13 mars 2018

Quarante tueurs (1957) de Samuel Fuller

Titre original : « Forty Guns »

Quarante tueursGriff Bonnel, accompagné de ses frères Wes et Chico, arrive à Tombstone où la puissante propriétaire terrienne Jessica Drummond fait la loi à la tête d’une petite troupe de quarante hommes. Elle a aussi un jeune frère qui estropie par jeu un adjoint du shérif. Griff le maitrise et le met sous les verrous…
A sa sortie, Forty Guns était un western unique en son genre et soixante ans plus tard il l’est tout autant. Tourné rapidement avec un budget très faible, c’est un film d’auteur qui privilégie le style sur le déroulement du récit. L’histoire est surtout celle d’un amour impossible : il ne faut pas attendre un film d’action. Samuel Fuller réussit de nombreux plans mémorables, à commencer par une scène d’introduction pleine de furie qui nous laisse abasourdi. Il traite les scènes classiques du western (duels, chevauchées, etc.) de façon franchement inédite : le duel final est ainsi dans toutes les mémoires (de ceux qui l’ont vu…) Le plus remarquable est dans la simplicité de ses solutions qui nécessitent toutefois une grande maitrise technique. Inévitablement, certains spectateurs seront certainement déroutés par Forty Guns mais son style et son atmosphère le rendent assez enthousiasmant.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Barbara Stanwyck, Barry Sullivan, Dean Jagger, John Ericson, Gene Barry
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Forty Guns
Barry Sullivan et Barbara Stanwyck dans Quarante tueurs de Samuel Fuller.

Remarques :
* Dans son encyclopédie sur le western, l’américain Phil Hardy qualifie Forty Guns d’ « exemple typique des différences entre les Etats-Unis et l’Europe dans le regard porté sur les productions hollywoodiennes : les américains considèrent le film comme étant franchement raté alors que les européens l’admirent pour son style et sa vigueur. »
(Ceci dit, il n’a pas fait l’unanimité en Europe : sur ce film, on retrouve globalement le clivage pro-/con- Nouvelle Vague).

* Barbara Stanwyck, 49 ans au moment du tournage, a toujours été une intrépide cavalière. Lorsque sa doublure a jugé trop dangereux de se laisser trainer au sol par un cheval au galop, l’actrice n’a pas hésité à le faire elle-même. Elle en est sortie indemne, avec tout de même ecchymoses et éraflures.

Forty GunsBarbara Stanwyck et John Ericson dans Quarante tueurs de Samuel Fuller.
Le duel final est unique en son genre. Samuel Fuller a expliqué dans une interview qu’initialement il avait prévu que Barbara Stanwyck soit tuée par Griff. Les studios ayant refusé cette fin, il a alors trouvé un moyen très original de ne pas retourner la scène.

Forty GunsEve Brent dans Quarante tueurs de Samuel Fuller.
Célèbre plan où le frère de Griff regarde la jeune et jolie armurière à travers le canon d’un fusil (démonté). Jean-Luc Godard fera un clin d’oeil à cette scène dans A bout de souffle lorsque Belmondo regarde Jean Seberg à travers un magazine roulé.
Parmi les autres scènes mémorables, il faut citer le long travelling sur Barry Sullivan marchant à travers la ville.

Quarante tueursBarry Sullivan et Barbara Stanwyck dans Quarante tueurs de Samuel Fuller.

7 mars 2018

L’empereur du Nord (1973) de Robert Aldrich

Titre original : « Emperor of the North Pole »

L'empereur du Nord1933. La Grande Dépression a transformé des milliers d’américains en vagabonds qui errent à la recherche d’un travail, voyageant illégalement en train pour traverser le pays. L’un d’eux, surnommé Numéro 1, met au défi Shack, un chef de train brutal et sadique, en annonçant qu’il voyagera sur son train jusqu’à Portland. Un jeune hâbleur du nom de Cigarette sera aussi du voyage…
L’empereur du Nord est librement inspiré d’un roman de Leon Ray Livingston, From Coast to coast with Jack London (1917), qu’il écrit sous le pseudonyme de « A-No.-1 » (1). Robert Aldrich évacue tout aspect humaniste ou social : le drame de cette période de crise est ici réduit à la confrontation aussi violente qu’inutile de deux individus. Il en fait un jeu du chat et de la souris, impression renforcée par la musique qui évoque les films muets burlesques dans certaines scènes, mais la violence est omniprésente (le meurtre de la scène d’ouverture est rapide mais vraiment horrible). Comme dans nombre de ses précédents films, Aldrich dépasse la notion de bien et de mal ; les victimes peuvent ici se transformer rapidement en bourreaux. Le principal attrait (à mes yeux, du moins) du film réside dans la performance des acteurs avec ce face à face de deux « trognes » de cinéma et dans la belle photographie. Le film est en général très apprécié. La fascination de l’homme pour la violence est toujours aussi surprenante…
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Lee Marvin, Ernest Borgnine, Keith Carradine, Charles Tyner
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(1) Le scénario s’inspire certainement également de The Road (1907) où Jack London raconte sa vie de vagabond. Jack London a effectivement rencontré un « No. 1 » mais ne l’a pas mentionné dans son livre. Jack London aurait lu une préversion du livre de Leon Ray Livingston et l’aurait qualifié de « pure fiction à 98% ». Bien que Jack London ait porté ce surnom de Cigarette quand il était vagabond, le personnage de Cigarette dans le film d’Aldrich n’a rien à voir avec lui.

Remarques :
* Le titre original, Emperor of the North Pole, se base sur une blague du milieu des vagabonds, qui disait que le meilleur vagabond du monde serait « Empereur du pôle Nord », manière de dire qu’il régnerait sur un désert.
* Le titre original fut ensuite raccourci à Emperor of the North pour ne pas prêter à confusion, l’univers arctique étant considéré comme un  box office poison  (repoussoir de succès).

L'Empereur du NordErnest Borgnine dans L’empereur du Nord de Robert Aldrich.

L'Empereur du Nord
L'Empereur du NordLee Marvin et Keith Carradine dans L’empereur du Nord de Robert Aldrich.
L'Empereur du NordErnest Borgnine n’a pas son pareil pour nous faire de telles trognes… Ernest Borgnine dans L’empereur du Nord de Robert Aldrich.

21 février 2018

Tootsie (1982) de Sydney Pollack

TootsieMichael Dorsey est un comédien qui a la réputation d’être difficile à gérer. Personne ne veut l’embaucher. Persuadé qu’il peut tout faire, il décide de se travestir en femme et réussit à décrocher un rôle dans un soap-opéra…
Tootsie occupe une place à part dans la filmographie de Sydney Pollack. Il s’agit d’une comédie assez impersonnelle qui se contente de jouer sur les stéréotypes hommes / femmes. Pollack dit être parti de l’idée d’un homme qui devient meilleur en se féminisant. Il a pris soin de ne jamais tomber dans la vulgarité et a su contrôler Dustin Hoffman dans ses velléités d’aller toujours plus loin. En grand amateur des tours de force, l’acteur s’en donne à coeur joie et ne ménage pas sa peine ;  il fait  une prestation remarquable. Mais l’ensemble reste anodin et se compare difficilement aux grands réussites du genre comme I Was a Male War Bride, Certains l’aiment chaud ou Victor Victoria sorti quelques mois plus tôt. Tootsie fera pourtant presque dix fois plus d’entrées que ce dernier et restera, de loin, le plus grand succès au box-office de la carrière de Sydney Pollack.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Dustin Hoffman, Jessica Lange, Teri Garr, Dabney Coleman, Charles Durning, Bill Murray, Geena Davis
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Tootsie
Sydney Pollack et Dustin Hoffman dans Tootsie de Sydney Pollack.

Remarques :
* Dans les films sortis en 1982 aux USA, Tootsie est en seconde place  en nombre d’entrées. Seul E.T. a fait mieux.
* Dustin Hoffman aurait mérité un Oscar pour sa performance. Ce sera Jessica Lange qui aura l’Oscar réglementaire (ce qui peut laisser perplexe…)
* Première apparition à l’écran de Geena Davis.

Tootsie
Jessica Lange, Dustin Hoffman, Dabney Coleman et George Gaynes dans Tootsie de Sydney Pollack.

19 février 2018

That’s Life! (1986) de Blake Edwards

That's Life!Célèbre chanteuse d’opéra, Gillian Fairchild vient de subir une biopsie de la gorge et doit attendre la fin du week-end pour en avoir le résultat. Très angoissée mais d’une grande force de caractère, elle ne veut pas en parler à son mari, Harvey, un architecte hypocondriaque et volubile qui vit très mal son soixantième anniversaire, ni à ses enfants accaparés par leurs petits soucis sentimentaux…
Plus encore que S.O.B., où Blake Edwards réglait ses comptes avec l’industrie cinématographique, That’s Life! est un film très personnel du réalisateur : il l’a en grande partie financé lui-même, tourné dans sa villa à Malibu, avec son épouse Julie Andrews, une de ses filles, sa belle-fille et le fils et la femme de son ami Jack Lemmon. Ce dernier s’en donne à cœur joie dans ce rôle d’égocentrique angoissé aux monologues quasi-obsessionnels. Atteints de la même insatisfaction chronique, les enfants sont aussi centrés sur eux-mêmes et insupportables que leur père. La peur de vieillir, l’angoisse de voir ses ambitions déçues, les désillusions sont les thèmes principaux de cette tragi-comédie. En fait de vision sur la vie en général, le personnage interprété par Jack Lemmon ferait plutôt partie de ces personnes qui nous influencent en creux : on se dit qu’il faut faire attention à ne pas devenir comme lui ! Une variante du fameux « comment vivre » après tout… Les prestations de Julie Andrews et de Jack Lemmon sont absolument remarquables. En outre, Sally Kellerman est vraiment savoureuse en voisine envahissante et exubérante. Tout cela est un peu nombriliste tout de même mais d’une réalisation parfaite.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Jack Lemmon, Julie Andrews, Sally Kellerman, Robert Loggia
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Remarques :
* Jennifer Edwards, fille d’un précédent mariage de Blake Edwards, est la fille Megan (qui joue du saxo).
Emma Walton Hamilton, fille d’un précédent mariage de Julie Andrews, est la fille Kate (qui est enceinte).
Chris Lemmon, fils de Jack Lemmon, est également son fils, Josh, dans le film.
Felicia Farr, la femme de Jack Lemmon, est la diseuse de bonne aventure.

* Le scénario a été écrit au fur et à mesure du tournage. Il est co-signé par Blake Edwards et Milton Wexler qui n’est autre que le psychanalyste du réalisateur ! Il avait déjà collaboré avec lui pour écrire son remake de L’homme qui aimait les femmes.

 

That's life
Jack Lemmon et Julie Andrews dans That’s Life! de Blake Edwards (photo publiciaire… à aucun moment Jack Lemmon n’est aussi détendu!)

17 février 2018

Ex-Lady (1933) de Robert Florey

Ex-LadyHelen est une jeune femme indépendante, qui dessine avec brio des illustrations pour des magazines. Courtisée par plusieurs hommes, c’est Don, un jeune publicitaire, qu’elle aime et qui la presse d’accepter de l’épouser. Elle finit par lui céder…
La base du scénario de Ex-Lady est un projet de pièce co-écrite par Robert Riskin, scénariste qui a beaucoup travaillé pour Capra (It Happened One Night, Mr. Deeds, You Can’t Take It with You, et beaucoup d’autres…) Le propos est très inhabituel pour son époque car il montre une jeune femme très moderne, qui refuse le mariage pour rester libre et indépendante, ne veut pas d’enfants avant 40 ans et tient à sa carrière où elle réussit. Il s’agit certes d’un film pré-Code, c’est-à-dire tourné juste avant la généralisation du code de censure Hays en 1934, mais la façon dont le père rétrograde est montré hostile et buté ne laisse guère d’ambigüité. Ex-Lady est le premier film où Bette Davis est en tête d’affiche et Robert Florey (qui n’a eu le scénario que quelques heures avant le début du tournage) sait la mettre en valeur : il la filme souvent en légère contre-plongée dans des robes longues ce qui accentue le caractère longiligne de sa silhouette et la fait paraître très grande (alors qu’en réalité Bette Davis mesure 1m60). Par son apparence et son jeu, l’actrice donne beaucoup de personnalité à son personnage. Sa présence paraît d’autant plus grande que les autres acteurs sont un peu fades, à l’exception de Frank McHugh toujours délectable dans ses rôles d’excentriques.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Bette Davis, Gene Raymond, Frank McHugh, Monroe Owsley, Claire Dodd
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Remarque :
Ex-Lady est un remake (non annoncé) de Illicit d’Archie Mayo (1931) avec Barbara Stanwyck.

Ex-Lady
Bette Davis et Monroe Owsley dans Ex-Lady de Robert Florey.

Ex-Lady
Gene Raymond, Bette Davis et Robert Florey sur le tournage de Ex-Lady de Robert Florey.

13 février 2018

L’homme que j’ai tué (1932) de Ernst Lubitsch

Titre original : « Broken Lullaby »

L'homme que j'ai tuéParis, 1918. Alors que la signature de l’Armistice est largement fêtée, un jeune français est désespéré d’avoir tué un jeune soldat allemand quelques jours auparavant dans une tranchée. Totalement dévasté, il décide d’aller trouver la famille en Allemagne pour chercher un pardon…
Qu’Ernst Lubitsch ait décidé d’adapter cette pièce de théâtre de Maurice Rostand peut surprendre car ce mélodrame est nettement en dehors de son registre habituel. Il le fait non sans quelques lourdeurs mais parvient à lui donner une belle intensité. Le propos est résolument pacifiste, soulignant le mécanisme de la haine qui alimente les guerres et prônant la réconciliation entre les peuples. Lubitsch nous gratifie de plans inattendus dont il a le secret, tel cette vision d’une longue rangée de bottes des officiers agenouillés à la messe, et parvient même à glisser quelques éléments de comédie : toute la scène des commérages ponctués par le tintement des portes de boutiques que l’on ouvre au passage du « français » est aussi amusante qu’admirable. Le jeu des acteurs, notamment de Phillips Holmes, peut paraître un peu outré aujourd’hui. Malgré un bon accueil critique, le public bouda le film qui fut un échec commercial. Ernst Lubitsch ne tournera aucun autre mélodrame.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Lionel Barrymore, Nancy Carroll, Phillips Holmes, Lucien Littlefield, Zasu Pitts
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Remarques :
* Le titre initialement prévu était The Man I Killed. Mais, pour éviter de prêter à confusion sur le type de film, il fut changé à la hâte à sa sortie en The Fifth Commandment puis en Broken Lullaby.
* Autre film inspiré de la pièce de Maurice Rostand :
Frantz de François Ozon (2016) avec Pierre Niney et Paula Beer.

L'homme que j'ai tué
Zasu Pitts, Lionel Barrymore, Phillips Holmes, Louise Carter et Nancy Carroll dans L’homme que j’ai tué de Ernst Lubitsch.

7 février 2018

The Big Short: Le casse du siècle (2015) de Adam McKay

Titre original : « The Big Short »

The Big Short: Le casse du siècleEn 2005, un excentrique gestionnaire de fonds spéculatifs découvre que le système des prêts immobiliers regroupés en titrisations hypothécaires est très fragile : le risque de défaillance est très sous-estimé alors que les taux s’apprêtent à remonter. Il décide parier sur la baisse de ces titres…
The Big Short (« short-er » dans le langage des traders signifie parier sur la baisse de quelque chose) est adapté d’un best-seller de Michael Lewis publié en 2010. Il raconte l’histoire des quelques très rares gestionnaires de fonds qui ont pressenti la crise des subprimes de 2007. Le récit insiste sur leur personnalité atypique (réflexe hollywoodien classique) et sur l’incrédulité à laquelle ils se sont heurtés. Leurs motivations sont toutefois essentiellement financières : prendre une position contraire au marché pour qu’elle soit très lucrative. L’un d’entre eux a bien un discours plus général mais extrêmement confus car lié à une situation psychologique personnelle « compliquée » qui l’a rendu asocial. Le propos est assez technique avec tout le jargon du domaine mais a le mérite d’être assez juste. Si le film explique bien les mécanismes, il n’offre cependant aucune réflexion de fond. Le montage est extrêmement désagréable, avec une succession très rapide de plans, qui sont parfois plutôt des flashs que des plans… Tout aussi désagréable est l’utilisation excessive des mouvements ultra-rapides de caméra, sans doute pour nous mettre dans l’ambiance pressée (et stressée) du monde de la finance. Le premier tiers du film est ainsi particulièrement pénible à regarder. Producteur du film, Brad Pitt s’est réservé le seul rôle calme de l’histoire : un ex-gestionnaire reconverti dans les petites graines bio…
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Ryan Gosling, Christian Bale, Steve Carell, Brad Pitt
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The Big Short
Christian Bale dans The Big Short de Adam McKay.

The Big Short
Steve Carell et Ryan Gosling dans The Big Short de Adam McKay.

6 février 2018

La Fille de la Cinquième Avenue (1939) de Gregory La Cava

Titre original : « 5th Ave Girl »
Autre titre français : « Un ange en tournée »

Un ange en tournéeFabricant de pompes agricoles, le millionnaire Alfred Borden est déprimé : son entreprise va très mal et il est délaissé par sa famille oisive. Seul le soir de son anniversaire, il se rend à Central Park pour tromper l’ennui et rencontre une jeune femme au chômage, Mary Grey. Il l’invite à dîner dans un night club à la mode pour fêter son anniversaire…
Ecrite par Allen Scott, 5th Ave Girl est une comédie qui présente des similitudes avec My Man Godfrey que le même Gregory La Cava a tourné trois ans plus tôt : les genres sont inversés. L’histoire est amusante et exploite un thème que l’on retrouve souvent dans les comédies américaines : la personne ordinaire qui a plus de jugeote que les puissants. Le personnage interprété par Ginger Rogers est assez moderne. L’actrice semble toutefois un peu éteinte ou, du moins, a un jeu très en retenue, de même pour Walter Connolly que l’on a connu plus enjoué. Les dialogues sont brillants et les seconds rôles soignés. L’ensemble est très amusant, on ne s’ennuie pas une seconde : une très bonne comédie screwball qui a connu un beau succès à sa sortie.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Ginger Rogers, Walter Connolly, Verree Teasdale, James Ellison, Tim Holt, Franklin Pangborn
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5th ave girl
Walter Connolly et Ginger Rogers dans 5th Ave Girl de Gregory La Cava.

5th Ave Girl
Tim holt, Ginger Rogers et Verree Teasdale dans 5th Ave Girl de Gregory La Cava.

Remarque :
* La fin initialement tournée (Mary partant seule sur la 5e Avenue) a été modifiée après les projections-tests, le public ayant réclamé une fin plus heureuse.

5th Ave Girl
Walter Connolly, Ginger Rogers et Gregory La Cava sur le tournage de 5th Ave Girl.

27 janvier 2018

Bedside (1934) de Robert Florey

BedsideBob Brown est assistant-radiologiste. Il ne lui manque qu’une année d’études pour pouvoir être médecin mais, pris par le démon du jeu, n’a plus l’argent nécessaire. Il a même perdu ainsi l’argent que Caroline, une collègue infirmière amoureuse de lui, lui avait prêté pour aller étudier à Chicago. Il va néanmoins trouver un subterfuge pour éviter de lui avouer la vérité…
Réalisé par Robert Florey, Bedside est un de ces films tournés rapidement du milieu des années trente. L’histoire met en relief les dangers de l’utilisation des techniques de la publicité dans le monde de la médecine : bien conseillé et pris en main par un agent, un charlatan peut ainsi acquérir une réputation et une belle (et riche) clientèle. Il est difficile de détecter aujourd’hui jusqu’à quel point cette histoire est crédible (le critique du New York Times de l’époque ne semble toutefois pas la trouver irréaliste). Si le film manque d’impact, ce n’est pas du fait de ses acteurs qui font une bonne prestation, mais plutôt du fait du scénario qui se montre assez terne. Certaines scènes qui auraient pu être fortes sont expédiées en quelques secondes et l’épilogue paraît un peu saugrenu.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Warren William, Jean Muir, Allen Jenkins, David Landau, Donald Meek
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Remarque :
* Robert Florey est très réputé pour ses écrits sur Hollywood :
Voir les livres écrits par Robert Florey

Bedside
Warren William, Donald Meek et Jean Muir dans Bedside de Robert Florey.

Bedside
Warren William et Jean Muir dans Bedside de Robert Florey.

21 janvier 2018

Micki et Maude (1984) de Blake Edwards

Titre original : « Micki + Maude »

Micki & MaudeReporter vedette d’une chaîne de télévision, Rob est marié depuis sept ans à Micki, brillante avocate qui repousse le moment d’avoir un enfant, au grand désespoir de Rob. Lors d’un reportage, il rencontre Maude, une jeune violoncelliste, qu’il fréquente régulièrement. Quelques mois plus tard Maud lui apprend qu’elle est enceinte…
Sur un scénario original écrit par Jonathan Reynolds, Micki & Maude est une comédie qui exploite les ressorts comiques de la bigamie : Rob va devoir jongler de façon de plus en plus frénétique entre ses deux épouses. Il n’y a hélas rien d’inattendu dans le déroulement de cette histoire dont on peut prédire à l’avance les évènements. Cela ne veut pas dire qu’il n’y ait pas des scènes amusantes mais l’ensemble paraît bien long.
Elle: 1 étoile
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Dudley Moore, Amy Irving, Ann Reinking, Richard Mulligan
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Micki et Maude
Dudley Moore et Amy Irving (Maude) dans Micki & Maude de Blake Edwards.

Micki et Maude
Ann Reinking (Micki) et Dudley Moore dans Micki & Maude de Blake Edwards.