12 février 2022

Décision à Sundown (1957) de Budd Boetticher

Titre original : « Decision at Sundown »

Décision à Sundown (Decision at Sundown)Bart Allison traque un certain Tate Kinsbrough depuis trois ans. Son ami Sam a découvert qu’il était l’homme fort de la petite ville de Sundown. Les deux compères arrivent en ville le jour même où Kinsbrough va se marier. Bart compte bien interrompre la cérémonie…
Decision at Sundown est un western américain de Budd Boetticher sur un scénario de Charles Lang Jr. C’est l’un des sept westerns que Boetticher a tournés avec Randalph Scott. C’est un western très inhabituel sur plusieurs aspects : le héros n’est pas vraiment animé de sentiments nobles, sa stratégie est déroutante, le centre du récit se déplace vers la population de la petite ville et enfin le dénouement est pour le moins singulier (difficile d’en dire plus sans déflorer l’ensemble). Même les rapports entre le « héros » et son compère ne sont pas habituels. Le récit se déroule presque en temps réel avec une belle tension, on ne s’ennuie pas une seconde. Comme souvent, le réalisateur a placé de petites touches d’humour en début de film. La mise en scène est sobre et neutre, rigoureuse dans sa simplicité. Randalph Scott n’a pas sa superbe habituelle et paraît un peu âgé pour le rôle. Decision at Sundown n’est jamais sorti en salles en France. C’est un western qui vaut la peine d’être (re)découvert.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Randolph Scott, John Carroll, Karen Steele, Valerie French, Noah Beery Jr., John Archer
Voir la fiche du film et la filmographie de Budd Boetticher sur le site IMDB.

Voir les autres films de Budd Boetticher chroniqués sur ce blog…
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Remarque :
* Egalement utilisé à la télévision française, le titre belge, Le vengeur agit au crépuscule, peut surprendre : il y a bien un « vengeur » dans cette histoire mais de « crépuscule » point (l’histoire se déroule sur quelques heures et se termine en milieu d’après-midi). En revanche, le nom de la ville est Sundown, qui en anglais signifie bien « crépuscule ». Donc, soit c’est un gros jeu de mots, soit la personne qui a traduit le titre n’a pas vu le film et s’est mépris sur le sens du mot ! A noter que, pour donner du sens au titre,  l’affiche a été teintée de couleurs crépusculaires…

Décision à Sundown (Decision at Sundown)Randolph Scott et Noah Berry Jr. dans Décision à Sundown (Decision at Sundown) de Budd Boetticher.

Une réflexion sur « Décision à Sundown (1957) de Budd Boetticher »

  1. Un barman philosophe (« Si vous aviez tenu un bar aussi longtemps que moi, vous n’en attendriez pas autant de la race humaine »), un pasteur alcoolique honteux aux ambitions brisées comme la bouteille qu’il cache dans sa veste, un barbier cynique et couard, un shérif pétochard, fourbe et incompétent, une promise pas vraiment innocente, un ex-futur beau-père très intéressé, un « méchant » pas si mauvais que cela et surtout un « héros » absolument antipathique, de surcroît complètement cocu au vu et au su de tous et en fin de compte totalement minable : seulement 01 heure et 17 minutes pour un western atypique remarquablement écrit et d’une densité psychologique étonnante, que l’on pourrait résumer par l’expression : « Les masques tombent » !
    « If you marry this man, you will be a widow by sundown », déclare Scott à la 23ème minute ! L’idée de « Décision au crépuscule » n’est donc pas complètement absente du film, d’autant plus que Scott la quitte, cette ville de Sundown, lorsque le soleil se couche et que la tragédie-comique touche à sa fin ! Vous rajoutez à tout cela une Valérie French (Jubal…) absolument « délicieuse » (comme dirait Macron), un « gunfight » final au dénouement inattendu… et vous obtenez un réel moment de félicité cinématographique ! « Série B », vous avez dit ? Et puis, rien que pour voir la mythique et habituellement impeccable chemise d’un pathétique Randolph Scott lamentablement maculée de whisky…

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