31 juillet 2015

Sommaire de juillet 2015

SevenUsual SuspectsLa Dame sans caméliaContactTronMars Attacks!Le Chemin des étoilesCoup de coeur

Seven

(1995) de David Fincher

Usual Suspects

(1995) de Bryan Singer

La Dame sans camélia

(1953) de Michelangelo Antonioni

Contact

(1997) de Robert Zemeckis

Tron

(1982) de Steven Lisberger

Mars Attacks!

(1996) de Tim Burton

Le Chemin des étoiles

(1945) de Anthony Asquith

Coup de coeur

(1981) de Francis Ford Coppola

West Side StoryThe Big LebowskiQuelques messieurs trop tranquillesThe Truman ShowUne bonne planqueQu'il est étrange de s'appeler FedericoPeggy Sue s'est mariéeBarton Fink

West Side Story

(1961) de Robert Wise et Jerome Robbins

The Big Lebowski

(1998) de Joel Coen et Ethan Coen

Quelques messieurs trop tranquilles

(1973) de Georges Lautner

The Truman Show

(1998) de Peter Weir

Une bonne planque

(1972) de Alberto Lattuada

Qu’il est étrange de s’appeler Federico

(2013) de Ettore Scola

Peggy Sue s’est mariée

(1986) de Francis Ford Coppola

Barton Fink

(1991) de Joel Coen et Ethan Coen

Boule de feuLa Fille à la valisePaycheckL'homme qui en savait tropAmes perduesBerlin, la cité des millionsLes yeux sans visagePacific Rim

Boule de feu

(1941) de Howard Hawks

La Fille à la valise

(1961) de Valerio Zurlini

Paycheck

(2003) de John Woo

L’homme qui en savait trop

(1956) de Alfred Hitchcock

Ames perdues

(1977) de Dino Risi

Berlin, la cité des millions

(1925) de Adolf Trotz

Les yeux sans visage

(1960) de Georges Franju

Pacific Rim

(2013) de Guillermo del Toro

Nombre de billets : 24

29 juillet 2015

Seven (1995) de David Fincher

Titre original : « Se7en »

SevenA sept jours de prendre sa retraite, le détective William Somerset (Morgan Freeman) accueille son remplaçant le jeune David Mills (Brad Pitt). Les deux détectives vont se trouvés confrontés à une série de crimes assez atroces… A partir d’une base ultra classique (le vieux détective qui agit avec sa tête en tandem forcé avec un jeune impulsif), David Fincher nous entraîne sur des terres plutôt inconnues avec un thriller de haute virtuosité, autant sur le scénario (signé Andrew Kevin Walker) que sur la mise en scène et le montage. L’enquête devient rapidement un jeu de piste morbide et le suspense culmine dans la séquence finale, assez incroyable (sans être totalement inoubliable puisque, personnellement, je ne m’en souvenais plus, ce qui fut toutefois un avantage…) On peut toutefois regretter que toute cette virtuosité, ces écarts par rapports aux lourdes normes hollywoodiennes soient au service du glauque et du sordide : je ne dirais pas que la vision de Seven est une partie de plaisir… La complaisance mêlée de fascination de Fincher pour son tueur peut également laisser un peu perplexe. Morgan Freeman est comme toujours solide dans son interprétation, ce qui est loin d’être le cas de celle de Brad Pitt ; Fincher aurait-il cultivé cette différence de qualité pour appuyer l’écart entre les deux détectives ? Seven fut un très grand succès et jouit toujours d’une très forte aura.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Morgan Freeman, Brad Pitt, Gwyneth Paltrow, Kevin Spacey
Voir la fiche du film et la filmographie de David Fincher sur le site IMDB.

Voir les autres films de David Fincher chroniqués sur ce blog…

Voir les livres sur David Fincher

Seven
Morgan Freeman et Brad Pitt dans Seven de David Fincher

Remarque :
* La fin que l’on peut voir dans le film Seven avait d’abord été refusée par les producteurs qui demandèrent à Andrew Kevin Walker d’en écrire une autre. Mais c’est le premier script qui fut, par erreur, donné à David Fincher. Quand New Line Cinema s’aperçut de la bourde et lui donnèrent le script révisé, David Fincher refusa tout net ces changements et reçut l’appui de Brad Pitt dans sa bataille pour imposer ses vues.
Pour lire la version révisée du script… (avec une fin différente. Pour se placer au début de la fin, rechercher dans la page le mot « helicopter » et vous serez dans la scène où l’on voit un hélicoptère pour la première fois, c’est à dire au départ de la voiture avec John Doe).

27 juillet 2015

Usual Suspects (1995) de Bryan Singer

Titre original : « The Usual Suspects »

Usual SuspectsUne fusillade sur un cargo à quai dans le port de Los Angeles laisse le bateau en flammes et plus de vingt morts. L’un des rares survivants est interrogé par la police. Il raconte que tout a commencé six jours auparavant lorsque cinq suspects ont été arrêtés pour une attaque à main armée qu’il n’avait pas commise… Ecrit par Christopher McQuarrie et réalisé par Bryan Singer (son deuxième long métrage et, sans aucun doute, son plus remarquable), Usual Suspects a fait bouger les codes bien établis du film policier, principalement par sa construction qui est assez admirable ; entremêlant présent et flashback, elle forme un puzzle dont les pièces ne sont dévoilées que progressivement. Le déroulement du scénario nous tient ainsi constamment en haleine. Les personnages sont bien définis et bénéficient d’une interprétation parfaite, dans l’ensemble assez retenue, avec une mention spéciale pour Kevin Spacey et Gabriel Byrne. La musique est parfaitement intégrée et utilisée. Le twist final a beaucoup marqué les esprits : on pourra toujours objecter que Usual Suspects n’est pas le premier film à se terminer ainsi avec un retournement qui surprend le spectateur mais c’est incontestablement après lui que le twist final est devenu une figure obligée du genre.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Gabriel Byrne, Kevin Spacey, Benicio Del Toro, Stephen Baldwin, Kevin Pollak, Chazz Palminteri, Pete Postlethwaite
Voir la fiche du film et la filmographie de Bryan Singer sur le site IMDB.

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Usual Sspects
Kevin Spacey dans The Usual Suspects de Bryan Singer

24 juillet 2015

La Dame sans camélia (1953) de Michelangelo Antonioni

Titre original : « La signora senza camelie »

La Dame sans caméliaLa jeune actrice Clara attend avec anxiété les réactions à la projection de son nouveau film. Elles sont plutôt positives. Le producteur qui l’a découverte la presse de l’épouser. Elle finit par accepter… La Dame sans camélia est le deuxième des cinq premiers longs métrages d’Antonioni, ceux que l’on appelle parfois « Antonioni avant Antonioni ». Comme pour le précédent, il s’agit d’un portrait de femme qui ne parvient pas à s’affranchir de la tutelle des hommes pour prendre son destin en main. Le milieu est cette fois celui du cinéma où la beauté de Clara, alliée à une certaine fragilité, l’enferme dans un schéma où elle restera sous l’emprise des hommes (destin qui n’est si éloigné de celui de Lucia Bosé, l’actrice qui l’interprète). Par ces aspects romanesques, La Dame sans camélia peut paraître assez conventionnel mais son traitement par Antionioni, sans atteindre la perfection formelle de ses films ultérieurs, lui donne une certaine force. Dans de très nombreuses scènes de tension, Clara est presque muette, ce sont les hommes qui gravitent autour d’elle qui se dévoilent. De plus, comme le souligne Mathias Sabourdin dans un excellent article sur le réalisateur (1), Antonioni montre de l’élégance dans sa mise en scène basée sur de longs plans accompagnant le mouvement des comédiens, où les personnages sont toujours replacés dans leur contexte.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Lucia Bosé, Gino Cervi, Andrea Checchi, Ivan Desny, Alain Cuny
Voir la fiche du film et la filmographie de Michelangelo Antonioni sur le site IMDB.

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La Dame sans camelia
Ivan Desny et Lucia Bosé dans La Dame sans camélia de Michelangelo Antonioni

(1) Dictionnaire du cinéma italien, ses créateurs de 1943 à nos jours, Editions du Nouveau Monde 2014.

23 juillet 2015

Contact (1997) de Robert Zemeckis

ContactAprès des années de recherches, l’astrophysicienne Eleanor Arroway capte un signal venant de l’étoile Vega. Aucun doute n’est permis : il s’agit bien d’un message qui nous est adressé… Pour tout amateur de hard science-fiction (1) qui se respecte, l’adaptation de Contact de Carl Sagan était très attendue car le roman de ce scientifique est l’un des meilleurs du genre. L’histoire se situe tout naturellement dans le cadre du vaste et enthousiasmant programme SETI (Search for Extra-Terrestrial Intelligence, recherche d’une intelligence extraterrestre) dont Carl Sagan était l’un des promoteurs. L’adaptation par Robert Zemeckis s’est révélée être excellente, avec le même degré d’assise scientifique. Carl Sagan en a, il est vrai, suivi de près la préparation mais n’a pu hélas le voir terminé du fait de son décès en cours de tournage. Le niveau de réalisme est excellent, les problèmes soulevés sont effectivement ceux qui ne manqueraient pas de se poser dans une telle situation et les images créées (scène d’ouverture et voyage) sont superbes. Le film sera toutefois diversement apprécié selon sa sensibilité au sujet. A mes yeux, Contact est l’un des meilleurs films de science-fiction jamais réalisés.
Elle:
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Jodie Foster, Matthew McConaughey, Tom Skerritt, William Fichtner, John Hurt
Voir la fiche du film et la filmographie de Robert Zemeckis sur le site IMDB.

Voir les autres films de Robert Zemeckis chroniqués sur ce blog…

Contact
Jodie Foster est à l’écoute du ciel profond dans Contact de Robert Zemeckis

Remarques :
* Au départ, Contact a été un projet de film que Carl Sagan a écrit en 1980 avec sa femme Ann Druyan. Le projet n’a pas abouti et Carl Sagan en a fait un roman (paru en 1985).

* Peu après la sortie de Contact, Warner Bros a reçu un avertissement de la Maison Blanche pour avoir utilisé des images du président Bill Clinton sans autorisation. Il faut dire que ces insertions sont fort bien faites, on pourrait croire qu’il a joué dans le film. En la matière, Zemeckis a l’expérience de Forrest Gump.

* Le radiotélescope du début du film est celui d’Arecibo sur l’île de Porto-Rico. Il a été et est toujours utilisé dans le cadre de SETI. C’est le plus grand au monde en taille physique (mais pas en taille effective où il est largement dépassé par de plus petits mis en batterie). Les radiotélescopes vus ensuite sont ceux du Very Large Array (VLA) situé aux Etats-Unis dans l’état du Nouveau Mexique.

* La scène d’ouverture, un travelling arrière depuis la Terre jusqu’aux amas de galaxies, est absolument superbe. On peut la voir sur Youtube (mais, même en HD, les algorithmes de compression montrent nettement leurs limites : ils en font de la bouillie).

(1) La « hard science-fiction » (= science-fiction dure) est un genre de science-fiction qui s’appuie sur des bases scientifiques solides. Pour donner les auteurs les plus représentatifs, on peut citer Arthur C. Clark (2001, odyssée de l’espace), Poul Anderson, Stanislaw Lem (Solaris), Carl Sagan, Kim Stanley Robinson, … Et Jules Vernes est un peu le père spirituel de la « hard SF ».

22 juillet 2015

Tron (1982) de Steven Lisberger

TronLe programmeur Kevin Flynn s’est vu déposséder des jeux informatiques qu’il avait programmés par l’un de ses collègues, Dillinger. Ce dernier a même réussi à le faire licencier de la société de haute technologie qui les emploie et a laissé un programme d’intelligence artificielle prendre le contrôle du système informatique. Kevin est décidé à pénétrer le système pour y chercher des preuves mais le MCP (Master Control Program) réussit à le dématérialiser pour l’injecter au coeur du monde digital… En 1982, Tron fut un film révolutionnaire : c’est le premier film à avoir utilisé largement des images créées sur ordinateur, non pas seulement pour quelques effets spéciaux mais pour créer tout un univers. En fait, la production a combiné plusieurs techniques, ordinateur, animation classique, superposition par calques et même la peinture image par image. L’ambition était de « dessiner avec la lumière ». L’idée de base a germé dans l’esprit de Steven Lisberger plusieurs années auparavant, impressionné par les tous premiers jeux vidéo et par le film Star Wars. Aujourd’hui, quelque trente ans plus tard, il est bien entendu logique que la vision de Tron n’impressionne plus guère mais, à l’époque où la notion-même de programme informatique était mal connue, le film eut l’effet d’une bombe sur certains (je peux en témoigner). L’histoire n’a que peu d’importance car l’attrait de Tron est avant tout son univers. Deux designers de très grand talent ont créé cet univers : le français Moebius (Jean Giraud) et l’américain Syd Mead (à qui l’on doit également l’univers de Blade Runner). Le résultat est (était) à la fois novateur et magique, un monde tout à fait autre. Tron a été refait en 2010 avec des graphismes actualisés, mais tentant d’en garder l’esprit : Tron, l’héritage.
Elle:
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Jeff Bridges, Bruce Boxleitner, David Warner, Cindy Morgan
Voir la fiche du film et la filmographie de Steven Lisberger sur le site IMDB.

Tron
Les motos de Tron ont été dessinées par Syd Mead.

Tron
Cindy Morgan et Bruce Boxleitner dans Tron de Steven Lisberger. Les costumes de lumière sont de Moebius.

Tron
Le superbe vaisseau solaire de Tron a été dessiné par Moebius.

Remarques :
* Les images informatiques de Tron ont été calculées par quatre sociétés informatiques, notamment sur des ordinateurs Cray 1, l’ordinateur le plus puissant au monde avec ses 8 Mo de mémoire vive et dont la puissance de calcul était 1000 fois inférieure à un banal ordinateur de bureau d’aujourd’hui. A noter que la forme globale du MCP ressemble à celle d’un Cray (qui avait la particularité d’être en rond afin de diminuer la longueur des fils).
* La peinture image par image (les lumières sur les costumes par exemple) a été faite à la main… à Taiwan.

21 juillet 2015

Mars Attacks! (1996) de Tim Burton

Mars Attacks!Les martiens arrivent en grand nombre dans leurs soucoupes volantes à proximité de la Terre. Le président des Etats-Unis pense qu’ils viennent en paix. Contact est pris pour accueillir une délégation dans le désert du Nevada… Mars Attacks! est une comédie satirique de Tim Burton. Il reprend les codes des films de science-fiction des années cinquante pour les détourner et nous surprendre : ses martiens sont aussi sanguinaires que facétieux. Il reprend en partie l’esthétisme de ces années-là, notamment pour les soucoupes et les armes, et le mélange à un style de dessin animé pour les martiens et les animations. Rien n’est sérieux ici et Jack Nicholson semble beaucoup s’amuser dans un double rôle, le second paraissant bien inutile. Il y a d’ailleurs une inflation de personnages qui ne semblent pas tous très nécessaires. Globalement, le film parait assez impersonnel, il faut vraiment chercher la patte de Tim Burton et l’ensemble tourne un peu en rond malgré de bons moments. Ceci dit, le thème du péril extra-terrestre a rarement été traité avec tant d’humour et de loufoquerie.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Jack Nicholson, Glenn Close, Annette Bening, Pierce Brosnan, Danny DeVito, Lukas Haas, Martin Short, Sarah Jessica Parker, Michael J. Fox, Rod Steiger, Natalie Portman
Voir la fiche du film et la filmographie de Tim Burton sur le site IMDB.
Voir la fiche du film sur AlloCiné.
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Mars Attacks!
Les martiens facétieux de Mars Attacks! de Tim Burton

 

20 juillet 2015

Le Chemin des étoiles (1945) de Anthony Asquith

Titre original : « The Way to the Stars »

Le Chemin des étoiles1942. Peter, un jeune pilote, est envoyé sur un aérodrome militaire dans le Yorkshire en Angleterre. Il devient ami avec David, son chef d’escadrille, qui se rend fréquemment au village voisin. David a l’intention d’épouser Toddy, une jeune femme qui tient une pension de famille… Ce film anglais sur les forces aériennes britanniques et américaines basées en Angleterre s’inscrit dans la lignée du film américain de William Wyler The Memphis Belle, mais il se concentre sur la vie dans la base : il n’y a pas de séquences de vol. Même si l’histoire peut paraître assez classique, The Way to the Stars est de belle facture avec une excellente distribution : tous les rôles sont fort bien tenus. L’humour n’est pas absent notamment dans la cohabitation d’anglais et d’américains.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Michael Redgrave, John Mills, Rosamund John, Douglass Montgomery, Basil Radford, Jean Simmons
Voir la fiche du film et la filmographie de Anthony Asquith sur le site IMDB.

Voir les autres films de Anthony Asquith chroniqués sur ce blog…

Le Chemin des étoiles
Michael Redgrave, Basil Radford et John Mills dans Le Chemin des étoiles de Anthony Asquith.

Remarques :
* Lorsqu’il fut évident que la guerre allait être terminée avant que le film sorte, Terence Rattigan, auteur du scénario, rajouta un prologue montrant un aérodrome à l’abandon et plaçant toute l’histoire dans un flashback.
* Jean Simmons fait une très brève apparition en chanteuse. Elle est ici dans l’un de ses tous premiers films et âgée d’à peine 16 ans (et déjà très belle). A noter que son nom figure en 3e position sur l’affiche ci-dessus qui ne date donc certainement pas de 1945.

19 juillet 2015

Coup de coeur (1981) de Francis Ford Coppola

Titre original : « One from the Heart »

Coup de coeurLas Vegas, la veille du 4 juillet. Hank et Franny se disputent et décident de se séparer. Ils font chacun une rencontre… Après le difficile et interminable tournage d’Apocalypse Now, Coppola cherche à avoir le contrôle total sur tous les aspects de la réalisation. Il acquiert un immense studio à l’abandon et y déplace le siège de sa société de production American Zoetrope. Il souhaite aussi se rapprocher du processus de création théâtrale, son Las Vegas est ainsi entièrement recréé artistiquement en studio. Son autre ambition est d’ouvrir une nouvelle voie de création, celle du « cinéma électronique » : il utilise la technologie vidéo, dirige le tournage depuis une régie, pratique de nombreuses superpositions/transitions  d’images, fait le montage sur ordinateur. Comme on le sait, Coup de coeur fut un désastre critique et commercial, laissant Coppola couvert de dettes : le réalisateur devra accepter de tourner des films de commande pendant quinze ans pour se renflouer. Coup de coeurRevu aujourd’hui, le film laisse sur des impressions mitigées : s’il fait montre d’un style assez séduisant avec une belle photographie et des décors superbes dont l’artificialité convient si bien à Las Vegas, l’histoire est déroutante par sa simplicité ; elle est même parfaitement inintéressante. Mais il y a aussi la musique, merveilleuse, très présente, composée par Tom Waits et chantée en duo par Tom Waits et Crystal Gayle (une alliance surprenante). C’est l’une des plus belles bandes originales de film… Et Coup de coeur reste un film assez unique en son genre.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Frederic Forrest, Teri Garr, Raul Julia, Nastassja Kinski, Harry Dean Stanton
Voir la fiche du film et la filmographie de Francis Ford Coppola sur le site IMDB.

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Coup de coeur
Nastassja Kinski dans Coup de coeur de Francis Ford Coppola. A noter que Gene Kelly a été consultant pour les chorégraphies.

Coup de coeur
Les maquettes utilisées pour Coup de coeur de Francis Ford Coppola.

18 juillet 2015

West Side Story (1961) de Robert Wise et Jerome Robbins

West Side StoryA New York, dans le West Side, deux bandes rivales s’affrontent : l’une est formée de jeunes américains d’origine polonaise, l’autre de jeunes immigrés portoricains. Un garçon de la première bande s’éprend d’une jeune fille de la seconde… West Side Story est l’un des films les plus connus de toute l’histoire du cinéma, un chef d’oeuvre dit-on qui « a dépoussiéré la comédie musicale ». Cette transposition du thème shakespearien de Roméo et Juliette au monde moderne de la guerre des gangs avait d’abord existé sur les planches en 1957 avant d’être porté à l’écran par Robert Wise et le chorégraphe Jerome Robbins. C’est un film très inégal. Le meilleur est incontestablement du côté de la danse avec une formidable expression de la violence par le mouvement, dans des chorégraphies d’une extrême vivacité. Deux séquences sont absolument exceptionnelles: la scène d’ouverture avec la mise en place des deux bandes et la scène emblématique du film, le ballet « America » sur le toit. Dans le meilleur, il faut également citer la belle photographie et l’utilisation du Technicolor et le très beau générique de fin signé Saul Bass. Hélas, il y a tout le reste : une histoire larmoyante, de nombreuses scènes qui semblent interminables, de nombreux acteurs jouant fort mal (à leur décharge, précisons qu’ils ont été recrutés pour leurs talents de danseur). Le propos est pavé de bonnes intentions, dénoncer la xénophobie, même si on pourra trouver que le but n’est pas vraiment atteint. Grand succès populaire, West Side Story a eu un fort retentissement et a gagné, excusez du peu, pas moins de dix Oscars.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Natalie Wood, Richard Beymer, Russ Tamblyn, Rita Moreno, George Chakiris
Voir la fiche du film et la filmographie de Robert Wise sur le site IMDB.
Voir la fiche du film sur AlloCiné.

Pour une présentation franchement plus enthousiaste, je vous conseille de lire celle de Franck Suzanne sur DVDClassik.

West Side Story
La scène d’ouverture de West Side Story de Robert Wise

Remarque :
* Jerome Robbins a réalisé quatre séquences, le prologue, « Cool », « I Feel Pretty » et « America », avant d’être écarté du projet car son perfectionnisme devenait trop coûteux. Est-ce un hasard si ce sont là (et de très loin) les quatre meilleures séquences du film ?