26 avril 2024

Comment voler un million de dollars (1966) de William Wyler

Titre original : « How to Steal a Million »

Comment voler un million de dollars (How to Steal a Million)Le directeur d’un grand musée parisien demande à un collectionneur français réputé, Charles Bonnet, de lui prêter une œuvre, la statuette Vénus du célèbre sculpteur Cellini. Le collectionneur la confie au musée au grand dam de sa fille Nicole, car c’est un faux, jadis exécuté par son grand-père. Elle est seule à savoir que son farfelu de père est, comme son grand-père, un faussaire de génie. Lorsqu’elle apprend que la statue doit être expertisée, elle décide de la voler au musée avec l’aide d’un cambrioleur qu’elle a surpris chez elle en train de voler un Van Gogh, œuvre de son père…
Comment voler un million de dollars est un film américain réalisé par William Wyler, adaptation d’une nouvelle de George Bradshaw, Venus Rising. Il s’agit d’une amusante comédie romantique construite autour d’Audrey Hepburn. C’est le troisième et dernier film de William Wyler avec l’actrice qui l’avait révélée treize ans auparavant avec Vacances romaines (Roman Holiday, 1953). C’est très plaisant, il y a de bonnes trouvailles dans les situations et l’humour est omniprésent. L’histoire est bien entendu totalement improbable. Les décors sont d’Alexandre Trauner. Délicieux, un peu anodin sans doute, mais bien amusant.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Audrey Hepburn, Peter O’Toole, Eli Wallach, Hugh Griffith, Charles Boyer, Fernand Gravey, Marcel Dalio, Jacques Marin
Voir la fiche du film et la filmographie de William Wyler sur le site IMDB.

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Fernand Gravey, Peter O’Toole et Audrey Hepburn dans Comment voler un million de dollars (How to Steal a Million) de William Wyler.

20 juin 2014

Voyage en Italie (1954) de Roberto Rossellini

Titre original : « Viaggio in Italia »

Voyage en ItalieUn couple de bourgeois anglais, Katherine et Alexander, arrivent à Naples pour régler une histoire d’héritage. Ils sont mariés depuis huit ans mais ce voyage les place seuls, face à face, pour la première fois. Ils constatent qu’ils n’ont que peu de choses à se dire et peu d’intérêts communs… L’idée de départ de Rossellini était de porter à l’écran Duo, le roman de Colette. Quand il découvrit que les droits n’étaient pas disponibles, il décida d’écrire lui-même une histoire sur le même thème. Voyage en Italie fut assez critiqué à sa sortie, beaucoup reprochant au réalisateur de tourner le dos au néoréalisme qu’il avait lui-même initié dix ans auparavant (1). C’est certainement réducteur car Rossellini va plus loin : il crée la symbiose entre le réalisme et l’intimiste. Ce couple bourgeois, dont on suppose qu’il donnait toutes les apparences d’un couple uni dans la bonne société londonienne, va être amené vers une véritable introspection au contact d’un monde où tout leur est étranger (autant au niveau de la nationalité, que du milieu social, du mode de vie, de la philosophie de vie). Chacun va tenter à sa façon une prise de contact avec ce monde nouveau mais ne trouver que plus de frustrations. Il faudra une immersion plus grande et que les ultimes défenses tombent pour qu’ils puissent franchir une nouvelle étape. L’art de Rossellini est de bâtir un film d’une grande portée, offrant même plusieurs niveaux de lecture, à partir d’une succession de petits riens, sans grand développement de scénario. Cette apparente simplicité pourra dérouter mais elle force l’admiration car Voyage en Italie est étonnant par sa profondeur ; cela explique certainement pourquoi il fait partie de ces films qui restent ancrés dans nos esprits.
Elle: 5 étoiles
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Ingrid Bergman, George Sanders
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Remarques :
* La version originale est en anglais. La version doublée en italien passe pour être épouvantable.

* Voyage en Italie est le troisième des cinq longs métrages de Rossellini avec Ingrid Bergman qui, rappelons-le, étaient alors mari et femme. Ces cinq films sont : Stromboli (1950), Europe 51 (1951), Voyage en Italie (1954),  La Peur (1954), Jeanne au bûcher (1954).

* Ingrid Bergman raconte dans son autobiographie à quel point George Sanders était dérouté par les méthodes de travail peu rigoureuses de Rossellini. Son désarroi était donc proche de celui de son personnage. Il était si mal à l’aise qu’il téléphonait très régulièrement à son psy à Los Angeles. Ingrid Bergman, elle, faisait confiance à son mari mais avoue tout de même s’être posée des questions lorsqu’ils ont commencé par aligner les tournages des scènes de musée sans avoir d’idée sur le contenu du reste du scénario (que Rossellini continuait d’écrire au fur et à mesure). (Ingrid Bergman Ma Vie, Fayard 1980).

(1) André Bazin a défendu le film dans une polémique restée célèbre avec Guido Aristarco (critique italien très à gauche, dirigeant-fondateur de la revue Cinema Nuovo).

7 septembre 2013

Pulsions (1980) de Brian De Palma

Titre original : « Dressed to Kill »

PulsionsInsatisfaite dans son mariage, Kate Miller s’en confie à son psychiatre. Elle se rend ensuite dans un musée où elle est attirée par un bel inconnu… Ecrit par Brian De Palma, Pulsions est un film psychanalytique au suspense puissant dont le vecteur principal est l’attirance sexuelle. Une fois de plus (1), Brian De Palma rend un hommage (très) appuyé à Alfred Hitchcock, le film pouvant être vu comme une nouvelle variation du thème de Psychose. La plus belle scène est incontestablement celle du musée, une longue scène muette où tout se joue sur les regards (l’importance des regards est d’ailleurs une constante dans tout le film). Brian De Palma y montre en outre une grande dextérité dans les mouvements de caméra et Angie Dickinson, toute vêtue de blanc, dégage une présence et une sensualité rares. Cette scène est vraiment remarquable, une merveille. La tension est ensuite constante durant tout le film, parfaitement construit. Comme les meilleurs suspenses, le film fonctionne tout aussi bien après plusieurs visions. Il fait d’ailleurs partie de ces films que l’on n’oublie guère.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Michael Caine, Angie Dickinson, Nancy Allen, Dennis Franz
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Remarques :
* La scène du musée, censée se dérouler au Metroplitan Museum of Art de New York, est en réalité tournée dans le Philadelphia Museum of Art.
* Nancy Allen était alors depuis peu la femme de Brian De Palma.

(1) Quatre ans plus tôt, Brian De Palma avait réalisé Obsession inspiré de Sueurs froides d’Alfred Hitchcock.  A noter que le scène du musée de Pulsions fait, elle aussi, référence à ce même film d’Hitchcock.