4 septembre 2020

Entre la chèvre et le chou (1929) de Lewis R. Foster

Titre original : « Angora Love »

Entre la chèvre et le chou (Angora Love)Alors qu’ils viennent d’acheter des biscuits, Stanley et Oliver sont suivis par une chèvre qui s’est échappée d’un magasin d’animaux. Elle les suit pas à pas. De peur d’être pris pour des voleurs, ils la font monter dans leur chambre. Mais le règlement de leur hôtel meublé interdit la présence d’animaux et le propriétaire dort juste en dessous…
Sur un scénario de Leo McCarey, Angora Love est le dernier film muet de Laurel et Hardy. L’idée de base est farfelue comme il se doit. Les gags sont nombreux et variés, ils s’enchainent rapidement. Laurel et Hardy sont bien là au sommet de leur art, parvenant à créer de multiples situations comiques à partir d’une base simple. L’idée de l’animal que l’on doit cacher au propriétaire sera reprise avec un chien dans Laughing Gravy (1931) et avec une guenon dans The Chimp (1932).
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Stan Laurel, Oliver Hardy, Charlie Hall, Edgar Kennedy
Voir la fiche du film et la filmographie de Lewis R. Foster sur le site IMDB.

Voir les autres films de Lewis R. Foster chroniqués sur ce blog…

Entre la chèvre et le chou (Angora Love)Oliver Hardy, Stan Laurel et le producteur Hal Roach sur le tournage de Entre la chèvre et le chou (Angora Love) de Lewis R. Foster.

4 septembre 2020

Le Bon filon (1930) de James W. Horne

Titre original : « Laughing Gravy »

Le Bon filon (Laughing Gravy)Oliver et Stanley ont adopté un chien alors que leur propriétaire, un homme irascible logeant juste en dessous, interdit la présence d’animaux. Hélas, en pleine nuit, alors qu’il neige au dehors, Stanley est pris de hoquet, ce qui fait aboyer l’animal…
Laughing Gravy reprend le thème du court muet Angora Love (1929) à ceci près que la chèvre est remplacée par un chien. La version initiale de Laughing Gravy était prévue pour durer 3 bobines soit 30 minutes environ. C’est cette version qui fut utilisée à l’export. Mais, le producteur Hal Roach faisait alors pression sur le duo pour qu’il reste sur le format de 2 bobines, soit 20 minutes environ. La seconde situation (Stanley apprend qu’il va recevoir un héritage à la condition de se séparer de son ami Oliver) fut ainsi écartée et une fin alternative (maison placée en quarantaine et suicide du propriétaire) fut tournée pour être distribuée aux Etats-Unis. La partie avec le chien est assez réussie avec de multiples variations autour du même thème et une utilisation astucieuse du froid et de la neige. Le titre anglais est une allusion à un alcool (les Etats-Unis sont alors en pleine Prohibition), le titre français est plus difficile à expliquer (quel est donc ce « filon » qui serait bon ?)
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Stan Laurel, Oliver Hardy
Voir la fiche du film et la filmographie de James W. Horne sur le site IMDB.

Voir les autres films de James W. Horne chroniqués sur ce blog…

Le Bon filon (Laughing Gravy)Oliver Hardy et Stan Laurel dans Le Bon filon (Laughing Gravy) de James W. Horne.

20 août 2020

La Bohémienne (1936) de James W. Horne et Charley Rogers

Titre original : « The Bohemian Girl »

La Bohémienne (The Bohemian Girl)(Long métrage, 71 mn) Oliver et Stanley font partie d’une troupe de bohémiens qui fait halte sur les terres du comte Arnheim. Ils chantent et dansent. Lorsque l’un deux tente de pénétrer dans le château, le comte le fait fouetter. Pour se venger, l’homme enlève la fille unique du comte et en fait une gitane…
The Bohemian Girl est basé sur l’opéra homonyme du compositeur irlandais Michael William Balfe (première en 1843). L’histoire dresse un portrait très caricatural des gitans, les présentant comme des voleurs et des kidnappeurs (ce qui n’empêcha pas le film d’être interdit dans l’Allemagne nazie, ce portrait étant jugé trop flatteur). Pickpocket chevronné, Stanley est ici vraiment beaucoup plus intelligent que son comparse. Les gags sont très inégaux, le plus souvent moyennement amusants et parfois mauvais. Le meilleur du film est une scène où Stanley doit remplir des bouteilles de vin fermenté en se servant d’un petit tuyau : avec peu de choses, il nous fait un superbe numéro hilarant de plusieurs minutes.
Elle:
Lui : 1 étoile

Acteurs: Stan Laurel, Oliver Hardy, Mae Busch, Antonio Moreno, Julie Bishop, James Finlayson, Thelma Todd
Voir la fiche du film et la filmographie de James W. Horne et Charley Rogers sur le site IMDB.

Remarques :
* Le gag final (les déformations) est vraiment d’un goût douteux. Pourtant Stan Laurel le trouvait bon alors que le producteur Hal Roach le détestait.
* Thelma Todd est morte à l’âge de 29 ans dans des circonstances obscures avant la fin du tournage. L’affaire a fait grand bruit. Pour éviter que le film ne soit associé à l’affaire, le scénario a été réécrit à la hâte et des scènes ont été tournées à nouveau pour réduire son rôle au strict minimum. Initialement, Antonio Moreno devrait être amoureux d’elle. Finalement, elle n’apparaît que brièvement au début du film (c’est la fille de la Reine des Gitans).

La Bohémienne (The Bohemian Girl)Oliver Hardy et Stan Laurel dans La Bohémienne (The Bohemian Girl) de James W. Horne et Charley Rogers.

7 août 2020

C’est ma femme (1929) de Lloyd French

Titre original : « That’s My Wife »

C'est ma femme (That's My Wife)L’oncle Bernal surgit à l’improvise chez Oliver Hardy pour lui annoncer qu’il va faire de lui son légataire mais à la condition qu’il soit heureux en ménage. Il tombe particulièrement mal car M. et Mrs Hardy viennent de se disputer et cette dernière vient de quitter le domicile conjugal. Qu’à cela ne tienne, Stan Laurel va se travestir et jouer le rôle de l’épouse modèle…
L’idée de base de That’s My Wife est dérivée d’un court métrage de 1926 Along Came Auntie où Oliver Hardy apparaissait seul (1). Mais ici, le signataire du scénario Leo McCarey va beaucoup plus loin puisque Stan Laurel est déguisée en femme et le reste ensuite pendant la totalité du film. Le travestissement est utilisé comme ressort principal d’humour, assez subtilement, sans vulgarité ni facilité. Très convaincant, Stan Laurel joue le rôle avec un naturel presque désarmant. En outre, le film est doté d’un final brillant. Mal connu, That’s My Wife mérite pourtant de figurer parmi les meilleurs courts métrages muets de Laurel et Hardy. (Court métrage muet, 2 bobines)
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Stan Laurel, Oliver Hardy
Voir la fiche du film et la filmographie de Lloyd French sur le site IMDB.

Voir les autres films de Lloyd French chroniqués sur ce blog…

(1) Along Came Auntie de Fred Guiol et Richard Wallace avec Glenn Tryon, Vivien Oakland et Oliver Hardy. Dans ce court métrage, une femme avait divorcé et voulait le cacher à une vieille tante riche. Oliver Hardy joue le premier mari. Il s’agit essentiellement de slapstick, sans grande originalité toutefois.
A noter que Vivien Oakland interprète ici la femme d’Oliver dans la scène d’ouverture.

C'est ma femme (That's My Wife)Stan Laurel et Oliver Hardy (+ figurant) dans That’s My Wife de Lloyd French.

C'est ma femme (That's My Wife)Stan Laurel, Oliver Hardy et Jimmy Aubrey dans That’s My Wife de Lloyd French.

1 juin 2020

Un homme à boue (1928) de James Parrott et Leo McCarey

Titre original : « Should Married Men Go Home? »

Un homme à boue (Should Married Men Go Home?)Hardy a prévu de passer la journée avec sa femme mais Laurel vient le chercher pour une partie de golf…
Should Married Men Go Home? est un bon court métrage de la période muette de Laurel et Hardy. Comme toujours, il est construit sur trois séquences principales. 1) Hardy et sa femme veulent faire croire qu’ils ne sont pas là quand Laurel sonne chez eux. 2) Le sketch de la commande de soda au bar du terrain de golf. 3) La partie de golf qui se termine en bataille de boue à la façon de Battle of the Century. L’ensemble est plaisant avec une bonne progression du burlesque et finit en délire total.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Stan Laurel, Oliver Hardy
Voir la fiche du film et la filmographie de James Parrott et Leo McCarey sur le site IMDB.

Un homme à boue (Should Married Men Go Home?)Oliver Hardy et Stan Laurel. Photo publicitaire pour Should Married Men Go Home? de James Parrott.

16 mai 2020

Un ancien flirt (1927) de Fred Guiol et F. Richard Jones

Titre original : « Love ‘Em and Weep »

Un ancien flirt (Love 'Em and Weep) (Film muet, 20 mn env., 2 bobines) Titus Tillsbury (James Finlayson), homme respectable et respecté, prépare un discours avec son secrétaire particulier, Romaine Ricketts (Stan Laurel), lorsque surgit « Peaches » (Mae Busch), une ravissante jeune femme avec qui il a eu une aventure. Elle lui montre une photo compromettante et menace de ruiner sa carrière…
Chronologiquement parlant, Love ‘Em and Weep est le quatrième ou cinquième film de Laurel et Hardy (1) mais, s’ils font tous les deux partie de l’écurie d’Hal Roach,  le duo n’est pas vraiment encore bien établi : Stan Laurel a un rôle certes assez important mais c’est un second rôle, qui ne lui permet donc pas de développer son jeu si particulier, et Oliver Hardy ne fait que de la figuration. Le premier rôle est tenu par James Finlayson, solide comique avec tout un jeu de mimiques hilarantes. C’est une comédie fort bien construite avec de bonnes trouvailles de gag. Une version parlante sera refaite quatre ans plus tard par le duo Laurel & Hardy qui auront cette fois les premiers rôles : Chickens Come Home.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Mae Busch, Stan Laurel, James Finlayson, Oliver Hardy, Charlotte Mineau, Vivien Oakland
Voir la fiche du film et la filmographie de Fred Guiol et F. Richard Jones sur le site IMDB.

(1) Suivant que l’on compte ou pas Le Veinard (The Lucky Dog) de 1921.

Un ancien flirt (Love 'Em and Weep)James Finlayson / Mae Busch et James Finlayson dans Un ancien flirt (Love ‘Em and Weep) de Fred Guiol et F. Richard Jones.

Un ancien flirt (Love 'Em and Weep)Stan Laurel et Oliver Hardy dans Un ancien flirt (Love ‘Em and Weep) de Fred Guiol et F. Richard Jones.
(Les deux acteurs n’ont aucun plan en commun.)

16 mai 2020

Quand les poules rentrent au bercail (1931) de James W. Horne

Titre original : « Chickens Come Home- »

Quand les poules rentrent au bercail (Chickens Come Home-)(Court métrage, 30 mn) Oliver Hardy est un homme d’affaires important et respectable. Mais, alors qu’il s’apprête à briguer la mairie de la ville, une femme avec qui il a eu une aventure avant de se marier fait irruption dans son bureau. Elle menace de donner aux journaux une photo compromettante…
Chickens come home est le remake parlant du court métrage muet Love’em and weep, à ceci près qu’Oliver Hardy reprend le rôle tenu par James Finlayson (qui devient son majordome). Stan Laurel et Mae Busch gardent le même personnage. Laurel et Hardy n’ont finalement qu’assez peu de scènes ensemble ce qui affaiblit l’humour. Les personnages féminins sont très exagérés et crient beaucoup, ce sont de véritables dragons (c’est souvent le cas chez Laurel et Hardy). Les scènes les plus comiques, à mes yeux, sont celles entre Hardy et son serviteur Finlayson. Cependant beaucoup d’amateurs du duo voient là l’un de leurs meilleurs court métrages. Personnellement, je préfère la première version.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Stan Laurel, Oliver Hardy, Mae Busch, Thelma Todd, James Finlayson
Voir la fiche du film et la filmographie de James W. Horne sur le site IMDB.

Voir les autres films de James W. Horne chroniqués sur ce blog…

Quand les poules rentrent au bercail (Chickens Come Home)Mae Busch, Oliver Hardy, Thelma Todd et Stan Laurel dans Quand les poules rentrent au bercail (Chickens Come Home) de James W. Horne.

13 avril 2020

Les gaietés de l’infanterie (1927) de Fred Guiol

Titre original : « With Love and Hisses »

Les gaietés de l'infanterie (With Love and Hisses)Départ de soldats pour un camp d’entrainement. Le soldat un peu simplet Cuthbert Hope (Laurel) donne du fil à retordre à son sergent Banner (Hardy) sous l’autorité du capitaine Bustle (James Finlayson)…
With Love and Hisses fait partie des tous premiers court métrages muets de Laurel et Hardy en duo. Les gags s’enchainent bien. Après un début sur le quai de la gare et des scènes dans le train bien réussies, le clou du film est la séquence centrale du passage des soldats en revue qui est vraiment excellente. La dernière partie (une marche forcée) est moins réussie si ce n’est l’utilisation originale d’un panneau d’affichage pour un film de Cecil B. de Mille, Le Batelier de la Volga, qui avait triomphé sur les écrans l’année précédente. Stan Laurel assure la grande majorité des gags et James Finlayson campe un capitaine séducteur et colérique pas banal…
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Stan Laurel, Oliver Hardy, James Finlayson, Anita Garvin
Voir la fiche du film et la filmographie de Fred Guiol sur le site IMDB.

Les gaietés de l'infanterie (With Love and Hisses)Stan Laurel, Oliver Hardy, James Finlayson et Anita Garvin
dans Les gaietés de l’infanterie (With Love and Hisses) de Fred Guiol.

12 avril 2020

Têtes de pioche (1938) de John G. Blystone

Titre original : « Block-Heads »

Têtes de pioche (Block-Heads)A la fin de Première Guerre mondiale, le soldat Stanley reçoit l’ordre de garder une tranchée pendant que tous partent à l’assaut des lignes ennemies. Survient l’Armistice et vingt ans plus tard, Stanley est découvert… toujours à son poste. On le ramène au pays et on le fête comme un héros. Son ami Hardy, marié depuis un an, apprend la nouvelle dans un journal et rend visite à son ami…
Après un prologue reprenant des images de guerre tournées pour La Grande Parade de King Vidor (1925), nous revenons à 1938 pour assister aux retrouvailles des deux compères et leur trajet (passablement mouvementé) jusqu’à l’appartement d’Oliver. Comme souvent avec le duo, il n’y a que peu d’histoire mais un enchaînement de gags assez variés. Le niveau général est excellent. La dernière partie reprend exactement le déroulé d’un court métrage de 1929, Unaccustomed As We Are, de façon plus fluide.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Stan Laurel, Oliver Hardy, Patricia Ellis, Minna Gombell
Voir la fiche du film et la filmographie de John G. Blystone sur le site IMDB.

Voir les autres films de John G. Blystone chroniqués sur ce blog…

Remarques :
* Block-Heads est le premier des quatre films de Laurel et Hardy co-écrit par Harry Langdon, grand comique de l’époque du muet. Harry Langdon avait déjà développé l’idée du soldat qui ignore que la guerre est finie dans un court métrage muet de 3 bobines : Soldier Man (1926).

Têtes de pioche (Block-Heads)Oliver Hardy et Stan Laurel dans Têtes de pioche (Block-Heads) de John G. Blystone.

12 avril 2020

On n’a pas l’habitude (1929) de Lewis R. Foster

Titre original : « Unaccustomed As We Are »

On n'a pas l'habitude (Unaccustomed As We Are)Oliver Hardy a invité sans prévenir un des amis (Stanley Laurel) pour un « bon dîner ». Mais sa femme n’apprécie guère la « surprise »…
Unaccustomed As We Are est le premier film parlant de Laurel & Hardy, dans le sens  tourné entièrement comme un parlant (et non sonorisé). Plusieurs gags reposent ainsi sur le dialogue ou sur les bruits (par exemple, une chute dans l’escalier est juste entendue, sans être montrée). Basée sur les tracas de la vie matrimoniale, l’histoire n’est pas très originale en soi, le développement est très classique. On a souvent l’impression de pouvoir prédire les gags à l’avance. Le duo comique reprendra le même thème quelques années plus tard dans la dernière partie de leur long métrage Block-Heads (1938).
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Stan Laurel, Oliver Hardy, Edgar Kennedy, Mae Busch, Thelma Todd
Voir la fiche du film et la filmographie de Lewis R. Foster sur le site IMDB.

Voir les autres films de Lewis R. Foster chroniqués sur ce blog…

Remarques :
* Stan Laurel ne parle que très peu car il craignait que son léger zézaiement passe mal à l’écran.
* Le titre est un jeu de mots avec un début de phrase alors très employé par les gens de cinéma dans ces premières années du parlant : « Unaccustomed as we are to public speaking… » (= « Comme nous ne sommes vraiment pas habitués à parler au public… »). C’est donc une façon de dire que le film est parlant.

 On n'a pas l'habitude (Unaccustomed As We Are)Stan Laurel et Oliver Hardy dans On n’a pas l’habitude (Unaccustomed As We Are) de Lewis R. Foster