Titre original : « The Mind Benders »
Le professeur Sharpey s’est suicidé après avoir participé à une expérience de privation sensorielle dans un laboratoire secret. On retrouve sur lui une grosse somme d’argent ce qui vient corroborer des soupçons de trahison. Pour le laver de ces accusations, un de ses collègues accepte de se livrer à la même expérience…
The Mind Benders (ne prêtez aucune attention au titre français, ce n’est pas un film sur l’alpinisme!) est un film britannique réalisé par Basil Dearden. Si l’histoire peut paraître un peu farfelue aujourd’hui, elle s’appuyait sur des expériences faites à l’époque sur l’impact de l’isolement sur le cerveau humain dans l’optique de futurs voyages spatiaux, le tout sur fond de guerre froide et de paranoïa anti-communiste. Le réalisateur parvient d’emblée à créer une atmosphère anxiogène pour développer un thriller étrange mêlé d’un drame plus simplement humain. Dick Bogarde est l’interprète idéal pour installer une belle ambiguité. Le récit est prenant. Assez injustement, le film n’eut aucun succès à sa sortie et reste méconnu de nos jours.
Elle: –
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Acteurs: Dirk Bogarde, Mary Ure, John Clements, Michael Bryant, Wendy Craig
Voir la fiche du film et la filmographie de Basil Dearden sur le site IMDB.
Voir les autres films de Basil Dearden chroniqués sur ce blog…

« Expériences de privation sensorielle »? Je croyais qu’on appelait ça de la torture.
Oui, effectivement la privation sensorielle prolongée a été utilisée par la suite comme instrument de torture car cela conduit à la folie. D’ailleurs, l’ouverture du film nous montre un homme ayant perdu la raison.
Les expériences ont toutefois bien existé à la fin des années 50 dans le but de travaux sur la conscience et aussi de tester la résistance de l’homme dans le cas de longs vols spatiaux.
A noter que le privation sensorielle courte (< 24h semble-t-il) est utilisée comme moyen de relaxation ou d'introspection, ou encore dans un but thérapeutique. En écrivant tout cela, un autre film me revient à l'esprit, où une personne s'immergeait dans un caisson d'isolation sensoriel (un petit caisson fermé rempli d'eau où la tête reste à l'air libre)... mais je ne me souviens ni du titre ni du but recherché.
[Ajout : j’ai trouvé, grâce à un article sur Wikipedia : c’est Au-delà du réel (Altered States) de Ken Russell (1980)… Avec ce même article, j’ai même appris que John Lennon a traité son addiction à l’héroïne en 1979 grâce à des séances de 90 minutes et que les sportifs semblent beaucoup l’utiliser pour la concentration.]
Et encore un excellent film de ce réalisateur éclectique et méconnu. Pour compléter la belle collection de chroniques de ses films dans ce blog, il manque surtout Sapphire, évoquant le racisme au quotidien dans la société britannique de cette époque, avec l’efficacité et la délicatesse dont Dearden est coutumier.
Oui, il faut que je le voie… mais il n’est pas si facile à dénicher.