Adaptation cinématographique de la deuxième épopée d’Homère, qui narre les efforts d’Ulysse pour rentrer chez lui après la fin de dix années de guerre… Ulysse est un péplum italien réalisé par Mario Camerini. C’est une adaptation relativement fidèle mais très simplifiée des épisodes du périple d’Ulysse : seuls ceux du cyclope, de Circé, des sirènes sont mis en scène, le tout en flashback alors qu’Ulysse retrouve la mémoire après sa rencontre avec Nausicaa. En parallèle, nous voyons Pénélope résistant aux assauts de ses prétendants. L’histoire est bien mise en scène par Camerini qui a une solide d’expérience des films de divertissement. Les effets spéciaux sont même convainquant. Kirk Douglas (doublé en italien) incarne un héros intrépide et plein de fougue. Silvana Mangono interprète deux personnages, Pénélope et Circé, avec beaucoup de présence. Le film n’a pas tant vieilli… Elle: – Lui :
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Ponce-Pilate lui ayant donné le choix de gracier Jésus ou Barabbas, le peuple de Jérusalem a choisi le brigand. L’ombre de celui qui a péri à sa place hante l’esprit de Barabbas qui va avoir toutefois une longue vie mouvementée… Barabbas est un film italo-américain réalisé par Richard Fleischer. C’est la seconde adaptation du roman du suédois Pär Lagerkvist (paru en 1950), après la version réalisée par Alf Sjöberg en 1953. L’écrivain, nobelisé l’année suivante, avait donné une vie fictive à ce personnage dont l’unique trace est d’être cité par les Évangiles dans le célèbre passage avec Ponce-Pilate. Le film prend la forme d’un péplum à grand spectacle. Même s’il ne peut se comparer aux plus grands du genre, il se montre de très belle facture. Il comporte de nombreuses scènes d’une très grande vigueur. Les scènes de foule et les jeux dans l’arène sont assez remarquables. La reconstitution du travail dans les mines de soufre en Sicile l’est tout autant. Le récit donne une bonne place à l’introspection du personnage principal et à sa progressive prise de conscience. L’interprétation d’Anthony Quinn est l’une des plus puissantes de sa carrière. C’est au final un film assez complet. Il n’eut cependant pas le succès espéré. Elle: – Lui :
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Remarque : La scène de l’éclipse durant la crucifixion a été filmée à Roccastrada en Toscane pendant l’éclipse solaire du 15 février 1961.
Anthony Quinn est Barabbas dans le film du même nom de Richard Fleischer.Anthony Quinn et Vittorio Gassman dans Barabbas de Richard Fleischer.Ernest Borgnine et Vittorio Gassman dans Barabbas de Richard Fleischer.
Caligula est le jeune héritier de son grand-oncle, l’empereur Tibère. Il se rend compte que celui-ci est devenu fou et cherche à l’empoisonner. Quelques jours plus tard, Caligula achève Tibère mourant et devient empereur… Caligula est un péplum érotico-pornographique italo-américain réalisé en grande partie par Tinto Brass. Le producteur, fondateur de Penthouse, a doté le projet d’un énorme budget pour produire un « film pour adultes à gros budget ». L’ébauche de scénario a été écrite par le romancier Gore Vidal et la distribution est assez prestigieuse. Danilo Donati, le chef décorateur et costumier de Federico Fellini, a conçu les décors du film et également les costumes, les bijoux, les coiffures, les perruques et le maquillage des acteurs. Le film est sorti en 1979 dans une version modifiée à l’insu du réalisateur (ajout de scènes pornographiques non simulées avec des mannequins de Penthouse). De ce fait, Tinto Brass a exigé que son nom soit retiré du générique. Le film est ressorti en 2023 en sélectionnant une partie des 96 heures du métrage original tournées par Tinto Brass. C’est la version vue ici (157 minutes). Hélas, le film n’en devient pas plus intéressant pour cela. C’est long et ennuyeux. Le thème est la corruption du pouvoir mais l’accent est surtout mis sur les orgies décadentes et la folie de l’empereur. Même dans cette nouvelle version et avec du recul, le film met mal à l’aise. Le film a été très mal considéré par la critique et le public. Avec le temps, des voix se sont élevées pour défendre une certaine vision artistique. Elle: – Lui :
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Seize ans se sont écoulés depuis la mort du héros vénéré Maximus lors de son combat contre l’empereur Commode. L’armée romaine envahit la Numidie. Le combattant Hanno est emmené en esclavage à Rome, puis jeté dans une petite arène pour être testé par les lanistes cherchant des gladiateurs… Gladiator 2 est un film américano-britannique réalisé par Ridley Scott. Il s’agit de la suite de Gladiateur (2000) du même réalisateur. Le scénario de ce peplum, écrit par David Scarpa, met en scène des personnages ayant existé mais prend beaucoup de libertés avec l’Histoire. Personnellement, je craignais le pire mais j’ai été plutôt agréablement surpris. Ridley Scott nous a concocté un grand spectacle sans effet inutile et sans surenchère de violence. L’ensemble serait certainement plus prenant s’il n’était pas si long (2h28), les longueurs étant ressenties dans le dernier tiers du film. La mise en scène est parfaitement maitrisée. Seuls Connie Nielsen et Derek Jacobi reprennent leur personnage du premier volet. Le film a été mal accueilli par la critique (en France) mais a connu assez beau succès en salles. Elle: – Lui :
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La maléfique reine de Samar a passé un pacte avec les « hommes de pierre », des extra-terrestres venus de la Lune. Elle accepte de leur livrer en sacrifice des enfants de son peuple en échange de leur aide pour devenir toute puissante. Averti, Maciste ne peut rester sans intervenir… Maciste contre les hommes de pierre est un péplum italo-français, réalisé par Giacomo Gentilomo. Il met en scène le personnage de Maciste, personnage populaire du cinéma italien (qui, à la différence d’Hercule, n’a pas d’origines divines). Le personnage a été inventé par Giovanni Pastrone pour Cabiria (1913), il fut ensuite très populaire dans les années 20 avant de retrouver une nouvelle jeunesse avec l’âge d’or des péplums italiens vers 1960. Ici, il doit affronter une séduisante reine vénéneuse et un sombre personnage qui contrôle des « hommes de pierre » fort bien représentés. Le film a été remarqué surtout pour cet effet spécial. Le reste est loin d’être aussi remarquable. L’histoire est très basique, elle ne cherche même pas à s’inscrire dans l’Antiquité et l’étirement du récit est assez visible : il y a par exemple une scène étonnamment longue vers la fin où les personnages errent inutilement pendant six bonnes minutes dans des éléments déchaînés, une scène très répétitive dont on a bien du mal à voir l’intérêt. Elle: – Lui :
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Remarque : * Le personnage de Maciste n’étant pas assez connu du public américain, la version anglaise a pour titre Hercules Against the Moon Men. * Les scènes à l’intérieur de la montagne ont été tournées en sépia plutôt qu’en couleurs, d’où la pompeuse mention « Cromoscope » sur l’affiche (« Cosmicolor » sur l’affiche anglaise).
Maciste contre les hommes de pierre (Maciste e la regina di Samar) de Giacomo Gentilomo.
Titre original : « Ercole alla conquista di Atlantide »
Le devin Tirésias révèle au roi de Thèbes, Androclès, que de terribles malheurs vont s’abattre sur la Grèce à cause d’un ennemi inconnu venu d’au-delà les mers. Hercule et Androclès s’embarquent sur une galère avec Hyllos et le nain Timotéo vers une destination inconnue, qui se révèle être l’Atlantide… Hercule à la conquête de l’Atlantide est un péplum franco-italien réalisé par Vittorio Cottafavi. Dans la série des Hercule, il passe pour être l’un des plus réussis. Bien entendu, le film paraîtra kitsch à de nombreux spectateurs actuels mais l’ensemble est plaisant. Les situations sont nombreuses, le Technicolor est éclatant et les décors en carton-pâte font bien leur effet. De plus, l’humour et la dérision sont très présents. On se laisse volontiers happer par ces aventures spectaculaires, sans s’offusquer des petites lourdeurs de la mise en scène. Le demi-dieu de la mythologie grecque est interprété pour la première fois par le culturiste anglais Reg Park. À noter, une des premières apparitions de Gian Maria Volonté, dans un petit rôle. Elle: – Lui :
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Reg Park dans Hercule à la conquête de l’Atlantide (Ercole alla conquista di Atlantide) de Vittorio Cottafavi.Mimmo Palmara et Fay Spain (la reine Antinéa) dans Hercule à la conquête de l’Atlantide (Ercole alla conquista di Atlantide) de Vittorio Cottafavi.Gian Maria Volonté dans Hercule à la conquête de l’Atlantide (Ercole alla conquista di Atlantide) de Vittorio Cottafavi.
280 av. J.-C. L’île de Rhodes est gouvernée par le tyran Xerxès qu’un groupe de rebelles tente d’assassiner. Une énorme statue d’Apollon (le colosse) protège le port et le tyran envisage une alliance avec la Phénicie contre la Grèce. Darios, héros militaire grec, rend visite à son oncle à Rhodes. Il s’éprend de la jolie Diala, fille de l’architecte de la statue… Le Colosse de Rhodes est un péplum italien réalisé par Sergio Leone. Lorsqu’il le dirige, le réalisateur a acquis une solide expérience durant la précédente décennie : il est l’un des assistants les plus recherchés de Cinecittà et excelle dans la maitrise des scènes de foule. Il est bien entendu difficile de déceler ici la patte du futur réalisateur de westerns, tout au plus peut-on deviner des similitudes dans le profil du héros (personnage extérieur, plutôt laconique, qui ne veut pas s’impliquer) et s’amuser à trouver des scènes qui ont un parfum de western (la scène finale par exemple). L’histoire est assez classique pour le genre, avec son lot de traitrises et cruautés ; comme souvent, de grandes libertés ont été prises par rapport à la vérité historique, des évènements qui se sont déroulés sur plusieurs siècles sont condensés en une seule époque. Les scènes d’ampleur sont remarquablement maitrisées et les acteurs bien dirigés (éviter toutefois la version doublée en français). L’ensemble se regarde sans déplaisir. Elle: – Lui :
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Hercule accomplit le dernier de ses douze travaux qui consiste à tuer Cerbère, le chien à trois têtes gardien de la porte des Enfers. Libéré de la malédiction des dieux, il peut enfin rentrer chez lui à Thèbes pour retrouver sa femme Déjanire et son fils Illo. Conseillé par la sibylle, il s’oppose au mariage de son fils avec Théa, fille adoptive d’Eurytos, roi usurpateur d’Écalia. Euritos, pour se débarrasser d’Hercule, se sert d’une esclave, la belle Alsinoé, pour faire croire à Illo que son père aime aussi Théa… La Vengeance d’Hercule est un film franco-italien réalisé par Vittorio Cottafavi qui signe là son troisième péplum. L’idée était de donner une suite au film d’une société concurrente, Les Travaux d’Hercule (Le fatiche di Ercole, 1958) de Pietro Francisci, qui avait connu un très grand succès. La popularité de l’acteur et bodybuilder Steve Reeves a poussé les producteurs à lui chercher un équivalent. Ce sera Mark Forest, un ancien de la troupe de Mae West, sans expérience d’acteur. L’histoire est une suite de traitrises où chacun s’emploie d’essayer de tuer son voisin pour les beaux yeux d’une belle. Ce sont toutefois les démonstrations de force d’Hercule qui font le spectacle. Même si les effets spéciaux ne sont pas toujours des plus réussis, le film ne laisse regarder sans déplaisir. Il ne figure pas toutefois parmi les meilleurs du genre. Il connut un beau succès à sa sortie et Mark Forrest continuera sa carrière d’acteur quelques années, notamment dans la série des Maciste. Elle: – Lui :
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Remarque :
* Comme Universal détenait les droits sur le personnage d’Hercule, la version américaine (produite par American Interntional Picture) a eu pour titre « Goliath and the Dragon » pour créer une suite au film « Goliath and the Barbarians » de Carlo Campogalliani (1959). Le nom du héros est changé pour Emilius et une scène de combat contre un dragon en stop-motion est ajoutée.
Mark Forest dans La Vengeance d’Hercule (La vendetta di Ercole) de Vittorio Cottafavi.
Au temps de l’Empire romain, un modeste fabricant de chars, Ben-Hur Marcel, se retrouve victime d’une machination politique visant Jules César alors que Cléopâtre arrive en visite à Rome… Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ est un film français écrit et réalisé par Jean Yanne. A sa sortie, cette superproduction comique a été méprisée par la critique et les cinéphiles (moi le premier, je l’avoue) tout en remportant un grand succès en salles. Pourtant, le film est assez réussi et amusant. Comparé à La Vie de Brian des Monty Python sorti trois ans plus tôt, il est bien entendu beaucoup moins subtil et moins bien dosé dans son humour. Jean Yanne appuie toujours très fort sur la pédale. Ici, il multiplie les anachronismes, à tel point qu’ils perdent parfois de leur efficacité. Le film apparaît comme une suite d’anachronismes. D’autre part, il était certainement un peu facile de faire jouer à Michel Serrault un Jules César homosexuel pour surfer sur le succès de La Cage aux folles 1 et 2 (1978 et 1980)… Heureusement les acteurs sont excellents et participent joyeusement au délire. Seul le personnage de Cléopâtre est pénible à voir (enfin, surtout à entendre), interprété par Mimi Coutelier, la compagne de Jean Yanne qui a également fait les (innombrables) costumes… mais qui n’est manifestement pas actrice. L’ensemble fait passer un bon moment. Ce sixième long métrage réalisé par Jean Yanne sera son plus grand succès. Elle: – Lui :
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Remarques :
* Tout en moquant de la publicité, Jean Yanne parvient à faire un nombre de placements de produits ahurissant. Souvent, les noms sont romanisés. Parfois, c’est inséré très grossièrement (par exemple, le paquet de cigarettes montré en gros plan).
* Le premier montage durait deux heures. Suite au refus de Jean Yanne de réduire cette durée, le producteur fit enlever une bobine entière de 20 minutes (procédé passablement radical évitant un nouveau montage). Cette partie coupée montrait les tractations avant les jeux du cirque.
Coluche dans Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ de Jean Yanne.
Dans l’Égypte antique, deux princes, Ramsès et Moïse, sont élevés comme des frères. Tandis que Ramsès devient pharaon d’Égypte, Moïse apprend son appartenance au peuple hébreu, réduit en esclavage depuis plusieurs siècles…
Après avoir dépoussiéré le péplum romain avec Gladiator en 2000, Ridley Scott s’attaque au péplum biblique. Exodus: Gods and Kings est presque un remake du film Les Dix Commandements de Cecil B. DeMille (1923 et 1956). Comparé à ce dernier, les images sont bien entendu un peu plus spectaculaires : le nombre moindre de figurants est largement compensé par l’utilisation des images de synthèse qui rend les scènes de foule plus vastes encore. L’ordinateur fait aussi des merveilles pour créer des images exceptionnelles dans les survols de la ville égyptienne de Memphis et dans la représentation des dix plaies d’Egypte. L’histoire se concentre sur la lutte entre Ramsès et Moïse et préfère faire l’impasse sur les suites de l’exode (Moïse est un prophète commun à plusieurs religions, les récits divergeant après l’exode). Le choix probablement le plus discutable a été de faire apparaître Dieu à Moïse sous la forme d’un garçon de dix ans (qui ne manque pas de paraître capricieux quand il est en colère). Le film a été très mal reçu par la critique qui l’a même parfois ridiculisé. En outre, il a suscité diverses polémiques. Personnellement, comme tout péplum, je pense qu’il faut le voir avant tout comme un beau et grand spectacle. Elle: – Lui :
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Christian Bale (Moïse) dans Exodus: Gods and Kings de Ridley Scott.
Golshifteh Farahani (Nefertari) et Joel Edgerton (Ramsès II) dans Exodus: Gods and Kings de Ridley Scott.
Remarque :
* L’existence d’un esclavage en Égypte antique fait l’objet de débats parmi les égyptologues, aussi bien dans sa définition que dans son application. Les spécialistes s’accordent pour dire que l’esclavage, tel qu’il se pratiqua dans la Grèce antique, n’a pas existé en Égypte avant la période ptolémaïque (soit à partir de 323 av. J.C., un millénaire après Ramsès II), même si des formes de servitude ont pu exister. (Extrait de Wikipédia)