31 octobre 2011

Sommaire d’octobre 2011

Permission jusqu'à l'aubeBen-Hur: A tale of the ChristBenjamin ou Les mémoires d'un puceauMoonJack le magnifiqueLes amours de CarmenLe médaillonLes visiteurs du soir

Permission jusqu’à l’aube

(1955) de John Ford et Mervyn LeRoy

Ben-Hur: A tale of the Christ

(1925) de Fred Niblo

Benjamin
ou Les mémoires d’un puceau

(1968) de Michel Deville

Moon

(2009) de Duncan Jones

Jack le magnifique

(1979) de Peter Bogdanovich

Les amours de Carmen

(1948) de Charles Vidor

Le médaillon

(1946) de John Brahm

Les visiteurs du soir

(1942) de Marcel Carné

Black sundayL'opération diaboliqueYoyoCastle in the DesertThe invention of lyingUne fine moucheLa banquièreL'autre monde

Black sunday

(1977) de John Frankenheimer

L’opération diabolique

(1966) de John Frankenheimer

Yoyo

(1965) de Pierre Étaix

Castle in the Desert

(1942) de Harry Lachman

The invention of lying

(2009) de Ricky Gervais et Matthew Robinson

Une fine mouche

(1936) de Jack Conway

La banquière

(1980) de Francis Girod

L’autre monde

(2010) de Gilles Marchand

Darò un milioneDouble assassinat dans la rue MorgueAnnie du KlondikeDédée d'AnversLe cambrioleurBoulevard de la mortLes drakkarsFolie douce

Darò un milione

(1937) de Mario Camerini

Double assassinat dans la rue Morgue

(1932) de Robert Florey

Annie du Klondike

(1936) de Raoul Walsh

Dédée d’Anvers

(1948) de Yves Allégret

Le cambrioleur

(1957) de Paul Wendkos

Boulevard de la mort

(2007) de Quentin Tarantino

Les drakkars

(1964) de Jack Cardiff

Folie douce

(1941) de Jack Conway

Le père de mes enfants

Le père de mes enfants

(2009) de Mia Hansen-Løve

Nombre de billets : 25

31 octobre 2011

Permission jusqu’à l’aube (1955) de John Ford et Mervyn LeRoy

Titre original : « Mister Roberts »

Permission jusqu'à l'aubeSur un bâtiment de la marine américaine dédié au ravitaillement dans le Pacifique, le lieutenant Roberts, second du navire, se morfond de ne pas participer aux combats. Le capitaine, peu aimé de son équipage, fait en sorte que ses demandes de mutation soient refusées… Mister Roberts (Permission jusqu’à l’aube) était tout d’abord une pièce à succès à Broadway de la fin des années quarante. Henri Fonda reprend le rôle qu’il interprétait sur les planches bien qu’il avoue lui-même être un peu âgé pour son personnage (1). La direction est confiée à John Ford, afin d’assurer le succès. John Ford fait réécrire le scénario au grand dam de Fonda et rapidement les deux hommes s’opposent : le réalisateur frappe Henri Fonda qui se retrouve à terre ! Le tournage se poursuit néanmoins mais, suite à des problèmes de santé et d’excès d’alcool, John Ford doit arrêter. Mervyn LeRoy est appelé à la rescousse et (re-)tourne l’essentiel du film en revenant au plus près du scénario de la pièce. Mister Roberts est une comédie qui met en avant deux notions (qui devaient plaire à John Ford) : l’héroïsme ordinaire et le fait qu’un bon officier sait se faire aimer par ses hommes. Il y a quelques bonnes scènes, très amusantes, comme celle où Fonda/Powell/Lemmon concoctent un ersatz de whisky mais l’ensemble n’est pas aussi brillant hélas. Jack Lemmon se fera remarquer ici dans l’un de ses premiers films, William Powell est en revanche dans son dernier. Le film connut un grand succès.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Henry Fonda, James Cagney, William Powell, Jack Lemmon
Voir la fiche du film et la filmographie de Mervyn LeRoy sur le site IMDB.
Voir les autres films de John Ford chroniqués sur ce blog…
Voir les autres films de Mervyn LeRoy chroniqués sur ce blog…

Remarques :
Joshua Logan, qui avait mis en scène la pièce à Broadway , a également tourné deux scènes.

(1) C’est John Ford qui a imposé Henri Fonda aux producteurs qui préféraient avoir Marlon Brando.

26 octobre 2011

Ben-Hur: A tale of the Christ (1925) de Fred Niblo

Ben-Hur: A Tale of the ChristBen-Hur: A Tale of the Christ est la deuxième des trois adaptations du roman de Lew Wallace. Ben-Hur raconte l’extraordinaire épopée d’un jeune juif au premier siècle de notre ère. A la même époque, Jésus fait naître un grand espoir parmi le peuple opprimé brutalement par les Romains… La toute jeune M.G.M. prenait un risque important avec cette coûteuse superproduction. Le tournage fut difficile : commencé en Italie (troublée à l’époque par la montée de Mussolini) sous la direction de Charles Brabin, il fut repris en main par Fred Niblo et fini à Hollywood. Le film est porté par un grand souffle épique avec deux grandes scènes d’anthologie : la bataille navale (qui est d’ailleurs bien plus réussie que dans la version de 1959, c’est même l’une des meilleures batailles filmées de toute l’histoire du cinéma) Ben-Hur: A Tale of the Christ et bien entendu la course de chars, sauvage et poignante. Toutes les scènes de foule sont impressionnantes, mais d’autres scènes sont très fortes, tel ce face à face entre Ben-Hur et Messala avant la course. Quelques scènes sont en couleurs, un procédé expérimental à deux couches (vert et rouge, pas de bleu) qui demandait un très fort éclairage. Grand film commercial, Ben-Hur: A Tale of the Christ fut un grand succès, l’un des plus importants de la décennie. Cette version muette est supérieure en bien des points à la version parlante de 1959.
Elle:
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Ramon Novarro, Francis X. Bushman, May McAvoy, Betty Bronson, Claire McDowell, Kathleen Key
Voir la fiche du film et la filmographie de Fred Niblo sur le site IMDB.
Voir les autres films de Fred Niblo chroniqués sur ce blog…

Remarques :
Ben-Hur: A Tale of the Christ * La bataille navale fut tournée en Italie par B. Reeves Eason. Lorsque les vents rabattirent la fumée de l’incendie d’un bateau sur un autre, les figurants pris de panique sautèrent tous dans l’eau (la scène a d’ailleurs été gardée pour le film). Or, beaucoup de figurants avaient menti sur le fait de savoir nager. La catastrophe fut évitée de justesse…

* La M.G.M. a choisi de ne jamais montrer le Christ pour lui donner une présence plus spirituelle que charnelle. Nous voyons son bras, mais pas son corps. Dans la (courte) scène de la cène, un personnage s’est assis juste devant la table pour nous bloquer la vue !

Ben-Hur: A Tale of the Christ* Pour la course de chars, la MGM a utilisé 42 caméras, postées à des endroits différents. La course a été terrible : aucune mort de cascadeurs, heureusement, mais plusieurs chevaux sont morts (notamment dans le violent accident dans le virage). Tout Hollywood s’est porté volontaire pour faire de la figuration dans cette scène, la liste est impressionnante : John Barrymore, Lionel Barrymore, Clarence Brown, Gary Cooper, Joan Crawford, Marion Davies, Douglas Fairbanks, George Fitzmaurice, Clark Gable, Janet Gaynor, Ben-Hur: A Tale of the ChristJohn Gilbert, Dorothy Gish, Lillian Gish, Samuel Goldwyn (!!), Sid Grauman (oui le Grauman du Grauman Theater qui avait acheté fort cher une exclusivité de diffusion), Rupert Julian, Harold Lloyd, Carole Lombard, Myrna Loy, Colleen Moore, Mary Pickford, Fay Wray… pour ne citer que les plus connus. A part Myrna Loy qui joue une esclave visible dans une tribune, il est impossible de repérer des visages connus parmi tout ce monde. Clark Gable serait un garde romain (d’autres sources parlent d’un personnage dans la foule).

* Le tournage mouvementé de Ben-Hur est raconté dans l’excellent livre de Kevin Brownlow sur le cinéma muet : La Parade est passée…

* Les trois versions de Ben-Hur :
Ben-Hur de Sidney Olcott (1907) avec Herman Rottger et William S. Hart
Ben-Hur: A Tale of the Christ de Fred Niblo (1925) avec Ramon Navarro
Ben-Hur de William Wyler (1959) avec Charlton Heston

25 octobre 2011

Benjamin ou Les mémoires d’un puceau (1968) de Michel Deville

Benjamin ou Les mémoires d'un puceauA dix-sept ans, Benjamin, orphelin élevé à l’écart du monde, ignore tout des choses de la vie. Son précepteur le conduit chez sa tante, la comtesse de Valandry, dans l’espoir qu’elle le prenne sous sa protection. Benjamin va y découvrir l’amour… Benjamin ou Les mémoires d’un puceau est le fruit de la collaboration brillante entre Michel Deville et sa femme Nina Companéez qui a écrit le scénario. L’atmosphère de libertinage du XVIIIe siècle est joliment recréée, avec ses futilités, ses jeux du mensonge et de la vérité. La reconstitution est toutefois moderne, par les dialogues d’abord et aussi par une certaine simplification (1). Benjamin ou Les mémoires d'un puceau Le tableau est certes idyllique : toutes les femmes, jusqu’à la moindre soubrette, rivalisent de beauté et tout se déroule joyeusement, même si le jeu peut parfois devenir cruel. L’image de Ghislain Cloquet est de toute beauté, le film formant des sortes de tableaux vivants qui s’étourdissent de mouvement. Michel Deville a trouvé un équilibre subtil, évitant toute lourdeur ou à l’inverse tout excès de légèreté. C’est un enchantement. Le film est également servi par une distribution brillante. Benjamin ou Les mémoires d'un puceau A noter que Pierre Clémenti sort ici de ses rôles de mauvais garçons pour montrer beaucoup de candeur et d’innocence. Benjamin ou Les mémoires d’un puceau est sorti à la fin des années soixante, une époque où ce marivaudage pouvait trouver certains échos. Le film paraît plus en décalage avec l’époque actuelle, ce qui peut certainement occasionner des réactions négatives. Pour l’apprécier, il faut prendre le film pour ce qu’il est avant tout : un divertissement élégant pour le plaisir des sens.
Elle:
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Michèle Morgan, Michel Piccoli, Pierre Clémenti, Catherine Deneuve, Jacques Dufilho, Francine Bergé, Catherine Rouvel, Odile Versois, Tania Torrens
Voir la fiche du film et la filmographie de Michel Deville sur le site IMDB.

Voir les autres films de Michel Deville chroniqués sur ce blog…

(1) Propos de Michel Deville juste avant la sortie du film : « Le XVIIIe est une époque que nous aimons bien, Nina Companeez et moi. Cela dit, ce XVIIIe siècle est, dans Benjamin, très stylisé. Les costumes sont débarrassés de toute dentelle superflue et les femmes ne portent pas de perruques blanches. Jamais nous n’avons essayé non plus de faire, par exemple, des reconstitutions de tableaux célèbres. Nos extérieurs, d’ailleurs, sont  beaucoup plus clairs et ensoleillés que les tableaux de Watteau ou de Fragonard. Là, nous sommes plus près, je crois, et à dessein, du XIXe. C’est à dire, le romantisme. Presque, déjà, l’impressionnisme… »
(…)
« Je voulais qu’en extérieurs mes seconds plans soient margés par la lumière, comme gommés par elle, et qu’en intérieurs ils soient gommés aussi, mais là par leur absence de lumière, de couleurs.  Et puis, toujours dans un but de simplification, à chaque personnage a été attribuée une couleur différente, couleur que le personnage conserve d’un bout à l’autre du film, même s’il change plusieurs fois de robe ou de costume. Ainsi, Michèle Morgan est toujours en bleu turquoise, Catherine Deneuve en blanc, etc. Couleurs que l’on retrouve d’ailleurs dans les décors où les personnages évoluent le plus souvent : la chambre de M. Morgan est bleue, etc. »
(Entretien avec Michel Deville, propos recueillis par Gérard Langlois, Cinéma 68 n°122)

24 octobre 2011

Moon (2009) de Duncan Jones

MoonAvec pour seule compagnie un robot-ordinateur, Sam Bell surveille l’extraction d’hélium de sa base sur la face cachée de la lune. A deux semaines de la fin de son contrat de trois ans, il sent qu’il commence à avoir des hallucinations… Ecrit et réalisé par l’anglais Duncan Jones, Moon renoue avec bonheur avec la science-fiction authentique : pas de spectaculaire ni d’effets spéciaux mais un bon scénario qui induit une certaine réflexion. Moon fait penser à Solaris et fait des clins d’œil à 2001 (l’ordinateur ou encore la musique classique sur les extérieurs) ; même s’il n’a pas la profondeur métaphysique de ces deux films, il ne manque pas d’intérêt et a même une certaine force. La mise en scène de Duncan Jones est simple mais sert bien son sujet. Moon est un huis clos à un seul personnage ; Sam Rockwell est magnifiquement à la hauteur de cette gageure. Le film n’est hélas pas sorti en salles en France mais il a reçu un très bon accueil partout ailleurs. La science-fiction n’est pas morte.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Sam Rockwell, Kevin Spacey, Dominique McElligott
Voir la fiche du film et la filmographie de Duncan Jones sur le site IMDB.

Remarques :
Duncan Jones est le fils de David Bowie. Moon est son premier long métrage.

23 octobre 2011

Jack le magnifique (1979) de Peter Bogdanovich

Titre original : « Saint Jack »

Jack le magnifiqueA Singapour, un américain, sociable et charmeur, tient une maison close… Jack le magnifique est un film assez à part. Il oscille entre le film policier, la chronique sociale ou le genre parodique sans jamais vraiment tomber franchement dans une de ces catégories. De plus, l’histoire est assez réduite… Et pourtant, on ne s’ennuie à aucun moment, nous sommes nous aussi sous le charme du personnage joué par Ben Gazzara. Ce monde post-colonialiste où la prostitution règne en maître est merveilleusement mis en scène par Bogdanovich, avec une large utilisation du plan-séquence et une belle construction. La photographie de Robby Müller est assez remarquable. Aux côtés de Ben Gazzara, il y a une foule de personnages secondaires, toujours bien définis, qui donne une forte tonalité de chronique sociale, d’autant que le film a été tourné en décors réels à Singapour. Jack le magnifique est un film qui peut dérouter si on persiste à se demander où Bogdanovich veut en venir. Il faut plutôt se laisser submerger par son atmosphère chaleureuse pour en apprécier toute la force.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Ben Gazzara, Denholm Elliott, James Villiers, Joss Ackland
Voir la fiche du film et la filmographie de Peter Bogdanovich sur le site IMDB.
Voir les autres films de Peter Bogdanovich chroniqués sur ce blog…

Remarques :
* Adaptation d’un roman de Paul Théroux
* Bertrand Tavernier et Jean-Pierre Coursodon font le rapprochement entre Jack le magnifique et le cinéma de John Cassavetes, particulièrement Meurtre d’un bookmaker chinois (1976) (The Killing of a Chinese Bookie). On peut effectivement trouver certaines similitudes d’approche (et il y a, bien entendu, la présence de Ben Gazzara dans les deux films). Peter Bogdanovich semble avoir été inspiré par le cinéma de Cassavetes (sur ce film seulement).
* Peter Bogdanovich avait proposé à Orson Welles, qui avait manisfesté son intérêt pour cette adaptation, de tourner le film avant de décider de le tourner lui-même. Ce revirement engendra une brouille durable entre les deux réalisateurs.

22 octobre 2011

Les amours de Carmen (1948) de Charles Vidor

Titre original : « The loves of Carmen »

Les amours de Carmen« Les Carmen passent, une seule restera : Rita Hayworth » clamait la publicité de Columbia qui a tout misé sur la présence de l’actrice. On a même jugé inutile de reprendre la musique de Bizet tant le succès était assuré d’avance… Effectivement, le rôle lui va bien (1) mais elle est hélas l’unique atout de ce film qui ne brille guère par ailleurs. Les amours de Carmen est traité de façon très conventionnelle. Charles Vidor, qui a déjà fait tourner l’actrice dans Cover Girl et surtout dans Gilda, a pourtant bénéficié d’un budget important mais rien ne fonctionne vraiment dans cette Espagne de pacotille (2). Il nous reste la vision de Rita Hayworth en Technicolor (ce qui permit au public de vérifier qu’elle était bien rousse) ; elle nous gratifie de deux danses très sensuelles qui constituent les deux temps forts du film (3). Autant l’actrice semble à l’aise dans son rôle, autant Glenn Ford fait un Don José guère convaincant. Les amours de Carmen est globalement plutôt ennuyeux.
Elle:
Lui : 1 étoile

Acteurs: Rita Hayworth, Glenn Ford, Ron Randell, Victor Jory, Arnold Moss
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Remarques :
(1) A ce propos, on peut rappeler que les parents de Rita Hayworth sont espagnols et que son deuxième prénom est Carmen (Margarita Carmen Cansino)…
(2) Le film a, de plus, été tourné en Californie, près du Mount Whitney, des décors qui n’évoquent pas vraiment l’Espagne !
(3) Les deux danses ont été chorégraphiées par le propre père de Rita Hayworth : Eduardo Cansino. A noter également que son oncle, José Cansino, est l’un des danseurs et que son frère, Vernon Cansino, joue l’un des soldats qui escortent Carmen en prison.

Les (principales) Carmen au cinéma :
Geraldine Farrar dans Carmen de Cecil B. De Mille (1915)
Theda Bara dans Carmen de Raoul Walsh (1915)
Edna Purviance dans A burlesque on Carmen de Charles Chaplin (1916)
Pola Negri dans Carmen de Ernst Lubitsch (1918)
Raquel Meller dans Carmen de Jacques Feyder (1926)
Dolores del Rio dans The loves of Carmen de Raoul Walsh (1927)
Viviane Romance dans Carmen de Christian-Jaque (1945)
Rita Hayworth dans The loves of Carmen de Charles Vidor (1948)
Dorothy Dandridge dans Carmen Jones de Otto Preminger (1954)
Laura del Sol dans Carmen de Carlos Saura (1983)
Julia Migenes dans Carmen de Francesco Rosi (1984)
Hélène Delavault, Zehava Gal et Eva Saurova dans La tragédie de Carmen de Peter Brook (1983)

21 octobre 2011

Le médaillon (1946) de John Brahm

Titre original : « The locket »

Le médaillonLe jour de son mariage avec une femme qui est, aux yeux de tout son entourage, la femme idéale, John Willis reçoit la visite étrange d’un homme qui vient lui révéler le vrai visage de sa future épouse… Le médaillon est un film psychanalytique, à la frontière du genre film noir, dans un style proche de certains films d’Hitchcock. La construction est surprenante puisque nous avons trois flashbacks, imbriqués comme des poupées russes. L’histoire nous prend assez rapidement, elle nous intrigue et ne nous lâche plus : la vérité se fait jour petit à petit mais ne semble jamais vouloir se livrer entièrement. Le scénario est à la fois simple et joliment complexe, seule la fin paraît plus conventionnelle. Même s’il ne présente pas une mise en scène vraiment remarquable, Le médaillon est fort bien fait, vraiment prenant.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Laraine Day, Brian Aherne, Robert Mitchum, Gene Raymond
Voir la fiche du film et la filmographie de John Brahm sur le site IMDB.

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Le médaillon
Robert Mitchum, Laraine Day et Brian Aherne dans The Locket.

Remarques :
Pour la maison des Willis, John Brahm a réutilisé le décor de la maison des Sebastian dans Les Enchainés (Notorious) d’Hitchcock, tourné quelques mois auparavant.

Homonyme :
Le Médaillon (The medallion) de Gordon Chan (2003) avec Jackie Chan.

20 octobre 2011

Les visiteurs du soir (1942) de Marcel Carné

Les visiteurs du soirEn mai 1485, deux ménestrels arrivent au château du baron Hughes qui va bientôt donner sa fille Anne en mariage au seigneur Renaud. Ils sont envoyés par le Diable pour désespérer les humains… Les visiteurs du soir a été réalisé sous l’Occupation. Marcel Carné et Jacques Prévert (qui cosigne le scénario avec Pierre Laroche) choisissent une période la plus éloignée possible pour contourner la censure mais la métaphore avec le présent de 1942, bien que subtilement cachée, est certaine : le Diable est Hitler et le film prône la résistance pour triompher du mal. La dernière scène du film en est le meilleur exemple. Le film est empreint d’une langueur poétique qui n’est pas sans générer une certaine lenteur. L’histoire présente cette simplesse propre aux récits atemporels et aussi un caractère assez manichéen : il y a ceux qui sont capables d’aimer et les autres. Les qualités des Visiteurs du soir, Les visiteurs du soir il faut aussi les chercher du côté de la forme : plutôt que de se livrer à une reconstitution montrant l’usure du temps, Marcel Carné opte pour des décors propres et nets, des décors épurés qui paraissent d’ailleurs étonnamment actuels aujourd’hui. Il utilise largement la blancheur des murs, le blanc étant la couleur dominante du film. Cet environnement renforce à la fois son caractère onirique et l’allégorie du présent. Arletty est superbe en beauté androgyne. Les visiteurs du soir connut un grand succès dès sa sortie. Le film a été récemment magnifiquement restauré.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Alain Cuny, Arletty, Marie Déa, Fernand Ledoux, Marcel Herrand, Jules Berry
Voir la fiche du film et la filmographie de Marcel Carné sur le site IMDB.

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Remarques :
Parmi les figurants non crédités au générique, on note la présence de Simone Signoret (21 ans), Alain Resnais (20 ans) et François Chaumette (19 ans). Egalement non crédité, Michelangelo Antonioni a été assistant-réalisateur.

19 octobre 2011

Black sunday (1977) de John Frankenheimer

Titre français (vidéo) : « Un dimanche terrifiant »

Black SundayLe groupe terroriste Septembre Noir prépare un attentat particulièrement meurtrier le jour de la finale du Super Bowl à Miami. Un agent israélien est sur leurs traces… Black Sunday est adapté d’un roman de Thomas Harris. On peut s’étonner de la clairvoyance du sujet, 25 ans avant le 11 septembre. Probablement faut-il plutôt déplorer que le propos soit toujours si actuel et que rien n’ait vraiment évolué depuis. Comme le roman, le film est un thriller politique que Frankenheimer filme avec une certaine efficacité mais sans éviter, hélas, certaines longueurs (le film dure 2h25). Il parvient néanmoins à installer une tension assez forte notamment dans les scènes d’action, sans chercher le spectaculaire. Pour les scènes montrant un stade plein, le réalisateur a tourné durant une vraie compétition de football américain. Marthe Keller est étonnante par la détermination qu’elle met dans son personnage. Sur le fond, le propos de Black Sunday est simple, même simpliste, assez manichéen, plutôt belliciste. Malgré la réussite de certaines scènes, l’ensemble déçoit plutôt.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Robert Shaw, Bruce Dern, Marthe Keller, Fritz Weaver
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Remarques :
Thomas Harris est également l’auteur des romans Le Silence des Agneaux, Red Dragon (adapté deux fois au cinéma : Manhunter et Red Dragon) et Hannibal.