Antoine est entretenu par Madeleine, la directrice d’une maison prospère de haute couture. Lors d’un défilé, Antoine séduit Claire sans savoir qu’elle est la meilleure amie de Madeleine. Ils entament une relation clandestine. Antoine lui fait croire qu’il est riche… L’Amant de cinq jours est un film français réalisé par Philippe de Broca, son troisième long métrage qu’il a écrit une fois de plus avec Daniel Boulanger qui signe les dialogues. Le scénario est basé sur un roman de Françoise Parturier. Il se situe dans la droite ligne de ses deux premiers films avec Jean-Pierre Cassel, à tel point que l’on a l’impression de voir le même personnage. Le film est fort bien interprété mais le problème vient de la situation qui paraît bien convenue et du récit qui n’offre aucun développement un tant soit peu inattendu. L’ensemble est frais et léger mais peu remarquable. Elle: – Lui :
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Jean Seberg et Micheline Presle dans L’Amant de cinq jours de Philippe de Broca.Jean-Pierre Cassel et Michel Périer dans L’Amant de cinq jours de Philippe de Broca.
Joey Wellman, auteur américain d’un comic-strip un peu oublié, se rend en France où est organisée une exposition sur le thème de la bande dessinée. Sa réelle motivation est de retrouver sa fille Elsie, partie deux ans auparavant à Paris pour étudier Flaubert…
Alain Resnais a la passion de la bande dessinée depuis l’enfance. Il a demandé à l’auteur de comics et scénariste Jules Feiffer de lui écrire un scénario sur les différences de culture entre américains et français, dont il fait interpréter le rôle principal par Adolph Green, compositeur, scénariste (Chantons sous la pluie, Tous en scène, …) et acteur à Broadway. Le ton général est celui de la comédie mais il faut bien avouer que l’humour est beaucoup trop appuyé pour bien fonctionner. En outre, les références à des auteurs (peu connus) de bande dessinées et à la comédie musicale tombent à plat. Sur le fond, le propos aborde plusieurs thèmes (importance de l’art, différences de culture, relations père-fille, snobisme et conventions) mais reste en surface, n’apportant rien de bien original. La seconde moitié du film est plus plaisante mais cette petite fantaisie apparaît bien mineure dans la filmographie d’Alain Resnais. (Tourné en anglais avec quelques dialogues en français). Elle: – Lui :
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Titre complet : Suzanne Simonin, la Religieuse de Diderot
Au XVIIIe siècle, Suzanne Simonin, née de père inconnu, est cloîtrée contre son gré par ses parents qui la destinent à la vie conventuelle sans qu’elle en ait la vocation… La Religieuse de Jacques Rivette, son deuxième long métrage, est l’adaptation du roman anticlérical de Denis Diderot paru en 1796. Le film fut interdit à sa sortie ce qui provoqua un tollé. Grâce à cette publicité, il connut un assez beau succès lorsqu’il put enfin être projeté sur les écrans un an plus tard en 1967 (avec une interdiction au moins de 18 ans qui ne sera levée qu’en 1975). L’adaptation reste très proche du roman. C’est un film très austère, à la mise en scène dépouillée, long, très long. En outre, Jacques Rivette utilise le son de façon surprenante, avec des bruitages mixés très forts (peut-être s’agit-il d’une expérimentation pour traduire le tourment des personnages). Cette bande sonore et une musique légèrement dissonante amplifient l’aspect rebutant du film. La Religieuse de Rivette bénéficie toujours aujourd’hui de son aura de « film interdit ». Elle: – Lui :
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Remarque :
Le producteur Georges de Beauregard avait proposé dès la fin des années cinquante à Jacques Rivette de réaliser une adaptation du roman de Diderot La Religieuse. Après un avis de précensure défavorable, le scénario écrit par Jacques Rivette et Jean Gruault est d’abord adapté en 1963 au théâtre au Studio des Champs-Élysées, sous la direction de Jean-Luc Godard et avec Anna Karina dans le rôle principal. La pièce passa inaperçue et n’eut aucun succès.
Anna Karina (à droite) dans La Religieuse de Jacques Rivette.
Autre adaptation : La Religieuse de Guillaume Nicloux (2013) avec Pauline Étienne
Maxime est une femme quarantenaire, moderne et indépendante. Elle a quitté son mari il y a longtemps pour devenir détective privé. Les hasards d’une enquête lui font retrouver son fils Baptiste qu’elle avait oublié…
Pour son deuxième long métrage, Tonie Marshall écrit et réalise ce portrait d’une femme qui se veut totalement libre de ses choix de vie. Ce n’est pas un portrait idéalisé, son personnage est plutôt désagréable tout en sachant montrer par moments une certaine beauté d’âme. La réalisatrice a tendance à forcer le trait, exagérant les côtés masculins de son héroïne, le repli sur soi, la fuite en avant, etc. Au final, rien ne semble vrai. Anémone semble parfaite dans ce rôle aux multiples facettes mais nombre de seconds rôles ont un jeu qui manque de naturel. Cette comédie a été toutefois très bien reçue par la critique. Elle: – Lui :
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Le jour de la mort de Napoléon, M. de Talleyrand consent à raconter sa vie à quelques amis à la condition qu’il puisse le faire à sa façon…
Le Napoléon de Sacha Guitry est bien évidemment très marqué par la patte du réalisateur. C’est un film historique, certes, mais une grande importance est donnée aux amours de Napoléon et aux petits conciliabules, bien plus qu’aux grandes batailles ou aux joutes politiques. Le film est savoureux par ses dialogues et les mots d’esprits dont Guitry émaille les quelques trois heures du récit. Il a réuni un plateau de vedettes qui réunit, jusqu’au vertige, les grands noms du cinéma français des années cinquante, parfois pour un rôle de deux minutes, quand ce n’est pas pour pousser la chansonnette. Son trait de génie est d’utiliser deux acteurs différents pour le rôle principal : Daniel Gélin pour Bonaparte et Raymond Pellegrin pour Napoléon qui est probablement l’acteur qui aura donné l’interprétation la plus crédible de l’homme. Ce n’est pas un grand film épique qui exalte, c’est un film qui se savoure (à condition de ne pas être allergique au maniérisme de Guitry, bien entendu). A noter que c’est le seul film français à embrasser toute la vie de Napoléon Bonaparte. Elle: Lui :
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Couturier parisien en vue, Philippe Clarence (Raymond Rouleau) multiplie les aventures avec les femmes pour maintenir son inspiration créatrice. Lorsque son fournisseur et ami lui présente Micheline (Micheline Presle), une jeune provinciale qui a accepté de l’épouser, il est instantanément séduit et en tombe amoureux… Tourné non sans difficultés dans les derniers mois de l’Occupation, Falbalas met en scène une histoire qui paraît loin des préoccupations de cette époque. Jacques Becker a puisé dans ses propres souvenirs puisque sa mère avait dirigé une maison de couture. On peut aussi y voir une métaphore du monde du cinéma, le couturier étant comme le cinéaste un créateur oscillant entre enthousiasme et abattement. L’ensemble n’est pas dénué d’élégance. Le déroulement du scénario est assez subtil : d’une part, Becker nous montre dès le début un dénouement tragique et d’autre part, les personnages ne montrent leur sentiments que très progressivement, avec des allers-retours permanents, laissant le spectateur toujours dans l’expectative. Cette construction subtile rend Falbalas vraiment remarquable mais a dérouté les spectateurs à sa sortie, qui eut lieu juste après la Libération ; en outre, son dénouement assez sombre est sans doute en décalage avec cette période d’euphorie. Toujours est-il que Falbalas n’eut aucun succès, ni critique ni public. Assez injustement. Elle: Lui :
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Remarques :
* Initialement prévu pour 1943, le tournage a dû être reporté de plusieurs mois à cause des restrictions d’électricité. Le tournage s’est déroulé finalement à partir de mars 1944, le plus souvent de nuit à cause des coupures électriques.
* Toutes les robes sont du couturier Marcel Rochas.
Raymond Rouleau dans Falbalas de Jacques Becker.
Micheline Presle dans Falbalas de Jacques Becker.
Françoise Lugagne et Raymond Rouleau dans Falbalas de Jacques Becker.
Mourante, une reine se fait promettre par le roi de ne prendre pour nouvelle épouse qu’une femme plus belle qu’elle. Mais la seule personne capable de rivaliser avec sa beauté n’est autre que sa propre fille, et le roi la demande en mariage. Pour échapper à cette union incestueuse et sur les conseils de sa marraine la Fée des Lilas, la princesse demande à son père des robes irréalisables, mais il parvient toujours à les lui offrir. Elle lui demande alors de sacrifier son âne qui produit des écus d’or et le roi s’exécute. La princesse s’enfuit alors dans la forêt, revêtue de la peau de l’âne et se fait passer pour une fille de ferme, une souillon… Dans sa version de Charles Perrault, le conte populaire Peau d’âne serait le premier conte de fées français jamais écrit. L’adaptation au cinéma qu’en a fait Jacques Demy est une féérie visuelle : les décors sont splendides, les costumes somptueux. Demy place quelques anachronismes savoureux dans cette histoire où tout est possible. Même pour une personne (comme moi) qui n’est pas un grand amateur des musiques de Michel Legrand, les chansons ne sont pas envahissantes et apportent de belles respirations. Peau d’âne forme un ensemble très réussi qui est loin de n’être qu’un film pour enfants. Le film a été restauré ce que permet de profiter pleinement de sa belle palette de couleurs. Elle: Lui :
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Remarques :
* Peau d’âne a été tourné au château de Chambord (le château rouge) et au château du Plessis-Bourré au nord d’Angers (le château bleu). Les scènes de ferme et de forêt ont été tournées au château de Neuville dans les Yvelines et la scène finale au château de Pierrefonds dans l’Oise.
Paris, fin du XIXe siècle. Un acteur de seconde zone découvre une jeune chanteuse sur une scène de music-hall où il se produit. Il la prend sous son aile, lui fait travailler intensément le métier d’acteur et parvient à la faire entrer à l’Odéon. L’élève dépasse le maître… Félicie Nanteuil est l’adaptation du livre d’Anatole France Histoire comique qui, malgré son titre, n’a rien de drôle (1). On pourra tout au plus trouver le début assez léger mais la suite est un portrait psychologique assez puissant qui évolue de façon assez inattendue. En outre, l’histoire se trouve enrichie par une certaine mise en abyme du théâtre. La candide jeune fille naïve se transforme rapidement en femme égotiste, consciente de son pouvoir. La reconstitution de l’atmosphère « fin de siècle » par Marc Allégret est soignée, les éclairages sont très travaillés. Marc Allégret s’attache à mettre en valeur la jeune mais déjà très talentueuse Micheline Presle, l’une des plus grandes (et, comme ce film le montre, plus belles) actrices du cinéma français. Elle n’a beau avoir ici que 20 ans, Micheline Presle montre une maturité étonnante dans son jeu, très riche avec toujours cette justesse de ton qui la caractérise. Claude Dauphin est, lui aussi, admirable. Oeuvre assez méconnue, Félicie Nanteuil est un très beau film, plus profond qu’il ne paraît et admirablement interprété. Elle: – Lui :
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(1) Le terme « comique » est à prendre ici dans le sens « relatif à la comédie, au théâtre, aux comédiens ».
Micheline Presle et Claude Dauphin dans Félicie Nanteuil de Marc Allégret
Remarques :
* Achevé en 1942, Félicie Nanteuil dut attendre la fin de la guerre pour sortir sur les écrans. Claude Dauphin ayant rejoint les Forces Françaises Libres (FFI) après le tournage, le film fut interdit de sortie par les autorités allemandes. A sa sortie en 1945, le film n’eut pas le succès qu’il mérite, noyé dans la pléthore de films (notamment américains) qui étaient enfin visibles.
* L’adaptation a été écrite par Curt Alexander, scénariste allemand d’origine juive, réfugié en France puis déporté, mort en 1943 dans un camp de concentration. Curt Alexander avait notamment travaillé pour Max Ophüls dans les années trente.
* Les dialogues sont de Marcel Achard.
* Pierre Prévert a été assistant-réalisateur sur le tournage.
Louis Jourdan et Micheline Presle dans Félicie Nanteuil de Marc Allégret.
Antoine Monteil doit se rendre à son mariage au grand dam de son ami qui essaie de l’en dissuader… « Le mariage est un piège », tel semble être le leitmotiv de cette comédie à sketches d’Edouard Molinaro. Ici, les jeunes filles en fleurs n’ont qu’une idée en tête : mettre le grappin sur un homme. Cette attaque gentiment subversive (du moins pour l’époque) contre l’institution du mariage se fait sans misogynie excessive, l’histoire de base a d’ailleurs été écrite par une femme, France Roche. Les dialogues sont de Michel Audiard. Le premier sketch avec Jean-Paul Belmondo en voyou rangé mis au pas par Marie Dubois n’est que moyennement réussi. Le second en revanche (avec Micheline Presle, Catherine Deneuve, Bernard Blier) l’est beaucoup plus et les dialogues d’Audiard y sont riches en répliques brillantes. Le meilleur du film est là. La suite est plaisante avec Françoise Dorléac qui joue la fofolle, façon L’Homme de Rio avec toutefois un peu moins de réussite. Comme beaucoup de films à sketches, La chasse à l’homme est un peu inégal mais reste divertissant. Elle: – Lui :
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Alors qu’il vient de rentrer chez lui au petit matin, Alfredo Martelli est emmené par des policiers. Il est longuement interrogé sans même savoir de quoi on le soupçonne. Ce n’est que plusieurs heures plus tard qu’il apprend que sa maitresse et bienfaitrice a été assassinée… L’assassin est le premier long métrage d’Elio Petri. Il en a écrit l’histoire avec le grand scénariste Tonino Guerra (1). Sous l’enveloppe d’une enquête policière qui aurait pu être banale, le film se révèle être d’une belle profondeur notamment par le portrait de son personnage principal qui se dévoile peu à peu devant nos yeux. Il nous accompagne d’ailleurs dans cette découverte, car c’est à une véritable introspection qu’il se livre au fil des souvenirs qui lui reviennent à l’esprit. Pour Petri, c’est l’occasion de dresser le portrait d’une bourgeoisie arriviste et sans scrupules qui fleurit dans l’Italie après la renaissance des années cinquante (avec également une petite pique politique puisque cet antiquaire utilise ses anciens compagnons de lutte politique pour obtenir des marchandises à vil prix). Ce personnage se retrouve dans un univers kafkaïen, une enquête de police dont il ne saisit pas toujours le but ni la logique, où il se sent sondé jusqu’au plus profond de lui-même, un pion dans une machinerie qui peut l’emmener au bord de la folie. Les décors sont remarquablement bien utilisés dans ce sens : les pièces sont petites avec de multiples portes. Assez mal connu, L’assassin est un film vraiment remarquable, servi par une écriture parfaite (2). En outre, le film a été magnifiquement restauré en 2011. Elle: – Lui :
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Lire l’analyse de Frédéric Mercier sur le site DVDClassik…
(1) Au cours de sa belle carrière, Tonino Guerra a écrit pour Antonioni (L’Avventura, Blow Up, etc.) , Fellini (Amarcord) et aussi Rosi, De Sica, Tarkovsky, Angelopoulos, Taviani, Bolognini, Monicelli.
(2) Bien qu’il soit tentant de rapprocher ce premier film d’Elio Petri de son bien connu Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon (1970), le propos est ici assez différent, plus vaste et plus riche d’ailleurs. Le film de 1970 s’attachera surtout à dresser le portrait d’une police totalitaire et intouchable alors qu’ici, c’est un peu le portrait d’une société dans son ensemble.