1 novembre 2019

Les Nouveaux Héros (2014) de Don Hall et Chris Williams

Titre original : « Big Hero 6 »

Les Nouveaux Héros (Big Hero 6)Hiro Hamada est un génie de la robotique âgé de 14 ans, qui vit dans la ville fictive et futuriste de San Fransokyo (une ville hybride entre San Francisco et Tokyo). Son frère aîné Tadashi l’emmène au centre de robotique de son université où il travaille sur des projets futuristes. À la suite de cette visite, Hiro veut à tout prix rentrer dans cette école. Pour passer l’examen d’entrée, il conçoit un micro-robot révolutionnaire…
Les Nouveaux Héros (Big Hero 6) est le premier film d’animation Disney à utiliser des personnages de l’univers Marvel Comics (Disney a racheté Marvel en 2009). Il se montre différent du style habituel de Disney, réalisant une symbiose entre la culture japonaise et la culture américaine. Le rythme est rapide. Les personnages sont assez variés et attachants mais la plus grande réussite est le robot Baymax, bon gros bibendum-nounours qui ne veut que du bien aux personnes qu’il rencontre. La réalisation est parfaite. Marvel et Disney sont habituellement sur des registres très différents mais le rapprochement et le mélange sont ici assez réussis. (A partir de 3 ans)
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs:
Voir la fiche du film et la filmographie de Don Hall et Chris Williams sur le site IMDB.
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Les Nouveaux Héros (Big Hero 6)Le robot Baymax et le petit génie dans Les Nouveaux Héros (Big Hero 6) de Don Hall, Chris Williams.

Les Nouveaux Héros (Big Hero 6)La ville de San Fransokyo dans Les Nouveaux Héros (Big Hero 6) de Don Hall, Chris Williams.

Les Nouveaux Héros (Big Hero 6)Certaines scènes de rues sont techniquement très impressionnantes (nombre de personnages différents, nombre de comportements différents) dans Les Nouveaux Héros (Big Hero 6) de Don Hall, Chris Williams.

30 octobre 2019

Boomerang (1947) de Elia Kazan

Boomerang (Boomerang!)Dans une ville du Connecticut aux Etats-Unis, un prêtre, aimé de tous, est assassiné un soir en pleine rue. Les habitants sont scandalisés et réclame des résultats à la police mais l’enquête piétine. L’impatience gagne les autorités de la ville car les élections sont proches. Un suspect est enfin arrêté…
Boomerang est basé sur une histoire vraie (survenue en 1924) et le scénario suit fidèlement les évènements réels en les replaçant à l’époque actuelle. Elia Kazan est allé tourner sur place (1) et certains figurants sont des habitants de la ville. Outre l’intrigue policière, le film dénonce la corruption politique et la dépendance des procureurs aux édiles. Il met en avant l’intégrité d’un procureur qui, malgré les pressions, cherchera avant tout la justice. Kazan filme en grande partie en décors naturels avec une caméra très mobile et donne au film un fort parfum de réalisme (on attribue ce goût pour le réalisme à sa rencontre avec le producteur Louis de Rochemont). L’interprétation est excellente, y compris les seconds rôles. Boomerang est le deuxième long métrage d’Elia Kazan.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs : Dana Andrews, Jane Wyatt, Lee J. Cobb, Cara Williams, Arthur Kennedy, Sam Levene
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Boomerang (Boomerang!)Dana Andrews et Lee J. Cobb dans Boomerang (Boomerang!) de Elia Kazan.

Boomerang (Boomerang!)Arthur Kennedy et Dana Andrews dans Boomerang (Boomerang!) de Elia Kazan.

(1) Les évènements réels se sont déroulés à Bridgeport, Connecticut. Elia Kazan a tourné à quelques kilomètres de là, à Stamford, Ct.

27 octobre 2019

Paranoïa (2018) de Steven Soderbergh

Titre original : « Unsane »

Paranoïa (Unsane)Une jeune femme, convaincue d’être harcelée, va consulter une psychologue et se retrouve enfermée contre son gré dans une institution psychiatrique. Alors même qu’elle tente de convaincre tout le monde qu’elle est en danger, elle commence à se demander si sa peur est fondée ou le fruit de son imagination…
Paranoïa fait partie de ces petits films que Steven Soderbergh affectionne de nous concocter entre ses plus grosses productions. Il l’a tourné en dix jours, entièrement à l’Iphone (doté d’un objectif externe tout de même, le plus souvent un 18mm), avec un budget réduit. L’image est donc plutôt laide, avec beaucoup de déformations dues au grand angle ; le travail sur les éclairages est visiblement réduit au minimum. Cependant, la piètre qualité de l’image sert le sujet car elle insinue en nous un certain malaise, nous déstabilise et contribue ainsi à nous mettre en empathie avec l’héroïne. Le scénario réserve beaucoup de surprises et ne laisse que peu de répit. Par certains aspects, Paranoïa évoque Vol au dessus d’un nid de coucou, en plus kafkaïen toutefois, mais ce n’est pas tout, il y a aussi autre chose… Claire Foy fait une prestation vraiment remarquable. Paranoïa a été reçu fraichement par la critique et le public. Il est pourtant réussi.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Claire Foy, Joshua Leonard, Amy Irving, Jay Pharoah, Juno Temple
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Remarques :
* Il est préférable de ne pas trop lire de critiques avant de voir le film car il est important de ne pas savoir comment le scénario va évoluer. La plupart des critiques emploie en effet un mot pour caractériser le film qui donne trop d’indications.

Paranoïa (Unsane)Claire Foy dans Paranoïa (Unsane) de Steven Soderbergh.

Paranoïa (Unsane)Juno Temple et Claire Foy dans Paranoïa (Unsane) de Steven Soderbergh.

Paranoïa (Unsane)Steven Soderbergh filme Claire Foy dans Paranoïa (Unsane).

* Trois Iphone 7 Plus ont été utilisés : « Les objectifs, de la marque Moment, sont très petits. Nous en avons utilisé trois : un 18 mm, un 60 mm, et un fisheye. Globalement, le 18 mm a été notre objectif par défaut. Il m’est aussi arrivé à l’occasion d’utiliser l’objectif intégré, quand la focale était adéquate. »

25 octobre 2019

Le Cavalier électrique (1979) de Sydney Pollack

Titre original : « The Electric Horseman »

Le Cavalier électrique (The Electric Horseman)Après avoir été cinq fois champion du monde de rodéo, Sonny Steele s’est retiré de la compétition. Il a accepté d’être la mascotte d’une marque de céréales et se produit dans des shows avec un costume de lumières. Acceptant mal cette déchéance, il sombre dans l’alcool. Un show à Las Vegas va être le gala de trop…
Le Cavalier électrique est un film qui ne doit son existence qu’à un concours de circonstances. Alors que Sydney Pollack est forcé d’abandonner un projet qui lui tient à cœur (1), il doit trouver en catastrophe un nouveau sujet pour éviter de renvoyer toute son équipe. Il s’empare d’un projet qui trainait dans les tiroirs, un roman de Shelly Burton qui intéressait un peu tout le monde sans convaincre vraiment aucun réalisateur. Après une demi-douzaine de tentatives d’écritures, il finit par transformer totalement l’histoire pour en faire une comédie portée par certains de ses thèmes favoris : l’homme en rupture, l’opposition nature/modernité. De plus, il en profite pour porter un regard très critique sur le monde du show-business et de la publicité. Le récit traîne un peu en longueur dans son dernier tiers. Le couple formé par Jane Fonda et Robert Redford fonctionne très bien à l’écran (l’affiche du film ci-contre met en avant le rapprochement de ces deux stars). Robert Redford a fait lui-même les cascades à cheval. Dans les seconds rôles, le chanteur country Willie Nelson fait sa première apparition à l’écran et signe plusieurs morceaux de la bande sonore. Le film connut un franc succès à sa sortie.
Elle: 4 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Robert Redford, Jane Fonda, Valerie Perrine, Willie Nelson, John Saxon
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(1) Le projet initial de Sydney Pollack était de tourner l’adaptation d’un gros roman de Robert Penn Warren A Place to Come To. Le cinéaste dut finalement renoncer face aux difficultés d’écriture et de préparation du tournage qui s’amoncelèrent. Cette adaptation ne verra jamais le jour.

Le Cavalier électrique (The Electric Horseman)Robert Redford dans Le Cavalier électrique (The Electric Horseman) de Sydney Pollack.

Le Cavalier électrique (The Electric Horseman)Jane Fonda et Robert Redford dans Le Cavalier électrique (The Electric Horseman) de Sydney Pollack.

23 octobre 2019

Jackie (2016) de Pablo Larraín

JackieNovembre 1963. Une semaine après l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy dans les rues de Dallas, un journaliste se rend à Hyannis Port (en) dans le Massachusetts pour y interviewer Jacqueline Kennedy. Elle lui raconte les détails des jours qui ont suivi l’assassinat jusqu’aux funérailles…
Jackie n’est pas un biopic : le sujet n’est pas de tracer le portrait de l’ancienne Première dame des États-Unis mais de raconter ces quelques jours vus à travers ses yeux. Assez curieusement (1), c’est un réalisateur chilien qui a été chargé de le réaliser. Il tourne ainsi son premier film aux Etats-Unis. Le scénario est en grande partie basé sur le reportage du journaliste interviewer, qui est dans la réalité Theodore H. White, célèbre journaliste politique américain qui a obtenu le prix Pulitzer en 1962. La production s’est efforcée de reconstituer dans les détails les lieux, les habits portés et Natalie Portman a dû travailler sa diction (rappelons que Jacqueline Kennedy était anglaise). Même s’il n’est pas dénué d’intensité, l’ensemble est un peu moins intéressant qu’attendu mais le film propose néanmoins une vision inattendue de cet évènement historique en montrant l’importance et la place du style, y compris dans ces moments extrêmes. Jackie a reçu de bonnes critiques.
Elle: 3 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Natalie Portman, Peter Sarsgaard, Greta Gerwig, Billy Crudup, John Hurt, Richard E. Grant
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(1) Jackie devait être à l’origine tourné par Darren Aronofsky, avec Rachel Weisz dans le rôle principal. Les deux ont finalement abandonné le projet, Aronofsky restant toutefois producteur du film.

JackiePeter Sarsgaard (Bob Kennedy) et Natalie Portman dans Jackie de Pablo Larraín.

13 octobre 2019

Le Cheval de fer (1924) de John Ford

Titre original : « The Iron Horse »

Le Cheval de fer (The Iron Horse)Le tout jeune Davy Brandon assiste impuissant à la mort de son père, un géomètre visionnaire, tué par un indien qui n’a plus que deux doigts à une main. Plus tard (en 1863), il participe au grand rêve de son père : le chantier de la première ligne transcontinentale de chemin de fer…
Pour répliquer au grand succès de la Paramount, La Caravane vers l’Ouest (The Covered Wagon, 1923) de James Cruze, la Fox décide de mettre en chantier un grand film qui raconte la construction du chemin de fer et en confie la concrétisation à John Ford. Le réalisateur de 29 ans va confirmer ses qualités pour mener des grandes équipes : cinq mille figurants dont huit cents Indiens, deux mille chevaux, mille trois cents bisons, dix mille têtes de bétail. On lui prête également deux locomotives d’époque dont l’une avait participé au chantier. Le tournage dans le Nevada se fit dans des conditions rudimentaires proches de celles des pionniers de la ligne, sous un climat très rude. John Ford s’attache à bien restituer la dimension historique de son récit, avec notamment la présence de Lincoln, tout en introduisant une histoire de vengeance personnelle. Les images de multitudes, que ce soient les hommes ou les animaux en vastes troupeaux, sont impressionnantes et très belles, le cinéaste montre déjà son talent pour utiliser graphiquement les grands espaces et les lignes de cavaliers. Son film n’est pas sans défaut mais sa maitrise de la mise en scène est déjà remarquable. Le film fut un très gros succès pour la Fox et a participé au regain de popularité des westerns.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: George O’Brien, Madge Bellamy
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Le Cheval de fer (The Iron Horse) Le Cheval de fer (The Iron Horse) de John Ford.

Le Cheval de fer (The Iron Horse)George O’Brien et Madge Bellamy dans Le Cheval de fer (The Iron Horse) de John Ford.

Remarque :
* John Ford a déjà 50 réalisations à son actif quand il tourne The Iron Horse.
* Premier film de John Ford avec George O’Brien.

Le Cheval de fer (The Iron Horse)Comme Fred Niblo pour Ben-Hur, John Ford n’hésite pas à s’enterrer avec la caméra pour filmer le passage d’un troupeau
dans Le Cheval de fer (The Iron Horse).

8 octobre 2019

Spider-Man: New Generation (2018) de Bob Persichetti, Peter Ramsey et Rodney Rothman

Titre original : « Spider-Man: Into the Spider-Verse »

Spider-Man: New Generation (Spider-Man: Into the Spider-Verse)Miles Morales est un adolescent afro-américain et portoricain qui vit à Brooklyn, grand admirateur de Spiderman. Sa vie va basculer après été mordu par une araignée radioactive. Dès le lendemain, ses pouvoirs d’homme-araignée se manifestent…
Spider-Man: New Generation est centré sur Miles Morales, un personnage ayant des origines latinos et africaines créé par le scénariste Brian Michael Bendis et la dessinatrice Sara Pichelli, apparu pour la première fois en août 2011. Destiné à prendre la place de Spider-Man à la suite de la mort de Peter Parker, il est animé des même idéaux. L’histoire à base d’univers parallèles et de gros méchant est un peu un fatras mais le film est surtout remarquable par sa forme qui ne ressemble à rien de déjà vu. Il s’agit vraiment d’une version animée de comics, graphiquement très stylée dans l’esprit Pop Art et qui prend souvent la forme d’un feu d’artifices visuel. L’avantage de l’animation (par rapport aux images réelles) est également de pouvoir ignorer les lois de la physique pour créer des mouvements de caméra inouïs et des cascades outrancières. Si le fond de l’histoire ne m’a guère passionné, les personnages sont toutefois bien définis, et c’est le cas non seulement pour le jeune Morales qui est d’emblée attachant mais aussi pour son entourage et les autres super-héros qui l’aident. Le résultat est aussi novateur que fantasmagorique.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs:
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Spider-Man: New Generation (Spider-Man: Into the Spider-Verse)SP//dr (Peni Parker), Spider-Gwen (Gwen Stacy), Spider-Cochon (Peter Porker), Spider-Man (Miles Morales), Spider-Man (Peter B. Parker) et Spider-Man Noir (Peter B. Parker aussi) évoluent habituellement dans des mondes parallèles…

Spider-Man: New Generation (Spider-Man: Into the Spider-Verse)Le saut de l’ange de Spider-Man dans Spider-Man: New Generation (Spider-Man: Into the Spider-Verse).

Spider-Man: New Generation (Spider-Man: Into the Spider-Verse)Spider-Man: New Generation (Spider-Man: Into the Spider-Verse).

2 octobre 2019

Des filles disparaissent (1947) de Douglas Sirk

Titre original : « Lured »

Des filles disparaissentA Londres, un tueur en série attire des jeunes femmes par petites annonces et avertit à l’avance la police de son crime par l’envoi d’un poème sibyllin. Lorsque l’américaine Sandra Carpenter voit son amie disparaître, elle accepte de travailler pour Scotland Yard et de servir d’appât…
Entre deux décennies où il s’est consacré aux mélodrames, Douglas Sirk a été plutôt éclectique pendant celle des années quarante. Ce film noir est un remake de Pièges, tourné en France par Robert Siodmack en 1939 alors qu’il avait fui l’Allemagne nazie. Que Douglas Sirk n’ait eut qu’un budget assez réduit pour réaliser Lured ne se ressent guère, ni dans les décors ni les costumes. L’atmosphère est assez forte alimentée par une belle galerie de personnages au comportement suspect et inquiétant. Lucille Ball tient le rôle  central de cette histoire avec beaucoup d’aplomb et de charme ; elle est vraiment remarquable. George Sanders est égal à lui-même, l’acteur était alors au faite de sa popularité et tournait beaucoup. Les seconds rôles sont tous très bien tenus par un beau plateau d’acteurs. Lured n’eut aucun succès à sa sortie mais bénéficie aujourd’hui d’un regain d’intérêt, après restauration. Il le mérite.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: George Sanders, Lucille Ball, Charles Coburn, Boris Karloff, Cedric Hardwicke, Joseph Calleia, Alan Mowbray
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Des filles disparaissentLucille Ball, Charles Coburn et George Sanders dans Lured (Des filles disparaissent) de Douglas Sirk.

Des filles disparaissentGeorge Zucco et Lucille Ball dans Lured (Des filles disparaissent) de Douglas Sirk.

Des filles disparaissentBoris Karloff dans Lured (Des filles disparaissent) de Douglas Sirk.

28 septembre 2019

La Lune était bleue (1953) de Otto Preminger

Titre original : « The Moon Is Blue »

La Lune était bleueUne jeune femme rencontre au sommet de l’Empire State Building un architecte qui l’invite à dîner. L’homme, qui sort d’une liaison compliquée, est séduit par sa spontanéité et son ingénuité…
La Lune était bleue (The Moon Is Blue) est au départ une pièce de F. Hugh Herbert qu’Otto Preminger avait lui-même montée à Broadway avec grand succès. Il s’agit d’une comédie légère dont l’humour joue beaucoup sur le caractère de la jeune femme : sa fraicheur et sa franchise la portent à parler de tout très directement. Comme un enfant, sa curiosité la pousse à poser des questions inattendues. Elle n’est toutefois ni stupide ni inexpérimentée ; elle prend d’ailleurs le dessus et emmène tout le monde là elle veut aller. Elle est aussi particulièrement volubile, les dialogues sont abondants et brillants ce qui donne à l’ensemble un parfum de marivaudage moderne. Maggie McNamara connait bien le rôle puisqu’elle l’a déjà tenu sur les planches à Chicago. Face à elle, William Holden paraît étonnamment vulnérable et David Niven est parfait dans un rôle qui semble taillé pour lui. Cette comédie gentille est le premier film sorti par un grand studio sans l’agrément de la censure. Le film fut un succès.
Elle: 3 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: William Holden, David Niven, Maggie McNamara
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La Lune était bleueWilliam Holden, Maggie McNamara et David Niven dans La Lune était bleue de Otto Preminger.

Remarques :
* Aussi étonnant que cela puisse paraître aujourd’hui, le scénario fut refusé par la censure car il « présentait de façon gaie et légère la séduction et la possibilité du sexe en dehors du mariage » (contrairement à la légende, le rejet n’était pas seulement motivé par l’emploi des mots « vierge », « maitresse » et « séduction »). Les présidents d’United Artists soutinrent Preminger qui put donc tourner son scénario malgré ce refus. The Moon Is Blue devint ainsi le premier film sorti par une Major sans l’autorisation du PCA (Production Code Administration) depuis la généralisation de ce code Hays aux alentours de 1934.
Le film terminé fut donc banni de nombreuses petites villes… ou montré à des audiences non-mixtes (seulement des hommes ou seulement des femmes!)  Certains états interdirent le film. Le plus coriace fut le Kansas et United Artists dut aller jusqu’à la Cour Suprême pour faire lever l’interdiction. Cette affaire eut pour résultat d’affaiblir l’influence du code de censure. Le strict Joseph Breen démissionnera dès l’année suivante en 1954. Le Code périclitera ensuite lentement jusqu’à sa disparition totale au milieu des années 60.

* Le film fut fermement condamné par les organismes catholiques américains (National Catholic Legion of Decency et Catholic Parent-Teacher League). En revanche, en France, le journal La Croix vantait sa fantaisie et son charme.

* Une version en langue allemande a été tournée en parallèle : Die Jungfrau auf dem Dach avec Hardy Krüger, Johannes Heesters et Johanna Matz. Krüger et Matz font une courte apparition dans la version anglaise (le couple de touristes qui attend pour se servir de la longue-vue panoramique au somment de l’Empire State à la fin du film). Holden et McNamara apparurent de la même façon dans la version allemande. Le chauffeur de taxi est interprété par Gregory Ratoff dans les deux versions.

 

La Lune était bleueL’affiche conçue par Soul Bass pour La Lune était bleue de Otto Preminger.

* Une lune bleue est la pleine lune supplémentaire qui se produit lorsqu’une année comporte 13 pleines lunes, au lieu de 12  habituellement (12 fois 29 jours 1/2 est en effet inférieur à 365 jours). Le terme n’est pas vraiment courant en français. En revanche, en anglais, l’expression « once in a blue moon » est assez courante. Elle est équivalente à notre « tous les 36 du mois », c’est à dire « assez rarement » (voire jamais). L’origine de l’expression n’est pas connue  (car, bien entendu, la lune n’est jamais bleue).

18 septembre 2019

On achève bien les chevaux (1969) de Sydney Pollack

Titre original : « They Shoot Horses, Don’t They? »

On achève bien les chevauxAu tout début des années 1930, en pleine Grande Dépression, les candidats se pressent pour participer à un marathon de danse dans l’espoir de gagner la prime accordée aux premiers. Gloria, dont le cavalier est refusé pour cause de santé, se retrouve en tandem avec un certain Robert, arrivé là par hasard…
On achève bien les chevaux est adapté du roman homonyme de Horace McCoy paru en 1935. Dès sa sortie, le film a été très remarqué et il a gardé une grande renommée. Le propos est en effet très puissant car ce récit de laissés-pour-compte qui cherchent à fuir la réalité de la crise prend une dimension universelle : cette compétition cruelle devient une allégorie de la Comédie humaine. Le roman a d’ailleurs souvent été qualifié de roman existentialiste (1). Les personnages y réagissent très différemment, le (la) plus fort(e) ayant la réaction la plus extrême. Par sa mise en scène très réaliste, Sydney Pollack renforce l’impact du propos ; nous avons vraiment l’impression de ressentir la douleur des participants. L’interprétation est parfaite : Gig Young en bonimenteur est le plus remarquable et l’acteur a reçu un Oscar mérité. On achève bien les chevaux mit Sydney Pollack à la lumière, y compris à l’international, sans que le film  connaisse un très grand succès populaire pour autant.
Elle: 4 étoiles
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Jane Fonda, Michael Sarrazin, Susannah York, Gig Young, Red Buttons, Bruce Dern
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On achève bien les chevauxMichael Sarrazin et Jane Fonda dans On achève bien les chevaux de Sydney Pollack.

Remarques :
* Les marathons de danse ont bel et bien existé. Dans les années 20, il s’agissait uniquement de compétitions et c’est pendant la Grande Dépression qu’ils sont devenus de véritables shows avec un afflux de compétiteurs. D’après la page Wikipédia anglais sur les marathons de danse, Horace McCoy, auteur du roman, aurait fait partie du staff de plusieurs de ces marathons.

* Sydney Pollack raconte que la réalisation était une gageure car le sujet exigeait que le rythme ralentisse en cours de film, au risque de lasser le spectateur. Le choix d’une unité de lieu (tout le film se déroule dans sur la piste de danse et les quelques pièces attenantes) rendait ce problème encore plus aigu.

* La popularité du film eut pour (surprenante) conséquence de faire repartir cette mode des marathons de danse, le plus souvent organisés par des universités pour récolter de l’argent dans un but caritatif. Ils sont toutefois bien plus limités dans le temps (un ou deux jours) et donc moins cruels. Le public semble en raffoler si l’on en juge par les sommes récoltées, qui sont très importantes.

* Le présentateur utilise à de nombreuses reprises la surprenante interjection « Yowsah ». Un animateur et leader d’orchestre de jazz des années 20, Ben Bernie, avait comme expression fétiche « yowsah, yowsah, yowsah! ». Le sens et l’origine de ce mot ne sont pas très nets. Cela semble être au départ une déformation de « Yes Sir ! ». Le sens serait proche de « All right ! » et l’usage semble assez peu répandu. Orthographes possibles : yowza, yowsa ou yowsah.

(1) Simone de Beauvoir a décrit le roman d’Horace McCoy comme étant le premier roman existentialiste américain.

On achève bien les chevauxGig Young dans On achève bien les chevaux de Sydney Pollack.