11 mai 2019

Sage femme (2017) de Martin Provost

Sage femmeClaire est une sage-femme qui vit seule depuis le départ de son grand fils. Un jour, elle reçoit un appel de Béatrice, l’ancienne maitresse de son père aujourd’hui disparu…
Ecrit et réalisé par Martin Provost, Sage femme met en scène deux femmes que tout oppose : Claire est ouverte aux autres, elle a une vie sage et réfléchie alors Béatrice est fantasque et égoïste, son exacte opposée. Le rapprochement de ces deux femmes ne va pas se faire facilement, d’autant que subsiste un lourd contentieux datant de plusieurs dizaines d’années ; mais chacune va profiter du pas qu’elle fera vers l’autre. Il se dégage une indéniable tendresse de ce double portrait. Martin Provost fait preuve de délicatesse et aussi de justesse même si ses personnages pourront sembler trop typés. Le film est une fable, une fable humaniste qui met en valeur le don.
Elle: 4 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Catherine Deneuve, Catherine Frot, Olivier Gourmet, Quentin Dolmaire, Mylène Demongeot
Voir la fiche du film et la filmographie de Martin Provost sur le site IMDB.

Voir les autres films de Martin Provost chroniqués sur ce blog…

Sage femme
Catherine Deneuve et Catherine Frot dans Sage femme de Martin Provost.

Remarques :
* Avec son film, Martin Provost voulait rendre hommage à sa manière à la sage-femme qui lui sauvé la vie à la naissance. « Elle m’a donné son sang et m’a ainsi permis de vivre. Elle a fait cela avec une discrétion et une humilité incroyables », raconte-t-il. « J’ai donc décidé de lui rendre hommage à ma façon et de lui dédier ce film, et à travers elle, de le dédier à toutes ces femmes qui œuvrent dans l’ombre, vouant leur vie aux autres, sans jamais rien attendre en retour ». Le réalisateur tient toutefois à préciser que son film n’a rien d’autobiographique.

* Les accouchements montrés sont réels. Catherine Frot y a réellement participé après avoir été formée. Pour cela, Martin Provost a dû tourner ces scènes en Belgique car la loi française ne permet pas de tourner avec des bébés de moins de trois mois.

27 mars 2019

Touche pas la femme blanche ! (1974) de Marco Ferreri

Touche pas la femme blancheLa bataille de Little Big Horn (1876) menée par le général Custer reconstituée dans le trou du chantier du Forum des Halles…
… telle fût l’idée totalement saugrenue mais assez amusante de Marco Ferreri. Touche pas la femme blanche !  est une parodie de western, une farce anachronique remplie d’allégories sociales et politiques. Le réalisateur a repris les acteurs de son film précédent La Grande Bouffe pour les placer en costumes d’époque dans le Paris des années soixante-dix. Certaines scènes de chantier, notamment l’effondrement de bâtiments, sont même intégrées à l’histoire. Ferreri multiplie les anachronismes, à la fois pour accentuer la bouffonnerie de l’ensemble mais aussi pour souligner son propos politique sous-jacent : massacre des indiens, déshumanisation des centres villes, satire de la force d’Etat … sans parler des allusions au Watergate, à l’action de la CIA au Chili. Tout y passe et Ferreri ne donne pas dans la petite dentelle ; ses allégories sont lourdement appuyées. Cela nous vaut quelques bons numéros d’acteurs, comme Serge Reggiani presque nu en indien fou et Michel Piccoli très en verve pour incarner un Buffalo Bill particulièrement haut en couleur. Le résultat n’est toutefois que moyennement convaincant mais le film n’en est pas moins une belle curiosité.
Elle: 2 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Catherine Deneuve, Marcello Mastroianni, Michel Piccoli, Philippe Noiret, Ugo Tognazzi, Alain Cuny, Serge Reggiani, Darry Cowl
Voir la fiche du film et la filmographie de Marco Ferreri sur le site IMDB.

Voir les autres films de Marco Ferreri chroniqués sur ce blog…

Voir les livres sur Marco Ferreri

Touche pas la femme blanche
Touche pas la femme blanche de Marco Ferreri.

Touche pas la femme blanche
Catherine Deneuve et Marcello Mastroianni dans Touche pas la femme blanche de Marco Ferreri.

Remarques :
Le producteur Alain Sarde a raconté que Ferreri lui aurait dit au début du tournage en lui montrant le trou des Halles : « Tu vois, je vais faire un film là-dedans et je vais enterrer Rassam avec. Je vais le ruiner ! ». Le différent entre Ferreri et son producteur Jean-Pierre Rassam venait du succès de La Grande Bouffe : Rassam aurait réinvesti tous les bénéfices dans deux nouveaux projets (Lancelot du Lac de Bresson et Les Chinois à Paris de Jean Yanne) sans reverser à Ferreri l’intégralité de la part qui lui était due.

Serge Toubiana raconte cette anecdote avec tous les conditionnels qui s’imposent dans son hommage à Alain Sarde ( http://www.cinematheque.fr/cycle/alain-sarde-232.html ) . Sans remettre en cause la véracité des propos d’Alain Sarde, il paraît toutefois peu probable que Ferreri ait volontairement saboté son film. Tout au plus, cela peut expliquer qu’il n’ait freiné aucune de ses « excentricités »…

Touche pas la femme blanche
La scène de la grande bataille finale de Touche pas la femme blanche de Marco Ferreri n’a de toute évidence pas été tournée à Paris mais dans ce qui semble être une grande carrière calcaire. Les immeubles ont été rajoutés un peu grossièrement (probablement par cache).

23 mars 2018

Ma saison préférée (1993) de André Téchiné

Ma saison préféréeBerthe a dû se résigner à venir vivre avec sa fille Emilie et son gendre. Émilie invite son frère Antoine, qu’elle voit rarement, pour le réveillon de Noël. Les tensions entre le frère et la sœur sont plus vives que jamais. Berthe décide de retourner vivre chez elle…
Ecrit par Pascal Bonitzer et André Téchiné, Ma saison préférée dépeint les rapports difficiles à l’intérieur d’une famille dans un moment difficile. Téchiné montre une indéniable justesse dans certains éléments, comme la façon dont les souvenirs heureux viennent former un terreau pour une réconciliation, mais n’évite pas les clichés habituels de scénaristes (ah, l’amour fusionnel frère-soeur !) et certaines exagérations. Il est aussi un peu maladroit en insérant dans cette histoire un volet sur le désir, utilisant pour cela la génération des enfants des personnages et une scène de viol bien inutile. L’ensemble montre toutefois beaucoup de sensibilité. Ma saison préférée a connu une belle carrière internationale, notamment aux Etats-Unis, ce qui est toujours remarquable pour un film français. Il est parfois considéré comme étant le meilleur film d’André Téchiné, opinion que nous ne partageons pas : il a fait bien mieux par la suite…
Elle: 3 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Catherine Deneuve, Daniel Auteuil, Marthe Villalonga, Jean-Pierre Bouvier, Chiara Mastroianni, Carmen Chaplin
Voir la fiche du film et la filmographie de André Téchiné sur le site IMDB.

Voir les autres films de André Téchiné chroniqués sur ce blog…

Voir les livres sur André Téchiné

Remarques :
* On pourra aussi objecter que les personnages sont un peu jeunes, 45 ans environ soit à peu près l’âge de Pascal Bonitzer et d’André Téchiné au moment où ils ont écrit cette histoire. C’est habituellement un peu plus tard que l’on affronte ce genre de situation.
* Les dialogues sont inaudibles par moments… défaut hélas assez courant dans le cinéma français de cette époque.
* Ma saison préférée est la première apparition dans un rôle d’importance pour Chiara Mastroianni (20 ans, qui joue donc avec sa mère) et pour Carmen Chaplin (16 ans), petite fille de Charlie Chaplin.

Ma saison préférée
Catherine Deneuve et Daniel Auteuil dans Ma saison préférée de André Téchiné.

21 septembre 2017

Le Sauvage (1975) de Jean-Paul Rappeneau

Le SauvageA Caracas, Nelly rompt ses fiançailles avec l’envahissant Vittorio. Elle se réfugie dans un hôtel et débarque en ouragan dans la vie de Martin qui vit en solitaire sur une île isolée… Jean-Paul Rappeneau, aidé de sa sœur Elisabeth et de Jean-Loup Dabadie pour les dialogues, a écrit cette comédie trépidante qui démarre sur les chapeaux de roue et nous laisse bien peu de temps pour souffler par la suite. Outre le rythme, le charme et la qualité de deux comédiens principaux nous font entrer de plein pied dans cette histoire. Le dépaysement est garanti puisque tout a été tourné sur les lieux de l’action (1). Basée sur la cohabitation forcée de deux caractères opposés, cette cavalcade puise ses sources dans la comédie américaine, on peut penser à Hawks notamment. Catherine Deneuve se donne entièrement pour interpréter ce personnage volcanique. Belle photographie de Pierre Lhomme et la musique est de Michel Legrand. C’est une grosse production, du cinéma commercial et populaire de la meilleure veine. Gros succès. Le Sauvage a été récemment restauré.
Elle: 3 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Yves Montand, Catherine Deneuve, Luigi Vannucchi, Tony Roberts
Voir la fiche du film et la filmographie de Jean-Paul Rappeneau sur le site IMDB.
Voir la fiche du film sur AlloCiné.

Voir les autres films de Jean-Paul Rappeneau chroniqués sur ce blog…

(1) Sauf le potager de l’île qui est en réalité tourné dans des jardins ouvriers parisiens.

Le Sauvage
Yves Montand et Catherine Deneuve dans Le Sauvage de Jean-Paul Rappeneau.

Le Sauvage
Catherine Deneuve dans Le Sauvage de Jean-Paul Rappeneau.

27 octobre 2016

Dans la cour (2014) de Pierre Salvadori

Dans la courMusicien-rockeur quarantenaire, Antoine décide brusquement de changer de vie : il quitte tout et se fait embaucher comme gardien d’immeuble par Mathilde, sexagénaire angoissée… Connu pour ses comédies, Pierre Salvadori se tourne vers un tout autre genre avec Dans la cour. C’est l’histoire d’une amitié qui se développe entre un homme dépressif et une femme névrosée qu’il craint de voir s’enfoncer plus profondément dans la folie. Les personnages secondaires sont souvent en plein mal-être également. Pour schématiser le tableau, on peut dire que les dépressifs ont une grande capacité d’empathie alors que les non-dépressifs sont des casse-pieds ou des enquiquineurs. Le film a été plutôt bien reçu, que ce soit par la critique ou par le public, certains le qualifiant même de comédie. Selon la formule consacrée, disons que nous sommes apparemment passés à côté…
Elle: 1 étoile
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Catherine Deneuve, Gustave Kervern, Féodor Atkine, Pio Marmaï
Voir la fiche du film et la filmographie de Pierre Salvadori sur le site IMDB.
Voir la fiche du film sur AlloCiné.

Voir les autres films de Pierre Salvadori chroniqués sur ce blog…

Dans la cour
Gustave Kervern et Catherine Deneuve Dans la cour de Pierre Salvadori.

4 juillet 2015

Ames perdues (1977) de Dino Risi

Titre original : « Anima persa »

Âmes perduesLe jeune Tino arrive à Venise pour étudier la peinture. Il réside chez sa tante Elisa qui vit dans une grande demeure avec son mari Fabio, un homme rigide qui a une grande emprise sur elle. Rapidement, Tino se rend compte qu’il y a une autre personne dans la maison et il va peu à peu découvrir un étrange secret… A partir du milieu des années soixante dix, le « roi de la comédie italienne » Dino Risi semble chercher un statut plus respectable, notamment avec des adaptations littéraires comme c’est le cas pour cet Ames perdues basé pour le roman homonyme de Giovanni Arpino. Si le réalisateur ne semble pas parfaitement à son aise dans ce genre de drame psychologique (certains critiques parlent même « d’incertitude stylistique »), il sait créer une atmosphère très particulière et insolite. Ses personnages vivent dans un univers hors du temps d’où suinte une certaine angoisse : « Je commence à m’effacer » nous dit une Catherine Deneuve diaphane dans une maison où la plupart des pièces sont inutilisées. Ces grandes demeures de Venise forment un univers à l’abandon, dont les habitants ne se montrent jamais ; un lent processus de décomposition auquel répond la solitude noire et profonde d’un homme qui ne peut communiquer. Son acteur fétiche Vittorio Gassman est idéal pour ce type de rôle particulièrement schizophrénique et Catherine Deneuve (évidemment doublée en italien) est d’une grande beauté fragile. Ames perdues est un film assez noir que l’on peut considérer dans la lignée de Parfum de femme (1974).
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Vittorio Gassman, Catherine Deneuve, Danilo Mattei
Voir la fiche du film et la filmographie de Dino Risi sur le site IMDB.

Voir les autres films de Dino Risi chroniqués sur ce blog…

Voir les livres sur Dino Risi

Ames perdues
Danilo Mattei dans Âmes perdues de Dino Risi

Ames perdues
Catherine Deneuve dans Âmes perdues de Dino Risi

Ames perdues
Vittorio Gassman dans Âmes perdues de Dino Risi

 

30 mars 2015

Peau d’âne (1970) de Jacques Demy

Peau d'âneMourante, une reine se fait promettre par le roi de ne prendre pour nouvelle épouse qu’une femme plus belle qu’elle. Mais la seule personne capable de rivaliser avec sa beauté n’est autre que sa propre fille, et le roi la demande en mariage. Pour échapper à cette union incestueuse et sur les conseils de sa marraine la Fée des Lilas, la princesse demande à son père des robes irréalisables, mais il parvient toujours à les lui offrir. Elle lui demande alors de sacrifier son âne qui produit des écus d’or et le roi s’exécute. La princesse s’enfuit alors dans la forêt, revêtue de la peau de l’âne et se fait passer pour une fille de ferme, une souillon… Dans sa version de Charles Perrault, le conte populaire Peau d’âne serait le premier conte de fées français jamais écrit. L’adaptation au cinéma qu’en a fait Jacques Demy est une féérie visuelle : les décors sont splendides, les costumes somptueux. Demy place quelques anachronismes savoureux dans cette histoire où tout est possible. Même pour une personne (comme moi) qui n’est pas un grand amateur des musiques de Michel Legrand, les chansons ne sont pas envahissantes et apportent de belles respirations. Peau d’âne forme un ensemble très réussi qui est loin de n’être qu’un film pour enfants. Le film a été restauré ce que permet de profiter pleinement de sa belle palette de couleurs.
Elle: 4 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Catherine Deneuve, Jean Marais, Jacques Perrin, Micheline Presle, Delphine Seyrig, Fernand Ledoux
Voir la fiche du film et la filmographie de Jacques Demy sur le site IMDB.
Voir les autres films de Jacques Demy chroniqués sur ce blog…

Voir les livres sur Jacques Demy… et le (très récent) livre sur Peau d’âne

Voir le mini-site dédiée à Peau d’âne sur le site de la Cinémathèque
(nombreux documents)

Peau d'âne
Catherine Deneuve dans Peau d’âne de Jacques Demy

Remarques :
* Peau d’âne a été tourné au château de Chambord (le château rouge) et au château du Plessis-Bourré au nord d’Angers (le château bleu). Les scènes de ferme et de forêt ont été tournées au château de Neuville dans les Yvelines et la scène finale au château de Pierrefonds dans l’Oise.

1 décembre 2014

La Chasse à l’homme (1964) de Edouard Molinaro

La chasse à l'hommeAntoine Monteil doit se rendre à son mariage au grand dam de son ami qui essaie de l’en dissuader… « Le mariage est un piège », tel semble être le leitmotiv de cette comédie à sketches d’Edouard Molinaro. Ici, les jeunes filles en fleurs n’ont qu’une idée en tête : mettre le grappin sur un homme. Cette attaque gentiment subversive (du moins pour l’époque) contre l’institution du mariage se fait sans misogynie excessive, l’histoire de base a d’ailleurs été écrite par une femme, France Roche. Les dialogues sont de Michel Audiard. Le premier sketch avec Jean-Paul Belmondo en voyou rangé mis au pas par Marie Dubois n’est que moyennement réussi. Le second en revanche (avec Micheline Presle, Catherine Deneuve, Bernard Blier) l’est beaucoup plus et les dialogues d’Audiard y sont riches en répliques brillantes. Le meilleur du film est là. La suite est plaisante avec Françoise Dorléac qui joue la fofolle, façon L’Homme de Rio avec toutefois un peu moins de réussite. Comme beaucoup de films à sketches, La chasse à l’homme est un peu inégal mais reste divertissant.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Jean-Claude Brialy, Françoise Dorléac, Claude Rich, Jean-Paul Belmondo, Marie Laforêt, Catherine Deneuve, Marie Dubois, Micheline Presle, Francis Blanche, Bernard Blier
Voir la fiche du film et la filmographie de Edouard Molinaro sur le site IMDB.

Voir les autres films de Edouard Molinaro chroniqués sur ce blog…

La Chasse à l'homme d'Edouard Molinaro
Françoise Dorléac et Jean-Claude Brialy

Homonyme :
Chasse à l’homme (Man Hunt) de Fritz Lang (1941)

26 août 2014

La Femme aux bottes rouges (1974) de Juan Luis Buñuel

La femme aux bottes rougesUn homme très riche rencontre une jeune femme écrivain aux pouvoirs étranges qui vit avec un peintre tout en étant attirée par un jeune éditeur. L’homme riche met en scène un stratagème pour qu’ils se rencontrent et les manipuler… Juan Luis Buñuel est le fils de Luis Buñuel. Il a réalisé quatre longs métrages (beaucoup plus pour la télévision) et La Femme aux bottes rouges est certainement le plus remarquable d’entre eux. Il est bien difficile de ne pas comparer le fils et le père du fait de nombreux points communs : les acteurs (Fernando Rey, Catherine Deneuve), la présence de Jean-Claude Carrière à l’écriture des dialogues et surtout l’univers. La différence majeure est que Juan Luis introduit une composante fantastique. Hélas, par sa nature même, elle a tendance à réduire le propos, à le simplifier, à écarter tout onirisme, tout fantasme. Si l’atmosphère créée est assez prenante et attirante, le développement de l’histoire se révèle plutôt décevant ; est-ce parce que nous en attendions un peu trop ? La Femme aux bottes rouges se regarde toutefois sans déplaisir, le charme de Catherine Deneuve, ici particulièrement belle, n’y étant pas étranger.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Catherine Deneuve, Fernando Rey, Jacques Weber
Voir la fiche du film et la filmographie de Juan Luis Buñuel sur le site IMDB.

2 février 2014

Les lignes de Wellington (2012) de Valeria Sarmiento

Titre original : « Linhas de Wellington »

Les lignes de WellingtonDurant l’automne 1810, les troupes napoléoniennes envahissent le Portugal et se heurtent à la résistance des portugais aidés par l’armée britannique. Bien que Wellington ait remporté une première victoire, il préfère se retirer vers Lisbonne en employant la technique de la terre brûlée afin d’attirer les français affaiblis vers l’endroit le plus fortifié. La population est forcée de suivre… Les lignes de Wellington est au départ une commande de la région de Torres Vedras. Mis en chantier par Raoul Riuz, le projet fut repris par son épouse Valeria Sarmienti après le décès du réalisateur chilien. Sans avoir bénéficié de moyens importants, cette ambitieuse production s’étale sur 2h30 et nous fait suivre de multiples trajectoires individuelles. Dans ce long exode, des personnages émergent du récit et nous sautons de l’un à l’autre. Ils sont pratiquement tous du côté anglo-portugais, les quelques scènes montrant l’armée française soulignent souvent la brutalité et la sauvagerie de ses soldats envers la population (ce qui est certainement réel car cette brutalité est hélas commune à toutes les armées conquérantes). Fait inhabituel pour un film de guerre, une grande importance est donnée aux femmes qui jouent ici un rôle souvent décisif avec souvent beaucoup de cran. Au-delà des trajectoires individuelles, le film nous fait porter un regard sur la nature de la guerre en elle-même, la façon dont elle modifie la population, les mentalités ou encore sur sa suprématie, sur l’amertume d’une victoire. Les lignes de Wellington est un film d’un très beau classicisme avec une superbe distribution. Il est très réussi.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: John Malkovich, Marisa Paredes, Nuno Lopes, Melvil Poupaud, Carloto Cotta, Jemima West, Elsa Zylberstein, Vincent Perez, Catherine Deneuve, Isabelle Huppert, Michel Piccoli, Mathieu Amalric
Voir la fiche du film et la filmographie de Valeria Sarmiento sur le site IMDB.
Voir la fiche du film sur AlloCiné.

Remarque :
Les lignes de Wellington existe sous deux formes :
– film de 145 mn pour le cinéma
– Série TV de 3 x 55 mn (donc un peu plus longue) pour la télévision.