Titre français parfois utilisé : « Un gars du bâtiment »
(muet, 24 minutes) Rendu à la vie civile, un ancien soldat se fait embaucher sur un chantier de construction… Après un prologue à l’armée où Stan Laurel et James Finlayson s’affrontent hélas un peu trop brièvement, Smithy se déroule essentiellement sur le chantier de construction d’une maison. Stan Laurel apparaît ici sans son futur partenaire Oliver Hardy puisque le duo ne se formera que deux ans plus tard. L’humour est dans une veine d’humour pur slapstick, on se prend des coups et des objets divers sur la tête. Il y a quelques bons gags avec une échelle et aussi dans la queue d’embauche. Stan Laurel est ici totalement impassible, rappelant ainsi quelque peu Buster Keaton. Production Hal Roach. Elle: – Lui :
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Remarques :
Il est intéressant de comparer le film avec ce que feront Stan Laurel et Oliver Hardy quatre ans plus tard sur un thème très similaire : Laurel et Hardy constructeurs (The Finishing Touch, 1928) de Clyde Bruckman et Leo McCarey. Un film bien plus abouti.
(Film muet) Dans la haute société de Londres, Lord et Lady Windermere occupent une place de premier plan. Un matin, Lord Windermere reçoit une étrange lettre : une certaine Mrs Erlynne demande à le rencontrer pour éviter que certaines informations fâcheuses ne soient divulguées. Il se rend à son domicile… La pièce d’Oscar Wilde, L’Éventail de Lady Windermere, a été portée à l’écran (grand et petit) de nombreuses fois mais la version de Lubitsch reste la plus remarquable. La pièce écrite pour le théâtre comporte une grande quantité de textes et l’adapter en film muet est en soi une gageure. Lubitsch y parvient magnifiquement, de surcroit avec très peu d’intertitres : il réussit à tout dire par l’image, jouant beaucoup avec l’espace, les mouvements de caméra, le déplacement des personnages. La démesure des décors est assez notable : nous sommes dans la haute société et les pièces sont tellement hautes qu’il est impossible d’entrevoir le haut des fenêtres ou des portes (1). Lubitsch a modifié quelque peu l’histoire originale mais en a gardé l’esprit, une satire des relations sociales bourgeoises, de l’hypocrisie et de la mesquinerie. A l’inverse des personnages, le spectateur est omniscient : Lubitsch nous dit tout et nous mesurons ainsi à quel point les personnages se trompent et tirent des conclusions erronées à partir d’informations partielles. Le drame et la comédie sont en symbiose, les touches d’humour sont constantes, inventives, subtilement entremêlées au drame qui se déroule devant nous. L’Éventail de Lady Windermere est un vrai petit bijou. Elle: – Lui :
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(1) A la vue de ces décors, la fameuse phrase « Doors ! Doors ! Doors ! » de Mary Pickford revient à l’esprit. L’actrice, qui avait joué deux ans plus tôt dans Rosita (1923), le premier film américain de Lubitsch, se plaignait qu’il s’intéresse plus aux portes qu’à elle. Elle l’avait qualifié de « director of doors ».
Titre original : « Broken Blossoms or The Yellow Man and the Girl »
Un jeune chinois quitte son pays pour aller convertir les européens au bouddhisme. Il échoue dans le quartier populaire de Limehouse à Londres où, totalement désillusionné, il tient une petite boutique. Non loin de son échoppe, une jeune fille vit très pauvrement avec son père, un boxeur coléreux qui la terrorise et la bat. Il va tenter de lui venir en aide… Loin de ses grandes productions précédentes, Griffith tourne Le lys brisé au lendemain de la guerre avec un tout petit budget, en seulement 18 jours et 18 nuits (1). Adapté d’une histoire écrite par Thomas Burke, il s’agit d’un grand mélodrame qui oppose le bien et mal, la beauté et le sordide, la cruauté et l’innocence. Sur le fond, il faut en outre noter que le film est sorti aux Etats-Unis à une époque où sévissait un fort sentiment antichinois, la crainte du « péril jaune » ; il faut donc certainement voir dans le propos de Griffith un message de tolérance. Sur la forme, le réalisateur s’est plus attaché à l’atmosphère qu’à la richesse des décors qui sont peu nombreux mais dotés d’une belle force évocatrice. Si le jeu de Donald Crisp est certainement un peu trop marqué, ses expressions étant parfois proches de la grimace, celui de Lillian Gish est assez phénoménal. L’actrice montre d’étonnantes qualités de pantomime et ces scènes où elle utilise ses doigts pour forcer son sourire sont restées célèbres. De son côté, Richard Barthelmess est particulièrement crédible en chinois, le film sera un tremplin pour sa carrière. Le lys brisé culmine d’intensité dans son dénouement avec la scène du placard où Lillian Gish est absolument terrifiée (2) ; une scène très angoissante. Tourné rapidement et simplement, Le lys brisé n’en est pas moins l’un des films les plus remarquables de Griffith. Le misérabilisme appuyé et le jeu marqué des acteurs peuvent le faire apparaître vieilli à nos yeux modernes mais il faut se laisser gagner par son atmosphère et sa puissance évocatrice pour l’apprécier. (Film muet) Elle: – Lui :
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Remarques : * Au moment du tournage, Lillian Gish était très affaiblie par la maladie. L’actrice avait été touchée par l’épidémie de grippe espagnole qui, à cette époque, fit de très nombreuses victimes. Sa performance n’en est que plus admirable.
* Le film fut produit par D.W. Griffith pour être distribué par Adolph Zukor. Ce dernier fut mécontent du film une fois fini et le refusa. Griffith le racheta alors à Zukor le double du prix du tournage pour le distribuer avec sa toute nouvelle compagnie United Artists. Ce fut financièrement très judicieux car le film connut un très grand succès.
* D’après Lilian Gish, le film était si bien planifié et répété que le montage fut réduit à couper le début et la fin de chaque scène avant de les mettre bout à bout. On peut toutefois s’étonner de cette affirmation quand on voit le montage alterné de certaines scènes et les flashbacks.
* Broken Blossoms est tombé dans le domaine public et, de ce fait, les copies disponibles sont très variables en qualité et en durée. Le film fait initialement 90 minutes, certaines scènes sont teintées : bleu, rose/rouge ou couleur or.
Remake : Le lys brisé (Broken Blossoms) de l’anglais John Brahm (1936) avec Dolly Haas et Arthur Margetson.
(1) Les scènes avec Donald Crisp étaient généralement tournées de nuit car il dirigeait lui-même un autre film pendant la journée (dans toute sa carrière, Donal Crisp a joué dans 173 films et en a dirigé 72).
(2) On raconte que les cris de Lillian Gish lors du tournage de la scène du placard auraient attiré des passants qui cherchèrent à entrer dans le studio pour venir la secourir.
Un immigrant irlandais arrive à l’académie militaire de West Point pour être employé de cuisine. Il va devenir instructeur de sport et y passer plus de 50 ans de sa vie… L’idée de tourner The Long Gray Line est venue d’Harry Cohn : alors que le fraîchement élu président Eisenhower avait réussi à obtenir une trêve en Corée, le dirigeant de la Columbia désirait lui rendre hommage et à l’Académie militaire dont il était issu. Avec son attirance pour le protocole militaire, John Ford était le réalisateur tout désigné pour le mettre en scène. Il reconstitue avec grande fidélité la vie à West Point, avec un caractère irlandais très appuyé et illustre les valeurs qui lui tiennent à coeur : la tradition, la famille, le code de l’honneur. Sur ce plan, le film peut paraître un peu répétitif mais Ford ajoute une dose d’humour à son propos, on peut même parler de comédie. C’est la première fois qu’il tourne en cinémascope, format qu’il a en horreur et qu’il qualifie de « court de tennis ». Effectivement, on ne retrouve pas cette perfection dans la composition à laquelle il nous avait habitués. The Long Gray Line peut sans aucun doute être qualifié de mineur dans la filmographie de John Ford. Elle: – Lui :
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Remarques :
* Le film est adapté du livre autobiographique Bringing Up The Brass: My 55 Years at West Point de Martin Maher, cosigné par Nardi Reeder Campion (1951). Selon l’armée elle-même, Martin Maher serait l’homme qui a connu personnellement le plus grand nombre d’officiers de l’armée des Etats Unis.
* Le titre anglais The Long Gray Line (= la longue ligne grise) fait référence aux alignements de cadets à l’uniforme bleu-gris : la ligne symbolique du titre est celle des officiers que l’on envoie à la guerre, vers la mort. A ce propos, si John Ford fait une (courte et peu convaincante) petite critique du prix humain à payer, il retourne l’argument un peu plus tard pour se livrer à une virulente attaque contre la classe politique, utilisant ce lourd prix humain pour justifier l’immuabilité des traditions.
Insatisfaite dans son mariage, Kate Miller s’en confie à son psychiatre. Elle se rend ensuite dans un musée où elle est attirée par un bel inconnu… Ecrit par Brian De Palma, Pulsions est un film psychanalytique au suspense puissant dont le vecteur principal est l’attirance sexuelle. Une fois de plus (1), Brian De Palma rend un hommage (très) appuyé à Alfred Hitchcock, le film pouvant être vu comme une nouvelle variation du thème de Psychose. La plus belle scène est incontestablement celle du musée, une longue scène muette où tout se joue sur les regards (l’importance des regards est d’ailleurs une constante dans tout le film). Brian De Palma y montre en outre une grande dextérité dans les mouvements de caméra et Angie Dickinson, toute vêtue de blanc, dégage une présence et une sensualité rares. Cette scène est vraiment remarquable, une merveille. La tension est ensuite constante durant tout le film, parfaitement construit. Comme les meilleurs suspenses, le film fonctionne tout aussi bien après plusieurs visions. Il fait d’ailleurs partie de ces films que l’on n’oublie guère. Elle: – Lui :
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Remarques :
* La scène du musée, censée se dérouler au Metroplitan Museum of Art de New York, est en réalité tournée dans le Philadelphia Museum of Art.
* Nancy Allen était alors depuis peu la femme de Brian De Palma.
(1) Quatre ans plus tôt, Brian De Palma avait réalisé Obsession inspiré de Sueurs froidesd’Alfred Hitchcock. A noter que le scène du musée de Pulsions fait, elle aussi, référence à ce même film d’Hitchcock.
Une diligence part de la petite ville Tonto pour rallier Lordsburg. C’est une ligne régulière mais cette fois, le voyage est annoncé dangereux car Geronimo est sur le sentier de la guerre. A son bord prennent place sept personnes d’origines sociales très différentes… Dans le domaine du western, La Chevauchée fantastique est un tel modèle du genre qu’il est difficile d’imaginer à quel point qu’il était novateur à sa sortie. Avant lui, les westerns n’existaient en effet que sous forme de petites productions tournées rapidement (1). Le film de John Ford montre un degré de perfection encore jamais atteint dans le genre. Comme dans la nouvelle de Guy de Maupassant Boule de Suif dont elle est inspirée, l’histoire met un petit groupe de personnes représentatives de l’ensemble de la société dans une situation de danger. Les vraies natures se révèlent. C’est un microcosme non seulement de l’Ouest du XIXe siècle mais aussi de l’Amérique des années trente, l’Amérique de Roosevelt roulant vers une nouvelle prospérité (2). Tous ces personnages vont en tous cas devenir les figures classiques et incontournables du genre. Le déroulement est parfaitement maitrisé avec une montée graduelle de la tension pour aboutir sur une grande scène d’action. Il y a un beau contraste entre le huis clos des personnages et l’immensité majestueuse du décor. John Ford filme dans Monument Valley pour la première fois. C’est aussi la première fois que John Ford dirige John Wayne qui deviendra son acteur fétiche. La Chevauchée fantastique a servi de modèle à tant de films qu’il traverse le temps sans une ride. Elle: – Lui :
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Remarques : * John Ford n’avait pas tourné de westerns depuis treize ans. Avant La Chevauchée fantastique, son précédent western est Three Bad Men (1926, muet).
* Anecdote célèbre : Un journaliste demande à John Ford « Dans la poursuite, pourquoi les indiens ne tirent-ils pas tout simplement dans les chevaux ? » John Ford lui répond : « Parce que cela aurait été la fin du film ! ». Au delà de la boutade (et John Ford n’a jamais beaucoup aimé les interviews), il faut savoir que Ford s’était documenté et savait donc que les indiens répugnaient à tuer les chevaux qui avaient pour eux une grande valeur ; ils s’intéressaient généralement plus aux chevaux qu’aux biens des voyageurs.
* Orson Welles a qualifié La Chevauchée fantastique de parfait manuel de la réalisation de film et dit l’avoir visionné 40 fois durant le tournage de Citizen Kane.
(1) Quelques mois avant La Chevauchée fantastique, le film Jesse James d’Henry King est toutefois sorti sur les écrans. C’est aussi une grande production (de surcroit, en couleurs) mais, moins abouti, le film aura un impact bien moindre que le film de John Ford.
(2) Lors de la Grande Dépression, John Ford a été frappé par le fait que les chômeurs se retrouvent jetés à la rue sans l’avoir mérité. Sa sympathie pour les victimes de la société et des préjugés est manifeste dans La Chevauchée fantastique. Sa représentation du banquier (qui, certes, ne porte pas de jugement mais est en fait indifférent à tout sauf à son magot, il est comme étranger à la société) est également à replacer dans cette optique pour mieux la comprendre.
Remakes : La Diligence vers l’Ouest (Stagecoach) de Gordon Douglas (1966) avec Bing Crosby et Ann-Margret, un remake bien inutile… Stagecoach de Ted Post (TV, 1986) avec Willie Nelson, Johnny Cash, Waylon Jennings et Kris Kristofferson
Parti depuis quelques années pour réussir, l’ex-barman Chance Wayne revient dans sa ville natale au volant d’une superbe Cadillac décapotable. Il est accompagné d’une ancienne star de cinéma alcoolique qu’il a pris en charge. S’il revient, c’est pour voir son ancien amour Heavenly mais le père de la jeune fille, un politicien conservateur qui dirige la ville, ne voit pas ce retour d’un bon oeil… Quatre ans après La Chatte sur un toit brûlant, Richard Brooks adapte une autre pièce de Tennessee Williams à l’écran, Doux oiseau de jeunesse. Elia Kazan l’avait montée à Broadway avec succès et Brooks en reprend quatre acteurs principaux (1). Comme souvent avec Tennessee Williams, il s’agit d’un drame qui va sonder les tréfonds de l’âme humaine. Ici, tout tourne autour de la soif de réussite et de l’absence de mixité sociale. Chance Wayne (quel nom !) mise sur son physique pour avoir, lui aussi, sa chance et obtenir un raccourci vers le haut de la hiérarchie sociale et, par là même, vers son ancien amour. Paul Newman paraît être l’interprète idéal pour exprimer toutes les facettes de ce personnage finalement plein de naïveté. Il avait de plus l’avantage de bien connaitre le rôle. Il faut excuser la fin en happy end, qui paraît plaquée et même un peu idiote, nécessaire pour que le film passe la censure (2). Doux oiseau de jeunesse connut un grand succès. Elle: – Lui :
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(1) Paul Newman, Geraldine Page, Madeleine Sherwood (Miss Lucy) and Rip Torn (le fils) tenaient le même rôle dans la pièce à Broadway qui fut jouée 375 fois à partir de mars 1959. (2) Dans la pièce originale, la fin est assez dure : ce que l’on craint que le fils puisse faire à un certain moment (sur le capot de la voiture), il le fait vraiment. Et il n’y a pas de départ ensuite.
Frankie revient dans son quartier après un séjour forcé dans un centre de désintoxication. Il est bien décidé à changer de vie : au lieu de continuer à être donneur dans les parties de poker pour deux petits arnaqueurs, il veut maintenant être batteur dans un groupe de jazz. Mais ses anciennes mauvaises fréquentations vont tout faire pour le faire replonger… En adaptant ce roman de Nelson Algren, Otto Preminger dut batailler contre la censure et le film sortit sans le fameux sceau MPAA. L’homme au bras d’or n’incite pourtant pas à s’adonner à la drogue, loin de là, mais son tort selon le Code Hays était d’en parler. Il nous montre en effet, sans fard et sans crainte de choquer, l’enfer de l’addiction et l’incroyable difficulté d’en sortir. Les scènes de sevrage sont marquantes. En cela, il évoque le film de Billy Wilder Le Poison (The Lost Weekend, 1945) qui traitait de l’alcoolisme. Fort bien interprété par Frank Sinatra, L’homme au bras d’or est un film courageux, plutôt difficile et le très grand succès du film à sa sortie n’en que plus remarquable. Le film est également célèbre pour son thème musical créé par Elmer Bernstein, une telle utilisation du jazz n’était alors pas si courante, et pour son admirable générique de début créé par Saul Bass. Elle: – Lui :
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Remarque :
Otto Preminger avait déjà eu à batailler contre la censure pour son film La Lune était bleue(The Moon Is Blue, 1953), une comédie dans laquelle figuraient des mots interdits par le Code Hays : virgin, seduce et mistress (soit : vierge, séduire et maitresse). Le film avait également été diffusé sans le sceau MPAA.
Un matin, Eric Packer, un jeune magnat de la haute finance, décide d’aller chez son coiffeur à l’autre bout de New York. Peu lui importe que la ville soit paralysée par la venue du Président ou que ses services pensent que quelqu’un cherche à le tuer, il traverse la ville lentement dans son immense limousine où il reçoit ses visiteurs… Cosmopolis est adapté d’un roman de Don DeLillo. L’idée de départ est intéressante à la fois par son lieu, une limousine suréquipée en électronique qui roule au pas dans un New York congestionné par les embouteillages et les manifestations, et aussi par son contenu, la critique d’un monde où les fossés se creusent. Hélas, le contenu se révèle inutilement verbeux. Les discussions de ce golden boy avec employés et connaissances ne reflètent que le vide et l’absence d’une quelconque réflexion. Le symbolisme utilisé par Cronenberg ne donne pas dans la subtilité pour nous montrer comment les « rats de la finance » se moquent de la réalité qui les entoure, sont incapables d’avoir des émotions et sont détruits par les créatures qu’ils ont eux-mêmes créées. Il y a pourtant de bons passages, le meilleur sans doute étant celui avec Juliette Binoche qui montre le rapport de ce nouveau riche à l’Art. Elle: – Lui :
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Vicky et Cristina arrivent à Barcelone pour y séjourner pendant l’été. Elles sont très amies mais de caractères plutôt opposés quant à la conception de la vie et de l’amour. Elles font connaissance d’un peintre espagnol très sensuel qui leur propose une petite escapade… Vicky Cristina Barcelona de Woody Allen s’inscrit dans sa série sur les grandes villes européennes, après Londres et avant Paris et Rome. Son histoire se déroule dans le milieu artistique de la capitale catalane dont il utilise joliment le décor. Si le fond de l’intrigue est assez classique en soi, l’éternel dilemme entre l’aventure et la sécurité, Woody Allen apporte une bonne dose d’originalité et parvient à nous surprendre dans le déroulement de son histoire. Mieux encore : par la profondeur de ses personnages et des situations plus complexes qu’attendu, il réussit totalement à nous intéresser aux pérégrinations amoureuses de ses deux américaines. Si certains clichés sont présents (sur l’Europe et sur le monde artistique), c’est toujours sans excès. Javier Bardem fait une belle interprétation en latin lover plein de charme et Penelope Cruz est superbement explosive. Comme toujours avec Woody Allen, la forme est élégante et Vicky Cristina Barcelona comporte de beaux moments d’humour et de comédie. Elle: Lui :
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