissante, où l’on s’interroge sur la culpabilité du personnage principal. Le montage des premières minutes du film est assez remarquable, faisant monter la tension pendant une quinzaine de minutes avant que n’apparaisse l’acteur principal, partiellement masqué. Il montre aussi un talent pour mettre en place des images fortes : la scène (chargée d’une indéniable connotation christique) où Ivor Novello se retrouve suspendu par ses menottes à une grille reste dans les esprits. Il se montre enfin novateur et même audacieux dans certains plans, comme celui où l’on «entend» le locataire marcher dans la pièce au-dessous de nous. (film muet)
Elle:
Lui : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Ivor Novello, June, Malcolm Keen
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The Lodger d'Alfred Hitchcock
Ivor Novello et June dans The Lodger de Alfred Hitchcock (1926)

Remarques :
* The Lodger est le premier film où le réalisateur apparaît lui-même dans une scène. Il s’agissait alors plus de combler un manque de figurants que d’un choix délibéré. On le voit de dos dans les bureaux du journal au tout début du film (confirmé par le réalisateur). Certains mentionnent un second caméo (non confirmé) à la fin du film, au moment où l’on décroche Ivor Novello : il y a bien un figurant qui lui ressemble vu de loin mais, vu de plus près un peu plus tard, l’on voit bien que ce n’est pas lui (à mon avis).
The Lodger d'Alfred Hitchcock
Le premier caméo d’Alfred Hitchcock est une apparition de dos dans The Lodger (1926)

* Les superbes intertitres dans le style Avant-garde / Art-déco sont l’oeuvre de Edward McKnight Kauffer, artiste-illustrateur avant-gardiste d’origine américaine (1890-1954).

* Le film a failli ne pas sortir : le réalisateur Graham Cutts, dont Hitchcock avait été l’assistant, voyait d’un mauvais oeil l’émergence d’un autre réalisateur ; il réussit à dénigrer le film auprès des responsables de Gainsborough Pictures et ce n’est qu’à l’insistance du producteur Michael Balcon qu’il put finalement sortir après quelques modifications d’intertitres.

The Lodger d'Alfred Hitchcock
Ivor Novello, June et Malcolm Keen dans The Lodger de Alfred Hitchcock (1926) (photo publicitaire)

Les adaptations du roman The Lodger à l’écran :
1. Les cheveux d’or (The Lodger) d’Alfred Hitchcock (UK, 1926) avec Ivor Novello
2. The Lodger de Maurice Elveny (UK, 1932)avec à nouveau Ivor Novello
3. Jack l’éventreur (The Lodger) de John Brahms (USA, 1944) avec Laird Cregar
4. L’Etrange Mr Slade (Man in the Attic) de Hugo Fregonese (USA, 1953) avec Jack Palance
5. Jack l’éventreur: The Lodger (The Lodger) de David Ondaatje (USA, 2009) avec Alfred Molina.
Nota : Il existe d’autres films intitulés Jack l’éventreur, ou mettant en scène le tristement célèbre meurtrier, mais ce ne sont pas des adaptations du roman de Marie Belloc Lowndes.

(1) Techniquement parlant, c’est son troisième film en tant que réalisateur (voire quatrième si l’on inclut un premier court-métrage inachevé) mais Alfred Hitchcock le dit lui-même : « Dans ce film, toute mon approche a été instinctive, c’est la première fois que j’ai exercé mon style propre. En vérité, on peut considérer que The Lodger est mon premier film. » (Entretiens avec François Truffaut, Ramsay 1983).