Sommaire d’avril 2019

Danton3 Billboards: Les panneaux de la vengeanceGran TorinoLa Vie privée d'Élisabeth d'AngleterreLa Belle et la belleFitzcarraldoMaman a tortCrimson Peak

Danton

(1983) de Andrzej Wajda

3 Billboards: Les panneaux de la vengeance

(2017) de Martin McDonagh

Gran Torino

(2008) de Clint Eastwood

La Vie privée d’Élisabeth d’Angleterre

(1939) de Michael Curtiz

La Belle et la belle

(2018) de Sophie Fillières

Fitzcarraldo

(1982) de Werner Herzog

Maman a tort

(2016) de Marc Fitoussi

Crimson Peak

(2015) de Guillermo del Toro

Notre-Dame de ParisL'homme à la FerrariSilenceLouise en hiverSur la piste du MarsupilamiCagliostroReady Player OneLes Associés

Notre-Dame de Paris

(1923) de Wallace Worsley

L’homme à la Ferrari

(1967) de Dino Risi

Silence

(2016) de Martin Scorsese

Louise en hiver

(2016) de Jean-François Laguionie

Sur la piste du Marsupilami

(2012) de Alain Chabat

Cagliostro

(1949) de Gregory Ratoff

Ready Player One

(2018) de Steven Spielberg

Les Associés

(2003) de Ridley Scott

Nombre de billets : 16

Danton (1983) de Andrzej Wajda

DantonParis, printemps de l’An II (1794). De retour à Paris après quelques mois d’absence, Danton cherche à mettre un terme à la Terreur en défiant Robespierre et le Comité de Salut Public. Ce dernier ordonne son arrestation et organise un simulacre de procès avant le conduire, avec une dizaine de ses soutiens, à l’échafaud.
C’est le gouvernement français, alors sous la présidence de François Mitterrand, qui a passé commande à Wajda d’un film pour célébrer la Révolution française. Le résultat a mis ses commanditaires mal à l’aise et a suscité la polémique. Le réalisateur polonais a en effet choisi une période particulièrement sombre de l’Histoire de France qui lui permettait de faire allusion au présent de son pays : la lutte de Danton contre Robespierre devient ainsi une allégorie de celle du syndicaliste Wałęsa contre le général Jaruzelski (1). Dans les deux cas, passé et présent, chacune des parties en présence s’est réclamé du « peuple ». Et c’est toujours au nom du « peuple » qu’est installé un régime autoritaire et despotique. Dans son film, Wajda montre Danton et Robespierre dépassés par l’Histoire, qu’ils ont pourtant contribué à créer ; ils ont perdu prise sur les évènements et seront emportés par eux (2). Ainsi, au lieu de fournir une apologie benoîte de la Révolution, le cinéaste polonais a un propos d’une portée plus générale et (hélas) plus actuelle, un propos qui mérite mieux qu’une simple lecture sous l’angle idéologique. Depardieu semble l’acteur idéal pour interpréter un Danton bon vivant et particulièrement habile dans l’éloquence. Robespierre est interprété par le polonais Wojciech Pszoniak dont le jeu plus classique est rendu encore plus rigide par le doublage, ce qui accentue encore l’opposition entre les deux hommes.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Gérard Depardieu, Wojciech Pszoniak, Patrice Chéreau, Boguslaw Linda
Voir la fiche du film et la filmographie de Andrzej Wajda sur le site IMDB.

Voir les autres films de Andrzej Wajda chroniqués sur ce blog…

Voir les livres sur Andrzej Wajda

Danton
Gérard Depardieu est Danton dans Danton de Andrzej Wajda.

Remarques :
* Le scénario est adapté d’une pièce de la dramaturge polonaise Stanisława Przybyszewska, rédigée entre 1925 et 1929. Cette pièce était assez flatteuse pour Robespierre. Wajda et Jean-Claude Carrière l’ont réécrite pour donner à Danton l’image d’un idéaliste tout en conservant une certaine indulgence pour Robespierre qui est présenté comme un être tourmenté. En revanche, le Comité de Salut de Public n’est pas épargné, ses membres sont prompts à faire tomber les têtes pour des motivations vagues ou même douteuses.

(1) Sous la pression des soviétiques, le général Jaruzelski décide dans la nuit du 12 au 13 décembre 1981 d’arrêter les principaux dirigeants de Solidarnösc, dont Lech Wałęsa, et d’interdire le syndicat ; les militaires prennent également possession de la télévision.
(2) La phrase de Danton passant devant la maison de Robespierre « Robespierre, tu me suis ! Ta maison sera rasée ! On y sèmera du sel ! » est historique (et rappelons que Robespierre sera guillotiné trois mois plus tard).

Danton
Wojciech Pszoniak est Robespierre dans Danton de Andrzej Wajda.

Homonyme :
Danton (1921) de l’allemand Dimitri Buchowetzki avec Emil Jannings, Werner Krauss

3 Billboards: Les panneaux de la vengeance (2017) de Martin McDonagh

Titre original : « Three Billboards Outside Ebbing, Missouri »

3 Billboards: Les panneaux de la vengeanceLassée de voir piétiner l’enquête pour retrouver le meurtrier de sa fille, Mildred loue trois panneaux publicitaires pour interpeler la police locale…
3 Billboards est le troisième long métrage du réalisateur anglais Martin McDonagh, remarqué pour son brillant Bons baisers de Bruges (2008). Il en a écrit le scénario. Il ne faut pas se focaliser sur la vraisemblance de cette histoire qui est surtout l’occasion de dresser un portrait de l’Amérique profonde avec une bonne dose d’humour noir. Le propos est loin d’être manichéen puisque l’héroïne fait preuve d’une détermination froide et égoïste, elle se révèle être imperméable à tout sentiment (on entrevoit pourquoi en cours de film). Martin McDonagh en fait une guerrière et ce n’est pas pour rien qu’il lui fait porter le même bandeau que De Niro dans Voyage au bout de l’enfer. Son obstination l’entraîne dans une escalade qui ne peut que la mener dans une impasse (en revanche on peut se demander où est la « vengeance » mentionnée dans le titre français). L’écriture est brillante. Beaucoup de critiques ont fait le rapprochement avec le cinéma des frères Coen (et la présence de Frances McDormand, épouse et actrice de Joel Coen facilite ce rapprochement) mais Martin McDonagh n’est nullement dans le mimétisme. Il sait développer un style qui lui est propre.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Frances McDormand, Sam Rockwell, Woody Harrelson, Peter Dinklage
Voir la fiche du film et la filmographie de Martin McDonagh sur le site IMDB.

Voir les autres films de Martin McDonagh chroniqués sur ce blog…

3 billboards
Frances McDormand dans 3 Billboards: Les panneaux de la vengeance de Martin McDonagh.

3 billboards
Frances McDormand et Woody Harrelson dans 3 Billboards: Les panneaux de la vengeance de Martin McDonagh.

Remarque :
* Frances McDormand et Sam Rockwell ont été tous deux oscarisés pour leur interprétation dans ce film.

3 billboards
Sam Rockwell et Frances McDormand sur le tournage de 3 Billboards: Les panneaux de la vengeance de Martin McDonagh.

Gran Torino (2008) de Clint Eastwood

Gran TorinoWalt Kowalski, octogénaire aigri et profondément raciste, vient de perdre sa femme. Une nuit, il surprend le jeune Thao, un de ses voisins d’origine Hmong (= peuple du sud de la Chine, Laos et Vietnam) en train d’essayer de voler sa Ford Gran Torino 1972. Cet événement va faire évoluer les rapports cet homme avec son entourage…
A sa sortie, Gran Torino a été perçu par beaucoup comme un possible film-testament de Clint Eastwood. Nous savons aujourd’hui qu’il n’en est rien puisque beaucoup d’autres films ont suivi mais il est vrai qu’il semble mettre en scène sa propre image pour mieux la retourner. On retrouve ici son envie récurrente de se justifier d’accusations de racisme… En incarnant un personnage particulièrement détestable, aux raisonnements simplets gonflés à la testostérone, il nous rend difficile la tâche de savoir ce qui relève de la satire ou pas. Comme toujours, il sait parfaitement maintenir l’ambigüité et naviguer entre deux eaux. Cette ambigüité est toutefois interprétée par beaucoup comme la preuve d’un propos nuancé voire subtil. Le caractère christique du final avait de quoi appuyer l’idée qu’il pouvait s’agir de son ultime réalisation. Le film fut assez unanimement louangé.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Clint Eastwood, Christopher Carley, Bee Vang, Ahney Her
Voir la fiche du film et la filmographie de Clint Eastwood sur le site IMDB.
Voir la fiche du film sur AlloCiné.

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Gran Torino
« Get off my lawn! » (« Barrez-vous de ma pelouse! ») : Clint Eastwood et en arrière-plan la voiture éponyme de Gran Torino de Clint Eastwood.

La Vie privée d’Élisabeth d’Angleterre (1939) de Michael Curtiz

Titre original : « The Private Lives of Elizabeth and Essex »

La Vie privée d'Elisabeth d'Angleterre1596. Après avoir vaincu l’Armada espagnole, le comte d’Essex rentre en Angleterre sous les acclamations. Il est aussitôt reçu par la reine, heureuse de voir revenir l’homme qu’elle aime. Mais, à la surprise générale, au lieu de le féliciter, elle le tance publiquement et accorde des promotions à ses rivaux… Adaptation d’une pièce du dramaturge américain Maxwell Anderson, La Vie privée d’Élisabeth d’Angleterre met en scène une romance fictive entre la reine Elisabeth et Robert Devereux, 2e comte d’Essex. Le film réunit les deux plus grosses stars du moment de la Warner. Bette Davis aurait souhaité être opposée à Laurence Olivier mais les studios préfèrent opter pour Errol Flynn, alors au faîte de sa gloire après Robin des Bois. Bette Davis fait une personnification puissante et déterminée de son personnage, avec un petit grain de folie sous-jacent, parfois presque à la limite du grotesque. L’actrice s’est beaucoup investie dans son rôle, allant jusqu’à s’épiler elle-même les sourcils et travaillant longuement son accent. Son jeu est riche, complexe, intense. Face à elle, le jeu d’Errol Flynn paraît plus simple, jouant principalement sur le charme, le naturel. Cette opposition de jeu rend l’idylle plus improbable, déséquilibrée mais cela sert finalement le propos (de plus, les deux stars ne s’entendaient guère). Le film fut tourné en Technicolor et il est assez étonnant que la Warner ait mis tant de moyens à la disposition d’un film finalement assez statique. Le film fut un succès.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Bette Davis, Errol Flynn, Olivia de Havilland, Donald Crisp, Vincent Price
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Remarques :
* Cette histoire d’amour n’a pas existé. La légende parle seulement d’une bague donnée par la Reine à Essex mais, même sur ce simple don, les historiens sont divisés car il n’y a aucune preuve, aucun témoignage pour attester de sa réalité.

* Bette Davis était âgée de 31 ans au moment de tournage alors que son personnage en avait 63 en 1596, d’où le maquillage important. Errol Flynn était alors âgé de 30 ans soit l’âge de son personnage.

La Vie privée d'Elisabeth d'Angleterre
Bette Davis dans La Vie privée d’Elisabeth d’Angleterre de Michael Curtiz.

La Vie privée d'Elisabeth d'Angleterre
Bette Davis et Errol Flynn dans La Vie privée d’Elisabeth d’Angleterre de Michael Curtiz.

La Belle et la belle (2018) de Sophie Fillières

La Belle et la belleMargaux, 20 ans, fait la connaissance de Margaux, 45 ans. Elles réalisent qu’elles ont beaucoup de points en commun. En fait, elles ne forment qu’une seule et même personne à deux âges différents de la vie. Margaux pourra-t-elle réorienter la vie de Margaux ? …

Ecrit et réalisé par Sophie Fillières, La Belle et la belle part d’une idéee de base originale et pleine de promesses. Même si le développement du scénario ne comble pas tous les espoirs, le film se révèle une comédie amusante qui doit beaucoup au charme de ses interprètes et à ses dialogues relevés et brillants. Très réussi.
Elle: 3 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Sandrine Kiberlain, Agathe Bonitzer, Melvil Poupaud
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La Belle et la Belle
Sandrine Kiberlain, Melvil Poupaud et Agathe Bonitzer dans La Belle et la belle de Sophie Fillières.

Fitzcarraldo (1982) de Werner Herzog

FitzcarraldoDans une ville d’Amazonie, Brian Fitzgerald dit Fitzcarraldo s’est ruiné dans un projet fou de construction d’une voie de chemin de fer en pleine forêt. Passionné d’opéra, il rêve maintenant de bâtir une salle de spectacle pour accueillir son idole, Caruso. Pour la financer, il achète une concession de caoutchouc réputée inaccessible et entreprend de s’y rendre en bateau…
Comme dans Aguirre que Werner Herzog a tourné dix ans plus tôt dans la même région, le héros de Fitzcarraldo est de nouveau un homme qui nourrit un projet fou et emploiera des moyens démesurés pour tenter d’atteindre son but. La même description pourrait s’appliquer tout aussi bien au cinéaste allemand car le tournage fut difficile, dangereux, déraisonnable. Faire gravir les parois abruptes d’une haute colline à un bateau de 350 tonnes est déraisonnable mais les difficultés de tous ordres n’entamèrent en rien sa détermination. L’image est devenue l’une des plus iconiques du cinéma. Le film n’est pas aussi réussi qu’Aguirre, en partie parce qu’il est un peu dilué ce qui nuit à la tension, à la perception de la folie mégalomane de son héros éponyme. Le personnage de Claudia Cardinale peu paraitre superflu mais son décalage ajoute à l’incongruité de la situation. Fitzcarraldo n’en reste pas moins un film assez unique et, de ce fait, vraiment mémorable.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Klaus Kinski, Claudia Cardinale, José Lewgoy, Paul Hittscher
Voir la fiche du film et la filmographie de Werner Herzog sur le site IMDB.

Voir les autres films de Werner Herzog chroniqués sur ce blog…

Pour en savoir plus, vous pouvez lire la chronique de DVDClassiks qui comporte de nombreuses photos du tournage…

Werner Herzog raconte lui-même le tournage dans son livre La Conquête de l’inutile réédité aux Editions Capricci en 2009. Voir tous les livres sur Werner Herzog

fitzcarraldo
Klaus Kinski dans Fitzcarraldo de Werner Herzog.

Fitzcarraldo

Remarques :
* Le tournage de Fitzcarraldo a commencé avec Jason Robards dans le rôle principal et Mick Jagger dans celui d’un assistant. Alors que 40% du film était tourné, Robards a contracté la dysenterie et dut rentrer chez lui. De son côté, Mick Jagger devait aller enregistrer un nouvel album. Herzog est alors parti chercher son vieux complice Klaus Kinski pour tout recommencer. Le personnage de l’assistant fut supprimé.

* Le film fut tourné en anglais. Le doublage en anglais de Klaus Kinski n’est pas très réussi.

* Le film est basé sur une histoire vraie, celle du péruvien Carlos Fermin Fitzcarrald. Dans la réalité, il démonta le bateau pour le transporter de l’autre côté de la montagne.

Fitzcarraldo
Non, la photo n’est pas penchée… le bateau gravit une montagne dans Fitzcarraldo de Werner Herzog.

Maman a tort (2016) de Marc Fitoussi

Maman a tortAnouk passe son stage d’observation de troisième dans la société d’assurance où travaille sa mère. Elle se retrouve cantonnée dans des tâches indélicates mais cela ne va pas l’empêcher de découvrir un monde de compromissions…
Marc Fitoussi a écrit et réalisé Maman a tort, une comédie empreinte d’une réflexion plus sérieuse. C’est avant tout un regard sur le monde du travail à travers les yeux plein de candeur d’une adolescente de treize ans, une façon de mettre en relief les petites mesquineries, celles qui pourrissent les rapports entre les personnes, et surtout les compromissions où nos actes peuvent s’opposer à notre éthique. Marc Fitoussi appuie fort sur ce point, prenant par facilité une cible consensuelle (les assurances et les banques) pour montrer que la course aux objectifs peut mener à la fraude.  Le film est aussi une réflexion sur la transmission : quelle image du monde du travail allons-nous montrer à nos enfants ? Même s’il n’évite pas certains clichés, Marc Fitoussi réussit une bonne symbiose entre réflexion et comédie.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Jeanne Jestin, Émilie Dequenne, Sabrina Ouazani, Jean-François Cayrey, Grégoire Ludig
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Maman a tort
Jeanne Jestin et Émilie Dequenne dans Maman a tort de Marc Fitoussi.

Remarque :
Maman a tort est également le titre d’une mini-série avec Anne Charrier et Pascal Elbé, diffusée sur France 2 en 2018, sans aucun lien avec ce film.

Crimson Peak (2015) de Guillermo del Toro

Crimson PeakAu tout début du XXe siècle aux Etats-Unis, Edith vit avec son père, un industriel prospère. Elle est hantée par le fantôme de sa mère, morte du choléra quinze ans plus tôt, qui la met en garde contre un énigmatique « Crimson Peak ». Elle tombe sous le charme d’un jeune baronnet anglais venu chercher auprès de son père un financement pour construire une machine d’extraction de minerai…
Avec Crimson Peak, Guillermo del Toro revient au film d’épouvante. Il en a écrit le scénario avec Matthew Robbins. L’histoire est hélas très prévisible et n’apporte absolument aucune surprise dans son développement. L’accent semble être mis sur les scènes horrifiques soulignées sans subtilité par une musique angoissante. Le rouge, de préférence sanguinolent, est omniprésent, la fin est éprouvante dans sa surenchère un peu grotesque. Pourtant, ici et là, Guillermo Del Toro montre des envies de lyrisme mais ne parvient pas à élever son film vers une autre dimension. Il a beau qualifier son film de « romance gothique », Crimson Peak est avant tout un film terrifiant et donc satisfera surtout les amateurs du genre. La photographie est belle, le manoir est superbe.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Mia Wasikowska, Jessica Chastain, Tom Hiddleston, Charlie Hunnam, Jim Beaver
Voir la fiche du film et la filmographie de Guillermo del Toro sur le site IMDB.
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Remarques :
* L’héroïne se nomme Edith Cushing… hommage évident à Peter Cushing, l’acteur emblématique de la Hammer.

Crimson Peak
Mia Wasikowska dans Crimson Peak de Guillermo del Toro.

Notre-Dame de Paris (1923) de Wallace Worsley

Titre original : « The Hunchback of Notre Dame »

Notre-Dame de ParisSous le règne de Louis XI, au XVe siècle, le parvis de Notre-Dame est une fois l’an le lieu principal de la Fête des Fous. Tous les regards sont tournés vers la danseuse Esméralda, y compris ceux de Quasimodo, être difforme et bossu qui vit dans les tours de Notre-Dame…
Avant le merveilleux Quasimodo (1939) de William Dieterle et le fade Notre-Dame de Paris (1956) de Jean Delannoy, ce film de l’américain Wallace Worsley fut la première grande adaptation du roman de Victor Hugo. Cette production initiée par Irvin Thalberg fut l’une des plus coûteuses de toute la décennie pour Universal. La cathédrale fut reproduite grandeur nature avec quelques rues adjacentes sur le terrain du studio et les vues du parvis grouillant de centaines de figurants prises depuis les tours sont impressionnantes. Mais le plus spectaculaire du film, on le doit à la personnification de Quasimodo par Lon Chaney. Le perfectionnisme quasi masochiste de l’acteur le poussa à concevoir un harnachement pesant plus de 35 kilos qu’il ne pouvait porter plus de quinze minutes d’affilée. Ses grimaces et expressions de souffrance ne sont donc pas toutes feintes (précisons que l’acteur créait lui-même ses maquillages et costumes). L’histoire est simplifiée et modifiée : le personnage de l’ecclésiastique Frollo en proie aux désirs de la chair posant toujours problème aux américains, c’est donc son frère qui hérite ici du mauvais rôle, ce qui facilite le placement d’un happy end. Le succès fut immédiat et Notre-Dame de Paris propulsa Lon Chaney au rang de superstar. (film muet)
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Lon Chaney, Patsy Ruth Miller, Norman Kerry, Ernest Torrence
Voir la fiche du film et la filmographie de Wallace Worsley sur le site IMDB.

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Remarques :
* La version initiale était sur 12 bobines (soit environ 120mn). La durée fut réduite peu après sa sortie à moins de 100 mn.
* La version 35mm étant perdue, les versions visibles aujourd’hui sont issues de copies 16mm. En outre, le film étant tombé dans le domaine public, les versions visibles aujourd’hui sont donc de qualités très variables. Une belle version est visible sur Youtube  (je ne suis pas certain toutefois que cette version, visiblement restaurée, soit dans le domaine public comme l’affirme celui qui l’a postée). Pour une version avec intertitres traduits en français, il faut mieux opter pour le DVD Arte.

Notre Dame de Paris
Lon Chaney et Patsy Ruth Miller dans Notre-Dame de Paris de Wallace Worsley.

Notre Dame de Paris

Adaptations du roman de Victor Hugo au cinéma :
1905 : La Esmeralda d’Alice Guy et Victorin Jasset (10 minutes)
1911 : Notre-Dame de Paris d’Albert Capellani (36 minutes)
1917 : The Darling of Paris de J. Gordon Edwards (60 min. env., film perdu)
1923 : Notre-Dame de Paris (The Hunchback of Notre Dame) de Wallace Worsley
1939 : Quasimodo (The Hunchback of Notre-Dame) de William Dieterle
1956 : Notre-Dame de Paris de Jean Delannoy
1996 : Le Bossu de Notre-Dame (The Hunchback of Notre Dame) de Walt Disney Company
1999 : Quasimodo d’El Paris de Patrick Timsit (comédie)