1 décembre 2019

Wonder Woman (2017) de Patty Jenkins

Wonder WomanLa jeune Diana a grandi sur Themiscyra, une île cachée aux yeux des humains par Zeus et peuplée par les Amazones. Un jour, Diana voit un avion s’écraser en mer et elle sauve le pilote. Elle découvre ainsi que le monde est en guerre, la Première Guerre mondiale, et y voit l’influence néfaste d’Arès. Diana décide d’aller dans le monde des humains pour l’affronter…
Le personnage de bande dessinée Wonder Woman a été créé par l’américain Charles Moulton en 1941. S’il avait déjà été adapté à la télévision en 1977 (incarné par Linda Carter) puis en film d’animation en 2009, il s’agit ici de la première adaptation cinématographique en prise de vues réelle entièrement consacrée au personnage (1). Il se distingue des autres films de super-héros par l’équilibre des personnages. Les amazones sont très réussies, séduisantes sans être sexuellement stéréotypées, et Gal Gadot est une merveilleuse Wonder Woman, exprimant des sentiments normalement contradictoires comme la puissance et la douceur. Les combats sont également très différents, beaucoup plus gracieux en ce qui concerne les amazones et bien moins brutaux pour le reste. Que le personnage central soit une femme et que le film soit réalisé par une femme ne sont certainement pas étrangers à ces différences (précisons toutefois que le scénariste est un homme, tout comme la majorité des nombreux producteurs). On pourra aussi noter que, pour une fois, l’histoire n’est pas américano-centrée : ce sont les anglais qui sauvent le monde. Le seul reproche à faire au film est sans doute sa longueur mais il est indéniable que cette superproduction a de l’ampleur. Une réussite. L’accueil critique fut mitigé, surtout en France ; en revanche, le succès populaire fut au rendez-vous.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Gal Gadot, Chris Pine, Connie Nielsen, Robin Wright, Danny Huston, David Thewlis, Saïd Taghmaoui
Voir la fiche du film et la filmographie de Patty Jenkins sur le site IMDB.
Voir la fiche du film sur AlloCiné.

(1) Wonder Woman apparait également, mais au second plan, dans Batman v Superman : L’Aube de la Justice (2016) et dans Justice League (2017). Gal Gadot incarne l’héroïne dans les trois films.

Wonder WomanGal Gadot dans Wonder Woman de Patty Jenkins.

Wonder WomanSaïd Taghmaoui, Chris Pine, Gal Gadot, Eugene Brave Rock et Ewen Bremner posant pour la photo-souvenir dans Wonder Woman de Patty Jenkins.

Wonder WomanConnie Nielsen est Hippolyta, la reine des Amazones dans Wonder Woman de Patty Jenkins.

Wonder WomanSaïd Taghmaoui, Chris Pine et Gal Gadot dans Wonder Woman de Patty Jenkins.

Wonder WomanGal Gadot dans Wonder Woman de Patty Jenkins.

6 octobre 2019

Dilili à Paris (2018) de Michel Ocelot

Dilili à ParisParis 1900. Dilili, une petite fille française kanake, se lie d’amitié avec le jeune livreur Orel alors que Paris est secoué par une vague d’enlèvements de fillettes par une organisation secrète, les Mâles-Maîtres. Les deux amis mènent leur enquête qui va leur faire rencontrer beaucoup de gens…
Ce nouveau dessin animé de Michel Ocelot nous plonge dans le Paris de la Belle Époque avec une histoire délicieuse, esthétiquement très belle. Le style du dessin est toujours proche de la ligne claire mais le cinéaste utilise ici un nouvel effet qui consiste à incruster ses personnages dans des photographies retouchées de lieux. Cette intégration est vraiment très réussie car elle ne se détecte pas au premier coup d’œil, il n’y a aucun hiatus entre les deux styles. L’Art Nouveau est ainsi joliment mis en valeur, tout comme les artistes de cette période foisonnante. L’histoire fustige le racisme et la soumission de la femme ; en revanche, elle prône la tolérance et l’ouverture d’esprit. Ce conte pour petits et grands est un vrai régal, rafraichissant et esthétique. (À partir de 6 ans)
Elle:
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Prunelle Charles-Ambron, Enzo Ratsito, Natalie Dessay
Voir la fiche du film et la filmographie de Michel Ocelot sur le site IMDB.
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Voir les autres films de Michel Ocelot chroniqués sur ce blog…
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Dilili à Paris

Dilili à ParisDilili à Paris de Michel Ocelot.

Remarques :
* Dilili rencontre de nombreuses personnalités de la Belle Époque : l’actrice Sarah Bernhardt, la scientifique Marie Curie, les peintres Henri de Toulouse-Lautrec, Amedeo Modigliani, Pablo Picasso, Claude Monet, Le Douanier Rousseau et Auguste Renoir, le scientifique Louis Pasteur, l’ingénieur Gustave Eiffel, les compositeurs Erik Satie et Claude Debussy, la femme politique Louise Michel (qui a été son institutrice), la cantatrice Emma Calvé (qui l’aide dans son enquête), la romancière Colette, les écrivains Aristide Bruand et Marcel Proust, l’artiste clown de cirque Chocolat, l’aviateur Alberto Santos-Dumont, les illusionnistes Auguste et Louis Lumière, le militaire Ferdinand Von Zeppelin, et les sculpteurs Auguste Rodin et Camille Claudel.

* La cantatrice Natalie Dessay prête sa voix au personnage de la cantatrice Emma Calvé.

Dilili à Paris

Dilili à ParisDilili à Paris de Michel Ocelot.

23 août 2018

On ne vit que deux fois (1967) de Lewis Gilbert

Titre original : « You Only Live Twice »

On ne vit que deux foisUn vaisseau spatial de la NASA disparaît après qu’un engin non identifié se soit approché de lui. Les américains accusent les russes qui nient toute implication. Pour enquêter, l’agent du MI6 James Bond est envoyé au Japon où le mystérieux engin semble avoir atterri…
En 1967, l’homme n’a pas encore marché sur la lune mais la conquête spatiale est considérée comme la plus grande aventure de l’humanité. Le cinquième opus de la série des films de James Bond s’inscrit ainsi pleinement dans son époque et c’est le Japon qui est cette fois choisi comme théâtre de l’intrigue ce qui contribuera à accroitre le caractère international du succès de la série. La distribution est ainsi en bonne partie japonaise, y compris les James Bond girls, et les services secrets japonais sont mis à l’honneur. Les méchants sont européens : Donald Pleasance fait une apparition courte mais remarquée en machiavélique Blofeld, l’allemande Karin Dor est plus terne. Sean Connery a été difficile à convaincre de tourner ; les producteurs ont compris qu’ils allaient devoir lui trouver un remplaçant. Les gadgets sont beaucoup moins présents, concentrés sur l’hélicoptère de poche Little Nellie. L’ensemble est moins remarquable que les opus précédents mais se laisse regarder sans déplaisir.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Sean Connery, Akiko Wakabayashi, Mie Hama, Tetsurô Tanba, Teru Shimada, Karin Dor, Donald Pleasence
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On ne vit que deux fois
Akiko Wakabayashi dans On ne vit que deux fois de Lewis Gilbert.

On ne vit que deux fois
Sean Connery (déguisé en pêcheur japonais) dans On ne vit que deux fois de Lewis Gilbert.

3 août 2018

Star Trek : Sans limites (2016) de Justin Lin

Titre original : « Star Trek: Beyond »

Star Trek: Sans limitesDe retour de mission, l’Enterprise et son équipage sont au repos sur la station spatiale Yorktown. Arrive un petit vaisseau qui demande de l’aide : son occupante, Kalara, dit avoir été obligée laisser son équipage sur une planète isolée. Kirk accepte la mission d’aller secourir l’équipage dans une nébuleuse inexplorée…
Co-écrit par Doug Jung et Simon Pegg, Star Trek : Sans limites est le treizième film de l’univers Star Trek, le troisième de la récente série reboot, c’est-à-dire qu’il se situe chronologiquement avant les évènements du tout premier film de 1979. Cette fois, J.J. Abrams produit et a laissé la place de réalisateur à Justin Lin connu pour ses films d’action. L’esprit général est bien respecté mais on peut regretter une fois de plus la grande place laissée aux scènes de combats, un peu confuses. Autre changement notable : alors que la série a toujours eu un pied dans la réalité scientifique, il ne faut pas chercher ici la vraisemblance des différents évènements. Par exemple, la façon de faire redécoller le vaisseau est vraiment grotesque (et ce n’est qu’un exemple…) Pour être indulgent, on peut parler d’humour ; faut-il y voir la marque de Simon Pegg?  Sur le plan des décors, la station spatiale est assez remarquable, elle utilise parfaitement l’environnement de Dubaï où le tournage s’est déroulé. L’ensemble est plaisant.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Chris Pine, Zachary Quinto, Karl Urban, Zoe Saldana, Simon Pegg, Idris Elba, Sofia Boutella
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Star Trek Beyond
Zachary Quinto, Sofia Boutella et Karl Urban dans Star Trek: Sans limites de Justin Lin.

12 janvier 2018

La Beauté du diable (1950) de René Clair

La Beauté du diableAu seuil de la mort, le professeur Faust regrette de n’avoir accompli la grande œuvre dont il rêvait. Méphistophélès lui propose une seconde jeunesse et la réussite dans ses recherches. Mais, pour cela, il doit signer un pacte où il accepte de donner son âme…
Film célèbre et célébré du cinéma français, La Beauté du diable est un film qui impressionne beaucoup lorsqu’on le voit très jeune et laisse alors un souvenir bien enraciné dans nos esprits. Le revoir bien plus tard ne procure pas obligatoirement les mêmes émois. Ce n’est pas tant le fait que René Clair ait adapté la légende créée par Goethe pour en faire une allégorie de la menace nucléaire qui plane sur le monde de l’après-guerre qui pose problème. C’est plutôt le fait que rien ne semble fonctionner. Dès lors, tout paraît assez artificiel et l’ensemble se situe presque sur le ton de la farce. Michel Simon et Gérard Philipe ne s’entendait pas et cela se sent. Savaient-ils qu’ils jouaient dans le même film ? Michel Simon tire son épingle du jeu par la richesse de son jeu et ses envolées alors que Gérard Philipe reste assez terne. Quelques scènes sauvent l’ensemble comme la très belle (et délicate à réaliser) scène du miroir.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Michel Simon, Gérard Philipe, Nicole Besnard, Simone Valère, Carlo Ninchi
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Remarques :
* La Beauté du diable est une production franco-italienne, tournée à Cinecittà.
* Le scénario et les dialogues ont été écrits par René Clair et Armand Salacrou.

La Beauté du diable
Gérard Philipe et Michel Simon dans La Beauté du diable de René Clair.

Principales adaptations du mythe de Faust :
Faust et Marguerite de Georges Méliès (1897)
La Damnation du Docteur Faust de Georges Méliès (1904)
Faust de F.W. Murnau (1926)
La beauté du diable de René Clair (1950) avec Gérard Philipe et Michel Simon
Marguerite de la nuit de Claude Autant-Lara (1955) avec Michèle Morgan et Yves Montand
Doctor Faustus de Richard Burton et Nevill Coghill (1967) avec Richard Burton et Elizabeth Taylor
Faust d’Alexandre Sokurov (2011)

18 février 2017

Atout coeur à Tokyo pour OSS 117 (1966) de Michel Boisrond

À tout coeur à Tokyo pour OSS 117Une mystérieuse organisation criminelle cherche à vendre de force aux américains une arme secrète et font sauter une base militaire dans le Pacifique pour démontrer sa puissance. Hubert Bonisseur de la Bath, alias OSS 117, est envoyé à Tokyo où il semble qu’une employée de l’ambassade américaine a transmis des codes secrets sous la menace… Terence Young (réalisateur des premiers James Bond) a co-écrit l’adaptation de ce roman de Jean Bruce. André Hunebelle se contente cette fois de produire et laisse à Michel Boisrond, réalisateur de plusieurs films mineurs avec Brigitte Bardot, le soin de réaliser Atout coeur à Tokyo pour OSS 117. L’histoire n’est pas d’une grande originalité mais elle est bien ficelée et pleine de péripéties. Frederick Stafford tient une nouvelle fois le rôle de l’agent secret et Marina Vlady apporte une belle note de charme, tout comme la japonaise Jitsuko Yoshimura, assez craquante. Plus inattendu, le facétieux Jacques Legras (ah, La Caméra invisible) campe… un méchant japonais (si !). L’ensemble est de bonne facture, apte à rivaliser avec les productions internationales.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Frederick Stafford, Marina Vlady, Jitsuko Yoshimura, Jacques Legras, Henri Serre
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Atout coeur à Tokyo pour OSS 117
Marina Vlady et Frederick Stafford dans À tout coeur à Tokyo pour OSS 117 de Michel Boisrond.

25 février 2012

L’invisible docteur Mabuse (1962) de Harald Reinl

Titre original : « Die unsichtbaren Krallen des Dr. Mabuse »

L'invisible docteur MabuseAu théâtre Métropole, un jeune officier d’Interpol repère une loge vide où une paire de jumelles semble flotter dans l’air. La porte s’ouvre toute seule. Le policier se met sur ses traces. Quelques jours plus tard, on retrouve son cadavre. L’agent américain John Como est appelé pour élucider l’affaire… Pour tenter de capitaliser sur le succès des films de Fritz Lang, la compagnie allemande CCC a réalisé plusieurs films mettant en scène le machiavélique Mabuse. L’invisible docteur Mabuse est le second d’entre eux. Si le criminel est toujours interprété par Wolfgang Preiss, c’est l’athlétique Lex Barker (l’acteur qui avait succédé à Weissmuller pour les Tarzan) qui endosse le costume du détective. Pour le policier local qui l’assiste, c’est n’est pas Gert Fröbe, hélas : son remplaçant est très fade. L’ensemble paraît bien faible, le scénario n’est pas mauvais en soi car il révèle une ou deux surprises mais il n’y a aucun climat de créé. L’invisible docteur Mabuse se regarde d’un œil plutôt distrait.
Elle:
Lui : 1 étoile

Acteurs: Lex Barker, Karin Dor, Wolfgang Preiss
Voir la fiche du film et la filmographie de Harald Reinl sur le site IMDB.

Les 3  Docteur Mabuse de Fritz Lang :
Le docteur Mabuse (1922) de Fritz Lang
Le testament du docteur Mabuse (1933) de Fritz Lang
Le diabolique docteur Mabuse (1960) de Fritz Lang

Les Docteur Mabuse de la compagnie allemande C.C.C.
Le retour du docteur Mabuse (1961) de Harald Reinl
L’invisible docteur Mabuse (1962)  de Harald Reinl
Le testament du Docteur Mabuse (1962) de Werner Klingler
Le Dr. Mabuse contre Scotland Yard (1963) de Paul May
Les rayons de la mort du Dr. Mabuse (1964) de Hugo Fregonese et Victor De Santis

et aussi :
Dr. M (1990) de Claude Chabrol