2 mai 2022

City of Lies (2018) de Brad Furman

City of LiesEn 2015, un journaliste d’investigation (Forest Whitaker) est chargé d’écrire un article sur l’assassinat d’un rappeur connu survenu en mars 1997. Il prend alors contact avec Russell Poole (Johnny Depp), ancien inspecteur du LAPD aujourd’hui en disgrâce et seul, mais toujours hanté par cette affaire. D’abord réticent, l’ancien flic se confie au journaliste…
City of Lies est un thriller policier américain réalisé par Brad Furman. Il s’agit de l’adaptation du roman biographique L.A.byrinth de Randall Sullivan paru en 2002, centré sur une histoire réelle, les meurtres des rappeurs Tupac Shakur et The Notorious B.I.G. survenus en 1997 dans un contexte tendu après les affaires Rodney King et O. J. Simpson. Cette enquête a mis à jour une corruption au sein de la police de Los Angeles. Le film est brillamment interprété par Johnny Depp et Forest Whitaker mais le problème est que l’on ne comprend pas grand chose. L’affaire est vraiment très embrouillée et on regarde le film avec l’espoir que la compréhension viendra… mais ce n’est pas le cas. D’ailleurs, dans la réalité, ces meurtres n’ont toujours pas été élucidés. La sortie du film a été rendue chaotique par une prétendue affaire où Johnny Depp s’est retrouvé accusé de coups et blessures envers un technicien. La distribution en salles a été limitée.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Johnny Depp, Forest Whitaker, Toby Huss, Dayton Callie
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City of LiesChristian George, Johnny Depp et Forest Whitaker dans City of Lies de Brad Furman.

27 avril 2022

Very Bad Trip (2009) de Todd Phillips

Titre original : « The Hangover »

Very Bad Trip (The Hangover)Doug s’apprête à se marier. Ses deux meilleurs amis et futur beau-frère décident de l’emmener à Las Vegas pour enterrer sa vie de garçon. Ils réservent une suite et vont boire sur le toit pour admirer la ville en pleine nuit. Le matin suivant, ils se réveillent sans rien se rappeler de la nuit précédente. Doug a disparu, la chambre est ravagée, il y a une poule qui gambade, un tigre dans la salle de bains et un bébé caché dans un placard…
Very Bad Trip (The Hangover = la gueule de bois) est une comédie américaine produite et réalisée par Todd Phillips. Après une mise en place un peu longue, la construction est amusante puisque nous partons d’une situation énigmatique et suivons les personnages dans leur tentative de remonter le fil des évènements. Ils ne sont pas au bout de leurs surprises. L’ensemble est hilarant avec un humour potache et des situations délirantes. La vulgarité n’est pas aussi présente qu’on pouvait le craindre. Toutefois, il ne faut pas être trop regardant sur l’image véhiculée, que ce soit celle celles des hommes, idiots quand ils sont en groupe, ou celle des femmes qui sont des enquiquineuses (on peut toujours utiliser le faux fuyant habituel : « le film caricature pour mieux retourner les archétypes »). Le film connut un très grand succès qui lui valut d’avoir deux suites (moins réussies).
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Bradley Cooper, Ed Helms, Zach Galifianakis, Justin Bartha, Heather Graham
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Very Bad Trip (The Hangover)Zach Galifianakis, Bradley Cooper, Ed Helms et Justin Bartha dans Very Bad Trip (The Hangover) de Todd Phillips.

24 avril 2022

Le Kid de Cincinnati (1965) de Norman Jewison

Titre original : « The Cincinnati Kid »

Le Kid de Cincinnati (The Cincinnati Kid)Surnommé « le Kid de Cincinnati », Eric Stoner est un as du poker à La Nouvelle-Orléans des années 1930. Lorsque le vieux briscard Lancey Howard, le « Roi du poker », arrive pour un court séjour, une rencontre est organisée. Le Kid a bien l’intention de lui ravir son titre…
Le Kid de Cincinnati est un film américain réalisé par Norman Jewison, d’après un roman de Richard Jessup. L’histoire rappelle fortement L’Arnaqueur (The Hustler, 1961, de Robert Rossen avec Paul Newman) qui se déroulait dans le monde du billard. Il faut bien avouer que le poker est moins cinégénique que le billard mais la partie en elle-même, qui occupe le dernier tiers du film, parvient assez bien à nous tenir en haleine. La tension est assez forte, sans être très intense toutefois. L’opposition générationnelle entre les deux opposants est finalement peu exploitée. Si le film peut nous laisser sur des impressions mitigées, c’est surtout du fait de sa très longue mise en place qui peine à intéresser, et donne même une impression de remplissage. Les personnages n’ont que peu de profondeur et le personnage du Kid ne provoque pas l’empathie. Les rôles principaux sont pourtant bien tenus et Ann-Margret se montre particulièrement sensuelle dans son rôle de tentatrice vénéneuse. Le Kid de Cincinnati ne tient pas la comparaison avec L’Arnaqueur.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Steve McQueen, Edward G. Robinson, Ann-Margret, Karl Malden, Tuesday Weld, Joan Blondell, Rip Torn, Jack Weston, Cab Calloway, Jeff Corey
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Remarques :
* Le film devait être réalisé par Sam Peckinpah mais celui-ci fut renvoyé par les producteurs dès les premiers jours pour être remplacé par Norman Jewison.
* Le film français longuement décrit par la petite amie du Kid est La Kermesse héroïque de Jacques Feyder (1935).

Le Kid de Cincinnati (The Cincinnati Kid)Cab Calloway, Edward G. Robinson (de dos), Jack Weston, Steve McQueen et Karl Malden (debout de profil)
dans Le Kid de Cincinnati (The Cincinnati Kid) de Norman Jewison.

Le Kid de Cincinnati (The Cincinnati Kid)Steve McQueen, Ann-Margret et Tuesday Weld dans Le Kid de Cincinnati (The Cincinnati Kid) de Norman Jewison.

Le Kid de Cincinnati (The Cincinnati Kid)Steve McQueen et Edward G. Robinson dans Le Kid de Cincinnati (The Cincinnati Kid) de Norman Jewison.

22 avril 2022

The Grand Budapest Hotel (2014) de Wes Anderson

The Grand Budapest hotelLe film retrace les aventures de Gustave H, l’homme aux clés d’or d’un célèbre hôtel européen de l’entre-deux-guerres et du garçon d’étage Zéro Moustafa, son allié le plus fidèle. La recherche d’un tableau volé, oeuvre inestimable datant de la Renaissance et un conflit autour d’un important héritage familial forment la trame de cette histoire au coeur de la vieille Europe en pleine mutation…
The Grand Budapest Hotel est un film américano-allemand réalisé par Wes Anderson. Il en a écrit le scénario à partir d’une histoire qu’il a conçue avec Hugo Guinness. Il dit avoir été inspiré par les écrits de Stefan Zweig, cet écrivain autrichien qui a porté son regard sur l’Europe de l’entre-deux-guerres marquée par la montée du nazisme. On retrouve en effet cette vision large dans cette histoire qui se déroule dans un pays imaginaire de l’est de l’Europe en proie à une guerre imminente. Le film a ce style si propre à Wes Anderson, baroque et sophistiqué, à la fois onirique et réaliste, avec une imagination foisonnante. Il va jusqu’à puiser dans le dessin animé. C’est un festin visuel, un jaillissement permanent, le tout avec un rythme remarquable. La distribution inclut nombre d’acteurs connus, le plus souvent pour quelques minutes seulement. The Grand Budapest Hotel est une belle alliance entre une forme séduisante, un humour constant mais discret et un propos d’une belle profondeur.
Elle:
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Ralph Fiennes, Tony Revolori, Saoirse Ronan, F. Murray Abraham, Mathieu Amalric, Adrien Brody, Willem Dafoe, Jeff Goldblum, Harvey Keitel, Jude Law, Bill Murray, Edward Norton, Jason Schwartzman, Léa Seydoux, Tilda Swinton, Tom Wilkinson, Owen Wilson
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The Grand Budapest hotelRalph Fiennes et Tony Revolori dans The Grand Budapest Hotel de Wes Anderson.

Remarque :
* L’intérieur du grand palace a été filmé dans un lieu réel, le Görlitzer Warenhaus, un ancien grand magasin historique d’un centre commercial construit en 1912 à Gorlitz, ville située à l’est de l’Allemagne, tout près de la frontière avec la Pologne. L’établissement, aujourd’hui à l’abandon, s’étend sur une superficie de 10 000 mètres carrés et emprunte son architecture à l’équivalent de l’Art Nouveau en Allemagne.

The Grand Budapest hotelThe Grand Budapest Hotel de Wes Anderson.

21 avril 2022

Charlie Chan au Musée de cire (1940) de Lynn Shores

Titre original : « Charlie Chan at the Wax Museum »

Charlie Chan au Musée de cire (Charlie Chan at the Wax Museum)Un dangereux criminel, condamné à la peine capitale à la suite de son arrestation par Charlie Chan, parvient à s’échapper du tribunal et se réfugie auprès du docteur Cream, responsable d’un musée de cire et accessoirement un excellent chirurgien esthétique prisé par la pègre. Sous le fallacieux prétexte d’une célèbre série d’émissions de radio relatant des cas judiciaires, il fait venir le détective au musée de cire…
Charlie Chan au Musée de cire est un film policier américain réalisé par un certain Lynn Shores. Le scénario est écrit par John Larkin qui avait déjà écrit deux épisodes de la série (Treasure Island en 1939 et Panama en 1940). Sans surprise, le film suit un modèle maintenant très établi avec une intrigue aussi embrouillée que possible. Les fausses pistes sont toutefois moins nombreuses qu’à l’habitude mais le défaut principal est que la complexité engendre ici une certaine confusion. L’ensemble peine à nous intéresser. De plus, la mise en scène de ce réalisateur inconnu est vraiment très moyenne. La formule Charlie Chan semble s’épuiser. Le film pourrait toutefois plaire aux amateurs d’atmosphères troubles et un peu effrayantes. Certains le considèrent même comme l’un des meilleurs de la série. Charlie Chan au Musée de cire est le 25e des 47 films mettent en scène le détective Charlie Chan.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Sidney Toler, Victor Sen Yung, C. Henry Gordon, Marc Lawrence
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Charlie Chan au Musée de cire (Charlie Chan at the Wax Museum)Charlie Chan au Musée de cire (Charlie Chan at the Wax Museum) de Lynn Shores.

19 avril 2022

Comancheria (2016) de David Mackenzie

Titre original : « Hell or High Water »

Comancheria (Hell or High Water)Texas. Après la mort de leur mère, deux frères doivent rembourser des emprunts pour éviter la saisie de la ferme familiale, un ranch délabré sur lequel des forages pétroliers sont envisagés. Ils décident alors de commettre une série de braquages, visant uniquement les agences de la banque qu’ils doivent rembourser. Un Texas Ranger désabusé, bientôt à la retraite, se lance à leur poursuite avec son adjoint d’origine amérindienne…
Comancheria est un thriller américain écrit par le texan Taylor Sheridan et réalisé par le britannique David Mackenzie. Globalement, le film peut être décrit comme « un croisement très rare entre le western, la comédie, le film de braquage et le road-movie » pour reprendre les mots du réalisateur. Le propos est marqué par un sentiment anti-banques puisqu’il présente les deux braqueurs comme agissant pour des raisons légitimes. Mais le plus remarquable dans le film est son atmosphère et ses dialogues. Les deux frères forment un tandem disparate mais très uni et le duo des deux corpulents Rangers est tout aussi pittoresque avec un Jeff Bridges placide qui ne cesse de balancer des blagues racistes à son adjoint qui les endure avec résignation. C’est un univers très masculin et peu engageant, pourtant l’ensemble est plaisant grâce à un grand équilibre entre plusieurs genres et un caractère enlevé. Un film d’une belle personnalité.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Jeff Bridges, Chris Pine, Ben Foster, Gil Birmingham
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Remarques :
* Le titre original fait référence à une clause inscrite sur certains contrats de prêts, décrivant la nécessité pour l’emprunteur de procéder au remboursement, quelles que soient les difficultés qu’il pourrait rencontrer pour y parvenir. Le terme vient d’une expression aux États-Unis qui indique que quelque chose doit être accompli « come Hell or high water », littéralement « quand bien même l’enfer ou le déluge s’abattrait sur nous ». (Lu sur Wikipedia).

* Le titre initialement pressenti, et conservé en France, Comancheria désigne la région habitée par les Comanches avant 1860. Elle englobe aujourd’hui l’État du Nouveau-Mexique, l’ouest du Texas et quelques autres territoires. C’est une région où se croisent des Indiens, des Latinos et des Texans et où règnent la pauvreté et une criminalité liée à la drogue. (Lu sur Wikipedia).

Comancheria (Hell or High Water)Chris Pine et Ben Foster dans Comancheria (Hell or High Water) de David Mackenzie.

Comancheria (Hell or High Water)Jeff Bridges et Gil Birmingham dans Comancheria (Hell or High Water) de David Mackenzie.

14 avril 2022

La Vallée du bonheur (1968) de Francis Ford Coppola

Titre original : « Finian’s Rainbow »

La Vallée du bonheur (Finian's Rainbow)Le mystérieux Irlandais Finian McLonergan arrive à Rainbow Valley en Missitucky, dans le sud des États-Unis. Il est accompagné de sa charmante fille Sharon. Dans son sac, se trouve un chaudron magique en or qu’il a « emprunté » à un lutin…
La Vallée du bonheur est un film musical américain réalisé par Francis Ford Coppola. C’est un film de commande. Il s’agit de l’adaptation cinématographique de la comédie musicale du même nom jouée à Broadway en 1947-1948. Cette pièce avait connu un grand succès mais elle ne fut portée à l’écran que tardivement du fait de sa satire du racisme qui embarrassait les studios. Pour ne pas froisser les habitants blancs du Sud, le propos fut donc adouci mais reste néanmoins suffisamment piquant. Il se moque également de l’argent et de l’or « enterré à Fort Knox ». Il s’agit d’un conte avec un récit charmant et enfantin. L’atmosphère peut rappeler celle de films comme Brigadoon. Il y a beaucoup de fraîcheur et même une petite tonalité hippie ; c’est en effet une communauté qui vit à Rainbow Valley et qui cultive des plants de tabac mentholé (hum…) La chanteuse Petula Clark, auréolée de son succès planétaire Downtown, fait une superbe prestation, pleine de charme et de fraicheur. Elle fait montre d’une grande présence à l’écran et de surprenants talents d’actrice. A ses côtés, Fred Astaire est un peu plus en retenue mais nous gratifie de quelques numéros de danse. Les chansons sont de qualité. Les couleurs sont pimpantes avec des verts très prononcés pour donner une tonalité féérique à la nature. Le film connut un beau succès à sa sortie mais a été ensuite méprisé par la critique. Certes, on ne peut lui donner une vraie place dans la filmographie du réalisateur (qui l’a d’ailleurs renié à plusieurs reprises) mais il n’en est pas moins réussi et très plaisant.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Fred Astaire, Petula Clark, Tommy Steele, Don Francks, Keenan Wynn, Barbara Hancock
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La Vallée du bonheur (Finian's Rainbow)Tommy Steele et Petula Clark dans La Vallée du bonheur (Finian’s Rainbow) de Francis Ford Coppola.

Remarques :
* Francis Ford Coppola a dit avoir accepté cette commande pour épater son père qui lui avait fait découvrir la pièce quand il était enfant (Coppola avait 9 ans en 1948).
* L’ensemble est indéniablement trop long (2h25): cette longueur est volontaire car la Warner voulait le projeter en 70mm dans une tournée roadshow attraction en deux parties avec un entracte.
* Le film a été tourné en 35mm puis converti en 70mm par la Warner en coupant le haut et le bas de l’image. Cela a valu à Coppola de nombreuses critiques pour avoir coupé les pieds de Fred Astaire dans  certaines scènes. Mais le réalisateur n’était pas responsable.
* C’est le troisième long métrage réalisé par Francis Ford Coppola. Sur le tournage, il s’est lié d’amitié avec un stagiaire nommé George Lucas.
* La Vallée du bonheur est le dernier film musical de Fred Astaire qui avait alors 69 ans.
* Le personnage Woody Mahoney serait (très librement) inspiré de Woody Guthrie.
* Les frères Coen ont déclaré que le film faisait partie de leurs films préférés : « Je me souviens quand nous avons travaillé avec Nicolas Cage sur Raising Arizona, nous avons parlé de son oncle, Francis Ford Coppola, et lui avons dit que Finian’s Rainbow, que presque personne n’a jamais vu, était l’un de nos films préférés. Il l’a répété à son oncle, qui, je pense, nous considère depuis comme un peu dérangés. » (Ethan Coen, interview avec Laurent Tirard lire)

 

La Vallée du bonheur (Finian's Rainbow)Barbara Hancock et Tommy Steele dans La Vallée du bonheur (Finian’s Rainbow) de Francis Ford Coppola.

La Vallée du bonheur (Finian's Rainbow)Fred Astaire et Petula Clark dans La Vallée du bonheur (Finian’s Rainbow) de Francis Ford Coppola.

12 avril 2022

M le maudit (1951) de Joseph Losey

Titre original : « M »

M le maudit (M)Los Angeles, les années 1950. Un tueur en série kidnappe et tue des petites filles. La ville est traumatisée par ces nombreux meurtres non résolus. La police est incapable de retrouver l’assassin. Gênée dans ses affaires, la pègre décide de trouver elle-même le meurtrier avant qu’il ne tue à nouveau…
M le maudit est un film américain réalisé par Joseph Losey. Le film est un remake du film allemand M le maudit (1931) de Fritz Lang. Bien que Losey désirait s’écarter de l’original, son film reprend fidèlement la trame de son modèle pour éviter des problèmes de censure. L’action est transposée dans l’Amérique des années cinquante ; l’esthétique est celle des films noirs américains, avec toutefois peu de scènes nocturnes et beaucoup de scènes en extérieurs. Sur le plan du récit, la principale variation réside dans l’explication du comportement du tueur qui n’est plus ici un dangereux maniaque sexuel mais un homme psychologiquement perturbé. Sa déclaration en fin de film est l’occasion d’une scène intense, superbement interprétée. En revanche, toute allégorie sociale ou politique (le film de Fritz Lang se situait en pleine montée du nazisme) n’a pu que disparaître, ce qui rend le film plus banal. Il n’en reste pas moins fort et ne mérite certainement pas l’opprobre qu’il a subi.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: David Wayne, Howard Da Silva, Martin Gabel, Luther Adler, Steve Brodie, Raymond Burr, Glenn Anders, Norman Lloyd
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M le maudit (M)David Wayne dans M le maudit (M) de Joseph Losey.

Version précédente :
M le maudit (M – Eine Stadt sucht einen Mörder) de Fritz Lang avec Peter Lorre

8 avril 2022

L’Homme de nulle part (1956) de Delmer Daves

Titre original : « Jubal »

L'homme de nulle part (Jubal)Jubal Troop est recueilli par Shep Horgan, riche éleveur qui l’embauche. Peu à peu il se voit confier de plus en plus de responsabilités, au grand dam de Pinky, régisseur du domaine qui est ainsi relégué à la seconde place…
L’Homme de nulle part (Jubal) est un western réalisé par Delmer Daves. Si l’intrigue repose sur les thèmes classiques de la convoitise et la jalousie, le film montre une richesse et une profondeur qui le fait sortir du lot. Certains critiques l’ont qualifié de « western psychologique » mais nous nous contenterons de dire que les caractères sont décrits avec naturel et une grande acuité. La tension s’installe sans que l’on en ait conscience et culmine dans le dernier quart du film. L’interprétation est parfaite, de l’affable Glenn Ford au malfaisant Rod Steiger en passant par Ernest Borgnine (toujours doté d’une belle présence) et le jeune Charles Bronson. Encore un beau et intense western signé Delmer Daves.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Glenn Ford, Ernest Borgnine, Rod Steiger, Valerie French, Felicia Farr, Charles Bronson
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Voir les autres films de Delmer Daves chroniqués sur ce blog…

L'homme de nulle part (Jubal)Ernest Borgnine et Glenn Ford dans L’homme de nulle part (Jubal) de Delmer Daves.

L'homme de nulle part (Jubal)Rod Steiger et Jack Elam dans L’homme de nulle part (Jubal) de Delmer Daves.

L'homme de nulle part (Jubal)Charles Bronson dans L’homme de nulle part (Jubal) de Delmer Daves.

Homonymes :
L’homme de nulle part,  film franco-italien réalisé par Pierre Chenal en 1937
L’homme de nulle part (Chelovek niotkuda), film soviétique réalisé par Eldar Riazanov et sorti en 1961.

3 avril 2022

Terminator (1984) de James Cameron

Titre original : « The Terminator »

Terminator (The Terminator)Dans le futur, une guerre oppose ce qui reste de l’humanité aux machines dirigées par Skynet, une intelligence artificielle. En 2029, voyant la résistance humaine menée par un certain John Connor sur le point de triompher, Skynet envoie dans le passé un Terminator, un assassin cybernétique à l’apparence humaine, afin de tuer la mère de John Connor en 1984, avant qu’il soit conçu…
Terminator est un film de science-fiction américain réalisé par James Cameron. Il en a coécrit le scénario avec Gale Anne Hurd, également productrice. L’histoire est assez brillante, exploitant les paradoxes temporels du voyage dans le temps. Le paradoxe de situation de départ n’est en effet pas le seul, il y en a plusieurs. On peut toutefois regretter que cette base de scénario ne donne au final qu’un film d’action dont le principal attrait réside dans le plaisir pervers, mais jouissif, de massacres d’une machine à tuer. Terminator s’inscrit à un tournant de la science-fiction au cinéma où l’action s’est introduite pour ensuite phagocyter le genre (hélas). James Cameron s’est montré très habile : avec un budget de série B, il est parvenu à réaliser un film crédible et haletant, qui avance de façon implacable, comme une fuite en avant dans un tunnel. Le film connut un succès que personne n’attendait.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Arnold Schwarzenegger, Michael Biehn, Linda Hamilton, Paul Winfield, Lance Henriksen
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Terminator (The Terminator)Michael Biehn et Linda Hamilton dans Terminator (The Terminator) de James Cameron.

Série des films Terminator :
Terminator (The Terminator) de James Cameron (1984)
Terminator 2 : Le Jugement dernier (Terminator 2 : Judgment Day) de James Cameron (1991)
Terminator 3 : le soulèvement des machines (Terminator 3: Rise of the machines) de Jonathan Mostow (2003)
Terminator Renaissance (Terminator Salvation) de McG (2009)
Terminator: Genisys (Terminator: Genisys) de Alan Taylor (2015)
Terminator: Dark Fate de Tim Miller (2019)