Fille d’une militante radicale et d’un immigré algérien, la jeune et volubile Bahia a décidé de convaincre les « gens de droite » à ses idées en couchant avec eux. Elle rencontre Arthur qui a un tempérament tout à fait opposé, très mesuré dans tout ce qu’il fait… Qualifier Le nom des gens de comédie politique est certainement un peu exagéré ; disons qu’il s’agit d’un divertissement assez racoleur, doté de bonnes intentions et qui joue sur la surenchère et l’outrance pour créer l’humour. Michel Leclerc a typé ses personnages à l’extrême, à commencer par son héroïne jouée par Sara Forestier dont le jeu tonitruant peut lasser assez rapidement. Il y a bien quelques traits d’humour bien trouvés, souvent sur des petits détails, mais l’ensemble apparaît très inégal avec, pour seule cohérence, une ostensible légèreté plutôt forcée. Le plus inattendu est la participation de Lionel Jospin dans une scène qui apporte une surprenante bulle de civilité. Elle: – Lui :
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Face à un immeuble de bureaux, un homme a mis sa fenêtre une large banderole : « Homme seul »… Tel est le point de départ de Bancs publics (Versailles rive droite), le troisième et ultime film de la trilogie de Bruno Podalydès dite des « gares de Versailles ». Cette fois, il est totalement sur le registre de l’humour, le film étant une succession de saynètes à peine reliées par un fil conducteur. L’humour s’installe doucement, lors de la première partie dans les bureaux, et s’intensifie au fur et à mesure que le film avance. Dans le square, nous avons une succession de situations jouant sur les rapports humains et la dernière partie, dans le magasin de bricolage, est une suite ininterrompue de mini-scènes utilisant beaucoup nos rapports aux objets (et aux outils !) D’une manière générale, la quantité de gags est impressionnante, c’est un humour qui semble jouer avec l’absurde mais en réalité toutes les situations sont plausibles, on peut les rencontrer dans la vie réelle. Le film nous donne un recul énorme et c’est alors qu’elles nous paraissent absurdes voire anachroniques. Le type d’humour est assez proche de celui du regretté Raymond Devos. L’humour très fin, parfois par petites touches, le jeu avec les objets, la petite dose de poésie, tout cela nous fait aussi inévitablement penser à Jacques Tati. La liste des acteurs qui ont participé est impressionnante, chacun apportant son jeu personnel ce qui donne au film une grande richesse. Bancs publics (Versailles rive droite) n’a pas eu le succès qu’il méritait, c’est dommage car c’est une petite merveille d’humour. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Liste des acteurs les plus connus ayant participé :
Mathieu Amalric, Pierre Arditi, Michel Aumont, Josiane Balasko, Didier Bourdon, Bernard Campan, Micheline Dax, Catherine Deneuve, Julie Depardieu, Emmanuelle Devos, Vincent Elbaz, Nicole Garcia, Hippolyte Girardot, Chantal Lauby, Pascal Légitimus, Thierry Lhermitte, Michael Lonsdale, Chiara Mastroianni, Benoît Poelvoorde, Catherine Rich, Claude Rich, Elie Semoun, Bruno Solo
Agent immobilier sur la Côte d’Azur, Marc fait visiter une belle bastide à une cliente potentielle. Après quelque temps, il reconnaît en elle la jeune fille qu’il a connue à l’âge de 13 ans quand ses parents habitaient en Algérie… Réalisé par Nicole Garcia, Un balcon sur la mer est un film plein de délicatesse. Alors qu’il a une petite vie bien réglée, son personnage voit ressurgir un passé qu’il avait, consciemment ou inconsciemment, oublié, un tendre amour de jeunesse dans un environnement particulièrement troublé (la guerre d’Algérie). Quelle est la place à donner à un passé que l’on sait révolu ? Nicole Garcia puise un peu dans son passé personnel, Oran (où toutes les scènes de flashback ont été tournées) est sa ville natale. Jean Dujardin démontre ici qu’il peut tenir brillamment un rôle avec une certaine profondeur et la canadienne Marie-Josée Croze montre une belle fragilité. Un balcon sur la mer est un film délicat et touchant. Elle: – Lui :
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Jeune avocat d’affaires, Paul Exben réalise que sa femme le trompe avec un ami photographe. Durement ébranlé, il va changer totalement de vie à la suite d’un évènement tragique… Adaptation du roman homonyme de Douglas Kennedy, L’homme qui voulait vivre sa vie paraît bien conventionnel dans ses premières minutes : un très classique portrait du milieu bobo parisien, avec un regard qui se voudrait acerbe mais que ne l’est pas du tout. Puis tout bascule et l’histoire prend toute sa place ; l’intérêt revient grâce au scénario. Toutefois, on ne peut pas dire que l’adaptation soit très réussie : Eric Lartigau reste en surface avec un personnage qui n’a aucune profondeur, dont on ne sent pas les aspirations. L’ensemble paraît un peu laborieux. Par ailleurs, Romain Duris n’est crédible ni en avocat ni en photographe. Elle: – Lui :
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Remarques :
* Les photos utilisées dans le film, notamment pour l’exposition, sont d’Antoine d’Agata, photographe français qui fait partie du collectif Magnum Photos (site internet).
* Le film a été en partie tourné au Montenegro. Le superbe paysage que l’on voit sur la terrasse de la maison que le personnage loue est celui des bouches de Kotor (voir sur le site de l’UNESCO)
Au début du XIXe siècle, dans la Principauté de Parme au nord de l’Italie, le jeune Fabrice del Dongo rejoint sa tante, la Sanseverina, qui, tout en étant la maîtresse du premier ministre, porte un grand intérêt à son protégé. Ce dernier va se retrouver emprisonné pour des raisons à la fois politiques et privées… Christan-Jaque fait une adaptation ambitieuse du roman de Stendhal, ambitieuse mais pas très fidèle puisqu’elle en occulte une bonne partie et simplifie le reste. Ces mauvais choix se ressentent principalement dans le derniers tiers du film qui paraît plus faible. En revanche, les décors et l’interprétation sont assez remarquables : Gérard Philipe est parfait pour interpréter ce grand séducteur stendhalien, c’est l’un de ses plus grand rôles à l’écran, Maria Casarès est somptueuse et princière, tous les seconds rôles sont parfaitement tenus. L’interprétation est d’une grande force. La photographie est superbe, très soignée. Pour autant que l’on puisse critiquer son contenu, La Chartreuse de Parme de Christian-Jaque est un film fort et prenant. Elle: – Lui :
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Nous sommes dans les années soixante dix. Suzanne est femme au foyer. Elle vit dans l’ombre de son mari qui dirige (fort mal) l’usine dont elle a héritée. Cinquantenaire, elle a l’impression de n’être qu’une potiche. Une grève à l’usine va lui donner l’occasion de se distinguer…
François Ozon met en scène une comédie légère sur fond de libération sociale de la femme. Le jeu légèrement forcé des acteurs, les personnages très typés, les couleurs criardes, l’utilisation d’une musique mièvre, tout cela donne un style de roman-photo à l’ensemble. C’est certainement une démarche volontaire. Il y a de bons moments d’humour, avec quelques dialogues fameux, mais l’ensemble est tout de même un peu terne et vain. Pour les amateurs d’humour kitsch… Elle: – Lui :
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La jeune veuve d’un trafiquant d’armes hérite de documents et de brevets assez dangereux. Quatre agents secrets, un français, un suisse, un allemand et un russe, rivalisent pour mettre la main sur les documents… Un an après Les Tontons Flingueurs, Georges Lautner poursuit dans la satire des films d’espionnage avec Les Barbouzes. Il va encore plus loin dans la loufoquerie, laissant de côté toute vraisemblance pour exploiter à fond le potentiel comique des situations. L’humour est ici tout à fait dans l’esprit du cinéma muet (l’humour slapstick) ou des dessins animés : on prend beaucoup de coups et on en donne beaucoup mais on se relève toujours (du moins quand on a un premier rôle car les seconds rôles ont une espérance de vie plus limitée). L’ensemble reste bon enfant. Michel Audiard signe une fois de plus les dialogues, alimentant le film en répliques savoureuses (pas toujours bien mises en valeur, hélas). Côté interprétation, nous avons ici un Lino Ventura au mieux de sa forme et Mireille Darc apporte une note de charme, parfois assez tapageur : ses décolletés jusqu’au bas du dos électrisaient les spectateurs des années soixante. Par rapport à son aîné d’un an, Les Barbouzes est plus centré sur l’action, il est aussi plus débridé. Son humour est toujours aussi délectable aujourd’hui. Elle: – Lui :
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En 1865, un jeune vagabond reçoit l’hospitalité chez un docteur et sa fille dans un petit village de l’Ardèche. L’homme semble avoir un étrange pouvoir de magnétisme sur les objets et les personnes… Basé sur les écrits de l’historienne Marcella Iacub, Au fond des bois nous entraîne dans une histoire où la nature tient une grande place. L’animalité des personnages est également très présente. Mais c’est surtout un film sur la manipulation, qui est rendue d’autant plus prégnante par le choix des acteurs, notamment de Nahuel Pérez Biscayart avec ses yeux globuleux et son regard troublant. L’histoire a cependant bien du mal à se développer et la répétition de certaines scènes devient pesante. La réalisation est parfaite et on remarque également la belle musique de Bruno Coulais. Au fond des bois a le mérite d’être original et déroutant mais cela ne le rend pas pour autant intéressant. Elle: – Lui :
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Au tout début du XXe siècle à Belleville, Marie, une jeune prostituée surnommée Casque d’or à cause de sa chevelure blonde, est avec Roland, un petit malfrat qui fait ses mauvais coups au sein d’une bande dirigée par un petit caïd respectable. Dans une guinguette, Marie rencontre Manda, un ancien voyou devenu honnête. Entre eux, c’est le coup de foudre… Jacques Becker recrée merveilleusement l’atmosphère des faubourgs de Paris des années 1900. Il s’attache surtout à décrire les hommes, les lieux qu’ils fréquentent (où la bonne bourgeoisie vient parfois s’encanailler), la force de l’appartenance à un clan. Simone Signoret et Serge Reggiani sont magnifiques, d’une beauté empreinte de naturel. Leur prestation est d’une grande force. Tous les seconds rôles sont parfaitement tenus, Jacques Becker montrant là une très grande maitrise. Il y a de très belles scènes : la guinguette, le combat et bien entendu ce superbe plan final sur le visage de Simone Signoret. A sa sortie, Casque d’or fut très mal accueilli par la critique française (en Angleterre, il fut en revanche porté aux nues). Devant cet insuccès, Jacques Becker déclara même qu’il trouvait que son film avait trop de temps morts. Les choses ont bien changé depuis puisqu’il est aujourd’hui classé parmi les meilleurs films du cinéma français. A juste titre. Elle: – Lui :
Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 5,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Remarque :
Le film est librement inspiré d’une affaire réelle datant de janvier 1902 : deux bandes rivales s’affrontent en une véritable bataille rangée dans le 20e arrondissement de Paris. L’objet de la querelle est une prostituée, Amélie Elie surnommée Casque d’or en raison de son abondante chevelure blonde ramenée sur le sommet de la tête. L’affaire est montée en épingle par la presse et c’est à cette occasion qu’un journaliste du Petit Journal crée le mot « apache » pour désigner les voyous qui agissent en bande : « Ce sont là des mœurs d’Apaches, du Far West, indignes de notre civilisation. Pendant une demi-heure, en plein Paris, en plein après-midi, deux bandes rivales se sont battues pour une fille des fortifs, une blonde au haut chignon, coiffée à la chien ! »
(« Fortifs » est un mot familier, tombé aujourd’hui en désuétude, qui désigne les fortifications qui ont entouré Paris jusqu’en 1919.)
Le jeune Frédéric est en stage de réinsertion dans un luxueux hôtel isolé dans les montagnes pyrénéennes enneigées. Sans le vouloir, il comprend que le patron de l’hôtel cache le fait que son fils a percuté mortellement l’un des clients… Avant l’aube est le deuxième long métrage de Raphaël Jacoulot. Cet étrange rapprochement entre une famille bien bourgeoise et un jeune au passé trouble n’est pas sans rappeler Chabrol. Il est original pour au moins deux raisons : d’abord une belle utilisation des splendides décors enneigés des Hautes-Pyrénées, cette neige qui elle aussi cache et se fait complice, et ensuite, la relation étroite qui se noue entre le patron de l’hôtel (Jean-Pierre Bacri) et son employé (Vincent Rottiers). La complicité muette évolue en une relation de plus complexe, avec d’un côté un père déçu par son fils et de l’autre un enfant qui n’a jamais eu de père. Le rythme, très lent dans la première moitié, s’accélère peu à peu. Avant l’aube n’est pas un film parfait, il y a beaucoup d’imprécisions, mais il est porté par une atmosphère et même une délicatesse qui le rend assez attirant. Elle: – Lui :
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