Annie Reed, journaliste à Baltimore, s’émeut quand elle entend à la radio l’histoire de Sam Baldwin, un architecte de Seattle qui vit seul avec son fils Jonah depuis le décès de son épouse et ne parvient pas à en faire le deuil. Touchée par cette histoire, elle tente d’entrer en contact avec Sam, malgré l’approche de son mariage avec Walter Jackson et la distance qui sépare Seattle de Baltimore… Nuits blanches à Seattle est une comédie romantique américaine réalisée par Nora Ephron. Ecrite par Jeff Arch, l’histoire a eu bien du mal à convaincre TriStar, a ensuite subi plusieurs réécritures insatisfaisantes avant d’être confiée à Noah Ephron, scénariste auréolée du succès de Quand Harry rencontre Sally (1993). Il s’agit d’une variation sur le coup de foudre : le match parfait existe, il suffit de le rencontrer. Bien qu’utilisant des ficelles un peu visibles (notamment l’intervention constante de l’enfant), l’ensemble fonctionne assez bien et bénéficie de bons dialogues pour créer l’humour. Le récit fait des références directes à An Affair to Remember (Elle et Lui, 1957) de Leo McCarey. Oscar du meilleur scénario. Elle: – Lui :
Lecteurs : (2 note(s), moyenne : 3,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Le professeur Quignard et son équipe de chercheurs étudient la PPM, une protéine immunisante produite par les manchots. Christophine, jeune thésarde un peu maladroite et émotive, est prête à tout pour aider le professeur dans ses recherches et, ainsi, se rapprocher de lui… Le Secret des banquises est une comédie française écrite et réalisée par Marie Madinier. C’est son premier (et unique à ce jour) long métrage. Il s’agit d’une histoire romantique qui a le mérite d’être très originale. Elle est aussi très farfelue malgré une base de départ bien réelle (la protéine PPM du manchot royal, la sphéniscine, est réellement étudiée en laboratoire). Belle réalisation et bonne interprétation. Le scénario aurait gagné à être un peu plus étoffé, il nous laisse une impression de longueurs dans la seconde partie (malgré la brièveté du film). L’ensemble reste amusant et léger. Le film n’a eu aucun succès. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
A 34 ans, Nancy se désole de rester célibataire malgré les efforts de son entourage pour provoquer des rencontres. A la suite d’un malentendu, elle prend la place d’une autre fille dans un blind date avec Jack, 40 ans, récemment divorcé… Man Up est une comédie romantique britannique réalisée par Ben Palmer. Si le point de départ est original (et pas du tout improbable), le développement montre les clichés assez habituels du genre. Néanmoins, le film fonctionne bien et se révèle vraiment plaisant car l’alchimie entre les deux acteurs principaux, tous deux excellents, fonctionne bien. L’américaine Lake Bell est souvent à la limite du too much mais sans vraiment passer la ligne et Simon Pegg fait une fois de plus preuve de beaucoup d’humour, toujours très amusant. Une petite touche « déjantée » vient se greffer par l’intermédiaire d’un personnage secondaire qui n’a jamais oublié son amour d’enfance. Non sorti en salles en France, le film fait passer un bon moment. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Installée à Oslo, Julie, bientôt trentenaire, cherche sa voie. Elle rencontre Aksel, un dessinateur à succès de quinze ans son aîné. Ils commencent une relation qui semble sérieuse… Julie(en 12 chapitres) est un film norvégien réalisé par Joachim Trier. Il en a écrit le scénario avec son compère de toujours, Eskil Vogt. Le film narre les tribulations sentimentales d’une jeune trentenaire norvégienne, que le réalisateur décrit ainsi : « une jeune femme spontanée, qui croit qu’on peut changer de vie à sa guise et qui recherche ça, puis qui se retrouve un jour confrontée aux limites du temps et à celles de chacun y compris les siennes ». Comme l’indique le titre français, le récit est structuré en 12 chapitres, plus un prologue et un épilogue, une structure qui, outre la connotation littéraire qu’elle apporte, lui permet de s’affranchir des transitions pour ne montrer que les évènements importants. L’approche est assez délicate, le propos est non-genré et s’écarte un peu des conventions habituelles. L’interprétation de Renate Reinsve est excellente, elle est de tous les plans et montre une belle et plaisante présence à l’écran (Prix d’interprétation féminine à Cannes 2021). Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Des mois qu’Antoinette attend l’été et la promesse d’une semaine en amoureux avec son amant, Vladimir. Alors quand celui-ci annule leurs vacances pour partir marcher dans les Cévennes avec sa femme et sa fille, Antoinette ne réfléchit pas longtemps : elle part sur ses traces ! Mais à son arrivée, point de Vladimir – seulement Patrick, un âne récalcitrant qui va l’accompagner dans son singulier périple… Antoinette dans les Cévennes est une comédie française, écrite et réalisée par Caroline Vignal. Il s’agit de sa seconde réalisation, après Les Autres Filles en 2000. Elle s’est inspirée d’une expérience personnelle et aussi du livre de Robert Louis Stevenson Voyage avec un âne dans les Cévennes publié en 1879. L’intrigue est assez mince mais, heureusement, s’écarte du postulat de départ. Les moments embarrassants du début laissent alors la place à un récit plus ambitieux, celui d’une émancipation, tout en restant drôle et mouvementé. Tout le film repose sur l’actrice Laure Calamy qui joue avec une belle spontanéité apparente mais aussi parfois un peu trop d’exubérance. Avec son cœur d’artichaut et sa naïveté, son personnage finit par nous toucher. L’autre acteur important est l’âne Patrick qui tient merveilleusement son rôle. En prime, nous profitons des somptueux paysages des Cévennes. Un film plaisant qui a connu un beau succès en salles. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Maxime rend visite à son cousin François à la campagne, mais celui-ci a dû s’absenter et c’est sa compagne, Daphné, enceinte de trois mois, qui l’accueille. Pendant quatre jours, Maxime et Daphné font connaissance en se racontant leurs récentes histoires amoureuses aux multiples rebondissements… Les choses qu’on dit, les choses qu’on fait est le dixième long métrage d’Emmanuel Mouret. Une fois de plus, il s’agit d’une « histoire de sentiments » pour reprendre l’expression qu’il met dans la bouche de son personnage principal, expression qu’il préfère aux réductrices « histoires d’amour ». Son scénario est joliment écrit, décrivant avec beaucoup de délicatesse les liaisons qui se font et se défont. Le film cherche à illustrer une thèse du philosophe René Girard sur le caractère mimétique du désir (1), concept qui, il faut bien l’avouer, n’est pas facile à appréhender rapidement et les quelques extraits habilement insérés dans deux ou trois scènes restent un peu obscurs sans que toutefois cela soit gênant. Par beaucoup de points, notamment la direction d’acteurs, Emmanuel Mouret se situe dans la lignée d’Eric Rohmer ou encore d’Alain Resnais. Son cinéma montre plus que jamais une indéniable maturité. A noter, une très belle utilisation de la musique. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
(1) Professeur de littérature à la fin des années cinquante, René Girard (1923-2015) a conçu cette thèse à partir de l’étude des personnages créés par les écrivains. Le philosophe décrit « le caractère mimétique du désir » dans son premier livre, Mensonge romantique et vérité romanesque (1961).
Selon Girard, tout désir est l’imitation du désir d’un autre. Loin d’être autonome (c’est l’illusion romantique), notre désir est toujours suscité par le désir qu’un autre – le modèle – a d’un objet quelconque. Le sujet désirant attribue un prestige particulier au modèle : l’autonomie métaphysique ; il croit que le modèle désire par lui-même. Le rapport n’est pas direct entre le sujet et l’objet : il y a toujours un triangle. À travers l’objet, c’est le modèle, que Girard appelle médiateur, qui attire ; c’est l’être du modèle qui est recherché. (Merci Wikipédia)
Le philosophe a ensuite étendu son analyse au sacré et à la violence collective.
Julia Piaton, Niels Schneider et Jenna Thiam dans Les choses qu’on dit, les choses qu’on fait de Emmanuel Mouret.
Deux étudiants, Gatsby et Ashleigh, envisagent de passer un week-end en amoureux à New York. Ashleigh a en effet obtenu de pouvoir interviewer un réalisateur en vue pour le journal de son université. Gatsby, originaire de la ville, a prévu de l’emmener dans plein d’endroits mais rien ne va se passer comme prévu…
A plus de quatre-vingts ans, Woody Allen n’a rien perdu de son talent pour écrire des comédies romantiques douces et élégantes. Celle-ci a beaucoup de légèreté et, indéniablement, moins de profondeur que la plupart de ses films récents. Elle est marquée d’une certaine candeur. Bien entendu, le cinéaste s’en donne à cœur joie pour trouver les lieux qui rendent sa ville de prédilection la plus plaisante de toutes. Un jour de pluie à New York est un petit délice bien agréable. Elle: Lui :
Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 3,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Remarque :
* Un jour de pluie à New York est le troisième film de Woody Allen produit avec Amazon studios. Amazon a décidé de ne pas distribuer le film aux Etats-Unis en raison des accusations portées par la fille adoptive de Woody Allen et Mia Farrow. Néanmoins, le long-métrage est sorti dans le reste du monde.
Timothée Chalamet et Elle Fanning dans Un jour de pluie à New York (A Rainy Day in New York) de Woody Allen.
Alors qu’ils viennent de terminer leurs études, Harry Burns et Sally Albright font voiture commune pour aller de Chicago à New York. La conversation est animée car Harry est persuadé qu’entre hommes et femmes, il ne peut pas y avoir d’amitié parce que le sexe est toujours présent ce que Sally refuse d’admettre. Ils se revoient cinq années plus tard…
A sa sortie, Quand Harry rencontre Sally… a fait l’effet d’une petite bombe dans le monde de la comédie car il parlait de façon directe et très naturelle de sujets ayant trait à la sexualité, ici principal ressort de l’humour. Il a surtout fait cet effet auprès des trentenaires qui se sont facilement reconnus en Harry ou en Sally. Le ton est très léger, l’humour reposant sur le fait qu’Harry a de grandes théories sur les rapports hommes/femmes. Le scénario de Nora Ephron est assez subtil car il évite toute vulgarité. Billy Cristal a participé aux dialogues pour rendre son personnage encore plus drôle. La scène de l’orgasme simulé par Meg Ryan en plein restaurant est devenue l’une des plus célèbres du cinéma. Bien entendu, on peut reprocher le manque de profondeur, mais ce n’est pas le but. Dire que Quand Harry rencontre Sally… a renouvelé le genre de la comédie romantique n’est pas exagéré : cette façon d’aborder sans gêne des sujets un peu tabous a été maintes fois reprise par la suite. Elle: Lui :
Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 5,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Une jeune femme rencontre au sommet de l’Empire State Building un architecte qui l’invite à dîner. L’homme, qui sort d’une liaison compliquée, est séduit par sa spontanéité et son ingénuité… La Lune était bleue (The Moon Is Blue) est au départ une pièce de F. Hugh Herbert qu’Otto Preminger avait lui-même montée à Broadway avec grand succès. Il s’agit d’une comédie légère dont l’humour joue beaucoup sur le caractère de la jeune femme : sa fraicheur et sa franchise la portent à parler de tout très directement. Comme un enfant, sa curiosité la pousse à poser des questions inattendues. Elle n’est toutefois ni stupide ni inexpérimentée ; elle prend d’ailleurs le dessus et emmène tout le monde là elle veut aller. Elle est aussi particulièrement volubile, les dialogues sont abondants et brillants ce qui donne à l’ensemble un parfum de marivaudage moderne. Maggie McNamara connait bien le rôle puisqu’elle l’a déjà tenu sur les planches à Chicago. Face à elle, William Holden paraît étonnamment vulnérable et David Niven est parfait dans un rôle qui semble taillé pour lui. Cette comédie gentille est le premier film sorti par un grand studio sans l’agrément de la censure. Le film fut un succès. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
William Holden, Maggie McNamara et David Niven dans La Lune était bleue de Otto Preminger.
Remarques :
* Aussi étonnant que cela puisse paraître aujourd’hui, le scénario fut refusé par la censure car il « présentait de façon gaie et légère la séduction et la possibilité du sexe en dehors du mariage » (contrairement à la légende, le rejet n’était pas seulement motivé par l’emploi des mots « vierge », « maitresse » et « séduction »). Les présidents d’United Artists soutinrent Preminger qui put donc tourner son scénario malgré ce refus. The Moon Is Blue devint ainsi le premier film sorti par une Major sans l’autorisation du PCA (Production Code Administration) depuis la généralisation de ce code Hays aux alentours de 1934.
Le film terminé fut donc banni de nombreuses petites villes… ou montré à des audiences non-mixtes (seulement des hommes ou seulement des femmes!) Certains états interdirent le film. Le plus coriace fut le Kansas et United Artists dut aller jusqu’à la Cour Suprême pour faire lever l’interdiction. Cette affaire eut pour résultat d’affaiblir l’influence du code de censure. Le strict Joseph Breen démissionnera dès l’année suivante en 1954. Le Code périclitera ensuite lentement jusqu’à sa disparition totale au milieu des années 60.
* Le film fut fermement condamné par les organismes catholiques américains (National Catholic Legion of Decency et Catholic Parent-Teacher League). En revanche, en France, le journal La Croix vantait sa fantaisie et son charme.
* Une version en langue allemande a été tournée en parallèle : Die Jungfrau auf dem Dach avec Hardy Krüger, Johannes Heesters et Johanna Matz. Krüger et Matz font une courte apparition dans la version anglaise (le couple de touristes qui attend pour se servir de la longue-vue panoramique au somment de l’Empire State à la fin du film). Holden et McNamara apparurent de la même façon dans la version allemande. Le chauffeur de taxi est interprété par Gregory Ratoff dans les deux versions.
L’affiche conçue par Soul Bass pour La Lune était bleue de Otto Preminger.
* Une lune bleue est la pleine lune supplémentaire qui se produit lorsqu’une année comporte 13 pleines lunes, au lieu de 12 habituellement (12 fois 29 jours 1/2 est en effet inférieur à 365 jours). Le terme n’est pas vraiment courant en français. En revanche, en anglais, l’expression « once in a blue moon » est assez courante. Elle est équivalente à notre « tous les 36 du mois », c’est à dire « assez rarement » (voire jamais). L’origine de l’expression n’est pas connue (car, bien entendu, la lune n’est jamais bleue).
Par un jour de pluie à New York, la voiture de Philip Shayne, riche homme d’affaires, éclabousse Cathy Timberlake, jeune femme à la recherche d’un emploi qui sortait du métro. Il envoie son directeur financier lui présenter des excuses et lui offrir une nouvelle robe. Outrée par ce manque de galanterie, Cathy décide d’aller à la rencontre de Philip et de le lui faire savoir. Mais au lieu de cela, elle tombe sous son charme…
Le thème de l’homme très riche qui tombe amoureux d’une jeune femme bien moins fortunée que lui n’est pas vraiment nouveau dans le cinéma hollywoodien. Tous les motifs récurrents du thème sont bien présents. hélas, si le film ne manque pas de moments amusants, l’ensemble ne parvient pas à déclencher l’enthousiasme. Doris Day se démène beaucoup (trop sans doute) mais Cary Grant semble peu concerné. En fait, l’humour le plus réussi vient d’un personnage secondaire, un conseiller financier constamment dépressif (Gig Young) qui se réfugie fréquemment chez son psychiatre. A noter que les deux acteurs principaux, choisis pour leur notoriété, sont bien trop âgés pour leur rôle (Doris Day a 38 ans alors que son personnage est censée n’en avoir que 23-25 et Cary Grant a 58 ans). Cette comédie très conventionnelle fut l’un des plus gros succès de l’année 1962. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)