21 octobre 2018

L’air de Paris (1954) de Marcel Carné

L'air de ParisAncien boxeur, Victor Le Garrec dirige une salle d’entraînement dans un quartier de Paris. Il rêve de découvrir un futur champion. Il espère l’avoir trouvé quand il rencontre André, jeune homme triste et désillusionné…
Roman de Jacques Viot adapté par Jacques Sigurd et Marcel Carné, L’air de Paris permet au cinéaste de retrouver un certain réalisme poétique avec l’atmosphère des petits quartiers de Paris. L’histoire est assez banale mais Carné sait donner de la profondeur à ses personnages. La direction d’acteur est précise. Arletty est un peu effacée mais Gabin fait une belle prestation, tout en retenue, laissant une bonne place au jeune Roland Lesaffre. On notera la présence discrète du thème de l’homosexualité. Le plus surprenant dans le film est la scène du combat de boxe, filmé sans ellipse, assez confuse et… plutôt ennuyeuse. L’air de Paris n’est pas du niveau des grands films de Carné mais n’est pas anodin pour autant.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Jean Gabin, Arletty, Roland Lesaffre
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L'air de Paris
Jean Gabin et Roland Lesaffre dans L’air de Paris de Marcel Carné.

L'air de Paris
Arletty et Jean Gabin dans L’air de Paris de Marcel Carné.

L'air de Paris

23 juillet 2017

Le Défunt récalcitrant (1941) de Alexander Hall

Titre original : « Here Comes Mr. Jordan »

Le Défunt récalcitrantEn route pour un combat majeur, le boxeur Joe Pendleton est victime d’un accident d’avion. Emporté par un messager céleste un peu prématurément, il apparaît qu’il n’était pas prévu qu’il décède. Hélas, il ne peut réintégrer son corps, déjà incinéré. On lui accorde donc d’utiliser le corps d’un autre homme, en l’occurence un jeune banquier connu, sur le point d’être assassiné par sa femme… Adapté de la pièce d’Harry Segall, Heaven can wait, par Sidney Buchman et Seton I. Miller, Here Comes Mr. Jordan est une merveilleuse comédie fantastique. Tout en ne montrant aucune faille, la réalisation n’est sans doute pas exceptionnelle mais le scénario est un véritable petit bijou d’écriture. Les rebondissements sont un délice pour le spectateur et l’ensemble est très amusant. Sidney Buchman et Seton I. Miller furent Oscarisés pour ce brillant scénario. Tous les seconds rôles sont très bien tenus avec une mention spéciale pour James Gleason. Here Comes Mr. Jordan a connu suites et remakes mais rien d’aussi réussi.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Robert Montgomery, Evelyn Keyes, Claude Rains, Rita Johnson, Edward Everett Horton, James Gleason
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Remarques :
* Alexander Hall a donné une suite, Down to Earth (L’étoile des étoiles), en 1947, bien moins réussie.
* Remakes :
Heaven Can Wait (Le ciel peut attendre)(ne pas confondre avec le film de Lubitsch) de Warren Beatty et Buck Henry (1978)
Down to earth (Les pieds sur terre) de Chris Weitz, Paul Weitz (2001) avec Chris Rock

Here comes Mr Jordan
Edward Everett Horton, Robert Montgomery et Claude Rains dans Le Défunt récalcitrant de Alexander Hall.

Here comes Mr Jordan
Robert Montgomery, James Gleason et Claude Rains dans Le Défunt récalcitrant de Alexander Hall.

Here Comes Mr Jordan
Robert Montgomery et Evelyn Keyes dans Le Défunt récalcitrant de Alexander Hall.

23 janvier 2017

Gentleman Jim (1942) de Raoul Walsh

Gentleman JimEmployé de banque, Jim Corbett, un américain d’origine irlandaise, veut s’élever dans la société. De façon assez inattendue, c’est la boxe qui va lui en fournir le moyen… Gentleman Jim raconte l’ascension de James J. Corbett qui est considéré comme étant le père de la boxe moderne, celui qui apporta une certaine noblesse à cet art. A la fin du XIXe siècle, ce boxeur fut une véritable star de son temps, jouant au théâtre en parallèle de sa carrière. Le film de Raoul Walsh le présente comme un mélange de vantardise et de charme. Errol Flynn se révèle parfait dans ce type de rôle. L’acteur s’est beaucoup entraîné physiquement, ce qui ne l’a pas empêché d’avoir un léger arrêt cardiaque sur le tournage d’une scène de boxe. Il reprit le tournage une semaine plus tard, refusant toujours d’être doublé. Le déroulement du scénario est assez rapide et l’ensemble est parsemé d’un humour tapageur assez appuyé. Les scènes de boxe sont fort bien filmées, rendant bien la vélocité des boxeurs par un montage rapide, avec beaucoup de plans sur les spectateurs pour ajouter une note d’humour. On remarquera que, entre les lignes, le thème du rêve américain est omniprésent. On pourrait même dire que c’est le sujet principal du film.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Errol Flynn, Alexis Smith, Jack Carson, Alan Hale, John Loder
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Gentleman Jim
Errol Flynn est Gentleman Jim dans le film de Raoul Walsh (Jack Carson est à sa droite, la main sur son épaule).

Remarques :
* Le scénario est écrit par Vincent Lawrence et Horace McCoy d’après l’autobiographie The Roar of the Crowd de James J. Corbett.
* L’histoire est romancée : dans la réalité, James J. Corbett était un personnage calme et plutôt effacé. Il s’est marié avec une actrice (et non une femme de la haute société) et, ce, bien avant d’être champion du monde. D’autre part, Sullivan haïssait Corbett et donc ne lui remit jamais la fameuse ceinture (qu’il avait d’ailleurs mise au clou des années auparavant).
* Peu après la sortie du film, Errol Flynn fut accusé de viol (il sera finalement acquitté) et sa phrase finale dans le film, « I’m no gentleman », prit ainsi un sens inattendu dans l’esprit des spectateurs.

Gentleman Jim
Rhys Williams, Alexis Smith, Errol Flynn et Minor Watson dans Gentleman Jim de Raoul Walsh.

22 novembre 2016

Dernier Round (1937) de Michael Curtiz

Titre original : « Kid Galahad »

Le Dernier roundUn manager de boxe se sépare de son meilleur poulain qui s’était laissé acheter par son concurrent aux méthodes de gangster. Il ne tarde pas à lui trouver un remplaçant, un groom de son hôtel, jeune garçon naïf et séduisant… Kid Galahad mêle deux genres de prédilection de la Warner : le film de gangsters et le film de boxe. Il retient l’attention par son beau plateau d’acteurs sous la direction efficace de Michael Curtiz. Edward G. Robinson et Bette Davis ne se sont pas très bien entendu, l’acteur tentant dès le premier jour de la faire remplacer et persistant jusque dans ses mémoires à déclarer qu’elle ne savait pas jouer. L’actrice fait pourtant preuve de beaucoup de présence à l’écran avec une indéniable personnalité. Elle illumine le film. Humphrey Bogart a son rôle habituel, d’avant sa notoriété du moins (qui viendra deux ou trois ans plus tard), celui d’un gangster antipathique, destiné à mourir sans gloire. Warner mettait alors beaucoup d’espoir dans le jeune Wayne Morris dont la carrière sera stoppée par la guerre pour rester ensuite cantonnée dans les rôles mineurs. La censure fut très vigilante pour que soit gommé tout ce qui aurait laissé supposer une relation entre le jeune boxeur et l’amie de son manager. Le déroulement de l’histoire est sans grande surprise, l’intérêt du film étant plus dans son interprétation.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Edward G. Robinson, Bette Davis, Humphrey Bogart, Wayne Morris, Jane Bryan, Harry Carey
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Remakes :
The Wagons Roll at Night de Ray Enright (1941) avec Humphrey Bogart et Sylvia Sydney (histoire transposée dans le monde du cirque, Bogart ayant un meilleur rôle)
Kid Galahad (Un direct au coeur)de Phil Karlson (1962) avec Elvis Presley en boxeur.
Après ce film Paramount, Warner a renommé le sien The Battling Bellhop pour éviter toute confusion entre les deux films.

Homonyme français :
Le dernier round (Battling Butler) de Buster Keaton (1926) vec Buster Keaton, adaptation d’une comédie musicale anglaise.

Kid Galahad
Harry Carey, Wayne Morris et Edward G. Robinson dans Dernier Round de Michael Curtiz.

Kid Galahad
Bette Davis et Edward G. Robinson dans Dernier Round de Michael Curtiz.

Kid Galahad
Humphrey Bogart face à Edward G. Robinson dans Dernier Round de Michael Curtiz (au centre : William Haade).

3 janvier 2015

Ville conquise (1940) de Anatole Litvak

Titre original : « City for Conquest »

Ville conquiseIssu du quartier populaire du Lower East Side à New York, Kenny est conducteur de camions de chantier mais aussi un brillant boxeur amateur. Depuis toujours, il est amoureux de Peggy qui rêve de devenir danseuse… Adapté d’un roman d’Aben Kandel, City for Conquest (improprement traduit par Ville conquise, le sens étant plutôt « ville de conquête ») est un mélodrame plutôt conventionnel sur la réussite et l’amour. Il n’y rien de vraiment remarquable si ce n’est l’interprétation pleine de sensibilité de James Cagney. Le film fut un grand succès à l’époque, aux Etats-Unis du moins où la critique fut unanime pour louer le talent de son acteur principal.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: James Cagney, Ann Sheridan, Frank Craven, Donald Crisp, Arthur Kennedy, Anthony Quinn
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Remarques :
* Elia Kazan apparait dans un petit rôle de gangster. Le futur réalisateur aura également un rôle l’année suivante dans un autre film de Litvak, Blues in the night (1941).
* Jean Negulesco a remplacé brièvement Anatole Litvak lorsque ce dernier dû être soigné pour une blessure à l’oeil.
* Dans son autobiographie Cagney by Cagney (Doubleday 1976), James Cagney dit avoir beaucoup donné pour le tournage de certaines scènes assez poétiques qui devaient donner au film toute sa personnalité. Quand il a vu le film fini, sa surprise fut grande de voir que toutes ces scènes avaient été coupées au montage, « ne laissant qu’un mélodrame banal ». Dépité, il a ressenti le besoin d’écrire une lettre d’excuse à l’auteur du roman.

 

City for Conquest
James Cagney (2e à d.) et Anthony Quinn (à d.) sont des rivaux dans la conquête du coeur d’Ann Sheridan (à g.) dans City for Conquest d’Anatole Litvak.

Elia Kazan dans City for Conquest d'Anatole Litvak
Elia Kazan interprète un gangster dans City for Conquest d’Anatole Litvak.

4 février 2014

Soupe au lait (1936) de Leo McCarey

Titre original : « The Milky Way »

Soupe au laitLivreur de lait de son état, Burleigh Sullivan (Harold Lloyd) met accidentellement KO un champion de boxe un peu éméché à la sortie d’un club ce qui fait la une des journaux du lendemain. Le manager du champion cherche à exploiter cette popularité en faisant combattre le jeune laitier… The Milky Way est adapté d’une pièce de Lynn Root et Harry Clork. L’histoire est bien entendu totalement improbable et farfelue mais l’important est de pouvoir placer un bon nombre de gags et il y a de bonnes trouvailles : ce sont des gags visuels mais aussi, et même surtout, dans les dialogues assez enlevés. Il est toujours étonnant de voir comment Harold Lloyd a bien passé le cap du parlant même si, en cette seconde moitié des années trente, sa popularité commence à pâlir quelque peu. Les seconds rôles sont très tenus avec notamment un excellent Adolphe Menjou, ici reconverti en manager de boxe mâcheur de chewing-gum ! L’ensemble est plaisant mais, par rapport à ses autres films parlants, plutôt inférieur à l’excellent Movie Crazy et même à Cat’s Paw.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Harold Lloyd, Adolphe Menjou, Verree Teasdale, William Gargan, Lionel Stander
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Remarques :
* Norman Z. McLeod a dirigé quelques scènes de The Milky Way lorsque Leo McCarey fut hospitalisé pendant la production. Ray McCarey, frère de Leo McCarey, aurait également participé à quelques scènes.
* Quand le producteur Sam Goldwyn a racheté les droits du film dans les années quarante pour tourner son remake, il a également racheté le négatif et presque toutes les copies existantes afin de les détruire. Si nous pouvons voir le film aujourd’hui, c’est grâce à la copie qu’Harold Lloyd a gardé pour lui, la seule copie de bonne qualité qui ait survécu.

Remake :
Le Laitier de Brooklyn (The Kid from Brooklyn) de Norman Z. McLeod (1946) avec Danny Kaye et Virginia Mayo.

13 septembre 2013

Le Lys brisé (1919) de David W. Griffith

Titre original : « Broken Blossoms or The Yellow Man and the Girl »

Le lys briséUn jeune chinois quitte son pays pour aller convertir les européens au bouddhisme. Il échoue dans le quartier populaire de Limehouse à Londres où, totalement désillusionné, il tient une petite boutique. Non loin de son échoppe, une jeune fille vit très pauvrement avec son père, un boxeur coléreux qui la terrorise et la bat. Il va tenter de lui venir en aide… Loin de ses grandes productions précédentes, Griffith tourne Le lys brisé au lendemain de la guerre avec un tout petit budget, en seulement 18 jours et 18 nuits (1). Adapté d’une histoire écrite par Thomas Burke, il s’agit d’un grand mélodrame qui oppose le bien et mal, la beauté et le sordide, la cruauté et l’innocence. Sur le fond, il faut en outre noter que le film est sorti aux Etats-Unis à une époque où sévissait un fort sentiment antichinois, la crainte du « péril jaune » ; il faut donc certainement voir dans le propos de Griffith un message de tolérance. Sur la forme, le réalisateur s’est plus attaché à l’atmosphère qu’à la richesse des décors qui sont peu nombreux mais dotés d’une belle force évocatrice. Si le jeu de Donald Crisp est certainement un peu trop marqué, ses expressions étant parfois proches de la grimace, celui de Lillian Gish est assez phénoménal. L’actrice montre d’étonnantes qualités de pantomime et ces scènes où elle utilise ses doigts pour forcer son sourire sont restées célèbres. De son côté, Richard Barthelmess est particulièrement crédible en chinois, le film sera un tremplin pour sa carrière. Le lys brisé culmine d’intensité dans son dénouement avec la scène du placard où Lillian Gish est absolument terrifiée (2) ; une scène très angoissante. Tourné rapidement et simplement, Le lys brisé n’en est pas moins l’un des films les plus remarquables de Griffith. Le misérabilisme appuyé et le jeu marqué des acteurs peuvent le faire apparaître vieilli à nos yeux modernes mais il faut se laisser gagner par son atmosphère et sa puissance évocatrice pour l’apprécier. (Film muet)
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Lillian Gish, Richard Barthelmess, Donald Crisp
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Remarques :
Le lys brisé* Au moment du tournage, Lillian Gish était très affaiblie par la maladie. L’actrice avait été touchée par l’épidémie de grippe espagnole qui, à cette époque, fit de très nombreuses victimes. Sa performance n’en est que plus admirable.
* Le film fut produit par D.W. Griffith pour être distribué par Adolph Zukor. Ce dernier fut mécontent du film une fois fini et le refusa. Griffith le racheta alors à Zukor le double du prix du tournage pour le distribuer avec sa toute nouvelle compagnie United Artists. Ce fut financièrement très judicieux car le film connut un très grand succès.
* D’après Lilian Gish, le film était si bien planifié et répété que le montage fut réduit à couper le début et la fin de chaque scène avant de les mettre bout à bout. On peut toutefois s’étonner de cette affirmation quand on voit le montage alterné de certaines scènes et les flashbacks.
* Broken Blossoms est tombé dans le domaine public et, de ce fait, les copies disponibles sont très variables en qualité et en durée. Le film fait initialement 90 minutes, certaines scènes sont teintées : bleu, rose/rouge ou couleur or.

Remake :
Le lys brisé (Broken Blossoms) de l’anglais John Brahm (1936) avec Dolly Haas et Arthur Margetson.

(1) Les scènes avec Donald Crisp étaient généralement tournées de nuit car il dirigeait lui-même un autre film pendant la journée (dans toute sa carrière, Donal Crisp a joué dans 173 films et en a dirigé 72).

(2) On raconte que les cris de Lillian Gish lors du tournage de la scène du placard auraient attiré des passants qui cherchèrent à entrer dans le studio pour venir la secourir.

9 septembre 2013

De rouille et d’os (2012) de Jacques Audiard

De rouille et d'osSans argent, Ali arrive à Antibes chez sa soeur qui l’héberge dans son garage. Sportif et ayant pratiqué la boxe, il trouve du travail comme videur dans une boîte de nuit. C’est ainsi qu’il fait la rencontre de Stéphanie… Jacques Audiard adapte assez librement un recueil de nouvelles de Craig Davidson, auteur américain très attiré par le monde de la boxe. De rouille et d’os est avant tout le récit de la reconstruction de deux êtres, perdus et meurtris, un drame donc, cette fois sans le support d’une intrigue policière. Jacques Audiard appuie le côté écorché vif de ses personnages et les dote d’une grande énergie ce qui donne un style très percussif à son film. Il parvient ainsi à éviter le pathos tout en donnant une belle intensité à son récit. Matthias Schoenaerts et Marion Cotillard sont assez remarquables dans leur interprétation. On peut sans doute reprocher à Jacques Audiard certains effets faciles, tels ces ralentis interminables pour renforcer la dramatisation, et d’avoir trop étoffé son scénario. Les scènes de combats peuvent également paraître un peu pénibles. Mais cela n’empêche pas De rouille et d’os d’être un film puissant qui vient renforcer l’importance de Jacques Audiard dans le cinéma français actuel.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Marion Cotillard, Matthias Schoenaerts, Céline Sallette, Corinne Masiero, Bouli Lanners
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20 août 2013

Soigne ton gauche (1936) de René Clément

Soigne ton gauche(Court métrage de 12 mn) Dans une cour de ferme, un boxer s’entraine pour un prochain match à Paris. Les adversaires ne tiennent pas longtemps sur le ring. De son côté, Roger le commis, rêve de gloire sportive… Jacques Tati a toujours été attiré par le sport et il le montre ici une nouvelle fois (1). Il a écrit le scénario de Soigne ton gauche et c’est le tout jeune René Clément qui, à 23 ans, le met en scène (2). La boxe est un grand classique du burlesque du cinéma muet et, si Tati montre une inévitable influence du comique slapstick, il y ajoute déjà une touche supplémentaire bien à lui, ici par les personnages annexes. Il y a un facteur (joué par Max Martel) qui pédale et même parle comme le facteur François de Jour de fête : le film s’ouvre d’ailleurs avec le gag classique du facteur qui tend son bras à gauche alors qu’il tourne à droite. Et il y a les enfants qui observent tout cela à leur façon et apportent une note de poésie. Il est étonnant de voir comment Jacques Tati avait déjà bien développé son style.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Jacques Tati, Max Martel
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(1) Il était déjà question de sport dans les deux premiers courts métrages de Jacques Tati : Oscar, champion de tennis (1932) et On demande une brute (1934).
(2) Soigne ton gauche est la deuxième réalisation de René Clément.

20 juillet 2013

The Ring (1927) de Alfred Hitchcock

Titre français : « Le Masque de cuir »
Autres titres français : « La Piste », « L’Arène »

Le masque de cuirDans une attraction foraine, le boxeur ‘One-Round’ Jack Sander affronte n’importe quel spectateur, qu’il envoie au tapis en moins d’une reprise. Il est très épris de la jeune femme qui vend les tickets. Mais il tombe sur forte partie lorsque Bob, un vrai champion de boxe, s’intéresse à la même jeune femme… The Ring traite d’un sujet plutôt inattendu chez Hitchcock : la boxe. Le scénario qu’il a écrit ne comporte aucune crime, c’est un drame sentimental reposant sur le triangle amoureux classique : deux hommes épris de la même femme. Le masque de cuirLe fait qu’ils soient boxeurs permet de donner une traduction vraiment physique à cette lutte. Le film est surtout remarquable par les trouvailles et expérimentations d’Hitchcock qui jalonnent le film. Il parvient à faire passer tant de choses par ses images qu’il n’y a qu’assez peu d’intertitres. Il parvient même à faire passer des sons par ses images. Le réalisateur a particulièrement soigné la scène finale de boxe : il multiplie les angles de prises de vue, du plus large au plus serré, il y a même un court passage en caméra subjective. Le montage est très habile. Sur le plan de la photographie, on peut remarquer l’influence de l’expressionnisme allemand, Hitchcock ayant trouvé le chef opérateur qui lui permet d’obtenir exactement ce qu’il souhaite : Jack Cox. Grâce à toutes ces trouvailles et innovations, The Ring connut un très bon accueil de la critique mais le succès auprès du public fut bien plus mitigé. (Film muet)
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Carl Brisson, Lillian Hall-Davis, Ian Hunter
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Remarque :
Le titre The Ring fait référence à trois éléments du film : le ring de boxe, la bague au doigt, le bracelet rond offert (en revanche, on peut se demander à quoi fait référence le titre français, car personne ne porte de masque de cuir…)