1 octobre 2021

Vacances portugaises (1963) de Pierre Kast

Vacances portugaisesPour tromper l’ennui, Françoise et Jean-Pierre invitent plusieurs de leurs amis à passer un week-end dans leur grande villa de vacances sur la côte portugaise. Il s’ensuit un chassé-croisé amoureux pour certains, chaque personnage se découvrant un peu au fil de l’histoire…
Vacances portugaises (ou Les Égarements) est un film franco-portugais coécrit et réalisé par Pierre Kast. Cet ex-collaborateur aux Cahiers du Cinéma a réalisé de superbes courts-métrages sur l’Art dans les années cinquante mais l’on connait généralement moins ses longs métrages. L’amour est multiforme et le chemin pour le trouver peut présenter bien des méandres… Tel pourrait être l’enseignement de cette histoire. Le scénario parvient bien à placer dans un même lieu plusieurs types de relation amoureuse : l’amour possessif, la rupture, la réconciliation, l’amour irraisonné, l’amour sage etc. La forme générale du film pourra paraître trop intellectualisée à certains spectateurs car c’est une succession de discussions à deux ou trois personnages, rarement plus, entre marivaudage et philosophie. Le propos va souvent assez loin de telle sorte que limites et contradictions apparaissent. Bien écrit, le scénario montre une observation assez fine des comportements humains (même si on pourra lui reprocher de ne se situer que dans un seul milieu). Le film bénéficie d’une belle distribution, aucun acteur n’étant vraiment au premier plan ; presque tous les acteurs ont gardé leur prénom. A noter que la jeune Catherine Deneuve n’est pas encore connue. Jacques Doniol-Valcroze (fondateur des Cahiers du Cinéma) a coécrit le scénario, la photographie est de Raoul Coutard, la musique de Georges Delerue et le montage de Yannick Bellon. Du beau monde! Sans succès à sa sortie, le film reste aujourd’hui méconnu.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Françoise Arnoul, Michel Auclair, Jean-Pierre Aumont, Jean-Marc Bory, Françoise Brion, Catherine Deneuve, Jacques Doniol-Valcroze, Daniel Gélin, Michèle Girardon, Barbara Laage, Françoise Prévost, Pierre Vaneck, Bernhard Wicki
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Vacances portugaisesFrançoise Brion et Barbara Laage dans Vacances portugaises de Pierre Kast.

Vacances portugaisesCatherine Deneuve et Bernhard Wicki dans Vacances portugaises de Pierre Kast.

Vacances portugaisesBarbara Laage et Daniel Gélin dans Vacances portugaises de Pierre Kast.

25 octobre 2018

Napoléon (1955) de Sacha Guitry

NapoléonLe jour de la mort de Napoléon, M. de Talleyrand consent à raconter sa vie à quelques amis à la condition qu’il puisse le faire à sa façon…
Le Napoléon de Sacha Guitry est bien évidemment très marqué par la patte du réalisateur. C’est un film historique, certes, mais une grande importance est donnée aux amours de Napoléon et aux petits conciliabules, bien plus qu’aux grandes batailles ou aux joutes politiques. Le film est savoureux par ses dialogues et les mots d’esprits dont Guitry émaille les quelques trois heures du récit. Il a réuni un plateau de vedettes qui réunit, jusqu’au vertige, les grands noms du cinéma français des années cinquante, parfois pour un rôle de deux minutes, quand ce n’est pas pour pousser la chansonnette. Son trait de génie est d’utiliser deux acteurs différents pour le rôle principal : Daniel Gélin pour Bonaparte et Raymond Pellegrin pour Napoléon qui est probablement l’acteur qui aura donné l’interprétation la plus crédible de l’homme. Ce n’est pas un grand film épique qui exalte, c’est un film qui se savoure (à condition de ne pas être allergique au maniérisme de Guitry, bien entendu). A noter que c’est le seul film français à embrasser toute la vie de Napoléon Bonaparte.
Elle: 3 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Raymond Pellegrin, Daniel Gélin, Michèle Morgan, Micheline Presle, Danielle Darrieux, Pierre Brasseur, Jean Gabin, Jean Marais, Yves Montand, Jean-Pierre Aumont, Serge Reggiani, Dany Robin, Noël Roquevert, Maria Schell, Henri Vidal, Erich von Stroheim, Orson Welles, Sacha Guitry
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Napoléon
Sacha Guitry et Daniel Gélin dans Napoléon de Sacha Guitry.

Napoléon
Raymond Pellegrin dans Napoléon de Sacha Guitry.

27 mai 2018

Un château en enfer (1969) de Sydney Pollack

Titre original : « Castle Keep »

Un château en enferA l’hiver 1944, dans les Ardennes belges, une petite unité américaine de 8 militaires arrive dans un château proche de Bastogne pour éviter que les allemands ne le reprennent. Dans cette vaste demeure millénaire, un comte et sa jeune épouse vivent entourés d’innombrables œuvres d’art. Le major est prêt à tenir jusqu’au bout alors que son capitaine, grand amateur d’art, voudrait protéger la bâtisse et son contenu…
Adapté d’un roman de William Eastlake par Daniel Taradash (scénariste de Tant qu’il y aura des hommes), Castle Keep est un film très original qui montre un propos ambitieux mais n’est que partiellement convaincant. Il s’agit d’une réflexion philosophique sur la guerre, l’art, la vanité, la destinée, et même d’autres thèmes encore. Cela fait beaucoup. L’atmosphère est très particulière, assez onirique où semblent se mêler plusieurs époques, ce qui donne un caractère assez atemporel à l’ensemble. La bataille finale est presque irréelle et fascinante. Dans l’ensemble, le film fut assez mal perçu et compris. La musique est signée Michel Legrand.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Burt Lancaster, Patrick O’Neal, Jean-Pierre Aumont, Peter Falk, Astrid Heeren, Bruce Dern
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Remarque :
* Le château de Maldorais n’a jamais existé. Le château utilisé pour le tournage a été construit de toutes pièces en ex-Yougoslavie.

Castle Keep
Burt Lancaster et Patrick O’Neal dans Un château en enfer de Sydney Pollack.