Les enfants de Holt Farrier, ex-artiste de cirque chargé de s’occuper d’un éléphanteau dont les oreilles démesurées sont la risée du public, découvrent que ce dernier sait voler…
Avant Dumbo, Tim Burton avait déjà fait deux incursions dans l’univers Disney avec Alice au pays des merveilles (2010) et Frankenweenie (2012). Faire le remake en images réelles d’un dessin animé avec un éléphant volant est bien entendu une gageure technique. Aujourd’hui, l’expertise en matière d’ajout par ordinateur est telle qu’il est très difficile de déceler ce qui a été ajouté. Tout est travaillé dans le moindre détail pour créer un univers féérique. C’est superbe. L’histoire est simple et gentille, principalement destinée aux enfants, mais il se dégage du film une magie qui peut séduire à tout âge. Il est toutefois certainement préférable d’être accompagné de jeunes bambins pour vraiment l’apprécier…
Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Man on the Moon retrace la carrière du comédien humoriste américain Andy Kaufman. Nous ne l’avons pas connu en France mais il fût, pendant une décennie (jusqu’à sa mort en 1984), l’une des grandes figures de la contre-culture américaine. Il est totalement inclassable : ce n’est pas un humoriste qui raconte des blagues, disons qu’il pratiquait plutôt les happenings humoristiques. Il créait des situations où toutes les barrières entre scène et vie réelle n’existaient plus : selon Scott Alexander, l’un des coscénaristes du film, « il remettait en cause toutes les perceptions de la réalité autour de lui ». Et il entretenait le doute : par exemple, la vérité de l’histoire avec le catcheur n’a été connue que dix ans après sa mort. Jim Carrey s’est totalement investi dans son personnage, pour lequel il a une grande admiration, s’effaçant pour mieux s’identifier à lui. Il nous fait passer par tout le spectre des sentiments, de la consternation à la jubilation. Et il sait aussi être émouvant. Du grand art. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Voir les autres films de Milos Forman chroniqués sur ce blog…
Remarques :
* Le titre Man on the Moon vient du morceau enregistré par le groupe R.E.M. en 1992 en hommage à Andy Kaufman.
* Jerry Lawler (le catcheur) joue son propre rôle, le véritable George Shapiro (interprété dans le film par Danny DeVito) interprète le patron de boîte qui vire Kaufman en début de film, le véritable Bob Zmuda (le compère interprété dans le film par Paul Giamatti) interprète le producteur de la série Fridays avec lequel Jim Carrey/Andy Kaufman se bagarre.
* On peut aujourd’hui voir sur YouTube les sketches réels d’Andy Kaufman et constater que le film est vraiment très proche de la réalité.
« Here I come to save the daaaay »…
Jim Carrey est Andy Kaufman dans Man on the Moon de Milos Forman (nota : il « chante » la chanson générique de Mighty Mouse, un dessin animé de la Warner des années 40 que Kaufman regardait certainement lorsqu’il était enfant).
Jim Carrey est aussi Tony Clifton, le double odieux et maléfique d’Andy Kaufman, dans Man on the Moon de Milos Forman.
En vacances sur le voilier de Jack Colton en Méditerranée, Joan Wilder est invitée par un leader arabe sur le point de devenir un chef incontesté en Egypte pour écrire sa biographie… Malgré une bonne idée à la base du scénario et un budget doublé, cette suite de A la poursuite du diamant vert est loin d’être aussi enlevée. L’ensemble paraît bien décousu et même paresseux : quelques scènes d’action reliées par un semblant d’histoire faisant office de remplissage. Le scénario est si mauvais que Kathleen Turner a tenté de se retirer du projet. Elle n’a accepté que sous la contrainte, lorsque la Fox l’a menacée d’un procès (elle était tenue par contrat à accepter de tourner une suite) et que Michael Douglas, à nouveau producteur du film, a promis une réécriture. On ne retiendra que la scène de l’évasion en avion de chasse. Cela n’a pas empêché Le Diamant du Nil de connaître un succès commercial plus grand que son prédécesseur. Le troisième volet (The Crimson Eagle) n’a toutefois jamais dépassé le stade du pré-projet. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Une romancière à succès part en Colombie à la recherche de sa soeur qui a été kidnappée. Elle y rencontre un aventurier qui accepte de l’aider. Rapidement, ils ont plusieurs individus louches à leurs trousses… Le grand succès des Aventuriers de l’arche perdue en 1981 a incité les studios à produire de grands films d’aventures. Romancing the Stone n’a pas la même richesse de scénario et Michael Douglas en aventurier n’a pas le panache d’un Harrison Ford mais l’ensemble est de bonne facture et constitue un bon divertissement. Robert Zemeckis a juste un peu plus de trente ans quand il le réalise et il parvient à donner beaucoup de vivacité à l’ensemble par des placements de caméra assez audacieux. C’est un film plaisant que l’on a tendance à regarder d’un oeil un peu distrait car on ne tremble vraiment à aucun moment pour les deux héros de l’aventure… Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Voir les autres films de Robert Zemeckis chroniqués sur ce blog…
Remarques :
* Michael Douglas a été si emballé par le script qu’il a décidé de produire le film.
* L’affiche ne correspond pas vraiment à une scène du film : Michael Douglas et Kathleen Turner jouent effectivement à Tarzan mais ils le font séparément (ce qui, entre nous, paraît plus prudent).
* Suite : Le Diamant du Nil (1985) de Lewis Teague.
Kathleen Turner et Michael Douglas ont raison de se retourner car il y a en permanence quelqu’un à leurs trousses dans À la poursuite du diamant vert de Robert Zemeckis.
Barbara et Oliver Rose forment un couple aisé et apparemment heureux. Ils décident pourtant de se séparer après presque vingt ans de mariage. Le divorce s’annonce difficile car aucun des deux ne veut quitter la luxueuse maison qu’ils ont ensemble achetée… Basé sur un roman de Warren Adler et réalisé par Danny DeVito, La Guerre des Rose est une comédie d’humour noir sur les charmes du divorce « à l’amiable ». La mise en place est interminable mais lorsque les rapports entre les deux ex-tourtereaux tournent à la bataille rangée, l’humour fonctionne bien sur la surenchère : deux êtres, jusque là sensés, vont perdre tout sens de la mesure, par orgueil et entêtement, au mépris de toute intelligence. La morale, donnée par le conteur Danny DeVito, est de réfléchir à deux fois avant de se précipiter dans un divorce, par définition toujours douloureux. Kathleen Turner fait de montre de charme et de pugnacité, Michael Douglas personnifie une fois de plus un yuppie (c’est un brillant avocat d’affaires), Danny DeVito joue au sage. L’ensemble est amusant, du moins dans la seconde moitié du film. J’avais beaucoup plus apprécié le film à sa sortie, le propos est sans doute moins nouveau aujourd’hui. Il faut noter qu’il est assez rare de voir un film à l’humour si noir produit par une major d’Hollywood. Elle: – Lui :
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Remarque :
* Le titre fait référence à la guerre des Deux-Roses (War of the Roses en anglais) qui désigne la série de guerres civiles qui ont eurent lieu, entre 1455 et 1485, en Angleterre entre la maison royale de Lancaster et la maison royale d’York, deux branches de la famille des Plantagenêts. La dernière partie de cette guerre est illustrée par la pièce de Shakespeare Richard III, porté à l’écran (entre autres) par Laurence Olivier.
Kathleen Turner et Michael Douglas dans La Guerre des Rose de Danny DeVito.
Kathleen Turner et Michael Douglas dans La Guerre des Rose de Danny DeVito.
Joe (Gene Hackman) est un spécialiste du braquage, un vieux briscard qui échafaude des plans assez brillants pour mettre la main sur un butin avec une petite équipe très efficace. Il désire prendre sa retraite mais son commanditaire (Danny DeVito) lui impose de faire un coup supplémentaire… David Mamet écrit et mis en scène Braquages. Le cambriolage d’une bijouterie au début du film évoque les grands films de braquage des années cinquante. La suite déroule un scénario minutieusement écrit avec de très nombreux twists et autres faux-semblants et des dialogues assez relevés. A 70 ans, Gene Hackman est toujours assez séduisant, il peut ainsi convoler avec une femme qui a exactement la moitié de son âge sans que cela paraisse trop improbable. Braquages est un bon divertissement qui nous tient en haleine. Par rapport aux autres films hollywoodiens du même genre, il a l’avantage de paraître moins formaté. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Les martiens arrivent en grand nombre dans leurs soucoupes volantes à proximité de la Terre. Le président des Etats-Unis pense qu’ils viennent en paix. Contact est pris pour accueillir une délégation dans le désert du Nevada… Mars Attacks! est une comédie satirique de Tim Burton. Il reprend les codes des films de science-fiction des années cinquante pour les détourner et nous surprendre : ses martiens sont aussi sanguinaires que facétieux. Il reprend en partie l’esthétisme de ces années-là, notamment pour les soucoupes et les armes, et le mélange à un style de dessin animé pour les martiens et les animations. Rien n’est sérieux ici et Jack Nicholson semble beaucoup s’amuser dans un double rôle, le second paraissant bien inutile. Il y a d’ailleurs une inflation de personnages qui ne semblent pas tous très nécessaires. Globalement, le film parait assez impersonnel, il faut vraiment chercher la patte de Tim Burton et l’ensemble tourne un peu en rond malgré de bons moments. Ceci dit, le thème du péril extra-terrestre a rarement été traité avec tant d’humour et de loufoquerie. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Titre original : « One Flew Over the Cuckoo’s Nest »
Du fait de ses comportements erratiques, le prisonnier récidiviste Randle McMurphy est transféré de la prison à l’hôpital psychiatrique pour examen. Il participe aux thérapies de groupe dirigées par l’infirmière Ratched… Basé sur un roman de Ken Kesey (1)(2), Vol au-dessus d’un nid de coucou fait partie de ces films-évènements qui marquent leur époque (ou en sont la traduction directe, au choix…) Le visionner de nouveau, quarante ans après sa sortie, est intéressant. Il montre une belle longévité et reste aujourd’hui généralement tenu en très haute estime. Si la performance d’acteur paraît toujours aussi exceptionnelle, une spectaculaire opposition entre deux personnes, l’impact du film est nécessairement différent : dans les années soixante-dix, il mettait brutalement les spectateurs face à une réalité qu’ils ignoraient, celle des méthodes coercitives des hôpitaux psychiatriques qui entretiennent les troubles plus qu’ils ne les soignent. Aujourd’hui, où le pilonnage de tout ce qui est institutionnel est le quotidien de millions d’internautes, l’effet coup de poing ne peut être le même ; le film est même dans l’air du temps. Mais cela lui enlève-t-il de ses qualités pour autant ? Au-delà de la dénonciation de méthodes répressives, Vol au-dessus d’un nid de coucou pose d’autres questions : la définition de la « folie » (et quelle attitude adopter face à elle) bien entendu, mais aussi il nous met dans la position du patient, pose des questions sur ses attentes : la scène la plus forte (à mes yeux) est celle où Nicholson découvre que la moitié des membres de son groupe sont des internés volontaires. Toutes ces questions restent toutefois sans réponse, le propos restant sur une simple apologie de l’insoumission et une négation de toute forme d’autorité, ce qui est, il faut bien le reconnaître, assez facile. Cette faiblesse est plus évidente avec le recul (mais faut-il nécessairement apporter une réponse pour dénoncer quelque chose ?) La forme du film de Milos Forman est remarquable : il adopte un style très réaliste, donnant presque au film une atmosphère de documentaire ce qui le rend encore plus percutant ; il a d’ailleurs été tourné dans l’enceinte de l’Oregon State Mental Hospital, plusieurs figurants sont de réels patients, le docteur est un vrai docteur. La mise en scène est sobre, la construction est solide ce qui est admirable puisque tout le déroulement, ou presque, se situe à l’intérieur d’un même lieu (3). Fait avec un budget très modéré, Vol au-dessus d’un nid de coucou fut un immense succès dès sa sortie. Il a conservé aujourd’hui toute sa force. Elle: Lui :
Lecteurs : (2 note(s), moyenne : 4,50 sur 5, vous pouvez noter ce film)
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Brad Dourif, Danny DeVito et Jack Nicholson dans Vol au-dessus d’un nid de coucou de Milos Forman.
Remarques : * Le titre « Vol au-dessus d’un nid de coucou » vient d’une comptine pour enfants et du fait le mot anglais « cuckoo » désigne en langage familier une personne dérangée, cinglée.
* L’infirmière Ratched est le rôle principal de la carrière de Louise Fletcher, les films tournés ensuite par l’actrice paraissent bien mineurs. L’expression « Nurse Ratched » est, quant à elle, passée en partie dans le langage courant pour désigner quelqu’un de froid et tyrannique.
L’un des rares sourires de l’infirmière Ratched : Louise Fletcher dans Vol au-dessus d’un nid de coucou de Milos Forman.
(1) L’auteur Ken Kesey a lui-même travaillé dans un hôpital. Dans le roman, c’est Chief Bromden (le colosse d’origine indienne) qui raconte les faits. Ken Kesey était très mécontent du film. Il a même attaqué les producteurs en justice. Dans son roman, l’hôpital psychiatrique est une allégorie de la société dans son ensemble et le fait de prendre un personnage principal symbole des minorités opprimées s’inscrivait dans cette optique. Cet aspect contestataire, contre toute forme d’establishment, a été gommé par Forman.
(2) C’est Kirk Douglas qui a découvert le roman en 1961 et en a acheté les droits pour le tourner lui-même. Il l’a porté brièvement sur les planches en 1963. Mais le projet cinématographique ne s’est jamais fait, Kirk Douglas ne réussissant pas à convaincre studios et producteurs. Devenant trop âgé pour le rôle, il a finalement confié le projet à Milos Forman (Kirk Douglas a envoyé le livre à Milos Forman dès 1965 mais celui-ci ne l’a jamais reçu. Il suppose que les douaniers tchécoslovaques ont confisqué le livre en tant que littérature occidentale subversive. Ce n’est que dix ans plus tard que Michael, le fils de Kirk, le proposera de nouveau à Forman qui a entre-temps émigré aux Etats-Unis.)
(3) Hormis la scène de pêche… une scène que Milos Forman était très réticent à inclure dans son film. Il est vrai qu’elle est assez inutile. C’est plus une récréation pour le spectateur qu’autre chose… elle permet de soulager la tension.