13 juin 2024

Detroit (2017) de Kathryn Bigelow

DetroitEn juillet 1967, d’importantes émeutes ont lieu à Détroit dans le Michigan, pour protester contre la ségrégation raciale aux États-Unis et la guerre du Viêt Nam. La police de Détroit reçoit des plaintes à propos de pillages, d’incendies et de tirs d’armes à feu pendant plusieurs jours. Les forces de l’ordre et la population afro-américaine sont sous pression et chaque situation est susceptible de dégénérer dangereusement…
Detroit est un film américain écrit par Mark Boal et réalisé par Kathryn Bigelow. Il nous relate un épisode particulier des émeutes sanglantes (43 morts et 467 blessés) de Détroit en 1967 : les évènements survenus dans un motel de la ville, le motel Algiers où des policiers, persuadés qu’on leur avait tiré dessus, ont retenu un petit groupe de suspects pendant une bonne partie de la nuit, les terrorisant, les frappant et pire encore. Cette longue scène occupe tout le centre du film et est assez dure à supporter car elle est en dehors de toute raison. Ensuite, la réalisatrice élargit le propos en montrant le procès qui a suivi, passant ainsi du particulier à une démonstration du racisme systémique de l’époque. Il est assez symptomatique que ce soit une réalisatrice norvégienne qui se soit emparé de ce sujet (ce qui lui a valu bien entendu d’être contestée). Kathryn Bigelow a l’habitude de tourner avec plusieurs caméras pour interrompre l’action le moins possible et conserver toute la puissance. Assez terrifiant, le film n’a pas connu le succès escompté.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: John Boyega, Anthony Mackie, Will Poulter, Jack Reynor, Jacob Latimore, Jason Mitchell
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Will Poulter dans Detroit de Kathryn Bigelow.

11 juin 2024

Un trou dans la tête (1959) de Frank Capra

Titre original : « A Hole in the Head »

Un trou dans la tête (A Hole in the Head)Tony Manetta, veuf, la quarantaine séduisante, vit à Miami avec son jeune fils. Il y tient un hôtel un peu miteux, est criblé de dettes et a une liaison avec une jeune écervelée volcanique. Pour éviter expulsion et saisie, il fait appel à son frère Mario, commerçant à New York qui mène avec son épouse une vie très réglée. Le couple débarque à Miami pour mettre de l’ordre dans la vie de Tony…
Un trou dans la tête (voir le vrai sens du titre ci-dessous) est un film américain de Frank Capra. Il s’agit de l’adaptation d’une pièce jouée à Broadway et écrite par Arnold Schulman. C’est une comédie assez amusante dont l’originalité est d’avoir pour pivot central la relation d’un père irréfléchi avec son jeune fils qui a, lui, les pieds bien sur terre. Le ton oscille entre comédie et tendresse. L’ensemble est plaisant mais reste bien en deçà des meilleurs films de Frank Capra (qui signe là son premier film en couleurs et son premier en Cinémascope). A noter que le film a fait connaître la chanson « High Hopes » de Frank Sinatra qui sera reprise comme thème pour la campagne de John Kennedy l’année suivante.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Frank Sinatra, Edward G. Robinson, Eleanor Parker, Carolyn Jones, Thelma Ritter, Keenan Wynn
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Thelma Ritter, Eddie Hodges, Frank Sinatra et Edward G. Robinson dans Un trou dans la tête (A Hole in the Head) de Frank Capra.

Remarque :
• Contrairement aux apparences, le « trou dans la tête » du titre original n’a pas le sens de « folie » ou de « un neurone en moins ». En anglais, l’expression « need something like a hole in the head » s’applique à une chose que l’on ne veut pas (littéralement « avoir autant besoin de cette chose qu’un trou dans la tête »). L’expression s’applique généralement à une chose qui nous est imposée. Frank Sinatra emploie l’expression dans ce sens plusieurs fois quand il discute avec son fils. Plusieurs photos promotionnelles du film montrent les acteurs (et même toute l’équipe) avec une flèche plantée dans le crâne.

Toute l’équipe du tournage de A Hole in the Head de Frank Capra.
Frank Capra est au centre (chemise blanche)

9 juin 2024

Le Daim (2019) de Quentin Dupieux

Le DaimGeorges, la quarantaine, quitte du jour au lendemain sa femme et son travail pour s’offrir le blouson de ses rêves, une veste en daim à franges. Le vendeur lui offre un caméscope numérique en cadeau. Très fier de son achat, Georges prend une chambre d’hôtel dans une station des Pyrénées et développe une passion pour son blouson…
Le Daim est un film français écrit et réalisé par Quentin Dupieux. Il s’agit d’une comédie noire et absurde qui repose sur un personnage qui part en vrille. L’humour nonsense nous amuse sans que l’ensemble soit vraiment enthousiasmant. Dans le dossier de presse, Quentin Dupieux désire donner de l’ampleur à son propos : « Vous pourriez croiser Georges dans la rue. Vous pourriez même être Georges. C’est ça qui fait peur. » Cette remarque me semble plus s’appliquer au jeu de Jean Dujardin, qui joue un personnage « normal », mais on peut toujours voir des allégories diverses. Les critiques ont adoré. Je pense que j’aurais plus apprécié le film si je n’avais pas su à l’avance ce qui allait arriver (j’avais eu le malheur de lire une présentation de trois lignes qui en disait beaucoup trop).
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Jean Dujardin, Adèle Haenel
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Adèle Haenel et Jean Dujardin dans Le Daim de Quentin Dupieux.

7 juin 2024

La Passion de Dodin Bouffant (2023) de Tran Anh Hung

La Passion de Dodin BouffantEn France à la fin du XIXe siècle, Eugénie travaille depuis vingt ans comme cuisinière pour le célèbre gastronome Dodin. Au fil des années, une passion affectueuse s’est développée entre eux. De leur amour commun pour la gastronomie naissent des plats uniques, savoureux et délicats. Eugénie, femme éprise de liberté, n’a cependant jamais voulu épouser Dodin…
La Passion de Dodin Bouffant est un film français écrit et réalisé par Trần Anh Hùng (cinéaste français d’origine vietnamienne que l’on a découvert avec L’Odeur de la papaye verte en 1993). C’est l’adaptation assez libre du roman suisse La Vie et la Passion de Dodin-Bouffant gourmet, paru en 1924. Tourné dans un château en Anjou, ce récit simple est une belle ode à la gastronomie française, un film plaisant et réconfortant en ces périodes si anxiogènes. Le chef triplement étoilé Pierre Gagnaire a été consultant sur le tournage et son bras droit, le chef Michel Nave, a réalisé toutes les recettes. Tout est vrai. Le film évoque Le Festin de Babette de Gabriel Axel (1987) mais Trần Anh Hùng se montre plus admirable encore dans sa façon de filmer, avec de mouvements de caméra, amples et doux, qui donnent parfois l’impression de danser autour des personnages. On se délecte de ces images. Le film est une ode au plaisir de vivre. Il est toutefois logique que ce type de film hédoniste ne plaise pas à tous les spectateurs (à commencer par les critiques qui n’ont pas aimé). Prix de la mise en scène à Cannes 2023.
Elle: 4 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Juliette Binoche, Benoît Magimel, Emmanuel Salinger, Patrick d’Assumçao, Galatéa Bellugi
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Benoît Magimel et Juliette Binoche dans La Passion de Dodin Bouffant de Tran Anh Hung.

5 juin 2024

Les Magnétiques (2021) de Vincent Maël Cardona

Les magnétiquesUne petite ville de province au début des années 80. Philippe vit dans l’ombre de son frère, Jérôme, le soleil noir de la bande. Entre la radio pirate, le garage du père et la menace du service militaire, les deux frères ignorent qu’ils vivent là les derniers feux d’un monde sur le point de disparaître…
Les Magnétiques est un film français coécrit et réalisé par Vincent Maël Cardona, son premier long métrage. Ecrit à six (« tous nés au début des années 80 » précise le réalisateur), il dresse le portrait d’une génération, celle qui a eu 20 ans en 1980. Le réalisateur la présente ainsi : « Toute une jeunesse qui ne se reconnaît plus dans les promesses de 68 et s’empare de la vague punk pour dire son désenchantement et paradoxalement son envie de faire la fête. Et après 83 c’est fini. » Cette généralisation est assez étrange (du moins à mes yeux). Cette vision d’une génération me semble être vue à travers le prisme d’une autre génération, celle qui affectionne la sensibilité « no future ». Mais que ce soit un portrait générationnel ou personnel n’enlève rien à l’intérêt du récit qui nous fait, entre autres, revivre l’aventure des radios libres. Le film est porté par son jeune acteur principal, Thimotée Robart (déjà remarqué dans Vif Argent), qui montre une très belle présence à l’écran.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Thimotée Robart, Marie Colomb, Joseph Olivennes, Fabrice Adde, Maxence Tual
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Marie Colomb et Thimotée Robart dans Les magnétiques de Vincent Maël Cardona.

4 juin 2024

Assaut (2022) de Adilkhan Yerzhanov

Titre original : « Shturm »

Assaut (Shturm)Dans un village isolé du Kazakhstan, les élèves d’un lycée sont pris en otage par des inconnus armés et masqués. Apprenant que l’armée n’arrivera que dans deux jours à cause d’une tempête de neige, Tazshi, le professeur de mathématiques, prend la décision de partir à l’assaut avec son ex-femme, un policier du village, un vétéran d’Afghanistan, un alcoolique, un professeur d’EPS et le directeur de l’école…
Assaut est un film écrit et réalisé par réalisateur kazakh Adilkhan Yerzhanov, son douzième long métrage. Il s’agit d’une farce psychologique très originale (le réalisateur précise bien que son film est « psychologique et non sociopolitique »). Les personnages forment une brochette de pieds nickelés qui doivent se forcer à mettre sur pied une opération pour laquelle ils n’ont aucune des qualités requises, à commencer par le meneur, un professeur binoclard qui se targue d’être « pragmatique ». Le récit se concentre sur la psychologie de ces assaillants qui devront surmonter leurs peurs et leur aversion au moindre risque. Ils sont tous si pitoyables que l’humour en devient souvent gênant. C’est une bouffonnerie, il ne faut pas chercher la vraisemblance. L’ensemble est un peu long mais laisse un souvenir grâce à son originalité.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Azamat Nigmanov, Aleksandra Revenko, Daniyar Alshinov, Berik Aytzhanov
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Azamat Nigmanov dans Assaut (Shturm) de Adilkhan Yerzhanov.

2 juin 2024

La Victime (1961) de Basil Dearden

Titre original : « Victim »

La Victime (Victim)Grand avocat londonien et père de famille, Melville Farr est sur le point d’embrasser une carrière de juge. Lorsque Jack « Boy » Barrett, son ancien amant victime de chantage, l’appelle à l’aide, Farr refuse de l’écouter, craignant pour sa carrière. Peu de temps après, Barrett est retrouvé pendu dans sa cellule. Bouleversé par cette nouvelle, l’avocat décide alors de retrouver la trace des maîtres-chanteurs…
La Victime est un film britannique réalisé et coproduit par Basil Dearden. Le film a une indéniable valeur sociologique car il dresse un portrait de la situation de la pénalisation de l’homosexualité en Angleterre au début des années soixante : si après 1957, les homosexuels (alors passibles d’une peine de 10 ans de prison) étaient un peu moins poursuivis par la police, ils étaient couramment à la merci de maîtres-chanteurs sans scrupule. Le plus remarquable dans ce film est la façon dont il traite ce sujet très délicat à l’époque : le récit est très équilibré, sans militantisme, il met l’accent sur l’amour et sur l’attachement. Son succès relatif aurait joué un rôle déterminant dans la libéralisation des mentalités et de la loi britannique (1). C’est le premier film britannique qui utilise le terme « homosexualité ». Beaucoup d’acteurs ont refusé le rôle mais Dick Bogarde n’a pas hésité à prendre de gros risques : à l’instar de son personnage, il risquait d’y sacrifier sa carrière. Il était alors un acteur très connu, mais dans des rôles plutôt légers. Il montre ici une belle intensité. Ce film (et bien entendu, peu après, The Servant de Losey) sera finalement pour lui un tournant. L’accueil de la critique anglaise sera plutôt bonne… alors que, bizarrement, la critique française a méprisé le film.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Dirk Bogarde, Sylvia Syms, Dennis Price, Anthony Nicholls, Peter McEnery, Donald Churchill, Derren Nesbitt
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(1) La dépénalisation des relations homosexuelles pour les plus de 21 ans se fera en 1967 (Angleterre et Pays de Galles), en 1980 (Ecosse) et en 1982 (Irlande du Nord). En 2000, la limite d’âge sera minorée à 16 ans.

Sylvia Syms et Dirk Bogarde dans La Victime (Victim) de Basil Dearden.

1 juin 2024

Une jeune fille qui va bien (2021) de Sandrine Kiberlain

Une jeune fille qui va bienÉté 1942 à Paris, sous l’Occupation, Irène, 19 ans, est une jeune Française, juive. Elle est passionnée de théâtre et ambitionne de devenir comédienne. Elle répète L’Épreuve de Marivaux pour préparer un concours d’entrée au conservatoire…
Une jeune fille qui va bien est un film français écrit et réalisé par l’actrice Sandrine Kiberlain, son premier (et unique à ce jour) long métrage en tant que réalisatrice. Il dresse le portrait d’une jeune fille qui vit de façon enthousiaste et insouciante dans une période troublée. Sandrine Kiberlain a d’ailleurs choisi de ne rien montrer de l’environnement et assume les anachronismes, ce qui est un peu déroutant. Mais le problème principal est au niveau de l’écriture, rien n’accroche vraiment et le manque substance fait que l’on se désintéresse rapidement de l’histoire. Nous avons abandonné tous deux à mi-parcours. Une partie de la critique a beaucoup plus apprécié le film que nous.
Elle: pas d'étoile (pas vu en entier)
Lui : pas d'étoile (pas vu en entier)

Acteurs: Rebecca Marder, André Marcon, Anthony Bajon, Françoise Widhoff, India Hair
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31 mai 2024

Sommaire de mai 2024

Petit PaysanMisanthropeRéalitéUn meurtre est un meurtreLe Livre des solutionsKillers of the Flower MoonLe Procès GoldmanUne année difficile

Petit Paysan

(2017) de Hubert Charuel

Misanthrope

(2023) de Damián Szifron

Réalité

(2014) de Quentin Dupieux

Un meurtre est un meurtre

(1972) de Etienne Périer

Le Livre des solutions

(2023) de Michel Gondry

Killers of the Flower Moon

(2023) de Martin Scorsese

Le Procès Goldman

(2023) de Cédric Kahn

Une année difficile

(2023) de Olivier Nakache et Éric Toledano

Des filles pour l’arméeCaptain America: Civil WarCaptain America : Le Soldat de l’hiverCaptain America: First AvengerLe Retour d’AfriqueThe Garden of WordsLa guerre est déclarée

Des filles pour l’armée

(1965) de Valerio Zurlini

Captain America: Civil War

(2016) de Anthony Russo et Joe Russo

Captain America : Le Soldat de l’hiver

(2014) de Anthony Russo et Joe Russo

Captain America: First Avenger

(2011) de Joe Johnston

Le Retour d’Afrique

(1973) de Alain Tanner

The Garden of Words

(2013) de Makoto Shinkai

La guerre est déclarée

(2011) de Valérie Donzelli

Nombre de films présentés : 15

30 mai 2024

Petit Paysan (2017) de Hubert Charuel

Petit PaysanDe nos jours, Pierre est un paysan qui gère seul un troupeau d’une trentaine de vaches laitières sur l’exploitation qu’il a reprise de ses parents. Alors que les premiers cas d’une épidémie se déclarent en France, Pierre découvre que l’une de ses bêtes est infectée. Il ne peut se résoudre à perdre ses vaches. Il n’a rien d’autre et ira jusqu’au bout pour les sauver…
Petit Paysan est un film français réalisé par Hubert Charuel. Il en a écrit le scénario avec Claude Le Pape en s’inspirant de ses parents paysans qui ont vécu la crise de la vache folle dans les années 90 (la maladie dans le film est une maladie fictive mais elle évoque bien entendu la maladie de la vache folle). Il a tourné dans la ferme de ses parents aujourd’hui à la retraite. Tout en dressant avec justesse un portrait du monde paysan, c’est une histoire simple qui parvient bien à nous faire ressentir les sentiments de son personnage principal, même si ses décisions paraissent parfois surprenantes. Swann Arlaud est particulièrement crédible dans son rôle. Très bien accueilli par la presse, le film a reçu trois César, meilleur premier film, meilleur acteur pour Swann Arlaud et meilleure actrice dans un second rôle pour Sara Giraudeau.
Elle: 3 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Swann Arlaud, Sara Giraudeau, Isabelle Candelier, Bouli Lanners
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Swann Arlaud dans Petit Paysan de Hubert Charuel.
Sara Giraudeau et Swann Arlaud dans Petit Paysan de Hubert Charuel.