En mai 1968, Christophe, un garçon de neuf ans, vit chez ses grands-parents, entouré de ses oncles et de son arrière-grand-mère. Ils campent autour d’une mystérieuse cache, révélant peu à peu des secrets de famille… La Cache est un film co-écrit et réalisé par le suisse Lionel Baier. Il s’agit de l’adaptation du roman du même nom de Christophe Boltanski, prix Fémina 2015. C’est le dernier film de Michel Blanc. Je ne vais pas me risquer à en dire beaucoup plus car nous avons abandonné la projection après une trentaine de minutes car tout nous paraissait artificiel, avec une volonté d’originalité trop visible et un humour qui fonctionnait mal. Le film a toutefois été plutôt bien accueilli par la critique qui salue généralement une certaine forme de tendresse envers les personnages. Elle: (= film non-vu en entier) Lui : (= film non-vu en entier)
En hommage à son fils qui s’est donné la mort quelques années après un voyage à vélo de La Rochelle à Istanbul, son père reprend son trajet de voyage à bicyclette, en compagnie de son chien et son ami de longue date, depuis l’Atlantique jusqu’à la mer Noire… À bicyclette! est un film français réalisé par Mathias Mlekuz ; c’est son second long métrage. L’histoire est authentique : Mathias Mlekuz a en effet proposé à son ami Philippe Rebbot de refaire le voyage en vélo de son fils décédé. Il a accepté en disant : « D’accord mais tant qu’à faire le trajet, autant en faire un film ! ». Il n’y a pas eu de scénario écrit, tout est improvisé… plus ou moins, toutefois, car certaines rencontres paraissent arrangées. En pratique, ils étaient accompagnés par une petite équipe de cinq personnes avec un camping-car. Ce sont surtout les discussions entre les deux compères qui donnent de la substance. Tout n’est pas passionnant mais le film séduit par son côté très humain. Le film a été bien accueilli par la critique et par le public. Elle: – Lui :
Condamné au bagne pour avoir involontairement tué un homme lors d’une bagarre dans un bar, le jeune Vince Everett se lie en prison avec Hank, un ancien chanteur de country qui lui enseigne la guitare… Le Rock du bagne (Jailhouse Rock) est un film américain réalisé par Richard Thorpe. C’est le troisième film avec Elvis Presley qui en a tourné trente et un entre 1956 et 1969. L’histoire est bien entendu taillée sur mesure pour lui, montrant l’ascension vertigineuse d’un jeune chanteur en se concentrant sur ses relations avec les gens qui l’ont aidé. Le personnage ne semble ému que par l’argent et a des comportements assez durs avec ses proches. C’est plutôt un anti-héros ce qui provoqua des réactions scandalisées à la sortie du film. Plusieurs épisodes sont proches de la vie d’Elvis Presley, c’est son rôle le plus proche d’un rôle autobiographique de toute sa carrière d’acteur. Presley se montre convaincant en tant qu’acteur. Les intermèdes musicaux donnent au film tout son sel, le morceau-titre étant la scène la plus célèbre, considérée comme la meilleure scène musicale de tous ses films, certains la présentant même comme le prototype des clips actuels. Très gros succès. Elle: – Lui :
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Remarque : * L’actrice Judy Tyler trouvera la mort avec son mari peu après la fin du tournage dans un accident de la route. Elle avait 24 ans. Très ami avec la jeune actrice et bouleversé par sa disparition, Elvis Presley refusera jusqu’à la fin de sa vie de revoir Jailhouse Rock.
Judy Tyler et Elvis Presley dans Le Rock du bagne (Jailhouse Rock) de Richard Thorpe.Judy Tyler et Elvis Presley dans Le Rock du bagne (Jailhouse Rock) de Richard Thorpe.« Let’s rock / Everybody let’s rock / Everybody in the whole cell block / Was dancing to the Jailhouse Rock. » Le Rock du bagne (Jailhouse Rock) de Richard Thorpe.
En 2025, plusieurs membres d’une même famille héritent d’une vieille masure abandonnée en Normandie. Quatre cousins éloignés, Seb, Guy, Céline et Abdelkrim, vont alors s’intéresser à une certaine Adèle qui a vécu dans cette maison à la fin du XIXe siècle… La Venue de l’avenir est un film français réalisé par Cédric Klapisch. Il en a écrit le scénario avec Santiago Amigorena. Leurs quatre personnages vont remonter le temps pour tenter de reconstituer la vie de leur ancêtre. Et c’est l’occasion de questionner la force de l’héritage du passé. Le rôle des arts (en l’occurrence la peinture et la photographie) sont particulièrement mis en avant. Le cinéaste n’évite pas certains clichés mais le film sait nous séduire et maintenir notre intérêt. L’image est belle, particulièrement dans les scènes du passé où la photographie montre une certaine douceur. Très bonne interprétation. L’accueil critique fut tiède mais le public semble plus enthousiaste. Elle: Lui :
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Vincent Macaigne, Zinedine Soualem, Abraham Wapler et Julia Piaton dans La Venue de l’avenir de Cédric Klapisch.Sara Giraudeau et Suzanne Lindon dans La Venue de l’avenir de Cédric Klapisch.
Saroyan, un trafiquant, utilise un honnête commerçant, répondant au nom d’Antoine Maréchal, pour emmener de Naples à Bordeaux une Cadillac remplie d’héroïne et de bijoux volés… Le Corniaud est un film coécrit et réalisé par Gérard Oury. C’est la première comédie du réalisateur. L’idée de base vient d’un fait divers (1). Les producteurs ont cherché à s’écarter de la fâcheuse habitude française de tourner les comédies avec un budget réduit et le plus rapidement possible. Le Corniaud est ainsi en couleurs et bénéficie d’un budget plus important, ce qui permet une réalisation plus soignée et moins pressée. De nombreuses scènes sont tournées sur les lieux-même, façon Nouvelle Vague, en témoignent les regards des passants. Bourvil était déjà très connu alors que Louis de Funès venait à peine de terminer Le Gendarme de Saint-Tropez qui lancera sa notoriété. Les deux acteurs ont finalement peu de scènes en commun, ce qui est plutôt un bien car les deux acteurs ont des façons très différentes de travailler (2). Le déroulement du scénario apporte des situations différentes, toujours cocasses, sans vulgarité. L’ensemble est bon enfant et de qualité. Le succès fut immense, Le Corniaud restant à ce jour parmi les dix plus grands succès du cinéma français. Elle: Lui :
(1) Le français Jacques Angelvin, acteur et présentateur de télévision, a été arrêté en 1962 aux Etats-Unis pour avoir convoyé une Buick chargée de drogue. L’affaire avait fait grand bruit, l’accusé se défendant maladroitement en affirmant n’avoir pas su ce que contenait la voiture. L’affaire a également inspiré William Friedkin pour son film French Connection (1971).
(2) Bourvil est connu pour être excellent dans les premières prises avant de fatiguer dans les prises suivantes, alors que De Funès a souvent besoin de plusieurs prises avant d’exceller.
Note : La production et le tournage sont longuement racontés dans l’article Wikipédia français.
Louis de Funès et Bourvil dans Le Corniaud de Gérard Oury. « Maintenant, elle va marcher beaucoup moins bien, forcément ! » (cette célèbre réplique aurait été improvisée par Bourvil)
Marie a 80 ans. Elle est atteinte d’un cancer incurable qui la fait souffrir au quotidien. Lassée de sa maladie, elle voudrait bénéficier d’un suicide assisté. Elle a caché la gravité de son état de santé à son fils Bruno, immature, irresponsable et fauché et elle a fait passer son auxiliaire de vie pour son fils afin de signer les papiers. Elle entraîne tout le monde en Suisse, donnant un faux prétexte à son fils et à sa petite fille… On ira est un film français coécrit et réalisé par Enya Baroux. Après plusieurs courts métrages et séries, c’est le premier long métrage de cette réalisatrice trentenaire, fille d’Olivier Baroux. Elle en a eu l’idée après avoir perdu sa grand-mère dont elle est très proche. Il s’agit pourtant d’une comédie, une comédie écrite avec une indéniable subtilité (car il ne faut bien avouer que le sujet n’est à priori pas propice aux franches rigolades). L’ensemble reste en effet léger, plein de vie, sans aucun aspect morbide ou déprimant. Le récit est surtout alimenté par les relations entre les quatre personnages principaux et évite tout jugement sur l’euthanasie. Belles prestations d’Hélène Vincent et surtout de Pierre Lotin. Un road-movie original et très réussi. Elle: – Lui :
Le naïf Stanley Windrush, issu de la classe aisée, revient de la guerre avec une seule ambition : réussir dans les affaires. Cependant, à sa grande consternation, il s’aperçoit bien vite qu’il lui faut démarrer au bas de l’échelle et gravir les échelons un par un pour arriver à ses fins, et qu’aussi bien la direction que les syndicats se servent de lui dans leur lutte pour le pouvoir… Après moi le déluge est un film britannique réalisé par John Boulting. Il s’agit de la suite du film Ce sacré z’héros (Private’s Progress, 1956) également réalisé par John Boulting, qui se déroulait pendant la guerre avec plusieurs acteurs qui reprennent ici leurs rôles. Cette comédie joue avec les oppositions de classe dans le monde du travail en les caricaturant : les ouvriers font tout pour en faire le moins possible, les patrons sont cupides et magouilleurs. Le délégué syndical est joué par Peter Sellers, qui assure l’essentiel d’un humour très british : on ne rit pas aux éclats mais on sourit souvent. La satire est assez poussée sur les syndicats mais c’est finalement assez bon enfant, sans intention malicieuse. Le film a connu un très grand succès en Angleterre à sa sortie mais est resté totalement méconnu en France. Elle: – Lui :
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Remarque : I’m alright, Jack est une expression anglaise négative employée face à une personne égoïste qui ne se soucie que de son propre intérêt et qui ne lèverait pas le petit doigt pour aider les autres (pour une fois, la traduction en français du titre respecte bien l’esprit du titre original).
Peter Sellers et Ian Carmichael dans Après moi le déluge (I’m All Right Jack) de John Boulting.
Willy et Jojo, deux ados inséparables, passent leur temps à chasser l’ennui dans un petit village au cœur de la France. Ils s’entraînent aussi sur le terrain de moto-cross appelé La Pampa. Ils se sont fait une promesse : ils partiront bientôt ailleurs. Mais un évènement va venir tout bouleverser… La Pampa est un film dramatique français co-écrit et réalisé par Antoine Chevrollier qui signe là son premier long métrage. Ce n’est pas tant par son histoire que le film mérite d’être remarqué mais plutôt par son traitement. Le réalisateur adopte une approche assez délicate de l’univers machiste de ces deux adolescents et parvient à rendre son histoire touchante. La présence rayonnante des deux acteurs y contribue grandement, particulièrement Sayyid El Alami. Bien dirigés, tous deux ont un jeu assez retenu et le réalisateur a su éviter toute scène spectaculaire ou explosive. Elle: – Lui :
Après la mort de leur mère, les sœurs Nora et Agnes doivent faire face à leur père, Gustav, un cinéaste autrefois connu, mais aujourd’hui presque oublié. Les deux sœurs ont pris des chemins de vie différents tout en restant proches l’une de l’autre. Nora a fait passer sa carrière d’actrice de théâtre avant tout le reste, tandis que sa sœur cadette, Agnes, a opté pour un emploi plus sûr et a construit une vie de famille avec son mari et son enfant… Valeur sentimentale est un film norvégien réalisé par le dano-norvégien Joachim Trier. Il en a écrit le scénario avec son co-scénariste habituel, Eskil Vogt. Le récit nous faire suivre plusieurs personnages, passant de l’un à l’autre, multipliant ainsi les émotions et donnant une indéniable richesse à l’ensemble. Car c’est d’héritage émotionnel dont il est ici question avec une maison familiale comme lieu d’ancrage. Les relations des deux filles avec leur père cinéaste s’alourdissent d’un passé parfois douloureux. Une autre facette expose le processus de création, plus précisément l’influence de son propre vécu sur tout acte de création. L’approche de l’ensemble est délicate. C’est un film d’une belle richesse. Remarqué (et récompensé) à Cannes 2025. Elle: Lui :
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Stellan Skarsgård et Renate Reinsve dans Valeur sentimentale (Affeksjonsverdi) de Joachim Trier.Valeur sentimentale (Affeksjonsverdi) de Joachim Trier.Renate Reinsve et Inga Ibsdotter Lilleaas dans Valeur sentimentale (Affeksjonsverdi) de Joachim Trier.