Le célèbre pianiste Paul Orlac est très grièvement blessé dans une catastrophe ferroviaire. Ne pouvant sauver ses mains, un docteur lui fait une greffe audacieuse. Mais lorsque le pianiste apprend qu’elles viennent d’un condamné à mort récemment exécuté, il ne peut accepter l’idée d’avoir ces mains meurtrières…
Après le très remarqué Cabinet du Docteur Caligari (1919), l’un des films les plus célèbres de l’expressionnisme allemand, Robert Wiene était très attendu dans de nouvelles créations. Tous ses films ultérieurs ont beaucoup déçu et c’est hélas le cas de cette adaptation du roman homonyme de Maurice Renard. Ce film d’horreur n’est pas remarquable par son inventivité ou sa création graphique et le jeu outré des acteurs donne un aspect presque grandguignolesque à l’ensemble (Conrad Veidt a toujours un jeu très appuyé). L’idée était certainement de vouloir transformer ces mains en personnage à part entière mais le résultat n’est guère convaincant. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Voir les autres films de Robert Wiene chroniqués sur ce blog…
Remarques :
* Le film a été vu ici (version diffusée sur Arte début 2019) dans sa version restaurée en 2013 par Filmarchiv Austria avec une musique électroacoustique composée et dirigée par Johannes Kalitzke en 2017. Personnellement, je dois avouer ne pas pouvoir écouter cette musique plus d’une minute, j’ai donc coupé le son pour visionner le film dans un silence complet.
Remakes :
– Les Mains d’Orlac (Mad Love, 1935), film américain réalisé par Karl Freund, avec Peter Lorre (son premier film américain).
– Les Mains d’Orlac (1960) du français Edmond T. Gréville avec Mel Ferrer.
Alexandra Sorina et Conrad Veidt dans Les mains d’Orlac de Robert Wiene.
A Paris, sous l’Occupation, Marcel Martin (Bourvil) doit transporter de nuit un cochon découpé dans quatre valises pour le compte d’un commerçant pratiquant le marché noir (Louis de Funès). Son habituel acolyte venant d’être arrêté, il propose à un inconnu rencontré dans un café, Grandgil (Jean Gabin), de l’accompagner…
Film bien connu que l’on ne présente plus, La Traversée de Paris est basé sur une nouvelle de Marcel Aymé, adaptée par Jean Aurenche et Pierre Bost. Le film surprit, et même dérangea, à sa sortie par son ton très acide. C’est en effet un portrait mordant de la monstruosité ordinaire, une vision finalement assez noire des rapports humains. Plus que détestables, les personnages paraissent toutefois plutôt pitoyables (Bourvil) ou très ambigus (Gabin). La force du propos est décuplée par la vivacité des dialogues. C’est Autant-Lara qui a imposé Bourvil, son premier grand rôle sérieux au cinéma, au grand dam de Marcel Aymé qui a tout fait pour contester ce choix. Jean Gabin est lui aussi dans un rôle assez inattendu, beaucoup plus exubérant qu’à l’habitude. Au final, c’est un film quasi parfait, souvent décrit comme le chef d’œuvre d’Autant-Lara. Elle: Lui :
Lecteurs : (1 notes, moyenne : 4,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Du fait d’une certaine confusion dans les très rares informations données par le service informatique du Monde, j’ai préféré déménager le blog par sécurité à cette adresse : https://films.oeil-ecran.com.
Une redirection à partir du Monde fonctionne, j’espère qu’ils vont la laisser en place.
Je n’ai pas reçu les mails annonçant la fermeture partielle de la plate-forme des blogs du Monde en avril dernier, j’en ai donc déduit que je n’étais pas concerné…
J’ai reçu un mail fin mai me confirmant que mon blog allait continuer à être hébergé sur la plate forme du Monde…
Le 4 juin, je reçois un mail groupé m’informant que mon blog sera finalement arrêté le 5 juin.
Glurps…
Ma demande de confirmation est restée sans réponse…
Il est bien difficile donc de prévoir ce qui va se passer.
J’ai donc tout déménagé prestement. Tout est là, billets et commentaires, rien ne manque. Je dois toutefois encore peaufiner la présentation.
Encore traumatisé par la mort récente de son photographe, un reporter de guerre est contacté par un membre de la Congrégation pour la doctrine de la foi du Vatican pour une mission particulière. Dans le sud de la France, une jeune fille a affirmé avoir vu la Vierge Marie plusieurs fois et des milliers de pèlerins affluent déjà sur le lieu des apparitions présumées. Bien que ce monde lui soit totalement étranger, il accepte de faire partie de la commission d’enquête…
Ecrit et réalisé par Xavier Giannoli, L’Apparition est un film assez différent de la production habituelle et mérite d’être remarqué. Cette histoire est traitée comme un polar religieux et le récit fonctionne particulièrement bien en tant que film d’enquête. L’histoire est assez prenante, nimbée d’un voile mystique qui voile la réalité. Toutefois, hisser l’ensemble au niveau d’une réflexion philosophique sur la Foi relève plutôt de l’enthousiasme de certains critiques : le sujet n’est pas abordé. En revanche, il y a une réflexion sur la notion de vérité, ce qui la définit, ce qui la constitue ; peut-elle être différente pour chacun ? En ce sens, la fin du film pourra déconcerter mais n’était-ce pas la seule possible ? En évitant la facilité d’une explication, n’est-elle pas aussi la plus réaliste ? Tout au plus, peut-on lui reprocher d’être édulcorée d’éléments superflus. La jeune Galatéa Bellugi incarne parfaitement cette jeune fille qui se veut touchée par la grâce et Vincent Lindon est dans son registre habituel, style ours fragile et, comme d’habitude, on ne comprend strictement rien aux sons qui sortent de sa bouche (sous-titres obligatoires). La musique, signée Arvö Part et George Delerue, est superbe. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
En 2019, soit trente-et-un ans après la Troisième Guerre mondiale de 1988, Tokyo est une mégapole gangrénée par la délinquance et le terrorisme. Un jeune motard, membre d’un gang, a un accident en tentant d’éviter un étrange petit garçon avec un visage de vieillard. Sous ses yeux, il est récupéré par l’armée qui l’emmène également…
En 1988, Katsuhiro Ôtomo adapte son manga Akira au grand écran, permettant ainsi au public occidental de découvrir l’anime japonaise. Son film a bénéficié d’un gros budget et sa réalisation paraît irréprochable, même trente ans après. L’animation est fluide et le dessin soigné, dans un style où l’on sent l’influence de Moebius. L’histoire est complexe, sur le thème des superpouvoirs avec une incursion sur la notion de Dieu. Malgré cela, l’histoire n’est pas toujours passionnante, il faut bien l’avouer. En revanche, l’univers créé est bien plus intéressant, s’inscrivant dans le genre cyberpunk post-apocalyptique, que l’on peut même trouver visionnaire par certains aspects. Le découpage est d’une grande perfection et l’ampleur de certaines scènes est admirable. Le son a été très travaillé. Akira est ainsi assez universellement considéré comme un film majeur à la fois dans la science fiction et dans l’animation japonaise. Il a aussi influencé bon nombre de créateurs. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Issue d’un milieu très pauvre, Tonya s’entraine depuis l’âge de quatre ans au patinage artistique sous la pression d’une mère violente. Elle devient rapidement l’une des meilleures patineuses des États-Unis. À 15 ans, elle rencontre Jeff qui, lorsqu’ils se marient, devient, lui aussi, rapidement violent…
En 1994, la patineuse olympique Tonya Harding a été au centre d’un fait divers qui a secoué les Etats Unis (et même, paraît-il…, le monde entier). L’australien Craig Gillespie nous raconte cette sombre affaire sous la forme d’un faux documentaire en se basant sur les recherches de son scénariste, l’américain Steven Rogers. Le film est assez étrange car, si cette plongée dans l’Amérique profonde est un peu sordide et même terrifiante, le ton adopté est celui d’une comédie d’humour noir. Voir présentées sur le ton de l’humour la violence de la mère sur sa fille, ou la violence du mari sur sa très jeune femme (qui trouve cela naturel), a de quoi créer un certain malaise. Comme pour se justifier, le réalisateur prend ouvertement le parti de la jeune patineuse, allant jusqu’à présenter comme plutôt inique le jugement final rendu par la justice. La réalisation est particulièrement efficace avec des poussées d’audaces et de virtuosité. Les scènes de patinage sont assez époustouflantes de réalisme. L’interprétation de Margot Robbie et d’Allison Janney (la mère) sont assez remarquables. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Trois amis octogénaires voient le paiement de leur pension de retraite versée par leur entreprise interrompu. Et la banque de l’un d’eux menace de saisir sa maison. Ayant assisté par hasard au braquage de sa banque, il convainc les deux autres de braquer la banque à leur tour… Braquage à l’ancienne est le remake de Going in Style, amusante comédie peu connue réalisée par Martin Brest en 1979. Hélas, malgré un excellent plateau d’acteurs, cette nouvelle version de Zach Braff ne parvient pas à la même réussite. Bien entendu, il ne faut pas tenter de prendre cette histoire farfelue au sérieux mais le scénariste semble avoir été tout de même un peu paresseux. Il faut donc attendre les bonnes répliques pour esquisser un sourire mais elles sont trop rares. Les acteurs semblent s’amuser plus que nous. Au beau trio principal, il faut ajouter la présence d’Ann-Margret que l’on n’avait pas vue depuis longtemps, avec toujours autant de charme à plus de 75 ans, et Christopher Lloyd toujours aussi frappadingue. Dommage que le résultat soit si décevant. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
1943. Violette Leduc vit avec l’écrivain Maurice Sachs qui ne l’aime pas mais l’encourage à écrire. Lorsqu’elle achève son premier manuscrit à la fin de la guerre, elle le donne à lire à Simone de Beauvoir qui lui fait retravailler certains passages et la fait éditer par Albert Camus…
Martin Provost met en scène la vie de l’écrivaine Violette Leduc, dont les romans à base autobiographique s’inscrivent dans le courant féministe des années cinquante et soixante : elle y aborde de façon directe des sujets que la société d’alors réservait aux hommes. Le film est assez appliqué, trop peut-être, un peu long et confus par moments mais l’approche de Martin Provost a le mérite de ne pas être édulcoré. C’est le film d’un beau duo d’actrice. Emmanuelle Devos parvient à restituer la personnalité particulièrement tourmentée de l’écrivaine qui est le vrai sujet du film. Sandrine Kiberlain incarne tout aussi merveilleusement une solide et décidée Simone de Beauvoir, son mentor. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Ce film franco-germano-italien de Luchino Visconti évoque la vie de Louis II de Bavière, depuis son couronnement à l’âge de dix-huit ans, jusqu’à sa mort dramatique à quarante. L’homme fut, on le sait, une personnalité totalement atypique mais Visconti, loin d’insister sur ses extravagances et sa « folie », le présente comme un homme franc et sensible aux arts et à la beauté, perturbé certes mais sincère. Son Louis II veut aller jusqu’au bout de ses rêves artistiques sans prêter attention aux conséquences ; il dédaigne la politique, refuse autant que possible de régner. Il est empêché de vivre la vie qu’il souhaite, y compris et surtout en matière de sexualité : son homosexualité refoulée n’a d’égal que l’impossible amour envers sa cousine Sissi, son seul amour féminin, le rayon de soleil de sa vie. C’était le sujet parfait pour Visconti qui filme ce récit de façon grandiose et calme, avec de longs plans majestueux, prenant tout son temps pour nous faire ressentir l’atmosphère de cette quête d’absolu et aussi ce profond sentiment de désillusion, à force d’être déçu ou trompé, puis de désespoir. Helmut Berger fait une grande interprétation, habité par son personnage. Romy Schneider, qui s’était pourtant juré de ne jamais réincarner Sissi, est lumineuse. Visconti nous offre une vision différente de ce roi dont la « folie » était de rêver de beauté dans un monde de tensions et de guerres. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Helmut Berger dans Ludwig – Le crépuscule des Dieux de Luchino Visconti.
Helmut Berger et Romy Schneider dans Ludwig – Le crépuscule des Dieux de Luchino Visconti.
Helmut Berger, Romy Schneider et Nora Ricci dans Ludwig – Le crépuscule des Dieux de Luchino Visconti.
Remarques :
* Le film est d’abord sorti dans une version réduite à 180 minutes mais nous pouvons voir aujourd’hui la version complète de 238 minutes.
* Intitulé Le Crépuscule des dieux à sa sortie en France en référence à l’opéra de Wagner, le film fut renommé par la suite Ludwig : Le Crépuscule des dieux pour éviter la confusion avec son film précédent Les Damnés, dont le titre original La caduta degli dei et le titre anglais The Damned (Götterdämmerung) sont respectivement les titres italien et allemand de l’opéra.
* Luchino Visconti fut victime d’un accident vasculaire cérébral pendant le tournage de Ludwig qui le laissa à moitié paralysé.
* Le film a été tourné en anglais. Les versions en italien sont doublées.
* Les Damnés (1969), Mort à Venise (1971), Ludwig (1973) devaient être complétés avec l’adaptation de La Montagne Magique de Thomas Mann pour former une tétralogie inspirés par Wagner et Mann. Pour des raisons de santé, Luchino Visconti ne put hélas mener ce dernier projet avant sa mort en 1976.
Trevor Howard est Wagner dans Ludwig – Le crépuscule des Dieux de Luchino Visconti.
Romy Schneider dans la Grotte de Vénus du Château de Linderhof, une grotte entièrement artificielle aménagée par Louis II de Bavière pour recréer l’ambiance de l’épisode du Venusberg de l’opéra wagnérien Tannhäuser. Un orchestre peut y jouer dissimulé par des rochers.
Romy Schneider et Nora Ricci montent le superbe escalier des Ambassadeurs du Château de Herrenchiemsee dans Ludwig – Le crépuscule des Dieux de Luchino Visconti.
Gert Fröbe et Helmut Berger dans Ludwig – Le crépuscule des Dieux de Luchino Visconti.
Louis II de Bavière au cinéma :
– Das Schweigen am Starnbergersee, film muet de Rolf Raffé, 1920.
– Ludwig II, film muet du cinéaste autrichien Otto Kreisler, 1922.
– Ludwig II, König von Bayern de Wilhelm Dieterle, 1930.
– Louis II de Bavière (Ludwig II: Glanz und Ende eines Königs), film allemand réalisé par Helmut Käutner en 1955.
– Ludwig ou le Crépuscule des dieux (Ludwig), film franco-germano-italien réalisé par Luchino Visconti en 1972.
– Ludwig, requiem pour un roi vierge (Ludwig, Requiem für einen jungfraulichen König) d’Hans-Jürgen Syberberg, 1972.
– Ludwig 1881 de Fosco et Donatello Dubini, avec Helmut Berger, 1993.
– Ludwig II, film allemand de Peter Sehr et Marie Noelle, avec Sabin Tambrea, 2012.