À Strasbourg, Marie se prostitue depuis vingt ans. Elle a son bout de trottoir, ses habitués, sa liberté. Pour assurer l’avenir de son fils de 17 ans, Marie veut lui payer des études de chef-cuisinier dans un institut privé. Il lui faut de l’argent, vite… Une femme du monde est un film français écrit et réalisé par Cécile Ducrocq, son premier long métrage. On ne peut dire que le scénario soit vraiment passionnant, ni qu’il réserve des développements inattendus. Le film vaut surtout par la remarquable interprétation de Laure Calamy et la femme qu’elle interprète se montre pleine de vie, équilibrée malgré ses difficultés, combative et au final attachante. Elle: – Lui :
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Remarque :
* Le film est le prolongement d’un court-métrage réalisé par Cécile Ducrocq en 2014, La Contre-allée, dans lequel Laure Calamy jouait déjà ce personnage de Marie.
Nissim Renard et Laure Calamy dans Une femme du monde de Cécile Ducrocq.
Mars 1947. Le Palais du Vice-Roi à Delhi accueille en grande pompe Lord Mountbatten nommé Vice-Roi des Indes. Il sera le dernier car, après 300 ans de domination anglaise, il doit préparer le pays à l’indépendance. Mais la tâche s’avérera bien plus ardue que prévu. Les violents conflits religieux le forcent à entériner la partition des Indes et la création d’un nouvel état musulman, le Pakistan… Le Dernier Vice-Roi des Indes est un film historique réalisé par Gurinder Chadha, réalisatrice britannique d’origine indienne. Aux faits historiques est mêlée une histoire d’amour entre deux jeunes indiens au service du Palais que la religion oppose. Bien que très classique, ce procédé permet de mieux nous faire saisir les tragédies que la Partition a engendrées. A noter que les grands-parents de la réalisatrice ont fait partie des millions de personnes déplacées par la Partition de 1947. Toutefois, elle ne prend pas partie, elle cherche surtout à montrer comment la violence éclatait de toutes parts. Sur le plan historique, le film a été critiqué pour sa présentation de la Partition comme le résultat d’un complot secret de Winston Churchill pour barrer la route aux soviétiques (1). Ce point précis arrive toutefois tardivement dans le récit (et de façon presque anecdotique) et n’ajoute rien au propos. Malgré cela, le film reste intéressant. En Inde, la version doublée en Hindi est sortie sous le simple titre « Partition : 1947 ». Elle: – Lui :
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Voir les autres films de Gurinder Chadha chroniqués sur ce blog…
(1) La réalisatrice s’est défendue en disant qu’elle s’était inspirée d’un livre de Narendra Singh Sarila, The Shadow of the Great Game: The Untold Story of India’s Partition (paru en 2006), qui se disait basé sur des documents secrets découverts à la British Library. Peu étayée, cette thèse qui tend à dédouaner Lord Mountbatten n’a convaincu aucun historien qui l’ont qualifiée de « conspirationniste ». A noter qu’en 1947, Winston Churchill n’était pas premier ministre (il s’agissait du travailliste Clement Attlee).
Hugh Bonneville et Gillian Anderson dans Le Dernier Vice-Roi des Indes (Viceroy’s House) de Gurinder Chadha.
Manish Dayal et Huma Qureshi dans Le Dernier Vice-Roi des Indes (Viceroy’s House) de Gurinder Chadha.
À Londres, le policier Nicholas Angel est le meilleur de son équipe. Afin de faire cesser la comparaison avec le reste de sa brigade, son chef lui offre une promotion forcée dans le petit village de Sandford (Gloucestershire) vainqueur depuis plusieurs années du titre de « Village de l’année ». Il ne s’y passe quasiment rien selon l’association des propriétaires des commerces de la ville… Hot Fuzz est un film britannique réalisé par Edgar Wright qui en a co-écrit le scénario avec Simon Pegg. Après avoir parodié les films de zombies dans Shaun of the Dead (2004), le duo s’est emparé du genre du film d’action et nous livre un film à l’humour débridé et absurde. Même si l’ensemble manque un peu de brillance et de cohésion, de nombreux gags sont réussis et nous font passer un bon moment. Succès en salles. Elle: – Lui :
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Un journal américain du Kansas possède une antenne nommée The French Dispatch à Ennui-sur-Blasé, dans la France des années 1950-60. Son rédacteur en chef meurt subitement et, selon les souhaits exprimés dans son testament, la publication du journal sera suspendue après un dernier numéro d’adieu, dans lequel trois articles des éditions précédentes du journal sont republiés ainsi qu’une nécrologie… The French Dispatch est un film américain écrit et réalisé par Wes Anderson. C’est le dixième long-métrage du réalisateur. Il nous baigne dans une France un peu fantasmée où le cinéaste multiplie les références au cinéma français. Il annonce la couleur dès le début du film avec une séquence où il reproduit presqu’à l’identique le si pittoresque escalier de Jacques Tati dans Mon Oncle. Le style de Wes Anderson est toujours aussi plaisant, coloré, ludique avec une grande liberté (et une bonne dose d’audace) dans la forme. Des trois grandes histoires qu’il nous conte, la première, Le chef-d’œuvre de béton avec Guillermo del Toro et Léa Seydoux, est la plus originale et la plus réussie. Après ce début enthousiasmant, les deux autres histoires déçoivent un peu, à la fois car elles sont moins fortes et aussi par leur interprétation plus fade. L’ensemble reste très plaisant. Elle: – Lui :
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Remarques :
* Pour Wes Anderson, The French Dispatch est un mélange de trois choses : « Un recueil d’histoires, ce que j’ai toujours eu envie de faire ; un film inspiré par le New Yorker et le genre de journalistes et d’auteurs qui ont fait la réputation du magazine ; et, puisque j’ai passé beaucoup de temps en France au fil des ans et que j’ai toujours voulu faire un film français, c’est aussi un film lié au cinéma français. » (Extrait du dossier de presse)
* Si la ville d’Ennui-sur-Blasé est bien entendu Paris, le tournage s’est déroulé à Angoulême.
* Le personnage de Rosenthaler, le peintre fou, trouve son inspiration dans le héros clochard de la comédie de Jean Renoir Boudu sauvé des eaux (1932), campé par Michel Simon.
* J.K.L. Berensen, campée par Tilda Swinton dans l’histoire « Le chef-d’œuvre de béton », est un personnage inspiré par la journaliste et conférencière Rosamond Bernier (1916-2016), fondatrice de la revue d’art L’Oeil.
* La seconde grande histoire s’inspire très librement de Mai 68 et notamment de l’appel à la liberté sexuelle lancé par Daniel Cohn-Bendit, alors étudiant à Nanterre.
Timothée Chalamet (en Daniel Cohn-Bendit) et Lyna Khoudri dans The French Dispatch de Wes Anderson.
Deux jeunes voyous commettent de petits larcins et s’amusent à terroriser les habitants de leur quartier. A la suite d’un vol de voiture, ils doivent fuir et entraînent avec eux une fille gentille et maussade… Les Valseuses est le deuxième long-métrage de fiction réalisé par Bertrand Blier. Il s’agit d’une adaptation de son roman homonyme qui connut un certain succès éditorial en 1972. C’est un film assez provocateur qui fit scandale du fait d’une certaine vulgarité et parce qu’il rendait sympathiques ces deux loubards. On l’a aussi accusé d’être misogyne. Le film est indéniablement tout cela mais Les Valseuses fut surtout un pavé dans la mare du cinéma français qui était un peu trop sage aux yeux de Bertrand Blier. Son récit n’est pas dénué de profondeur car il ne se contente pas de nous bousculer avec son humour irrévérencieux : il parvient à faire ressentir chez ses personnages un fort appétit de vivre mêlé à certain désespoir. Malgré les situations parfois très choquantes (viols) et le malaise que l’on peut ressentir, l’humour est omniprésent, un humour noir, alimenté par des dialogues très crus. On ressent un plaisir un peu coupable. Banni par la critique, Les Valseuses connut un énorme succès en salles. Le film révéla Gérard Depardieu, Patrick Dewaere et Miou-Miou. Elle: – Lui :
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Professeur à l’université, Hélène a depuis quelques mois une relation passionnée avec un homme dont elle ne sait presque rien, si ce n’est qu’il est russe et marié. Elle ne vit que dans l’attente du prochain rendez-vous… Passion simple est un film français réalisé par Danielle Arbid. Il est adapté du roman (paru en 1992) autobiographique d’Annie Ernaux qui a reçu le Prix Nobel de littérature en 2022. Danielle Arbid a visiblement pris le parti de la simplicité pour son approche de cette relation essentiellement physique, portant un regard neutre, sans jugement, sans étude de cas. Il n’y a que peu de dialogues, peu de pensées intérieures, très peu de personnages secondaires. Très cru mais sans être dérangeant, le film est une suite de scènes d’amour physique avec quelques scènes de vie. Il paraît vite répétitif. La cinéaste filme les corps de très près, les visages également. Le film a reçu d’assez bonnes critiques. Elle: Lui :
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Laetitia Dosch et Sergei Polunin dans Passion simple de Danielle Arbid.
Remarque :
* Sergueï Polounine est un danseur de ballet ukrainien, ancien danseur du Royal Ballet, ayant pris la nationalité russe en 2018. Il arbore un tatouage du président russe sur son épaule.
Wayne Campbell et Garth Algar ont enfin quitté le domicile parental. Wayne ne sait pas très bien dans quel sens diriger sa vie. Une nuit, un indien lui apparait en rêve. Il le conduit dans le désert dans le désert rencontrer Jim Morrison qui lui annonce qu’il doit organiser, dans sa ville d’Aurora, un grand festival rock… Wayne’s World 2 fait suite à Wayne’s World, sorti un an plus tôt. On retrouve le même trio à l’écriture, Mike Myers, Bonnie Turner et Terry Turner, mais pas la réalisatrice du premier volet avec laquelle Mike Myers avait eu du mal à s’entendre. Ce second opus est moins réussi que le premier. Plus policé, cadré par un scénario plus écrit, le film est moins déjanté. L’humour est un peu plus potache. Les gags fonctionnent toutefois assez bien dans l’ensemble et les deux lunatiques compères sont toujours aussi attachants, mais il n’y a plus ce grain de folie qui rendait le premier si différent. On remarquera plusieurs parodies de films, la plus longue étant celle du Lauréat, assez savoureuse. Le film connut un succès bien moindre. Il n’y aura pas de « 3 »… Elle: – Lui :
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Remarque :
* Apparitions de Drew Barrymore, Charlton Heston, Aerosmith, Rip Taylor, James Hong.
* Stephen Surjik, le réalisateur, apparait dans le rôle du pompiste accusé de mal jouer…
Dana Carvey et Mike Myers dans Wayne’s World 2 de Stephen Surjik.
Dans la banlieue de Chicago (Aurora, Illinois), Wayne Campbell et Garth Algar animent une émission qu’ils émettent depuis le sous-sol de la maison de leurs parents. Le producteur d’une chaîne de télévision locale tombe par hasard sur leur programme et les engage pour servir les intérêts de marketing d’un de ses clients…
Wayne’s World est basé sur un sketch créé par Mike Myers pour l’émission Saturday Night Live. (Après The Blues Brothers en 1980, ce fut le deuxième long métrage basé sur un sketch de cette émission de télévision, il y en aura neuf autres ensuite). C’est une comédie déjantée dont, assez logiquement, l’humour ne fonctionnera pas auprès de tous les spectateurs. Ce n’est pas un humour potache, il n’y a aucune lourdeur ni vulgarité. C’est un humour foldingue qui fonctionne bien grâce à ses personnages ; naïfs, même simplets, sans méchanceté, ils semblent planer au dessus de la réalité. La musique tient une belle place (à noter que Tia Carrere chante réellement) et la bande originale connut le même grand succès que le film. Elle: – Lui :
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Remarques :
* La statue de voitures sur une pique géante s’appelait Spindle et existait vraiment à l’entrée d’un centre commercial de Berwyn (banlieue de Chicago) non loin d’Aurora. Elle fut démantelée en 2008.
* Apparitions de Alice Cooper, dans son propre rôle, et de Robert Patrick (Terminator).
* Penelope Spheeris, la réalisatrice, fait une apparition dans le rôle de la femme dans la cabine lors de l’enregistrement du premier épisode.
Mike Myers et Dana Carvey dans Wayne’s World de Penelope Spheeris.
Tia Carrere dans Wayne’s World de Penelope Spheeris.
Emmanuèle, une romancière épanouie, est appelée en urgence : son père, âgé de 85 ans, vient d’être hospitalisé après un accident vasculaire cérébral. Quand il se réveille, diminué et dépendant, cet homme curieux de tout et aimant passionnément la vie, demande à sa fille de l’aider à mourir… Tout s’est bien passé est un film français écrit et réalisé par François Ozon. Il s’agit de l’adaptation du roman paru en 2013 d’Emmanuèle Bernheim, dans lequel elle narrait sa propre histoire avec son père. La romancière, aujourd’hui décédée, était restée amie avec François Ozon après leur collaboration sur l’écriture de Sous le sable, de Swimming Pool et de 5×2. L’euthanasie est bien entendu un sujet délicat sur lequel chacun aura certainement des convictions. Tout s’est bien passé n’a toutefois rien d’un film militant, il ne cherche pas à convaincre. C’est le récit du trajet personnel de la romancière qui, au départ fortement opposée à l’idée, doit peu à peu se résoudre à accepter la volonté de son père. La gravité du sujet est légèrement contrebalancée par de petites touches d’humour ici et là. Très belle distribution. La transformation d’André Dussollier est stupéfiante, on ne le reconnaît qu’à grand-peine, et son jeu est remarquable. Sophie Marceau est tout autant admirable dans l’interprétation de son personnage qu’elle donne l’impression de vivre vraiment. Un film assez frappant. Elle: – Lui :
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Remarque :
* Dans la vraie vie, le compagnon d’Emmanuèle Bernheim (interprété par Eric Caravaca) n’est autre que Serge Toubiana, bien connu des cinéphiles, directeur de la Cinémathèque française de 2003 à 2016 (ce qui explique ses propos sur le cinéma).
Sophie Marceau, Géraldine Pailhas et André Dussollier dans Tout s’est bien passé de François Ozon.
Sophie Marceau et André Dussollier dans Tout s’est bien passé de François Ozon.
Après une longue absence, Claire est revenue à Paris après la disparition de son amie Agathe, actrice de théâtre. A l’Hôtel Druot, elle déambule parmi ses objets qui vont être mis en vente. Elle retrouve Matthieu qui a été, et est toujours, secrètement amoureux d’elle… Jamais plus toujours est un film français écrit et réalisé par Yannick Bellon. Plus encore que dans ses autres films, la cinéaste donne une grande importance aux objets qui ont des multiples fonctions : ils nous accompagnent dans une vie mais peuvent en démarrer une autre après notre disparition (revente), ou être détruits (machine à broyer), ou transformés (cas du jeune couple), ou encore faire office de mémoire (cartes postales, scène finale dans le futur). Ils créent les rapports entre les personnes, ils sont un lien dans le temps. Car c’est aussi une réflexion sur le temps, sur la fragilité des sentiments, sur les échanges fugaces. Yannick Bellon filme tout cela avec douceur et délicatesse, avec de lents travelings qui nous enveloppent et même nous envoutent. Une belle réflexion philosophique. Elle: – Lui :
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