Surdoué de la communication, Nick Naylor travaille pour le lobby de l’industrie du tabac, surnommé Big Tobacco. Pour le bonheur de ses patrons, il est prêt à tout pour redorer le blason de la cigarette, tout en désarmant ses adversaires les plus tenaces, par exemple le sénateur Ortolan K. Finistirre… Thank You for Smoking est un film américain écrit et réalisé par Jason Reitman. Inspiré du roman du même nom de Christopher Buckley, ce film est la première réalisation du fils d’Ivan Reitman. Le film est une satire du lobbying de l’industrie du tabac mais c’est une satire tous azimuts, c’est-à-dire que les opposants au tabac ne sont pas épargnés non plus. L’humour repose en grand partie sur les dialogues et sur le cynisme des personnages. Belle interprétation d’Aaron Eckhart. Amusant. Elle: – Lui :
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Février 1974. Parce qu’elle se retrouve enceinte accidentellement, Annie, ouvrière et mère de deux enfants, rencontre le MLAC (Mouvement pour la Liberté de l’Avortement et de la Contraception) qui pratique les avortements illégaux aux yeux de tous. Accueillie par ce mouvement, elle va trouver dans l’aide aux autres femmes et la bataille pour l’adoption de la loi sur l’avortement un nouveau sens à sa vie… Annie Colère est film français co-écrit et réalisé par Blandine Lenoir. Ce récit est un hommage à l’action du MLAC dont la réalisatrice (née en 1973) dit n’avoir découvert l’existence que récemment. Elle dresse le portrait d’une femme qui va s’ouvrir une porte vers une nouvelle vie en s’impliquant dans ce collectif, avec le sentiment d’œuvrer pour une cause bénéfique à toutes les femmes. Le récit insiste sur l’entraide entre les femmes, sur l’importance de calmer les angoisses, sur la douceur des rapports. Le titre est un peu trompeur car cette femme n’est pas à proprement parler « en colère » (1). A noter une petite apparition de Delphine Seyrig dans l’une de ses interventions télévisées de l’époque. Un beau film. Elle: Lui :
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Remarque : • Deux documentaires sur le MLAC ont été réalisés par le passé : Histoires d’A (1973) durant la période d’activité de l’association et initialement interdit à la diffusion, et Regarde… elle a les yeux grand ouverts (1980) réalisé par Yann Le Masson. • Rosemary Standley est la chanteuse du groupe Moriarty (ce qui explique sa si belle voix quand elle chante).
(1) En fait, c’est la réalisatrice qui est en colère. Dans le dossier de presse, elle dit être en colère contre « les gynécologues qui donnent des contraceptifs aux femmes sans leur parler de leurs corps ».
?, Zita Hanrot, Louise Labèque, Laure Calamy, Florence Muller et Rosemary Standley dans Annie Colère de Blandine Lenoir.
New York, 1933. Burt Berendsen, vétéran de la guerre partiellement mutilé, est un docteur aux méthodes aventureuses et peu reconnues. Son ami Harold Woodsman, un avocat afro-américain rencontré au front, lui demande de réaliser de manière officieuse l’autopsie de Bill Meekins, un sénateur qui était leur commandant de régiment. Sans le savoir, ils vont se retrouver au centre d’une énigme extraordinaire… Amsterdam est un film américain écrit et réalisé par David O. Russell qui s’est inspiré de faits réels (1). Hormis les quelques notes gores heureusement ponctuelles (toujours cette attirance des réalisateurs pour les autopsies…), le récit oscille entre drame et comédie sans parvenir à trouver le bon équilibre. Il faut dire que le sujet se prête difficilement à l’humour et son propos social ou politique est complètement noyé. Christian Bale semble s’être beaucoup amusé à jouer ce rôle de docteur instable et hors du commun et il semble souvent sur-jouer son personnage. Hélas, le spectateur s’amuse moins et aucun suspense ne nous retient. Le scénario est rendu d’abord artificiellement opaque pour nous l’expliquer laborieusement ensuite plusieurs fois. Le casting était pourtant prestigieux et la reconstitution soignée. Gros échec commercial. Elle: – Lui :
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(1) NE LISEZ PAS CETTE PETITE NOTE SI VOUS AVEZ L’INTENTION DE VOIR CE FILM. L’histoire s’inspire d’une affaire appelée « Business Plot », un projet de complot politique, de quelques grands industriels, en 1933 aux États-Unis, qui avait pour but de renverser le gouvernement du président Franklin D. Roosevelt et d’installer un dictateur d’inspiration fasciste. Le général contacté pour prendre la tête de l’insurrection refusa le rôle et dévoila l’affaire. Lire sur Wikipédia (la version en anglais est la plus complète).
Christian Bale, Margot Robbie et John David Washington dans Amsterdam de David O. Russell.
Après dix-huit années de vie commune, Jean vient d’annoncer à Nadine qu’il la quitte. D’avord dévastée par le chagrin, reprend courage, aidée par son fils de 17 ans… La Femme de Jean est un film français écrit et réalisé par Yannick Bellon, son second long métrage. Il s’inscrit dans une époque où le féminisme s’affirmait de plus en plus, parfois avec une hostilité marquée envers les hommes. Rien de tel ici. Yannick Bellon (qui, rappelons-le, est une femme, son vrai prénom est Marie-Annick) se concentre sur un personnage de femme qui va se reconstruire, commencer à exister par elle-même au lieu d’être « la femme de… ». Elle reprend confiance en elle. C’est donc d’une renaissance dont il est question. Le sujet peut sembler rebattu à nos yeux actuels mais il ne l’était pas à l’époque à sa sortie. Le seul petit reproche que l’on pourrait faire est que tout se déroule de façon idéale, notamment le fils (joué par le jeune Hippolyte Girardot qui fait ses débuts à l’écran) est parfait, il l’encourage quand elle est trop timorée. Mais l’idée est de montrer la voie, un bel exemple du cinéma « comment vivre ? ». L’approche de Yannick Bellon est délicate, porteuse d’idées positives qui poussent à évoluer. La réalisatrice aborde aussi le thème du temps (1), le temps qui passe et qui détruit mais qui permet aussi de reconstruire (car il détruit aussi le négatif). Belle interprétation de France Lambiotte, actrice non professionnelle. Elle: – Lui :
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En février 1942, peu après l’entrée des États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale, un convoi international de 37 navires alliés, mené par le commandant Ernest Krause de l’United States Navy, traverse le « Trou Noir » au nord de l’Atlantique, un secteur à risque hors de portée des couvertures aériennes américaines et britanniques, terrain de chasse des sous-marins allemands… USS Greyhound : La Bataille de l’Atlantique est un film américain réalisé par Aaron Schneider. Le scénario a été écrit par Tom Hanks, adaptation cinématographique du roman Bergers sur la mer (The Good Shepherd, 1955) de C. S. Forester. Très réaliste, le film se déroule presque entièrement dans le poste de commandement du destroyer. La tension s’installe très rapidement et ne faiblit à aucun moment. Le cinéma nous a déjà offert de nombreux films sur ce terrible jeu du chat et de la souris entre sous-marins et navires et on ne peut dire que celui-ci se distingue vraiment. Il est juste correctement réalisé. Tom Hanks est de tous les plans. Sa sortie dans les salles ayant été repoussée en raison de la pandémie de Covid-19, il fut finalement diffusé en streaming. Elle: – Lui :
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Mimi, une jeune avocate ayant une maladie psychiatrique tente de reprendre confiance en elle auprès d’un avocat radié du barreau en s’investissant dans la défense de Christophe… Sur la branche est une comédie franco-belge co-écrite et réalisée par Marie Garel-Weiss, son second long métrage. C’est une fantaisie qui est très originale par ses deux personnages principaux, des personnages « hors des clous » comme le définit la réalisatrice. Ils sont tour à tour surprenants, amusants, et au final attachants tout en montrant de la force. L’approche de la réalisatrice est délicate et elle parvient à un équilibre parfait. Les deux acteurs font une merveilleuse interprétation, ce qui semble logique pour Benoît Poelvoorde car il est dans un registre où il excelle mais plus inattendu pour la jeune Daphné Patakia qui a un rôle plus difficile à tenir. Un film surprenant, qui peut dérouter mais très réussi. Elle: Lui :
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Kobe, 1941. Yusaku, dirigeant d’une entreprise internationale d’import-export, vit avec sa femme Satoko et tente de vivre en s’éloignant des tensions grandissantes de la Guerre entre le Japon et les pays occidentaux. Leur couple commence à être bouleversé quand Yusaku attire les soupçons de sa femme ainsi que des autorités locales… Les Amants sacrifiés(1) est un film japonais réalisé par Kiyoshi Kurosawa (qui, rappelons-le, n’a aucun lien de parenté avec Akira Kurosawa). S’écartant de son registre habituel, l’épouvante, il en a coécrit le scénario avec le cinéaste Ryūsuke Hamaguchi (réalisateur de plusieurs très beaux films dont le remarqué Drive my car). Contrairement à ce que le titre français laisserait supposer, il s’agit surtout d’un portrait de femme en butte à l’énigme de comprendre son mari et aussi son époque. Le récit offre la vision de la guerre à travers les yeux d’une femme plutôt idéaliste et éprise de liberté, qui s’interroge sur les fondements de ce conflit. Politique et sentiments se heurtent en elle mais elle doit prendre des décisions. Le récit offre également une réflexion sur le thème de la trahison. La réalisation de Kiyoshi Kurosawa est précise et élégante. Elle: – Lui :
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(1) A noter que la proximité phonétique du titre avec celui du très beau film de Mizoguchi (Les Amants crucifiés, 1954) n’existe qu’en français, elle a donc été créée par les distributeurs français. La traduction du titre original serait « La femme d’un espion », titre bien plus approprié repris dans toutes les autres langues (« Wife of a spy » en anglais).
Masahiro Higashide et Yû Aoi dans Les amants sacrifiés (Supai no tsuma) de Kiyoshi Kurosawa.
Sandra, Samuel et leur fils malvoyant de 11 ans, Daniel, vivent depuis un an loin de tout, à la montagne. Un jour, Samuel est retrouvé mort au pied de leur maison. Suicide ou homicide ? Sandra est bientôt inculpée malgré le doute. Un an plus tard, Daniel assiste au procès de sa mère… Anatomie d’une chute est un film français réalisé par Justine Triet. Elle en a écrit le scénario avec son compagnon Arthur Harari en s’inspirant au départ de l’affaire Amanda Knox (1) : une étrangère, parlant mal la langue, est accusée de meurtre. Le film s’inscrit dans le genre « film de procès », puisque la majorité des scènes se déroulent au sein d’un tribunal. Mais plus que l’anatomie d’un crime (le titre fait évidemment allusion au grand film d’Otto Preminger, Anatomy of a Murder, 1959), c’est le couple qui est disséqué sous nos yeux. Le scénario montre quelques belles trouvailles pour nous dévoiler peu à peu les éléments importants et tend à privilégier les personnages secondaires pour créer un attachement. Hélas, l’ensemble est beaucoup trop long (2h31) et l’intérêt tend à s’émousser. Il est un peu difficile de comprendre l’engouement de la critique et du public pour ce film qui ne montre rien d’exceptionnel mais il faut saluer son succès international. Palme d’Or du Festival de Cannes 2023, César du meilleur film 2024. Elle: Lui :
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Narbonne, aux environs de Noël. Désoeuvré, Daniel rêve de s’offrir un de ces duffel-coats à la mode qui lui donnerait le courage nécessaire pour aborder les filles. Il accepte la proposition d’un photographe : se déguiser en père Noël pour poser dans la rue avec les passants… Le Père Noël a les yeux bleus est un film français écrit et réalisé par Jean Eustache, qui avait tout juste 27 ans. Il a pu récupérer les pellicules non-utilisées sur le tournage de Masculin féminin de Jean-Luc Godard qui lui en a fait don. Il réalise ainsi son second moyen métrage mettant en scène un personnage très probablement inspiré de lui-même (il a passé toute son adolescence à Narbonne). Sous une forme bien entendu très Nouvelle vague, il exprime un certain malaise, le sentiment d’être rejeté, avant que son personnage découvre que le regard des autres sur lui change totalement grâce à son déguisement. Elle: – Lui :
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