22 mai 2026

Séduite et abandonnée (1964) de Pietro Germi

Titre original : « Sedotta e abbandonata »

Séduite et abandonnée (Sedotta e abbandonata)Dans un village de Sicile, Peppino profite de la sieste de Matilde, sa fiancée, pour abuser d’Agnese, sœur de Matilde. Apprenant cela, Vincenzo, le père des filles, devient furieux. Il compte bien tout mettre en œuvre pour sauver l’honneur de la famille…
Séduite et abandonnée (Sedotta e abbandonata) est un film italien de Pietro Germi. Outre le réalisateur, Luciano Vincenzoni et le fameux tandem Age et Scarpelli ont signé le scénario. Le film forme une sorte de trilogie sur les mœurs italiennes avec l’excellent Divorce à l’italienne (1961) et Ces messieurs dames (1966). Comme le premier des deux, il fustige les codes de la Sicile, honneur, famille, respectabilité, et s’interroge sur les particularités de la législation sicilienne. Là encore, on ne sait trop si c’est le ridicule ou la bêtise qui caractérisent le mieux ces codes sociaux. Pietro Germi parvient une nouvelle fois à trouver un parfait équilibre entre l’humour et la peinture de mœurs. La situation devient de plus en plus ubuesque sans jamais se montrer excessive. Le rythme est soutenu, on ne s’ennuie pas une seconde, et la photographie assez belle. Saro Urzì n’est pas un acteur très connu (il a toutefois beaucoup tourné en Italie) mais il fait une belle et bouillante prestation. Moins connu que Divorce à l’italienne, Séduite et abandonnée n’en est pas moins un petit bijou de la comédie italienne.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Saro Urzì, Stefania Sandrelli, Aldo Puglisi, Lando Buzzanca
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(Au centre) Saro Urzì et Aldo Puglisi dans Séduite et abandonnée (Sedotta e abbandonata) de Pietro Germi.
Stefania Sandrelli dans Séduite et abandonnée (Sedotta e abbandonata) de Pietro Germi.

11 mai 2026

Une femme coréenne (2003) de Im Sang-soo

Titre original : « Baramnan gajok »

Une femme coréenne (Baramnan gajok)Ho-jung, danseuse, élève pratiquement seule son fils adoptif. Son mari partage son temps entre son travail d’avocat, sa jeune maîtresse et l’alcool. Frustrée sexuellement et humainement, Ho-jung finit par s’intéresser à son jeune voisin, un adolescent timide dont elle a remarqué le manège : il la regarde en cachette avec des jumelles et la suit. Par ailleurs, son beau père est sur le point de mourir d’une cirrhose…
Une femme coréenne est un film sud-coréen écrit et réalisé par Im Sang-soo ; c’est son troisième long métrage. Le thème est celui de la transformation de la Corée du Sud et des impacts sur la vie de ses habitants. Le réalisateur explique : « La génération des années 80 a été la première à profiter d’une Corée nouvellement démocratisée et de l’émergence du féminisme (…) Le problème est que la Corée n’avait qu’une vague connaissance de ces valeurs que sont la démocratie et le féminisme, et qu’aujourd’hui les Coréens ont du mal à mettre en pratique ce qui n’était que de lointaines théories. Cette génération s’efforce d’être heureuse, mais se heurte à la difficulté d’appliquer son nouveau statut de génération libre. » Avec le couple des parents du mari, le réalisateur montre que toutes les générations sont ainsi déboussolées. Il aborde ce thème sans tabou, les scènes à caractère sexuel, assez naturelles, sont assez nombreuses, la scène du décès du père est assez crue. Cette approche directe avait plutôt surpris le public occidental à sa sortie.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Moon So-ri, Hwang Jung-min, Youn Yuh-jung, In-mun Kim, Bong Tae-gyu
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Moon So-ri et Bong Tae-gyu dans Une femme coréenne (Baramnan gajok) de Im Sang-soo.

24 janvier 2022

Les Parisiennes (1962) de Marc Allégret, Claude Barma, Michel Boisrond et Jacques Poitrenaud

Les ParisiennesLes Parisiennes est un film à sketches français réalisé par Marc Allégret, Claude Barma, Michel Boisrond et Jacques Poitrenaud. En quatre histoires, le film nous dresse le portrait de femmes urbaines et modernes qui ont une vision assez libre de l’amour. A l’époque, le film avait de quoi choquer (il fut sévèrement critiqué par la Centrale catholique du cinéma). Il est un peu difficile de parler d’émancipation mais les héroïnes de ces histoires sont sûres d’elles-mêmes et bien décidées à prendre leur destin en main, du moins dans le domaine de l’amour. Le ton général est léger, primesautier. La réalisation est assez soignée. A noter que deux des quatre sketches, Ella et Antonia, sont éclairés par Henri Alekan. L’interprétation est également de bon niveau, tous les rôles sont très bien tenus. Le dernier sketch, Sophie, est interprété par la jeune Catherine Deneuve (l’une de ses toutes premières apparitions à l’écran) et du non moins jeune Johnny Hallyday qui interprète deux chansons dont son nouveau Retiens la nuit. Un autre sketch, Ella, montre un rock joué par Les Chaussettes noires avec Eddy Mitchell. L’ensemble est plaisant.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Françoise Arnoul, Françoise Brion, Catherine Deneuve, Dany Robin, Dany Saval, Elina Labourdette, Darry Cowl, Paul Guers, Johnny Hallyday, Christian Marquand, Jean Poiret, José Luis de Vilallonga
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Les ParisiennesJohnny Hallyday et Catherine Deneuve dans Les Parisiennes (sketch Sophie de de Marc Allégret).

Les quatres histoires :
1) Ella : réalisation Jacques Poitrenaud, scénario Jean-Loup Dabadie, avec Dany Saval et Darry Cowl.
2) Antonia : réalisation Michel Boisrond, avec Dany Robin, Jean Poiret et Christian Marquand
3) Françoise : réalisation Claude Barma avec Françoise Arnoul, Françoise Brion et Paul Guers.
4) Sophie : réalisation Marc Allégret, scénario Francis Cosne et Roger Vadim, avec Catherine Deneuve et Johnny Hallyday
Nota : L’ordre des sketches fut à un moment inversé pour mettre en premier celui avec Catherine Deneuve. Il a été remis dans le bon ordre lors de sa restauration récente.

16 août 2021

Hôtel Singapura (2015) de Eric Khoo

Titre original : « In the Room »

Hôtel Singapura (In the Room)L’hôtel Singapura est en pleine décrépitude mais il a connu des jours plus prestigieux. Depuis la seconde Guerre mondiale jusqu’à aujourd’hui, des couples s’y sont retrouvés pour parler d’amour et le faire…
Hôtel Singapura (In the Room) est un film singapourien réalisé par Eric Khoo. L’idée de départ est séduisante : placer six histoires (et même un peu plus) étalées à dix ans d’intervalle sur soixante ans (et même un peu plus) dans une unique chambre d’hôtel. L’intention était de traduire l’évolution des mœurs et de la société à travers de scènes intimes où il est question d’amour (un peu) et de sexe (beaucoup). Le résultat n’est pas tout à fait à la hauteur des espérances mais le film d’Eric Khoo ne manque pas de qualités. La principale est certainement d’avoir six histoires très différentes, ce qui, toutefois, n’empêche pas de ressentir une petite sensation de longueurs. Hormis la séquence hilarante des professionnelles des années cinquante, le fond du propos est d’une grande tristesse, l’amour restant inaccessible et laissant la place à des étreintes sexuelles mécanistes. Hôtel Singapura ne manque pas de style et se montre d’une indéniable originalité.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Josie Ho, Ian Tan, Nadia Ar, Shô Nishino, Lawrence Wong, Choi Woo-sik
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Remarques :
* La distribution réunit plusieurs actrices et acteurs des pays d’extrême-orient : Josie Ho vient de Hong-kong, Shou Nishino est japonaise, Lawrence Wong vient de Malaisie, Netnaphad Pulsavad est thaïlandaise, George Young, Daniel Jenkins et Koh Boon sont basés à Singapour.
* Le tournage a été bouclé en dix jours.

Hôtel Singapura (In the Room)Ian Tan et Nadia Ar dans Hôtel Singapura (In the Room) de Eric Khoo.

18 septembre 2013

Le Témoin (1978) de Jean-Pierre Mocky

Le témoinRobert Maurisson, un notable de Reims, fait venir son ami Antonio d’Italie pour restaurer les peintures d’une chapelle. Ce dernier va être, bien malgré lui, le témoin d’une affaire plutôt sordide… Adapté d’un roman d’Harrisson Jude, Le Témoin met en scène la grande bourgeoisie de province dans une histoire criminelle. L’esprit peut ainsi évoquer les films de Chabrol mais le style est ici plus brut. Mocky caricature légèrement, mais pour une fois sans excès, leurs moeurs dépravées et leur esprit de corps. La progression de l’histoire est bien contrôlée : si le ton est plutôt léger en début de film, la tension monte peu à peu et le malaise s’installe. Le film de Mocky est également un plaidoyer contre la peine de mort dont les conséquences brutales sont ici montrées assez sèchement. Noiret et Sordi sont tous deux remarquables, chacun étant, il est vrai, dans un rôle qui lui va comme un gant. En regardant Le Témoin aujourd’hui, on se demande bien pourquoi le film a été quelque peu éreinté par la critique à sa sortie. Il est maintenant considéré plus généralement (et à juste titre) comme faisant partie des meilleurs films de Jean-Pierre Mocky.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Alberto Sordi, Philippe Noiret, Roland Dubillard, Paul Crauchet
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Remarque :
Initialement, c’est Jean Gabin qui devait jouer le rôle du témoin. Le décès de l’acteur a rendu ce projet impossible. Le film aurait certainement été très différent car, si Alberto Sordi sait donner l’impression d’être sous l’emprise de Noiret, on imagine difficilement ce type de relation avec Gabin.

Homonyme :
Le Témoin (Il testimone) de Pietro Germi (1946)

20 août 2011

Les biches (1968) de Claude Chabrol

Les bichesUne riche et oisive bourgeoise séduit une jeune fille, artiste de rue rencontrée à Paris. Elle l’emmène dans sa villa de Saint-Tropez… Indéniablement, Les biches est un film qui a quelque peu vieilli : ce qui choquait profondément en 1968, les rapports ambigus, l’homosexualité sous-jacente, ne provoque plus le même effet aujourd’hui. Il reste une peinture assez acerbe d’une bourgeoisie très huppée, une peinture aux couleurs d’oisiveté, de vacuité et de bêtise, et aussi un certain regard sur la fascination de l’argent. Stéphane Audran a le pouvoir donné par l’aisance financière. Elle règne sur son petit monde où se sont incrustés deux insupportables bouffons, deux parfaits imbéciles qui se donnent des airs d’intellectuels. Jean-Louis Trintignant est l’élément extérieur, perturbateur, un homme-objet qu’il joue de façon effacée. Mais le personnage le plus complexe est celui de la jeune fille interprétée par Jacqueline Sassard, un personnage qui se fond dans le décor, tel un caméléon, allant jusqu’à phagocyter son milieu. Les biches n’a pas la force de La Femme Infidèle que Chabrol tournera peu après mais il le préfigure.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Stéphane Audran, Jean-Louis Trintignant, Jacqueline Sassard, Henri Attal, Dominique Zardi
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