Magalie est une star du web hors sol et sans morale qui gagne des fortunes en postant des contenus choc sur les réseaux. Après un accident grave survenu sur le tournage d’une de ses vidéos, Magalie s’isole à la montagne avec Patrick, son assistant personnel, pour faire un break. Une journaliste détenant une information sensible commence à lui faire du chantage… L’Accident de piano est un film français écrit et réalisé par Quentin Dupieux, qui nous livre ici une de ces comédies noires qu’il affectionne. Et, comme toujours, sans en avoir l’air, il met en évidence les travers de notre société, en se concentrant cette fois sur les réseaux sociaux, la bêtise, la cruauté et le manque d’empathie. Les dialogues mordants complètent bien l’humour absurde qu’il déploie. Les personnages sont particulièrement bien interprétés avec une mention particulière pour Adèle Exarchopoulos. Même si ce n’est certainement pas son film le plus réussi, Quentin Dupieux réussit à dresser une fois encore un portrait féroce de notre société. Elle: – Lui :
En 1916, Sarah Bernhardt doit subir une opération de la jambe. À l’hôpital, elle reçoit la visite de Sacha Guitry qui a rompu depuis des années avec son père, l’acteur Lucien Guitry. Sarah lui raconte les raisons de cette rupture, que Sacha ignore totalement, liées à sa propre rupture d’avec Lucien Guitry en 1896… Sarah Bernhardt, la divine est un film français réalisé par Guillaume Nicloux. Il en a écrit le scénario avec Nathalie Leuthreau. C’est le premier film français consacré à Sarah Bernhardt (1) ce qui a de quoi étonner quand on songe à son immense notoriété et à son statut de mythe. Le récit n’est pas centré sur sa carrière proprement-dite ; il était en effet impossible pour le cinéaste de la montrer au travail (2). Il dresse en revanche le portrait d’une femme très libre, toujours prompte à soutenir des causes qu’elle juge justes, consciente que sa notoriété peut avoir une grande influence (3). Le récit donne aussi (et surtout) une grande place à ses relations tumultueuses avec le grand amour de sa vie, l’acteur Lucien Guitry (le père de Sacha Guitry) dont la notoriété égalait presque la sienne. Le film bénéficie d’une interprétation remarquable, celle de Sandrine Kiberlain bien-entendu mais aussi celle de Laurent Lafitte et de la plupart des seconds rôles. Comme pour tout film historique, une bonne partie de la critique a dégainé le vocable « académique » pour le juger hâtivement. Il faut au contraire saluer la démarche du réalisateur qui a su éviter les facilités d’un modernisme racoleur. Son film est très intéressant. Elle: – Lui :
(1) Le seul précédent est un film anglais de Richard Fleisher The Incredible Sarah (1976) avec Glenda Jackson dans le rôle principal, un film généralement considéré comme n,’ayant peu de qualités. Le film n’est d’ailleurs pas sorti en France. (2) Quelle actrice aurait pu prétendre restituer le jeu de Sarah Bernhardt ? De plus, son jeu était très emphatique, déclamatoire, avec des modulations dans la voix, ce qui est aux antipodes de nos goûts d’aujourd’hui (ce style de jeu est passé de mode vers la fin de sa vie). Sarah Bernhardt a fait des tournées triomphales dans le mode entier, jouant en français devant un public incapable de comprendre un mot de cette langue (un peu comme pouvons écouter des opéras en allemand ou en italien aujourd’hui). (3) Toutefois, l’étonnante scène où Sarah Bernhardt suscite l’engagement de Zola dans l’affaire Dreyfus est, semble-t-il, basée sur une hypothèse non vérifiée (lire ici et là). En revanche, qu’elle se soit fâchée avec son fils, fervent anti-Dreyfusard, et qu’elle ait pris publiquement parti pour Dreyfus est exact.
Sandrine Kiberlain et Amira Casar (au centre) dans Sarah Bernhardt, la divine de Guillaume Nicloux.
Justine reçoit de son patron Franck Pauilhac la demande de lui organiser un petit séjour original et discret afin de séduire une femme sur laquelle il a jeté son dévolu. Budget : 14 000 euros, en espèces. Ça tombe bien car le mari de Justine, Albin, et sa bande d’amis fantasques, sont plutôt à court d’argent… La Petite vadrouille est un film français écrit et réalisé par Bruno Podalydès. Avec le style qui lui est propre, il signe de nouveau une amusante fantaisie poétique. L’humour, gentiment décalé, est délicatement saupoudré tout au long du récit. Les situations saugrenues se succèdent, il y a de belles trouvailles. Comme souvent, le réalisateur a un peu du mal à tenir la longueur mais l’ensemble est vraiment amusant et frais. Bruno Podalydès a repris ses acteurs préférés avec en plus Daniel Auteuil, qui trouve le ton juste pour s’insérer dans la petite troupe. Elle: Lui :
La femme de Philippe Lemesle demande le divorce car elle ne supporte plus que la vie professionnelle de son mari cannibalise leur vie privée. Il dirige un site industriel qui appartient à une multinationale américaine. Il vient de recevoir l’ordre de licencier 10% de ses effectifs alors que les salariés sont déjà sous pression. Il se retrouve pris en étau entre les injonctions de sa direction et les résistances de ses chefs de service qui jugent que le site ne pourra plus fonctionner avec un effectif trop réduit… Un autre monde est un film français coécrit et réalisé par Stéphane Brizé. Le film peut être vu comme le troisième volet d’une trilogie après La Loi du marché (2015) et En guerre (2018), trois films dans lesquels le cinéaste cherche à montrer les conséquences humaines de l’ultralibéralisme dans le monde du travail. S’il réussit à faire passer son message, le réalisateur ne parvient pas bien à l’intégrer dans une histoire plus large, dans le sens où les déboires de son personnage avec sa femme et son fils paraissent artificiellement plaqués. Tous ces ennuis qui s’accumulent sur la tête de ce pauvre chef d’entreprise finissent par peser un peu trop lourd. La musique, stressante, ajoute également une couche inutile. Le film n’est pas dénué de longueurs. L’interprétation de l’omniprésent Vincent Lindon est toutefois assez intense. Elle: Lui :
Été 1942 à Paris, sous l’Occupation, Irène, 19 ans, est une jeune Française, juive. Elle est passionnée de théâtre et ambitionne de devenir comédienne. Elle répète L’Épreuve de Marivaux pour préparer un concours d’entrée au conservatoire… Une jeune fille qui va bien est un film français écrit et réalisé par l’actrice Sandrine Kiberlain, son premier (et unique à ce jour) long métrage en tant que réalisatrice. Il dresse le portrait d’une jeune fille qui vit de façon enthousiaste et insouciante dans une période troublée. Sandrine Kiberlain a d’ailleurs choisi de ne rien montrer de l’environnement et assume les anachronismes, ce qui est un peu déroutant. Mais le problème principal est au niveau de l’écriture, rien n’accroche vraiment et le manque substance fait que l’on se désintéresse rapidement de l’histoire. Nous avons abandonné tous deux à mi-parcours. Une partie de la critique a beaucoup plus apprécié le film que nous. Elle: (pas vu en entier) Lui : (pas vu en entier)
Ariane Felder, juge quadragénaire un peu coincée, célibataire, est totalement réticente à l’idée de fréquenter des hommes. Lors du réveillon du jour de l’an, fortement incitée par ses collègues de travail, elle boit plus que de raison et perd le contrôle d’elle-même. Six mois plus tard, Ariane découvre qu’elle est enceinte et elle ignore l’identité du père… 9 mois ferme est un film français écrit et réalisé par Albert Dupontel. Il s’agit d’une histoire assez farfelue, aussi originale qu’improbable, portée par Sandrine Kiberlain au sommet de sa forme. Le scénario fourmille de scènes désopilantes et Albert Dupontel n’hésite à grossir le trait (comme quand il se moque des scènes d’autopsie !) C’est assez surréaliste par moments. Dans les seconds rôles, Nicolas Marié fait un numéro d’anthologie en avocat bègue. Gros succès en salles récompensé par deux Césars. Elle: – Lui :
Voir les autres films de Albert Dupontel chroniqués sur ce blog…
Bouli Lanners et Sandrine Kiberlain dans 9 mois ferme de Albert Dupontel.Nicolas Marié dans 9 mois ferme de Albert Dupontel.Albert Dupontel dans 9 mois ferme de Albert Dupontel.
À la Comédie-Française, un comédien meurt sur scène. Il a confié ses derniers mots à son ami et collègue, Martin, qui est enlevé peu après. Sa disparition le fait passer pour suspect. Sa cavale va lui faire croiser la route de Claire, une dessinatrice de bandes dessinées, et ensemble ils vont mener leur propre enquête… Le Parfum vert est une comédie policière française réalisé par Nicolas Pariser. L’histoire est un peu farfelue, il ne faut pas la prendre sérieusement : avec son petit côté enfantin, elle se rapprocherait plutôt des enquêtes pleines d’aventures de Tintin que le réalisateur dit avoir relu avant d’écrire ce scénario. Il dit avoir surtout apprécié les premiers albums, ceux sortis dans les années trente. Son autre source d’inspiration, tout aussi visible dans le film, ce sont les films d’Alfred Hitchcock. Il dit aussi avoir voulu ajouter une note politique sur la méfiance grandissante envers la démocratie, ce dernier point étant le moins réussi à mes yeux car le discours des « méchants » n’est qu’un salmigondis qui prête à sourire au lieu d’inquiéter. La connivence forcée entre les deux personnages principaux est en revanche réussie, grâce au talent des deux acteurs et des dialogues relevés. L’ensemble est amusant et plein de rebondissements, un agréable divertissement. Les critiques ont été mitigées et le public semble ne pas avoir apprécié le style du film. C’est dommage. Personnellement, j’aime bien ce style d’aventures à la limite du conte. Elle: – Lui :
Une plongée au cœur de l’Anti-Terrorisme pendant les 5 jours d’enquête qui ont suivi les attentats du 13 novembre 2015 à Paris pour retrouver les terroristes en fuite… Novembre est un film français réalisé par Cédric Jimenez. Le scénario a été écrit par Olivier Demangel. Malgré notre inévitable connaissance des faits, le réalisateur parvient à créer un récit qui nous tient en haleine pendant plus d’1h30 sans nous laisser une minute de répit. Il respecte les victimes en ne montrant ni les attentats, ni les morts ou les blessés. Son récit se concentre sur la traque policière, une intense course-poursuite après les plus petits indices dans la crainte constante d’une seconde vague d’attentats. Le réalisateur a évité d’introduire tout sentimentalisme qui aurait certainement paru inutile voire déplacé : il nous montre des policiers en action sans chercher à donner de l’épaisseur à ses personnages. Très présent, Jean Dujardin est parfait, Anaïs Demoustier est plutôt convaincante ce qui n’est pas le cas de Sandrine Kiberlain qui n’est guère crédible dans un tel rôle (à noter que le poste de Direction centrale de la Police judiciaire était à l’époque effectivement occupée par une femme). Globalement, Cédric Jimenez a su créer un film de ces évènements tragiques, sans utiliser de sensationnalisme racoleur, sans tomber dans la facilité. Elle: Lui :
Une quinquagénaire divorcée et un quarantenaire marié deviennent amants. Engagés à ne se voir que pour le plaisir et à n’éprouver aucun sentiment amoureux, ils sont de plus en plus surpris par leur complicité… Chronique d’une liaison passagère est un film français coécrit et réalisé par Emmanuel Mouret. Nous y retrouvons le ton si spécifique à Emmanuel Mouret, qui évoque Rohmer et Woody Allen mais sans les copier. C’est un cinéaste qui a su développer une vraie personnalité, ce qui est en soi admirable. Son film repose sur deux personnages et sur des dialogues soigneusement écrits tout en restant très naturels. Sur la question de fond « Peut-on jouir sans entraves ? », il n’apporte bien entendu pas de réponse absolue mais une illustration assez éclairante. L’ensemble montre beaucoup de fraîcheur. Emmanuel Mouret a bien choisi ses deux acteurs principaux pour des personnages aux tempéraments très différents : elle est rapide et enthousiaste, il est lent et hésitant. Même si on peut trouver cette Chronique légèrement en deçà de son film précédent, Emmanuel Mouret signe de nouveau un film doté d’une belle personnalité. Elle: Lui :
Depuis son enfance, Michel est passionné par les pionniers de l’Aéropostale et les avions mais n’a jamais osé franchir le pas. Par un pur hasard, alors qu’il cherche un exemple de palindrome sur Internet, il découvre que la forme d’un kayak ressemble à celle du fuselage d’un avion. C’est me début d’une nouvelle passion… Comme un avion est un film français écrit et réalisé par Bruno Podalydès. C’est un film qui procure beaucoup de plaisir à regarder, sans effets ni esbroufe. Il est doté d’un humour subtil, d’une forme de détachement délicat du réel qui devient poétique. Beaucoup de fraîcheur aussi et même d’innocence. Cette fois Bruno Podalydès s’octroie le premier rôle, un personnage lunaire qu’il interprète avec beaucoup de naturel. Sa relation avec les objets évoque des cinéastes comme Jacques Tati. Les seconds rôles sont variés et bien utilisés, très bien interprétés. Tout cela est très drôle, on s’amuse vraiment. Elle: Lui :