A Londres, le premier ministre d’une république orientale demande à David Pollock, spécialiste des hiéroglyphes, de s’infiltrer chez son adversaire, Nejim Beshraavi, un magnat du pétrole, pour y décoder un message secret. Mais Beshraavi prend David en otage. Il parvient à s’évader grâce à l’aide de Yasmin, la maîtresse de Beshraavi… Arabesque est un film américain réalisé par Stanley Donen qui reprend les principes de son Charade qui avait connu un beau succès trois ans plus tôt. Il s’agit donc d’une comédie où un homme paisible se retrouve embarqué malgré lui dans une histoire d’espionnage assez extravagante. Cette situation fait penser à Hitchcock, notamment La Mort aux trousses mais le ton est beaucoup plus léger, les méchants sont hauts en couleur et l’esthétique est raffinée. Les décors et les innombrables tenues de Sophia Loren (créées par Christian Dior) donnent à l’ensemble une tonalité très mode sixties. Les couleurs sont éclatantes, les mouvements de caméra sont vifs et les cadrages élaborés. Rebondissements et scènes d’action s’enchaînent bien, il n’y a que peu de temps morts. Amusant et plaisant. Elle: – Lui :
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Séoul, 1993. Un ancien officier est engagé par les services secrets sud-coréens sous le nom de code « Black Venus ». Chargé de collecter des informations sur le programme nucléaire en Corée du Nord, il infiltre un groupe de dignitaires de Pyongyang en se faisant passer pour un homme d’affaires et réussi progressivement à gagner la confiance du Parti… The Spy Gone North est un film sud-coréen coécrit et réalisé par Yoon Jong-bin. Il relate l’histoire vraie de Park Chae-seo, ancien agent sud-coréen infiltré dans les installations nucléaires nord-coréennes. C’est donc un film d’espionnage mais du type espionnage politique ; il n’y a aucune scène d’action. L’atmosphère rappelle celle des romans de John Le Carré. On assiste au long travail d’infiltration, le récit décrit précisément comment l’agent a su susciter l’intérêt de cadres du Parti et même rencontrer plusieurs fois le dirigeant suprême de la Corée du Nord. Il met aussi en scène les tractations politiques secrètes entre les deux pays. Le scénario se déroule impeccablement avec toujours des nouveaux éléments qui maintiennent notre pleine attention. Accessoirement, le film permet de familiariser avec l’histoire de la Corée dont on ne connait souvent que les grandes lignes. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
L’agent du FBI Lemmy Caution est envoyé à Casablanca pour déjouer un projet d’attaque d’un convoi d’or américain… La Môme vert de gris est le premier de la série de films policiers mettant en scène le personnage Lemmy Caution créé par l’auteur britannique Peter Cheyney. Il est personnifié par Eddie Constantine qui va abandonner ses ambitions de devenir chanteur pour faire l’acteur. L’histoire est un peu brouillonne et pleine de clichés mais réserve quelques bons rebondissements. La mise en scène de Bernard Borderie est bien plate. Eddie Constantine montre déjà tous les traits qui le caractériseront : c’est un dur décontracté avec un impossible accent américain et qui ingurgite de grandes quantités de whisky (boisson exotique pour les français de l’époque). Il montre aussi une grande raideur dans son jeu qui rend souvent son personnage assez improbable. Le succès en France sera très important et six films suivront. Un peu difficile à comprendre aujourd’hui, ce succès peut s’expliquer en tenant compte du contexte de l’époque. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Voir les autres films de Bernard Borderie chroniqués sur ce blog…
Remarques :
* La Môme vert de gris est également un premier film pour Dominique Wilms dont le personnage de femme fatale est entièrement copié sur Veronica Lake. Elle fera une carrière dans ce type de personnage tant que la vogue des films de détective durera.
* On remarquera dans les seconds rôles la présence de Maurice Ronet et de Roger Hanin, alors en tout début de carrière.
* Le vert-de-gris est un produit de corrosion du cuivre. Sous l’action conjuguée de l’humidité et du dioxyde de carbone, le cuivre s’oxyde à froid par l’air atmosphérique. Le vert-de-gris est toxique pour tous les organismes vivants, c’est un poison dangereux (le titre original du roman de Peter Cheyney est Poison Ivy). Par dérivation, le vert de gris est aussi une couleur, celle que prennent les statues en cuivre avec le temps.
Dominique Wilms et Eddie Constantine dans La Môme vert de gris de Bernard Borderie.
* La série des 7 films :
1) La Môme vert-de-gris de Bernard Borderie (1952) avec Eddie Constantine, Dominique Wilms, Howard Vernon
2) Les femmes s’en balancent de Bernard Borderie (1953) avec Eddie Constantine, Nadia Gray, Dominique Wilms
3) Cet homme est dangereux de Jean Sacha (1953) avec Eddie Constantine, Grégoire Aslan, Colette Deréal
4) Vous pigez ? de Pierre Chevalier (1956) avec Eddie Constantine, Maria Frau, René Clermont
5) Comment qu’elle est ? de Bernard Borderie (1960) avec Eddie Constantine, Françoise Brion, Alfred Adam
6) Lemmy pour les dames de Bernard Borderie (1962) avec Eddie Constantine, Françoise Brion, Claudine Coster
7) À toi de faire… mignonne de Bernard Borderie (1963) avec Eddie Constantine, Philippe Lemaire, Christiane Minazzoli
* Jean-Luc Godard rendra son hommage au personnage dans : Alphaville, une étrange aventure de Lemmy Caution de Jean-Luc Godard (1966) avec Eddie Constantine et Anna Karina
Alors qu’une partie de la flotte américaine s’apprête à rejoindre le Pacifique par le canal de Panama, tout voyageur aux abords du canal est suspecté d’être un espion. Charlie Chan doit participer activement à une traque pour démasquer un certain Reiner… Charlie Chan in Panama est réalisé par Norman Foster en 1940 (soit quelques mois avant Pearl Harbour). Il s’agit en réalité du remake non crédité du roman Marie Galante de Jacques Deval, adapté à l’écran sous ce nom par Henry King en 1934, également pour la Fox. L’intrigue est bien construite avec le lot habituel de fausses pistes. L’atmosphère trouble est alimentée par le caractère cosmopolite des personnes qui fréquentent le lieu. Le film peut être classé parmi les films de propagande, chargés de sensibiliser le public américain sur les risques d’espionnage. Elle: – Lui :
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Voir les autres films de Norman Foster chroniqués sur ce blog…
Victor Sen Yung et Sidney Toler (au centre) dans Charlie Chan au Panama (Charlie Chan in Panama) de Norman Foster.
(photo publicitaire couleur passée en noir et blanc, très proche d’une scène du film)
Remake non crédité de : Marie Galante d’Henry King (1934) avec Spencer Tracy et Ketti Gallian (film généralement considéré comme peu réussi)
Alors que son fils aîné est en route vers l’Europe pour aller concourir aux jeux olympiques, Charlie Chan est témoin du détournement d’un avion expérimental de l’armée américaine dans le ciel d’Honolulu. L’avion est retrouvé mais une pièce essentielle pour son guidage a disparu. Le détective va suivre la trace des espions jusqu’à Berlin…
Quatorzième film de la série avec Warner Oland, Charlie Chan aux jeux olympiques est cette fois plus centré sur l’espionnage que sur un meurtre classique. L’intrigue est un peu confuse du fait du nombre de personnages impliqués et paraît moins bien construite qu’à l’habitude. En revanche, le film est très particulier parce que les jeux olympiques en question sont ceux de Berlin en 1936. Toute publicité pour le régime nazi a visiblement été évitée et, si le film utilise des images d’actualité de la cérémonie d’ouverture, tous les drapeaux ont été gommés (on entrevoit toutefois brièvement des saluts nazis lors de l’arrivée de la flamme). Autre particularité, le film utilise de vraies images, intérieures et extérieures, du dirigeable Hindenburg (retouché image par image à la main pour effacer les croix gammées sur la queue de l’appareil) peu avant la catastrophe de Lakehurst qui aura lieu quinze jours avant la sortie du film. Elle: – Lui :
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Sur l’île de Trinidad aux Antilles, le corps d’un résident américain est retrouvé dans l’eau du port. L’enquête officielle conclut à un suicide, mais les autorités restent sceptiques. Sa femme est danseuse dans un cabaret. Son frère arrive sur l’île peu après. Il avait été appelé par le défunt et refuse de croire à un suicide…
Harry Cohn, patron de la Columbia, n’a pas la réputation de faire de la dentelle. Pour célébrer le retour de Rita Hayworth sur les écrans après trois ans d’absence (1), il concocte un film sur mesure calqué sans complexe sur celui qui l’a propulsée au rang de sex-symbol : Gilda. L’histoire est pratiquement la même et Glenn Ford a été rappelé pour reformer le tandem. Le point fort du film n’est pas le scénario qui ne réserve aucune surprise mais bien le charme de l’actrice. Rita Hayworth est absolument superbe dans les robes dessinées par Jean Louis (déjà présent pour Gilda) et elle nous gratifie de deux numéros de chant particulièrement suggestifs, du genre qui vous cloue au fauteuil (comme dans Gilda…) Sa présence rend le film fort plaisant malgré tous ses défauts. Les critiques furent mauvaises mais le succès commercial fut immense. Elle: – Lui :
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Voir les autres films de Vincent Sherman chroniqués sur ce blog…
Remarques :
* L’Affaire de Trinidad est le quatrième des cinq films que Rita Hayworth et Glenn Ford ont tournés ensemble.
* Outre les multiples emprunts à Gilda, le réalisateur a avoué dans son autobiographie que les scénaristes avaient repris des éléments de Notorious d’Hitchcock.
(1) Trois ans auparavant, Rita Hayworth au sommet de sa gloire avait laissé le monde du cinéma sans voix en déclarant arrêter sa carrière d’actrice pour épouser le prince Ali Khan. Ce mariage tourna rapidement au désastre.
Alexander Scourby, Glenn Ford et Rita Hayworth dans L’affaire de Trinidad (Affair in Trinidad) de Vincent Sherman.
Glenn Ford dans L’affaire de Trinidad (Affair in Trinidad) de Vincent Sherman.
En 1943, Igor Gouzenko arrive de Moscou à Ottawa au Canada. Il est employé à l’ambassade soviétique, au service du chiffre, et à ce titre, il a connaissance de toutes les activités d’espionnage. Il est rejoint peu de temps après par sa femme et le couple prend goût à la vie canadienne… Le Rideau de fer retrace ce que l’on appelle « l’affaire Gouzenko ». Celle-ci est souvent créditée comme un des événements déclencheur de la guerre froide car elle a dévoilé l’existence d’un vaste réseau d’espionnage soviétique cherchant, notamment, à obtenir les secrets de la bombe atomique. Basé sur le récit personnel de Gouzenko, le déroulement du scénario se veut fidèle à la réalité. Le Rideau de fer est l’un des tous premiers films à s’inscrire dans le cadre la paranoïa anti-communiste de la fin des années 40 à Hollywood, mais, grâce à la mise en scène mesurée de William Wellman et les excellentes prestations de Dana Andrews et Gene Tierney, il ne tombe jamais dans la caricature excessive qui marquera nombre de films ultérieurs. Il se concentre sur les personnages, et sur les relations qui se tissent entre eux. Le film fut diversement apprécié à sa sortie. Elle: – Lui :
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Remarques :
* La musique du film comprend des œuvres de Dmitri Shostakovich, Sergei Prokofiev, Aram Khachaturyan et Dominik Miskovský sous la direction d’Alfred Newman (alors directeur musical des studios Twentieth Century Fox). Les quatre compositeurs soviétiques ont signé une lettre de protestation. Etant qu’ils n’avaient aucun moyen de voir le film et qu’ils étaient eux-mêmes sur la sellette, il est plus que probable qu’ils ont reçu l’ordre de signer cette lettre.
* Une projection en avant-première à New York (finalement annulée) a vu manifestants et contre-manifestants s’opposer avec violence.
* L’affaire Gouzenko a inspiré un second film américain : Operation Manhunt de Jack Alexander (1954) avec Harry Towres, l’histoire étant cette fois centrée sur la traque et tentatives d’assassinat de Gouzenko par des agents soviétiques, alors que le transfuge vivait caché au Canada après ses révélations.
Gene Tierney et Dana Andrews dans Le Rideau de fer (The Iron Curtain) de William A. Wellman.
Lorsque leur quartier général est détruit par un missile, les derniers agents de Kingsman, l’élite du renseignement britannique en costume trois pièces, font la découverte d’une puissante organisation alliée nommée Statesman, fondée il y a bien longtemps aux Etats-Unis. Ils uniront leurs forces pour sauver le monde des griffes d’un impitoyable ennemi…
Après l’immense succès de Kingsman : Services secrets en 2015, Matthew Vaughn lui donne une suite, toujours avec les personnages du comic book Kingsman : Services secrets de Dave Gibbons et Mark Millar édité par Icon Comics en 2012. Ce film britannique se présente comme une comédie d’espionnage avec beaucoup d’effets spéciaux sur les objets (les armes sont très originales) et de spectaculaires scènes d’action réglées au cordeau. L’histoire n’est pas très étoffée mais s’amuse des différences entre anglais et américains (gentiment car il ne faut pas heurter le public américain). L’ensemble est divertissant, pas franchement mémorable mais a le mérite d’être un peu différent. Elle: – Lui :
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1989. L’agent Lorraine Broughton, l’une des meilleures espionnes du Service de renseignement de Sa Majesté, est envoyée à Berlin pour récupérer un document de la plus haute importance… Atomic Blonde est l’adaptation du roman graphique The Coldest City écrit par Antony Johnston et dessiné par Sam Hart, paru en 2012. David Leitch est un cascadeur passé à la réalisation et donc il n’est guère surprenant que les scènes d’action soient très nombreuses. Le scénario est en apparence compliqué mais finalement simple. Les ingrédients sont classiques : beaucoup de violence, un zeste de glamour et une période historique (la chute du mur de Berlin) en toile de fond pour créer une ambiance légèrement apocalyptique. Mais tout cela est surtout très violent. Gros succès commercial. Elle: – Lui :
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1773. Gudin, fils de l’intendant de Voltaire, arrive à Paris pour rencontrer M. de Beaumarchais qui l’engage comme secrétaire. Beaumarchais travaille alors sur son Barbier de Séville mais il a beaucoup d’autres activités…
Librement inspiré d’une pièce jamais représentée de Sacha Guitry et sans trop s’écarter de la réalité historique, ce film d’Edouard Molinaro nous fait découvrir les nombreuses facettes de ce personnage que l’on connait surtout pour son œuvre théâtrale, notamment la trilogie de Figaro. Beaumarchais était aussi un homme d’affaires, un libre-penseur dont les idées annoncent la Révolution française, un espion pour le compte du roi de France. Il était également musicien, mais cet aspect n’est pas repris par le film. Le rythme est enlevé, virevoltant, à tel point que le début paraît un peu confus. Beaumarchais l’insolent est une grande production historique avec une multitude d’acteurs connus, ou en devenir, dans les seconds rôles. Mais c’est Fabrice Luchini qui est le plus remarquable ; l’acteur parfois trop exubérant a su trouver la bonne mesure, avec un jeu vif mais mesuré. Le film est à la fois divertissant et instructif. Le succès commercial fut au rendez-vous. Elle: Lui :
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