21 mars 2020

Ma Loute (2016) de Bruno Dumont

Ma LouteAndré Van Peteghem arrive avec sa femme et ses enfants dans leur villa en baie de la Slack, sur la Côte d’Opale. Ils sont bientôt rejoints par sa sœur et son mari, qui est également le cousin d’André. Plusieurs disparitions ont eu lieu, un inspecteur ventripotent enquête. Dans les dunes vit une famille de pêcheurs, également passeurs : ils portent les personnes qui veulent traverser un petit bras de mer…
Après quelques films très remarqués dans un genre plutôt rude, Bruno Dumont avait surpris en optant pour le comique avec la série P’tit Quinquin pour Arte. Il poursuit dans cette veine avec Ma Loute, un film burlesque et outrancier, franchement surréaliste dans l’esprit. Bruno Dumont force le trait et même n’hésite pas à aller franchir allègrement les limites du bon goût (quelques scènes sont vraiment gore). Certains acteurs sont non professionnels mais ce sont les formidables prestations de Fabrice Luchini et de Juliette Binoche en grands bourgeois exaltés et tarabiscotés qui portent le burlesque à des sommets. Les seconds rôles ne sont pas en reste, avec notamment cet improbable inspecteur qui semble sorti d’une bande dessinée. Le film aurait sans doute gagné à être un peu plus court mais n’en est pas moins assez unique en son genre. Il pourra toutefois être diversement apprécié…
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Fabrice Luchini, Juliette Binoche, Valeria Bruni Tedeschi, Jean-Luc Vincent, Brandon Lavieville, Didier Després
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Remarque :
* La (très surprenante) demeure des Van Peteghem est le Typhonium de Wissant (Pas-de-Calais), une villa de style art-nouveau et néo-égyptien ptolémaïque. Elle tient son nom de petits temples égyptiens trouvés à Denderah et à Edfou lors de la campagne d’Égypte.

Ma LouteFabrice Luchini, Juliette Binoche, Valeria Bruni Tedeschi et Jean-Luc Vincent dans Ma Loute de Bruno Dumont.

11 octobre 2019

Un beau soleil intérieur (2017) de Claire Denis

Un beau soleil intérieurIsabelle est peintre à Paris. Divorcée, elle cherche un amour pour que sa vie affective prenne un nouveau départ. Elle a des aventures mais elle aspire à un amour véritable…
Un beau soleil intérieur a été écrit par Claire Denis avec l’aide de Christine Angot. La cinéaste se penche sur les relations humaines. Le regard qu’elle porte sur le milieu intellectuel parisien est assez acide mais empreint de beaucoup d’humour. Malgré le sujet, il y a beaucoup de légèreté dans le récit de cette succession de rencontres insatisfaisantes. Les dialogues sont abondants du fait de la propension de certains personnages à tout verbaliser ou à conceptualiser leurs relations avec les autres. Claire Denis aborde plusieurs thèmes, notamment celui du désir, le désir que l’on projette et celui que l’on ressent. La réalisatrice est fascinée par les corps et, cette fois, c’est implicitement le corps de Juliette Binoche qui est le pivot central de cette histoire. L’actrice est admirable mais tous les seconds rôles sont très bien tenus. Claire Denis a su réunir un beau plateau d’acteurs, et même plus puisqu’on peut aussi voir Philippe Katerine et le philosophe Charles Pépin dans des petits rôles. Un beau soleil intérieur est un film étonnant car il peut se définir autant comme un drame que comme une comédie.
Elle: 4 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Juliette Binoche, Xavier Beauvois, Nicolas Duvauchelle, Bruno Podalydès, Josiane Balasko, Sandrine Dumas, Alex Descas, Paul Blain, Gérard Depardieu
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Un beau soleil intérieurJuliette Binoche dans Un beau soleil intérieur de Claire Denis.

25 septembre 2019

High Life (2018) de Claire Denis

High LifeDans un vaisseau spatial rudimentaire, un petit groupe de criminels condamnés voyage vers une destination lointaine dans le cadre d’une mission en isolation totale et très probablement sans retour…
Ecrit par Claire Denis et Jean-Pol Fargeau, High Life n’est pas un film conventionnel de science-fiction. Il est d’ailleurs truffé d’incohérences et l’habitacle évoque plutôt une baraque de chantier un peu glauque qu’un vaisseau interplanétaire. Ce n’est pas vraiment important car le lieu est surtout là pour créer une situation marquée par deux éléments : l’isolement total (ils ne peuvent qu’émettre des rapports mais pas recevoir du fait de leur vitesse, proche de celle de la lumière, et de la distance) et le peu de chance de survie. Le propos est donc de se pencher sur la nature humaine dans cette situation extrême et d’approcher ce qui définit notre humanité. Si l’idée de départ et même la démarche paraissent excellentes, on peut regretter que la réflexion reste focalisée sur quelques aspects finalement assez immédiats et prévisibles. En revanche, on peut en repensant à postériori au film, explorer de nombreuses autres pistes. Sur le plan de la forme, High Life évoque les films de Tarkowski (difficile de ne pas penser à Solaris) sans toutefois parvenir à la même puissance. Une partie de la critique a très bien accueilli le film, l’autre assez mal (ce qui est assez habituel pour un film non conventionnel).
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Robert Pattinson, Juliette Binoche, André Benjamin, Mia Goth
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Remarques :
* Claire Denis s’est adjoint les conseils de l’astrophysicien Aurélien Barrau, un cosmologue qui est spécialisé dans la physique des astroparticules et des trous noirs. Cela nous vaut une très belle représentation d’un trou noir.
* Coproduction U.K., France, Allemagne, Pologne. La version originale est en anglais.
* Les quelques images d’un film ancien sur l’écran devant le bébé sont extraites de In the Land of the Head Hunters, réalisé en 1914 par l’ethnologue Edward S. Curtis, avec le concours des Indiens Kwakiutl de l’île de Vancouver au Canada. Edward S. Curtis a été l’un des principaux anthropologues sociaux des Amérindiens d’Amérique du Nord. C’est l’un des premiers photojournalistes mais il n’a réalisé que très peu de films. Une nouvelle version complétée (67 mn) et restaurée a été distribuée en 2013 sous le titre In the Land of the Head Hunters : A Drama of Primitive Life on the Shores of the North Pacific.
On comprend aisément pourquoi Claire Denis a choisi ce film mais il est bien maladroitement utilisé : l’extrait est bien trop court (3-5 secondes) pour que l’on comprenne sur le coup.

High LifeRobert Pattinson et Scarlett Lindsey dans High Life de Claire Denis.

High LifeMia Goth et Juliette Binoche dans High Life de Claire Denis.

16 décembre 2016

L’insoutenable légèreté de l’être (1988) de Philip Kaufman

Titre original : « The Unbearable Lightness of Being »

L'insoutenable légèreté de l'êtrePrague, printemps 1968. Un vent de liberté souffle sur la Tchécoslovaquie. Tomas est un jeune et séduisant chirurgien du cerveau qui multiplie les conquêtes féminines. Il cultive une forme d’amitié érotique avec une artiste, Sabina, et développe un amour plus sérieux pour Tereza, une jeune serveuse rencontrée lors d’un déplacement en province… L’insoutenable légèreté de l’être est un roman à succès de Milan Kundera, adapté ici pour le grand écran par Jean-Claude Carrière. Le thème principal est l’opposition entre légèreté et gravité : comment peut-on être léger et insouciant face à la pesanteur des destinées? Tereza finit par trouver insoutenable la légèreté de Tomas alors qu’ils assistent impuissants à l’écrasement de leur pays. Le récit de Kundera a en effet aussi un aspect historique, par son témoignage de l’irruption des chars et soldats soviétiques à Prague en août 1968 et du processus de « normalisation » qui a suivi. Kundera a orné son récit d’une sensualité érotique que l’on retrouve à l’écran. Elle contribue à l’équilibre général de l’ensemble en lui donnant une plus grande accessibilité (ou bien Kundera aurait-il cherché à privilégier une certaine légèreté ?) Bien qu’un peu trop long (près de 3 heures), le film de Philip Kaufman est une belle adaptation du roman.
Elle: 4 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Daniel Day-Lewis, Juliette Binoche, Lena Olin, Stellan Skarsgård
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Remarques :
* L’insoutenable légèreté de l’être a lancé la carrière internationale de Juliette Binoche.
* Roman (publié en 1984) et film précèdent la chute du Mur de quelques années. Kundera a écrit son roman juste après la mort de Brejnev (qui avait ordonné la « normalisation » de la Tchécoslovaquie en 1968).

 

L'insoutenable légèreté de l'être
Légèreté : Lena Olin et Daniel Day-Lewis dans L’insoutenable légèreté de l’être de Philip Kaufman.

L'insoutenable légèreté de l'être
Gravité : Juliette Binoche dans L’insoutenable légèreté de l’être de Philip Kaufman.

1 décembre 2016

Trois couleurs: Bleu (1993) de Krzysztof Kieslowski

Trois couleurs: BleuUn accident sur une route de campagne. A son réveil, Julie apprend que son mari, célèbre compositeur, et sa petite fille sont morts dans l’accident. Elle se retrouve donc seule. Elle commence par vendre tous ses biens pour aller vivre une autre vie. Elle ne garde qu’un pendule décoratif composé de perles bleues… Trois couleurs: Bleu est le premier volet de la trilogie tricolore de Krzysztof Kieslowski qui tourne pour la première hors de son pays, la Pologne. Dans ce premier opus, il explore la notion de liberté et sa relation à la mémoire : peut-on effacer sa mémoire pour (re)trouver sa liberté ? C’est la quête que s’est donnée Julie, son personnage. Mais peut-on concevoir la liberté sans mémoire ? Non, semble nous dire Kieslowski appuyant son propos par l’image de la mère, atteinte de la maladie d’Alzheimer qui le rend comme prisonnière. Julie retrouvera un début d’équilibre en sachant intégrer ses souvenirs douloureux. La forme est assez brillante, Kieslowski réussissant une symbiose parfaite de tous les constituants du film. Il symbolise le deuil, et sa lancinante douleur, par de brusques (et spectaculaires) éclats musicaux. Omniprésent, le bleu est juste un parti-pris esthétique, il ne faut sans doute pas lui chercher une signification autre, la couleur bleue convenant bien au caractère froid et bien entendu à l’eau purificatrice de la piscine. L’interprétation de Juliette Binoche donne une grande intensité à son personnage.
Elle: 4 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Juliette Binoche, Benoît Régent, Emmanuelle Riva
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Remarque :
* Kieslowski laisse comme souvent un peu de place à un thème qui lui est cher, le hasard : un musicien de rue qui a trouvé le même thème que son mari, une rencontre fortuite avec les personnages du second volet, etc. Le thème du hasard peut paraître anodin mais c’est loin d’être le cas : l’acceptation (ou pas) de la notion-même a de fortes répercussions sur la construction de notre philosophie de vie (remarque très personnelle que vous n’êtes bien entendu pas obligé de partager…)

Trois couleurs : Bleu
Juliette Binoche dans Trois couleurs: Bleu de Krzysztof Kieslowski.

30 septembre 2016

Sils Maria (2014) de Olivier Assayas

Titre original : « Clouds of Sils Maria »

Sils MariaAlors qu’elle est sous le coup de l’annonce de la mort d’un ami dramaturge, une comédienne cinquantenaire de renommée internationale se voit proposer de rejouer dans une de ses anciennes pièces… Ecrit et réalisé par Olivier Assayas, Sils Maria nous plonge dans l’univers complexe d’une actrice tourmentée par ses interrogations. Ses deux thèmes de préoccupation peuvent paraître assez classiques : la porosité de la séparation entre sa vie réelle et la vie des personnages qu’elle interprète (l’actrice a avec sa jeune assistante une relation proche de celle du personnage qu’elle s’apprête à jouer) et l’action du temps qui la met en décalage avec son époque. Sa passion pour son métier est un piège qui la maintient dans un tourbillon artificiel d’évènements, une frénésie qui l’empêche de prendre du recul et de réfléchir sur elle-même. On peut sans doute reprocher à Assayas de ne pas surprendre et de rester sur des situations et des réflexions finalement assez classiques. Il nous reste sa très belle façon de filmer et la performance de son duo d’actrices, toutes deux assez remarquables.
Elle: 3 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Juliette Binoche, Kristen Stewart, Chloë Grace Moretz
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Remarques :
* « Sils-Maria est un charmant village alpin, où l’on peut s’adonner à la promenade et au ski, alpin ou nordique, dans un cadre paradisiaque » annonce fièrement le site internet de l’imposant hôtel Waldhaus Sils, dans lequel le film a été tourné en grande partie. Il est en bordure du lac de Sils, dans la région de l’Engadine au sud-est de la Suisse (non loin de Saint-Moritz).

* Le superbe phénomène nuageux décrit et filmé existe réellement. Il a été filmé en 1924 par le réalisateur allemand Arnold Fanck, grand spécialiste des films des hauteurs, dans un documentaire de 10 mn Les Nuages de Maloja (Das Wolkenphänomen von Maloja). C’est ce petit film que Maria Enders montre à son assistante dans le film d’Assayas.

* Juliette Binoche et Olivier Assayas connurent une histoire similaire à celle de la principale protagoniste du film puisque le premier propulsa la seconde. En effet, le réalisateur rencontra la comédienne pour son deuxième rôle au cinéma, alors qu’il écrivait avec André Téchiné le scénario du film, son tout premier, Rendez-vous (1984), qui était déjà une mise en abyme de la carrière d’actrice. Binoche avait alors tout juste vingt ans et tenait la tête d’affiche du film. Elle ne retrouva le scénariste, depuis devenu réalisateur, qu’en 2007, dans L’Heure d’été et a eu, par la suite, l’intuition d’un film, selon Assayas « resté virtuel et qui renverrait pour l’un comme pour l’autre à l’essentiel » qui se baserait sur leur histoire commune. C’est sur ce point de départ qu’il écrivit le scénario de Sils Maria. (Reprise du dossier de presse).

Sils Maria
Kristen Stewart et Juliette Binoche dans Sils Maria de Olivier Assayas.

Sils Maria
Johnny Flynn et Chloë Grace Moretz dans Sils Maria de Olivier Assayas.

17 août 2013

Cosmopolis (2012) de David Cronenberg

CosmopolisUn matin, Eric Packer, un jeune magnat de la haute finance, décide d’aller chez son coiffeur à l’autre bout de New York. Peu lui importe que la ville soit paralysée par la venue du Président ou que ses services pensent que quelqu’un cherche à le tuer, il traverse la ville lentement dans son immense limousine où il reçoit ses visiteurs… Cosmopolis est adapté d’un roman de Don DeLillo. L’idée de départ est intéressante à la fois par son lieu, une limousine suréquipée en électronique qui roule au pas dans un New York congestionné par les embouteillages et les manifestations, et aussi par son contenu, la critique d’un monde où les fossés se creusent. Hélas, le contenu se révèle inutilement verbeux. Les discussions de ce golden boy avec employés et connaissances ne reflètent que le vide et l’absence d’une quelconque réflexion. Le symbolisme utilisé par Cronenberg ne donne pas dans la subtilité pour nous montrer comment les « rats de la finance » se moquent de la réalité qui les entoure, sont incapables d’avoir des émotions et sont détruits par les créatures qu’ils ont eux-mêmes créées. Il y a pourtant de bons passages, le meilleur sans doute étant celui avec Juliette Binoche qui montre le rapport de ce nouveau riche à l’Art.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Robert Pattinson, Sarah Gadon, Paul Giamatti, Juliette Binoche, Mathieu Amalric
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24 juin 2012

Copie conforme (2010) de Abbas Kiarostami

Copie conformeDans la ville d’Arezzo en Toscane, l’écrivain anglais James Miller présente son dernier livre sur la valeur d’une copie en art par rapport à l’original. Une femme laisse son adresse et l’écrivain passe la voir le lendemain. Ils partent ensemble visiter le village de Lucignano… Copie conforme de l’iranien Abbas Kiarostami n’est pas un film qui se livre facilement, il est un peu difficile de démêler le vrai du faux car nous avons des impressions contradictoires (1). Le thème central tourne autour de ces questions : Le faux a-t-il la même valeur que le vrai ? Peut-il faire aimer le vrai ? Ici, la femme prend l’homme à son propre piège en lui montrant le faux pour obtenir le vrai. Abbas Kiarostami filme superbement la Toscane et le village de Lucignano (et un très beau plan où nous voyons les maisons d’Arezzo dans le reflet du pare-brise). William Shimell, chanteur d’opéra baryton, est ici dans son premier rôle au cinéma. Il a un jeu sans doute un peu rigide mais une belle présence.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Juliette Binoche, William Shimell
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Remarques :
* L’homme qui donne un conseil sur la place est interprété par Jean-Claude Carrière.
* Le village de Lucignano en Toscane est effectivement un lieu de mariages du fait de la curieuse légende de l’Arbre de vie et de l’amour. C’est une sculpture datant du XIVe siècle représentant un arbre enchâssé de pierres précieuses au pied duquel on doit faire les promesses de mariage.

(1) Ne pas lire ce qui suit si vous avez l’intention de voir le film prochainement :
Il est assez difficile de démêler le vrai du faux dans Copie conforme. Le plus probable (à mes yeux) est qu’ils se sont rencontrés brièvement à Florence, 5 ans auparavant, et que la femme cherche à le séduire en l’entrainant dans un jeu où ils jouent à être un vieux couple (le vrai basculement intervenant dans le café). L’enfant n’est pas un fils commun (cf. attitude du fils à la conférence et le fait que la femme parle au père au téléphone dans la galerie d’art). Eléments troublants : 1) Comment savait-elle qu’il ne se rasait qu’un jour sur deux ? Probablement, ce détail figure dans son livre. 2) L’histoire de l’assoupissement en voiture (avec peut-être le décès d’un autre enfant) ? Probablement, une invention de James par jeu en réponse à l’histoire inventée de l’endormissement prématuré du mari le soir de leurs 15 ans de mariage. 3) Pourquoi vont-ils si loin dans leur jeu au restaurant ? Lui, sans doute parce qu’il ne sait pas quelle décision prendre, elle, c’est plus étonnant car le jeu est dangereux.

Homonyme :
Copie conforme de Jean Dréville (1947) avec Louis Jouvet et Suzy Delair.