14 octobre 2017

L’île mystérieuse (1961) de Cy Endfield

Titre original : « Mysterious Island »

L'île mystérieuseDurant la guerre civile américaine, des soldats prisonniers profitent d’une tempête pour s’évader à bord d’un ballon. Ils partent à la dérive vers l’ouest, ballotés par les vents violents et finissent par s’échouer sur une île qui semble déserte… Ce film est l’adaptation la plus connue du roman de Jules Verne L’île mystérieuse qui fait suite à son roman 20 mille lieues sous les mers. Les producteurs craignant qu’une transposition fidèle soit ennuyeuse, des animaux géants et deux personnages féminins ont été ajoutés à l’histoire. Ces animaux géants sont animés en stop-motion par le maitre en la matière, Ray Harryhausen. Bien entendu, les incrustations paraissent voyantes à nos yeux modernes mais n’en sont pas moins remarquables pour l’époque. Une fois de plus, c’est le compositeur Bernard Herrmann (le compositeur attitré d’Alfred Hitchcock) qui donne à ces animations toute leur puissance. L’ensemble est de bonne facture, assez prenant et se regarde aujourd’hui sans déplaisir.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Michael Craig, Joan Greenwood, Michael Callan, Gary Merrill, Herbert Lom
Voir la fiche du film et la filmographie de Cy Endfield sur le site IMDB.

Remarque :
* Les extérieurs sur l’île ont été tournés en Espagne.

Adaptations du roman de Jules Verne :
L’île mystérieuse (The Mysterious Island) (1929) de Lucien Hubbard avec Lionel Barrymore (muet sonorisé)
Tainstvennyy ostrov (1941) du russe Eduard Pentslin
Mysterious Island (1951) de Spencer Gordon Bennet avec Richard Crane
L’île mystérieuse (Mysterious Island) (1961) de Cy Endfield
L’île mystérieuse (La isla misteriosa) (1973) de Juan Antonio Bardem et Henri Colpi avec Omar Sharif (également décliné en série TV).
L’île mystérieuse (Mysterious Island) de Russell Mulcahy (2005, TV) avec Kyle MacLachlan et Patrick Stewart
Voyage au centre de la Terre 2: L’île mystérieuse (Journey 2: The Mysterious Island) de Brad Peyton (2012) avec Dwayne Johnson et Michael Caine
Jules Verne’s the Mysterious Island (2012) de Mark Sheppard

L'île mystérieuse
Dan Jackson, Michael Callan, Gary Merrill, Michael Craig et Percy Herbert dans L’île mystérieuse de Cy Endfield.

L'île mystérieuse
Gary Merrill, Beth Rogan et Joan Greenwood dans L’île mystérieuse de Cy Endfield.

21 juillet 2017

Les Boucaniers (1958) de Anthony Quinn

Titre original : « The Buccaneer »

Les boucaniers1814. Peu après la vente de la « Louisiane » (un vaste territoire allant jusqu’au Canada) aux Etats-Unis par Napoléon, les anglais veulent profiter de la faiblesse de l’armée américaine pour s’emparer de la Nouvelle-Orléans. Mais les îles côtières de la Louisiane sont occupées par le pirate français Jean Lafitte qui va avoir un rôle important dans l’issue de la guerre anglo-américaine de 1812… The Buccaneer est un remake du film homonyme (Les Flibustiers en français) tourné par Cecil B. DeMille en 1938. Le réalisateur devait initialement produire un remake dirigé par Yul Brynner mais sa santé déclinante l’obligea se mettre en retrait pour ne superviser que d’assez loin la production. C’est finalement son beau-fils, l’acteur Anthony Quinn, qui le réalisa. Le résultat est loin d’être à la hauteur des espérances, l’ensemble n’ayant pas de force dans le récit ni la vivacité habituelle des films de pirates. La réalité historique est bien entendu arrangée mais le plus gênant est le personnage de Jean Lafitte, montré vraiment trop noble pour être crédible en pirate. La reconstitution de la bataille de la Nouvelle Orléans est assez bien réalisée toutefois. Les Boucaniers sera la seule réalisation d’Anthony Quinn. Cecil B. DeMille décédera en janvier 1959, un mois seulement après la sortie du film.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Yul Brynner, Claire Bloom, Charles Boyer, Inger Stevens, Charlton Heston
Voir la fiche du film et la filmographie de Anthony Quinn sur le site IMDB.

Remarques :
* Jean Lafitte aurait eu une aventure avec la femme du gouverneur. Pour ménager la morale, le scénario opta pour la fille du gouverneur (qui dans la réalité n’avait que 2 ans à cette époque… !)
* Jean Lafitte a gagné beaucoup d’argent avec le commerce des esclaves, aspect passé ici sous silence pour ne pas ternir son image.
* Anthony Quinn tenait le rôle de Beluche dans la version de 1938.

The Buccaneer
Charles Boyer, Yul Brynner et Lorne Greene dans Les Boucaniers de Anthony Quinn.

The Buccaneer
Charlton Heston en Andrew Jackson (futur président des Etats-Unis) et Yul Brynner dans Les Boucaniers de Anthony Quinn.

29 juin 2017

Le marquis s’amuse (1981) de Mario Monicelli

Titre original : « Il marchese del Grillo »

Le Marquis s'amuseRome, début du XIXe siècle alors que les troupes françaises de Napoléon occupent la ville. Bien qu’il soit attaché au service du pape Pie VII et membre d’une famille austère, le marquis Del Grillo est un anticonformiste, amateur de femmes et de plaisanteries. Avec son fidèle valet Ricciotto, il joue des tours parfois cruels à ses proches et à ceux qu’il rencontre… Le personnage du marquis Onofrio Del Grillo a bien existé mais les historiens ont du mal à dater son existence avec exactitude. Le personnage est une figure légendaire assez populaire en Italie. C’est un bon sujet pour Mario Monicelli car le récit est riche et picaresque. Il réussi à en faire une comédie fort drôle, souffrant certes quelques baisses de rythme du fait de sa longueur (2h20), mais assez relevée et où une certaine satire sociale se mêle à l’humour. Monicelli donne en effet une certaine éthique de pensée à son personnage dont les plaisanteries peuvent exprimer ses aspirations progressistes (démontrer la corruption, prôner l’égalité à la française). Monicelli en profite pour dresser un portrait de cette portion de l’histoire de la Rome papale. Alberto Sordi fait une excellente prestation, sans aucun excès et heureusement car il est dans toutes les scènes. Le marquis s’amuse est aujourd’hui un film plutôt rare, hélas.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Alberto Sordi, Paolo Stoppa, Flavio Bucci
Voir la fiche du film et la filmographie de Mario Monicelli sur le site IMDB.

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Le Marquis s'amuse
Alberto Sordi dans Le marquis s’amuse de Mario Monicelli.

10 juin 2017

Nana (1955) de Christian-Jaque

NanaA Paris, sous le Second Empire, Nana est une chanteuse d’opérette qui fait tourner les têtes. Le comte Muffat, chambellan de l’empereur Napoléon III, en tombe amoureux malgré sa grande rigueur morale… Sous la direction de Christian-Jaque, le roman de Zola perd toute sa substance et devient un grand spectacle un peu canaille, avec une profusion de décors tapageurs et de robes froufroutantes mais des personnages sans aucune profondeur. Tout comme Jean Renoir trente ans auparavant, Christian-Jaque offre le rôle de Nana à son épouse dont il veut faire un sex-symbol. Martine Carol ne ménage pas ses efforts, elle gesticule beaucoup… sans être vraiment convaincante. Le meilleur est plutôt du côté du jeu de Charles Boyer et des dialogues d’Henri Jeanson. La réalisation de cette production franco-italienne est toutefois solide, et la photographie est signée par le grand Christian Matras. Mais nous sommes loin du Nana de Jean Renoir.
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Charles Boyer, Martine Carol, Walter Chiari, Paul Frankeur, Jacques Castelot, Noël Roquevert
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Nana
Charles Boyer et Martine Carol dans Nana de Christian-Jaque.

Nana
Comme on peut le voir, Martine Carol a beaucoup de problèmes de lacets dans Nana de Christian-Jaque (d’ailleurs elle passe son temps à enlever quelque chose pour remettre autre chose…)

Nana Martine Carol
Là, on ne joue plus : on a sorti l’artillerie lourde…
Martine Carol, photo publicitaire pour Nana de Christian-Jaque.
A noter que les costumes sont de Marcel Escoffier et ont été réalisés en partie dans les ateliers Pierre Cardin.

23 janvier 2017

Gentleman Jim (1942) de Raoul Walsh

Gentleman JimEmployé de banque, Jim Corbett, un américain d’origine irlandaise, veut s’élever dans la société. De façon assez inattendue, c’est la boxe qui va lui en fournir le moyen… Gentleman Jim raconte l’ascension de James J. Corbett qui est considéré comme étant le père de la boxe moderne, celui qui apporta une certaine noblesse à cet art. A la fin du XIXe siècle, ce boxeur fut une véritable star de son temps, jouant au théâtre en parallèle de sa carrière. Le film de Raoul Walsh le présente comme un mélange de vantardise et de charme. Errol Flynn se révèle parfait dans ce type de rôle. L’acteur s’est beaucoup entraîné physiquement, ce qui ne l’a pas empêché d’avoir un léger arrêt cardiaque sur le tournage d’une scène de boxe. Il reprit le tournage une semaine plus tard, refusant toujours d’être doublé. Le déroulement du scénario est assez rapide et l’ensemble est parsemé d’un humour tapageur assez appuyé. Les scènes de boxe sont fort bien filmées, rendant bien la vélocité des boxeurs par un montage rapide, avec beaucoup de plans sur les spectateurs pour ajouter une note d’humour. On remarquera que, entre les lignes, le thème du rêve américain est omniprésent. On pourrait même dire que c’est le sujet principal du film.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Errol Flynn, Alexis Smith, Jack Carson, Alan Hale, John Loder
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Gentleman Jim
Errol Flynn est Gentleman Jim dans le film de Raoul Walsh (Jack Carson est à sa droite, la main sur son épaule).

Remarques :
* Le scénario est écrit par Vincent Lawrence et Horace McCoy d’après l’autobiographie The Roar of the Crowd de James J. Corbett.
* L’histoire est romancée : dans la réalité, James J. Corbett était un personnage calme et plutôt effacé. Il s’est marié avec une actrice (et non une femme de la haute société) et, ce, bien avant d’être champion du monde. D’autre part, Sullivan haïssait Corbett et donc ne lui remit jamais la fameuse ceinture (qu’il avait d’ailleurs mise au clou des années auparavant).
* Peu après la sortie du film, Errol Flynn fut accusé de viol (il sera finalement acquitté) et sa phrase finale dans le film, « I’m no gentleman », prit ainsi un sens inattendu dans l’esprit des spectateurs.

Gentleman Jim
Rhys Williams, Alexis Smith, Errol Flynn et Minor Watson dans Gentleman Jim de Raoul Walsh.

15 janvier 2017

Les Malheurs de Sophie (2016) de Christophe Honoré

Les malheurs de SophieSophie de Réan est une petite fille espiègle, vivante et curieuse de la vie. Entourée de son cousin Paul et de ses petites camarades, Camille et Madeleine de Fleurville, elle fait les quatre cents coups dans le domaine familial, enchaînant bêtise sur bêtise… Le film de Christophe Honoré s’inspire librement des deux célèbres romans de la comtesse de Ségur : Les Malheurs de Sophie et sa suite Les Petites Filles modèles. Bien que le genre soit totalement nouveau pour lui, il a su trouver le bon ton pour traiter et moderniser juste un peu ces histoires écrites pour les enfants au milieu du XIXe siècle. Le film est au format 4/3 et le jeu des acteurs a une petite dose d’artificialité qui participe à créer une atmosphère de conte. Et Christophe Honoré se permet une fantaisie : il insère des petits animaux en animations dans quelques scènes et l’intégration est une vraie réussite. Les enfants jouent admirablement. Et comme toujours chez Honoré, la musique de son compère Alex Bompain a sa place, le film se finit par une chanson. L’ensemble est plaisant, plein de vie mais sera certainement diversement apprécié.
Elle: 4 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Caroline Grant, Anaïs Demoustier, Golshifteh Farahani, Muriel Robin
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Autres adaptations au cinéma :
Les Malheurs de Sophie (1946) de Jacqueline Audry avec Madeleine Rousset et Marguerite Moreno
Les Malheurs de Sophie (1981) de Jean-Claude Brialy avec Paprika Bommenel (suivi d’Un bon petit diable en 1983).

Les Malheurs de Sophie
Caroline Grant dans Les malheurs de Sophie de Christophe Honoré.

Les Malheurs de Sophie
Céleste Carrale, Justine Morin, Caroline Grant et Tristan Farge dans Les malheurs de Sophie de Christophe Honoré.

18 juillet 2016

Les Sans-espoir (1966) de Miklós Jancsó

Titre original : « Szegénylegények »

Les sans-espoirDans la Hongrie de 1869, le pouvoir en place cherche à démasquer les « sans-espoir », sorte de bandits d’honneur qui ont pris une part active dans la révolution de 1848 et continué de se rebeller ensuite contre la misère. Le gouverneur Raday a arrêté plus d’une centaine de paysans pauvres et les a enfermés dans un fortin isolé. Les militaires utilisent plusieurs stratagèmes cruels pour que les prisonniers dénoncent les sans-espoir parmi eux… Les Sans-espoir n’est pas le premier film du hongrois Miklós Jancsó mais c’est celui qui l’a fait connaitre sur le plan international : en compétition à Cannes en 1966, il stupéfia le public et la critique. Son contenu est indéniablement politique sans être centré sur un pays ou époque donnés, il s’agit d’une réflexion sur la répression et sur le pouvoir, sur la place de l’homme dans une société en mutation politique. Les sans-espoir Miklós Jancsó n’accorde pas de place à l’émotion, son récit est froid, très descriptif. Mais ce sont l’esthétique et la mise en scène qui étonnent le plus. L’image en noir et blanc très contrasté, légèrement surexposée, donne une dimension particulière aux décors dénudés de ce fortin placé au milieu de nulle part. Le montage est réduit à la juxtaposition de longs plans-séquences où personnages et caméra tournent en permanence, formant une harmonieuse chorégraphie. Les dialogues sont réduits à l’essentiel. Miklós Jancsó crée ainsi un univers esthétique fascinant et envoutant.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: János Görbe, Zoltán Latinovits, Tibor Molnár
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Remarques :
* Bien entendu, il est difficile de ne pas voir dans le film une allégorie de la répression qui a suivi l’insurrection de Budapest de 1956 contre l’Union soviétique. Miklós Jancsó a déclaré à Cannes que son film n’avait rien à voir avec les évènements récents de Budapest mais, comme le cinéaste l’a reconnu plus tard, tout le monde savait que cette déclaration n’était pas vraie…

Les Sans-espoir
Miklós Jancsó (au centre) sur le tournage de Les Sans-espoir.

10 juin 2016

Marie Walewska (1937) de Clarence Brown

Titre original : « Conquest »

Marie WalewskaPologne, 1807. Comme beaucoup de polonais, la comtesse Walewska voient en Napoléon un libérateur des jougs russe et prussien. C’est donc avec un mélange d’admiration et de ferveur patriotique qu’elle rencontre l’empereur. Napoléon tombe instantanément sous son charme… Marie Walewska est un des ces films où Hollywood romance l’Histoire pour servir au plus grand nombre une belle histoire d’amour, de quoi hérisser le poil de tout historien fervent. C’est ici l’histoire de celle qui fut la maitresse de Napoléon de 1807 à 1815, parfois désignée comme « la femme polonaise » de Napoléon. C’est le septième (et ultime) film de Garbo sous la direction de Clarence Brown qui sait donc bien manier la ténébreuse actrice, intimidante pour ses partenaires. Il n’est pas facile de trouver un acteur de sa stature à lui opposer mais force est de constater que Charles Boyer, à défaut d’être parfaitement crédible en Napoléon, est entièrement à la hauteur. L’acteur originaire de Figeac est alors au sommet de sa gloire ; il fait preuve ici d’une palette assez riche de jeu. Certes, il n’y a pas de chimie particulière entre les deux acteurs mais cela sied bien aux personnages. Garbo montre toute la force de son jeu, autant dans la mélancolie, ce qui est habituel, que dans la gaité, ce qui l’est moins. Le film bénéficia de tous les soins, le tournage fut particulièrement long (cinq mois). Malgré cela, le film n’eut qu’un succès relatif et se révéla être un grand gouffre financier pour la MGM. Il n’est pas mineur pour autant mais sans doute manque t-il d’une ou deux scènes de grande envergure qui lui auraient certainement donné de l’ampleur.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Greta Garbo, Charles Boyer, Reginald Owen
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Remarques :
* Conquest est souvent présenté comme le film qui a initié la chute de Greta Garbo. De fait, alors qu’elle a touché 500 000 dollars pour faire ce film (soit l’équivalent de 8 millions de dollars de 2016), elle ne touchera que 125 000 dollars pour son film suivant (le délicieux Ninotchka de Lubitsch) soit quatre fois moins.
* Certaines scènes auraient été tournées par Gustav Machatý (le réalisateur austro-hongrois découvreur d’Hedy Lamarr) durant une brève abscence de Clarence Brown pour cause de maladie.
* Le budget du film fut de 2,7 millions de dollars (soit le double de celui de Camille) et n’en rapporta que la moitié. La perte de 1,4 millions fut la plus lourde perte enregistrée pour un seul film par la MGM pour les années 20, 30 et 40.
Nota : à titre de comparaison, le budget de de Gone with the Wind l’année suivante sera de 3,9 millions, nous sommes donc là dans les plus gros budgets.

Marie Walewska
Greta Garbo et Charles Boyer dans Marie Walewska de Clarence Brown.

14 mai 2016

Mr. Turner (2014) de Mike Leigh

Mr. TurnerArtiste reconnu, membre apprécié quoique dissipé de la Royal Academy depuis de nombreuses années, William Turner vit entouré de son père, qui est aussi son assistant, et de sa dévouée gouvernante. Il voyage beaucoup pour s’imprégner de paysages qui sont les sources d’inspiration de sa peinture…
Pour évoquer le grand peintre britannique Joseph Mallord William Turner (1775-1851), Mike Leigh pris soin d’éviter le cadre formaté du biopic hollywoodien : il fait débuter son récit alors que Turner a près de cinquante ans, ne cherche pas à rendre son personnage sympathique (c’est un ours), adopte un rythme assez lent, casse souvent la continuité narrative dans ses enchaînements. En s’éloignant ainsi de toutes les conventions agaçantes du biopic, Mike Leigh parvient à nous faire pénétrer l’univers du peintre et son processus créatif. Et il parvient à nous faire sentir sa sensibilité à la beauté, tout en contraste avec les aspects bourrus de l’homme. La plupart des éléments sont basés sur des faits réels, certaines scènes sont assez fidèlement recréées, à commencer par sa galerie personnelle ou l’étonnante exposition annuelle de la Royal Academy (l’épisode de la bouée rouge est authentique). La photographie est très belle. Mr Turner est un film très intéressant mais il pourra dérouter beaucoup de spectateurs par ses aspects non-conventionnels.
Elle: 4 étoiles
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Timothy Spall, Paul Jesson, Dorothy Atkinson, Marion Bailey
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Mr. Turner
Timothy Spall est Mr. Turner dans le film de Mike Leigh.

18 mars 2016

Allonsanfàn (1974) de Paolo Taviani et Vittorio Taviani

AllonsanfànAux premières heures de la Restauration en Italie (1816 environ), Fulvio, un aristocrate lombard tête pensante du groupe révolutionnaire Les Frères Sublimes, est relâché par la police. Désillusionné, il veut se ranger et retrouver l’affection de sa famille. Ses compagnons ne se rendent pas compte de ce changement et continuent de l’impliquer dans leurs actions… Avec Allonsanfàn, Les frères Taviani utilise l’Histoire pour traiter des sujets actuels (de 1975) : en cinéastes politiquement engagés, ils se désolent de constater le reflux d’après-68 et la perte des idéaux qui l’ont tendu et nous montrent une période similaire de l’Histoire. Pour leur démonstration, ils suivent deux lignes principales : celle d’un homme qui se replie sur lui-même et qui perd son rapport aux autres (que ce soit à ses anciens compagnons, aux femmes qu’il aime ou à ses proches) et celle de l’aveuglement d’un groupuscule/secte révolutionnaire enfermé dans ses schémas et ses rites un peu carnavalesques, incapable de réaliser la totale inefficacité ou inutilité de sa lutte. Le propos des Taviani est donc de mettre en évidence l’échec de ces deux attitudes pour remettre en valeur l’utopie comme moteur créatif de l’homme. Et au-delà de toute considération politique (car, 40 ans plus tard, les questions ne se posent plus dans les mêmes termes), c’est sur la question de l’utopie que le film revêt un aspect philosophique intéressant car l’utopie est, elle, toujours d’actualité, elle est même multiforme. Le film provoque ainsi des réflexions intéressantes. Sur la forme, Allonsanfàn a une esthétique assez travaillée bien qu’empreinte d’une certaine austérité, certaines scènes sont très belles. La musique d’Ennio Morricone est très présente, elle structure le film.
Elle: 3 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Marcello Mastroianni, Lea Massari, Mimsy Farmer, Laura Betti, Claudio Cassinelli
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Voir les livres sur les frères Taviani

Remarque :
* Allonsanfàn est le prénom donné par l’un des membres de la secte à son fils, reprenant phonétiquement les premières syllabes de La Marseillaise.

Allonsanfan
Marcello Mastroianni dans Allonsanfàn de Paolo et Vittorio Taviani.