L’officier de marine Tom Farrell (Kevin Costner) est nommé au Pentagone auprès du secrétaire d’Etat à la Défense (Gene Hackman). Il y est chargé des relations avec la CIA. Lors d’une réception, il fait la connaissance de la belle Susan (Sean Young) et ils tombent amoureux l’un de l’autre. Elle lui avoue peu après être la maitresse du secrétaire d’Etat… Sens unique est un remake de La Grande Horloge, excellent film de John Farrow (le père de Mia Farrow) sorti en 1948. Plus qu’un remake, il s’agit d’une nouvelle interprétation du roman de Kenneth Fearing qui est transposé ici dans le monde de la politique et de l’espionnage. L’histoire est vraiment très longue à se mettre en route mais ensuite les évènements s’enchaînent rapidement, la tension monte pour culminer lors de la longue scène de poursuite avec les témoins et, cerise sur le gâteau, un twist final inattendu. La mise en scène du réalisateur néo-zélandais Roger Donaldson est sans faille et l’interprétation parfaite, avec la star montante Kevin Costner et la belle Sean Young (la troublante replicant de Blade Runner). Sens unique est un film d’espionnage de bonne facture. Elle: – Lui :
Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 4,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Au château d’Elseneur au Danemark, le spectre du roi défunt apparaît à son fils Hamlet pour lui révéler avoir été assassiné par son propre frère qui s’est ainsi emparé de sa couronne et épousé sa femme. Il demande à Hamlet de le venger… La pièce de Shakespeare Hamlet a été adaptée de multiples fois à l’écran, grand et petit, mais la version de Laurence Olivier reste la plus remarquable et la plus louangée. Si Laurence Olivier opte pour un certain classicisme, c’est pour restituer toute la force, la complexité des personnages et la richesse de l’oeuvre malgré des coupes assez importantes. Les décors sont assez épurés, imposants et noirs, parfois nimbés de brume. Loin d’être statique, la camera est judicieusement utilisée pour multiplier les angles de vue, ce qui donne un aspect très vivant à l’ensemble. Les transitions entre les grandes scènes sont assez innovantes et spectaculaires, à base de grands mouvements tournant. Laurence Olivier fait une très belle interprétation d’Hamlet. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
« Etre on ne pas être… » : Laurence Olivier dans le célèbre monologue d’Hamlet, dans son film homonyme de 1948.
Principales adaptations au cinéma et à la télévision : Hamlet de Laurence Olivier (1948) avec Laurence Olivier Hamlet de Bill Colleran et John Gielgud (1964) avec Richard Burton Gamlet de Innokentiy Smoktunovskiy (1964) sur une musique de Shostakovich Hamlet de Tony Richardson (1969) avec Nicol Williamson Hamlet de Rodney Bennet (1980, TV BBC) avec Derek Jacobi Hamlet de Kevin Cline (1990, TV) avec Kevin Cline Hamlet de Franco Zeffirelli (1990) avec Mel Gibson Hamlet de Kenneth Branagh (1996) avec Kenneth Branagh Hamlet de Michael Almereyda. (2000) avec Ethan Hawke Hamlet de Richard Brook (2002, TV) avec Adrian Lester Hamlet de Gregory Doran (2009) avec David Tennant
Nick Curran (Michael Douglas) est chargé d’enquêter sur le meurtre d’une ex-rock star. Il fait la rencontre de Catherine Tramell (Sharon Stone), brillante écrivaine de romans policiers, que fréquentait la victime. Face à ses talents de manipulatrice, l’enquêteur est persuadé qu’elle est l’auteur du crime… En réalité, le plus manipulateur dans Basic Instinct est certainement le réalisateur Paul Verhoeven qui a tout fait pour donner une réputation sulfureuse à son thriller et y a parfaitement réussi. Elle s’est bâtie autour de la fameuse scène de l’interrogatoire qui a affolé les sens d’une bonne partie de la gent masculine et sur le magnétisme de Sharon Stone qui venait de poser nue dans Playboy (pari audacieux pour une actrice dont la carrière peinait à démarrer). Si l’on peut être agacé de cette manipulation, il faut reconnaitre au film des qualités dans la mise en place et le déroulement de cette histoire, Verhoeven distillant une tension permanente et passablement électrique. Pour cela, il utilise le thème de la femme manipulatrice et prédatrice. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Dans la Hongrie de la fin du XVIe siècle, la comtesse Élisabeth Báthory se retrouve, à la mort de son mari, seule à la tête d’une grande fortune. Elle fait la connaissance du fils d’un notable beaucoup plus jeune qu’elle et s’en éprend…
Julie Delpy nous raconte l’histoire assez épouvantable de la comtesse Élisabeth Báthory en nous précisant bien dès le départ que tout ce qui va être dit est probablement faux, du moins assez fortement déformé. Il est vrai que les historiens ne savent démêler la vérité des légendes qui entourent celle qui fut surnommée « la comtesse sanglante » ou encore « la comtesse Dracula ». Julie Delpy suggère que la comtesse aurait été victime d’une machination visant à faire main basse sur sa fortune et lui enlever tout pouvoir, jugé trop important pour une femme. Elle n’écarte pas toutefois les crimes (abominables) commis mais la présente comme une femme victime de ses sentiments : « la faiblesse d’une femme se situe au niveau de son coeur » lui fait-elle dire. Julie Delpy a écrit, produit, réalisé ce film, empreint d’une belle austérité, servi par une très belle photographie de Martin Ruhe. Elle en interprète également le rôle titre, assez brillamment, restituant toute la complexité de son personnage, aussi parfaite en femme aimante au visage angélique qu’en femme angoissée au visage vieilli par la haine. Une belle réussite. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Conducteur de la locomotive La Lison entre Paris et Le Havre, Jacques Lantier est le témoin indirect d’un crime. Au regard suppliant de Séverine, la jeune et jolie femme du sous-chef de gare Roubaud, il choisit de se taire. Ils se revoient par la suite et la relation entre eux évolue… Jean Renoir s’est laissé convaincre d’adapter le roman de Zola La Bête humaine. Le film s’inscrit pleinement dans la veine du réalisme poétique. Renoir a choisi d’écarter les scènes les plus spectaculaires et les plus noires pour mieux mettre en scène l’univers des cheminots, comme l’annonce la longue et impressionnante scène d’ouverture où nous sommes à bord d’une locomotive lancée à pleine vitesse. Mais la force du roman est intacte, une puissante histoire de passion maudite et de personnages victimes d’une fatalité sur laquelle ils n’ont aucune prise. Gabin exprime admirablement toute la complexité de son personnage et la photographie de l’allemand Kurt Courant est magnifique. Elle: Lui :
Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 4,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Remarques :
* C’est Claude Renoir, frère de Jean Renoir, qui a tourné la scène d’ouverture, un tournage particulièrement périlleux et dangereux.
* Jean Renoir interprète lui-même le rôle de Cabuche, le cheminot injustement accusé.
* Jean Renoir est allé chercher Simone Simon aux Etats-Unis où elle faisait alors carrière. Elle y retournera peu après, avant de revenir définitivement en France à la fin de la guerre après avoir été, dans sa vie privée, la cible de l’échotière fouilleuse de poubelles Louella Parsons.
Jean Gabin et Julien Carette dans La Bête humaine de Jean Renoir.
Jean Gabin et Simone Simon dans La Bête humaine de Jean Renoir.
Remake américain : Désirs humains (Human Desire) de Fritz Lang (1954) avec Glenn Ford et Gloria Grahame.
Dans la filiale allemande d’une multinationale américaine, Isabelle est fascinée par Christine, la responsable de l’agence, qui profite de son ascendant pour l’entraîner dans un jeu de séduction, de manipulation et de servitude… Passion est le remake du film d’Alain Corneau Crime d’amour sorti à peine trois ans auparavant. Brian de Palma en fait un thriller sulfureux, jouant beaucoup sur la séduction de ses actrices et sur la plastique de Noomi Rapace. Le réalisateur dit avoir voulu retarder le moment où le nom de l’assassin est dévoilé mais, hélas, la contrepartie est d’avoir ainsi une bonne partie du film qui n’est guère… passionnante : la mise en place de ces rapports troubles entre les deux protagonistes paraît bien longue et le côté un peu racoleur de la plupart des scènes empêche d’y adhérer pleinement. Ce n’est que dans le dernier tiers (voire le dernier quart) que le film se révèle bien plus brillant. Tout se bouscule alors, la tension monte, les rebondissements nous surprennent et le réalisateur laisse l’ambiguïté s’installer. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
A Londres en 1938, une femme attire deux hommes inconnus chez elle le soir du nouvel an chinois car elle croit à une légende : elle possède une statuette en bronze de la déesse chinoise Kwan Yin qui est censée ouvrir les yeux ce soir-là et exaucer le voeu commun de trois étrangers. Ils achètent ensemble un billet de sweetstakes (loterie liée à des courses de chevaux)… La base du scénario de Three Strangers a été écrite par le jeune John Huston qui s’est inspiré d’un épisode qui lui est réellement arrivé à Londres. Il aurait même projeté de le tourner lui-même après Le Faucon Maltais mais la guerre a interrompu le projet. Il le reprend quelques années plus tard avec Howard Koch pour le compte de Jean Negulesco. C’est le troisième film du réalisateur roumain avec le tandem Lorre/ Greenstreet, tourné avec un budget réduit. Le scénario est riche en histoires parallèles et en rebondissements ; le film offre ainsi un beau mélange d’intrigue policière et de mystère. C’est une belle fable sur la cupidité et la jalousie. Three Strangers n’est jamais sorti en France. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Inspiré d’une bande dessinée publiée chaque jour dans le journal France Soir, Le crime ne paie pas est composé de quatre sketches se déroulant à des périodes différentes. Le point le plus original dans sa construction est que l’un des protagonistes de la quatrième histoire va voir les trois premières au cinéma… une variation amusante du concept du « film dans le film ». La première histoire est certainement la moins intéressante. La deuxième l’est déjà un peu plus, notamment grâce aux dialogues d’Henri Jeanson. Mais c’est avec les deux dernières que le film est plus remarquable car elles s’appuient sur un scénario joliment tourné où il est bien difficile de deviner ce qui va arriver. La liste des talents ayant participé à l’écriture et des acteurs au tournage est assez impressionnante et tous les rôles, grands et petits, sont parfaitement tenus. Le petit rôle amusant tenu par Louis de Funès aurait décidé Gérard Oury à se tourner vers la comédie et d’en faire son acteur fétiche… pour le meilleur mais aussi pour le pire. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Le crime ne paie pas est inspiré d’une bande dessinée de Paul Gordeaux.
Le scénario est écrit par Jean-Charles Tacchella et Gérard Oury.
Musique de Georges Delerue.
— 1er crime : « Le Masque » à Venise en 1457
Adaptation et dialogues de Jean Aurenche et Pierre Bost
d’après les chroniques italiennes de Stendhal.
— 2e crime : « L’Affaire Hughes » à Paris en 1885
Adaptation de René Wheeler et dialogues d’Henri Jeanson
— 3e crime : « L’Affaire Feynarou » en 1913
Adaptation de Boileau & Narcejac, dialogues de Jacques Sigurd
— 4e crime : « L’Homme de l’avenue » à Paris en 1960
Adaptation et dialogues de Frédéric Dard.
Titre original : « Murder, My Sweet »
Autre titre : « Farewell, My Lovely » (UK)
Autre titre français : « Adieu ma jolie »
Autre titre français : « Le crime vient à la fin »
Le détective Philip Marlowe est interrogé par la police. Blessé, il porte un bandage sur les yeux. Il raconte que tout a commencé lorsqu’un homme récemment sorti de prison lui a demandé de retrouver une femme… Adieu, ma belle est l’adaptation du deuxième roman policier de Raymond Chandler qui avait déjà servi de base à The Falcon Takes Over, deux ans auparavant. Cette fois, l’idée est de rester très proche du roman et de son univers. Edward Dmytryk y parvient merveilleusement. Tout d’abord, il prend soin à créer une atmosphère en soignant ses éclairages (1) et surtout il restitue ce sentiment de faire corps avec le détective : en plaçant tout le film dans un flashback et en faisant parler Marlowe en voix-off, il est ainsi très proche de l’esprit du roman qui est écrit à la première personne. De plus, Dick Powell rend le détective très humain : il est notamment beaucoup plus fragile que ne le sera Bogart. L’histoire est bien entendu assez alambiquée, et si elle présente de petits points communs avec The Big Sleep et même The High Window (ses 1er et 3e romans), ce sont les thèmes récurrents des romans de Chandler. On remarquera les scènes hallucinogènes, fort bien rendues. Adieu, ma belle est aujourd’hui un peu dans l’ombre du Grand Sommeil de Hawks mais le film n’en est pas moins une superbe adaptation et mérite bien d’être classé parmi les meilleurs films noirs. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Remarques :
* Raymond Chandler a déclaré que Murder, My Sweet était la meilleure adaptation cinématographique d’un de ses romans et que Dick Powell était l’incarnation la plus fidèle de son détective Philip Marlowe.
* Le titre du roman de Chandler, Farewell, My Lovely, n’a pas été conservé par la RKO pour le film : le public américain pouvait penser avoir affaire à une comédie musicale, genre dans lequel Dick Powell s’était déjà illustré.
* Connu pour ses comédies, Dick Powell désirait changer de registre : RKO l’avait mis sous contrat pour qu’il tourne des comédies musicales et Dick Powell n’avait accepté que s’il avait la possibilité de d’avoir un rôle dramatique dans au moins un film.
* Murder, My Sweet est le premier film où apparaît le personnage Philip Marlowe (le personnage principal de la précédente adaptation du roman était The Falcon, justicier/enquêteur d’une série de films de la RKO).
Adaptation précédente : The Falcon Takes Over d’Irving Reis (1942) avec Georges Sanders
Adaptation suivante : Adieu, ma jolie (Farewell, My Lovely) de Dick Richards (1975) avec Robert Mitchum et Charlotte Rampling
(1) En matière d’éclairage, la scène où Marlowe voit son visiteur en reflet sur sa fenêtre est assez remarquable (à noter qu’Edward Dmytryk a obtenu l’effet en plaçant une vitre entre la caméra et la fenêtre afin d’avoir une tête suffisamment grande pour faire son effet). Tout aussi remarquable à mes yeux est cette scène où Claire Trevor éteint la lumière après avoir passé une robe de chambre : elle se retrouve alors plus éclairée qu’avant et pourtant cela paraît naturel (l’éclairage est alors très focalisé sur elle).
Robert Maurisson, un notable de Reims, fait venir son ami Antonio d’Italie pour restaurer les peintures d’une chapelle. Ce dernier va être, bien malgré lui, le témoin d’une affaire plutôt sordide… Adapté d’un roman d’Harrisson Jude, Le Témoin met en scène la grande bourgeoisie de province dans une histoire criminelle. L’esprit peut ainsi évoquer les films de Chabrol mais le style est ici plus brut. Mocky caricature légèrement, mais pour une fois sans excès, leurs moeurs dépravées et leur esprit de corps. La progression de l’histoire est bien contrôlée : si le ton est plutôt léger en début de film, la tension monte peu à peu et le malaise s’installe. Le film de Mocky est également un plaidoyer contre la peine de mort dont les conséquences brutales sont ici montrées assez sèchement. Noiret et Sordi sont tous deux remarquables, chacun étant, il est vrai, dans un rôle qui lui va comme un gant. En regardant Le Témoin aujourd’hui, on se demande bien pourquoi le film a été quelque peu éreinté par la critique à sa sortie. Il est maintenant considéré plus généralement (et à juste titre) comme faisant partie des meilleurs films de Jean-Pierre Mocky. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Remarque :
Initialement, c’est Jean Gabin qui devait jouer le rôle du témoin. Le décès de l’acteur a rendu ce projet impossible. Le film aurait certainement été très différent car, si Alberto Sordi sait donner l’impression d’être sous l’emprise de Noiret, on imagine difficilement ce type de relation avec Gabin.
Homonyme : Le Témoin (Il testimone) de Pietro Germi (1946)