13 mars 2012

Ponyo sur la falaise (2008) de Hayao Miyazaki

Titre original : « Gake no ue no Ponyo »

Ponyo sur la falaiseUn petit garçon, qui vit avec sa mère dans une maison sur la falaise, recueille un poisson rouge coincé dans un bocal. Il le délivre et l’adopte mais ce n’est pas n’importe quel poisson rouge. C’est la fille d’un magicien et de la déesse des mers… Hayao Miyazaki présente Ponyo sur la falaise comme une transposition du conte d’Andersen La petite sirène dans le Japon d’aujourd’hui. Il est assez différent de ses films précédents, plus proche de l’univers des enfants. Le graphisme est plus stylisé mais toujours aussi travaillé, l’animation est dotée d’une énergie, d’une vitalité peu commune. Les mouvements de la mer sont superbes. L’histoire est un conte doté d’un certain lyrisme qui parvient à émerveiller autant les adultes que les enfants. Ponyo sur la falaise n’est pas loin d’être le meilleur film de Hayao Miyazaki.
Elle: –
Lui : 5 étoiles

Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 4,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs:
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14 février 2012

Une éducation (2009) de Lone Scherfig

Titre original : « An Education »

Une éducationA Londres, dans les années soixante, une jeune fille de 16 ans rencontre un homme bien plus âgé qu’elle. Il lui fait découvrir beaucoup de choses. Avec lui, elle a l’impression de commencer à vivre… Une éducation est l’adaptation d’un essai autobiographique de Lynn Barber, journaliste au Sunday Times. L’histoire n’est guère originale en elle-même mais le traitement qu’en fait Lone Scherfig sauve totalement le film de la banalité : la réalisatrice danoise fait preuve de beaucoup de délicatesse et recrée l’atmosphère de ces années-là avec une justesse dénuée d’ostentation. L’autre atout du film est l’actrice Carey Mulligan qui apporte beaucoup de sensibilité avec un subtil mélange de fragilité et de diffuses aspirations. Elle fait montre également de beaucoup de charme, un charme discret et sa transformation en clone d’Audrey Hepburn en milieu de film est absolument stupéfiante. Il faut aussi mentionner la belle prestation de Peter Sarsgaard. Une éducation est un film délicat, juste et subtil.
Elle: –
Lui : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Carey Mulligan, Peter Sarsgaard, Alfred Molina, Dominic Cooper, Emma Thompson, Olivia Williams, Rosamund Pike
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Remarques :
C’est le premier grand rôle au cinéma de Carey Mulligan mais elle avait précédemment tenu un rôle de jeune fille dans Orgueil et préjugés de Joe Wright (2005).

15 décembre 2011

L’enfer d’Henri-Georges Clouzot (2009) de Serge Bromberg et Ruxandra Medrea

L'enfer d'Henri-Georges ClouzotCe documentaire produit par Serge Bromberg raconte le tournage difficile de L’enfer, film inachevé d’Henri-Georges Clouzot. En 1964, le réalisateur de Quai des Orfèvres obtient des moyens quasi-illimités pour réaliser un film très personnel dont il a écrit lui-même le scénario : l’histoire d’un homme marié à une femme resplendissante et qui développe une jalousie pathologique jusqu’à la névrose. Henri-Georges Clouzot désire y introduire des images nouvelles, expérimentales (1) : ce seront les visions hallucinatoires du mari, scènes imaginaires en couleurs (alors que la réalité est en noir et blanc) modifiées par des effets visuels audacieux. L'enfer d'Henri-Georges Clouzot Le lieu est unique : un hôtel au bord d’un lac encaissé et surplombé par un viaduc pour voie ferrée (2). Intelligemment, le documentaire de Serge Bromberg évite tout les aspects superficiels et se concentre sur la démarche du réalisateur, il nous plonge dans les tourments de la création : acculé par un envahissant désir de perfection, Clouzot ne pourra achever le film, le tournage étant interrompu par un accident cardiaque. Il est bien entendu impossible d’imaginer ce qu’ait pu être le film au final, on a notamment l’impression que les hallucinations du mari auraient tenu une très grande place, mais une chose est sûre, Romy Schneider y aurait été merveilleuse : L'enfer d'Henri-Georges Clouzot éblouissante, pleine de vie, elle illumine toutes les scènes où elle apparaît. Même avec les lèvres bleues (3), son sourire nous fait fondre… Le film de Serge Bromberg a le mérite de laisser une trace de ce film inachevé dont il ne restait jusqu’à présent que 185 boîtes de films soit 13 heures de rushes (la bande son est perdue).
Elle: –
Lui : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Romy Schneider, Serge Reggiani, Dany Carrel, Bérénice Bejo, Jacques Gamblin
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(1) Le documentaire n’en parle que très peu mais Henri-Georges Clouzot était à cette époque fortement critiqué par la Nouvelle Vague. Ce désir d’explorer des voies expérimentales était certainement aussi une réaction à ces critiques. Et ce besoin de faire taire ses détracteurs a probablement aiguillonné son désir de recherche de la perfection, désir qui a toujours été très fort chez Clouzot.

L'enfer d'Henri-Georges Clouzot(2) C’est le Viaduc de Garabit dans le Massif Central, environ 10 kms au sud de Saint-Flour. On peut d’ailleurs apercevoir l’hôtel depuis l’Aire de Garabit sur l’A75.
Autre vue : Vue depuis le pont (D909) où court Serge Reggiani (Google street)

(3) Les lèvres des actrices étaient bleues dans les scènes hallucinatoires pour permettre l’application d’un effet couleur sur l’image (le bleu devenant rouge, permettant ainsi de teinter le lac en rouge). Cela évoque les techniques du cinéma muet où le rouge passant très mal en noir en blanc avec les pellicules de l’époque, toutes les actrices jouaient avec un rouge à lèvres noir.

Remake :
L’Enfer de Claude Chabrol (1994)

17 novembre 2011

Girlfriend experience (2009) de Steven Soderbergh

Titre original : « The girlfriend experience »

Girlfriend ExperienceIl faut le savoir : Girlfriend Experience (GFE pour les habitués) est un type de service proposé par les prostituées, à savoir se comporter comme une petite amie… Soderbergh a maintenant l’habitude d’intercaler des petits films, tournés très rapidement, entre ses grosses productions. Ici, il nous fait suivre l’une de ces escort-girls sur environ cinq journées avec une chronologie éclatée (Soderbergh oblige…) L’ensemble n’est pas exactement passionnant. Très ennuyeux au début, le film finit tout de même par intéresser grâce au regard porté sur les relations humaines : les clients de cette geisha moderne sont très stressés et ne lui parlent que d’angoisses économiques (nous sommes juste avant l’élection d’Obama qui leur fait très peur). Ses relations avec son (vrai) petit ami ont du mal à trouver un équilibre. Mais le personnage principal de Girlfriend Experience, on ne le voit pas vraiment mais tout le monde en parle : c’est l’argent. Il s’insinue partout dans les rapports sociaux, règne sur les comportements. Soderbergh a choisi une actrice principale venant du cinéma pornographique (mais il n’y a aucune scène explicite, ni même de nudité d’ailleurs). Et le réalisateur expérimente : personnages flous, séquences très libres visiblement improvisées, etc. Le film n’est toutefois pas totalement convaincant, notamment quand il aborde le thème de la pudeur et de la fragilité.
Elle: –
Lui : 2 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Sasha Grey, Chris Santos, Philip Eytan
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15 novembre 2011

Les herbes folles (2009) d’ Alain Resnais

Les herbes follesMarguerite se fait voler son sac à main. Le portefeuille est retrouvé par Georges qui a du mal à se décider à l’appeler pour la prévenir… Les herbes folles sont des herbes qui poussent, contre toute logique, là où on ne les attend pas. A l’instar des herbes folles, les personnages du film d’Alain Resnais n’ont jamais les réactions qu’ils devraient logiquement avoir : ils semblent toujours vouloir s’engager sur des chemins de traverse, embrouiller les situations simples, adopter un comportement irrationnel. A l’époque où le rationnel domine la société, Alain Resnais s’amuse à oter un peu de la logique et de la prévisibilité de nos relations humaines. Vouloir absolument trouver une explication est faire fausse route, c’est avant tout une fantaisie, marquée par une grande liberté (dans le fond et dans la forme). Il suffit de se laisser gagner par l’humour quasi permanent, de se laisser porter par cette liberté de ton et de propos… et le film est alors un vrai plaisir.
Elle: 3 étoiles
Lui : 5 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: André Dussollier, Sabine Azéma, Emmanuelle Devos, Mathieu Amalric, Anne Consigny
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Remarques :
* Les herbes folles est adapté du roman de Christian Gailly L’incident.
* Le nom de Marguerite Muir est très certainement un clin d’oeil au très beau film de Mankiewicz L’aventure de Madame Muir (The ghost and Mrs Muir, 1947), film qui s’écartait lui aussi du rationnel.

8 novembre 2011

La merditude des choses (2009) de Felix Van Groeningen

Titre original : « De helaasheid der dingen »

La merditude des chosesDans les années quatre vingt, le jeune Gunther vit chez sa grand-mère avec son père et ses trois oncles, braillards, hirsutes, parfois violents et passant le plus clair de leur temps au café à boire des bières… La merditude des choses fait penser à une version flamande du film Affreux, sales et méchants dans le sens où il décrit un milieu certes plutôt glauque mais le regard porté est exempt de condamnation ou de misérabilisme. Il est même porteur d’une certaine tendresse car le récit est celui de l’enfant de 13 ans qui a grandi dans ce milieu. Le film est adapté d’un best-seller de Dimitri Verhulst, livre autobiographique paru en 2006 qui a eu beaucoup de succès. Malgré la répétition des scènes de beuveries, il y a un très bon équilibre d’ensemble entre drame et humour, entre fatalité et optimisme, avec même une certaine réflexion au travers de l’enfant devenu adulte. La merditude des choses est un film assez étonnant, assez à part de la production actuelle, plein d’énergie.
Elle: –
Lui : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Kenneth Vanbaeden, Valentijn Dhaenens, Koen De Graeve, Wouter Hendrickx
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1 novembre 2011

Là-haut (2009) de Pete Docter et Bob Peterson

Titre original : « Up »

Là-hautUn septuagénaire accomplit son rêve d’enfant : s’envoler pour aller explorer les contrées sauvages d’Amérique du Sud… Sorti des studios Pixar, Là-haut a de bons côtés, de bonnes trouvailles qui émoustille notre imagination. L’histoire est volontairement très enfantine, fonctionnant avec des ressorts simples. L’envol puis le vol de la maison est la portion la plus réussie, le genre de séquence qui réveille notre âme d’enfant par l’émerveillement. Il y a aussi ponctuellement de très bons gags… mais que tout cela est formaté!
Elle: –
Lui : 2 étoiles

Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 5,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: (voix) Edward Asner, Christopher Plummer, Jordan Nagai, Bob Peterson
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24 octobre 2011

Moon (2009) de Duncan Jones

MoonAvec pour seule compagnie un robot-ordinateur, Sam Bell surveille l’extraction d’hélium de sa base sur la face cachée de la lune. A deux semaines de la fin de son contrat de trois ans, il sent qu’il commence à avoir des hallucinations… Ecrit et réalisé par l’anglais Duncan Jones, Moon renoue avec bonheur avec la science-fiction authentique : pas de spectaculaire ni d’effets spéciaux mais un bon scénario qui induit une certaine réflexion. Moon fait penser à Solaris et fait des clins d’œil à 2001 (l’ordinateur ou encore la musique classique sur les extérieurs) ; même s’il n’a pas la profondeur métaphysique de ces deux films, il ne manque pas d’intérêt et a même une certaine force. La mise en scène de Duncan Jones est simple mais sert bien son sujet. Moon est un huis clos à un seul personnage ; Sam Rockwell est magnifiquement à la hauteur de cette gageure. Le film n’est hélas pas sorti en salles en France mais il a reçu un très bon accueil partout ailleurs. La science-fiction n’est pas morte.
Elle: –
Lui : 4 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Sam Rockwell, Kevin Spacey, Dominique McElligott
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Remarques :
Duncan Jones est le fils de David Bowie. Moon est son premier long métrage.

14 octobre 2011

The invention of lying (2009) de Ricky Gervais et Matthew Robinson

The Invention of LyingDans un monde où les gens ne savent que dire la vérité, un homme acquiert un certain pouvoir en inventant le mensonge… L’idée de base du scénario de The Invention of Lying est originale et amusante : comment seraient les rapports humains si chacun d’entre nous était incapable de mentir et devait dire toujours ce qu’il pense réellement? L’idée est d’autant plus originale que les scénaristes ont choisi un héros qui a pour profession d’être… scénariste ! En effet : quel visage pourrait donc avoir le cinéma dans de telles conditions? Incapable d’inventer quoi que ce soit, il ne pourrait que raconter des faits qui se sont réellement passés… et comme il est inconcevable de jouer, c’est un historien qui raconte des faits réels. Le côté intéressant du film, ce sont ces petites divagations sociologiques : comme on s’y attend, dans le monde du travail, la franchise se traduit souvent en méchanceté et en cruauté mais les rapports hommes-femmes sont aussi bouleversés. Hélas, le film s’enlise assez rapidement dans une histoire sentimentale qui devient assez ennuyeuse et il ne parvient pas à rebondir. Ricky Gervais tient lui-même le premier rôle, l’humoriste anglais joue avec son physique peu avantageux face à la sculpturale Jennifer Garner. Même s’il s’essouffle trop rapidement, The Invention of Lying reste amusant et nous fait passer un bon moment.
Elle: –
Lui : 3 étoiles

Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Ricky Gervais, Jennifer Garner, Jonah Hill, Louis C.K., Jeffrey Tambor
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4 octobre 2011

Boulevard de la mort (2007) de Quentin Tarantino

Titre original : « Death proof »

Boulevard de la mortA deux périodes différentes, un même cascadeur psychopathe attaque un groupe jeunes filles parties faire la bringue… Boulevard de la mort est composé de deux histoires similaires, normalement séparées par quatorze mois, nous dit-on. Seulement Quentin Tarantino se plaît à brouiller les repères : la première est plutôt placée dans les années soixante dix mais comporte des objets ou références actuelles (téléphone portable, mention des images de synthèse, etc.), la seconde histoire est située au temps présent. Comme tous les films de Tarantino, Boulevard de la mort est très bavard, on assiste à de longues discussions assez futiles et émaillées d’un langage assez cru. Il parvient néanmoins à rendre ses personnages assez attachants. Le clou du film est une poursuite automobile assez échevelée et haletante. Quentin Tarantino rend hommage aux films d’actions des années soixante et soixante dix, les références et inspirations sont nombreuses (1). Il s’amuse à ajouter du grain, des rayures, des sautes d’images pour rappeler les conditions de visionnage de l’époque, les copies diffusées étant souvent usées jusqu’à la corde. Beaucoup moins violent et moins racoleur que ses autres films, Boulevard de la mort est assez… euphorisant.
Elle: –
Lui : 3 étoiles

Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 4,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
 

Acteurs: Kurt Russell, Zoe Bell, Rosario Dawson, Vanessa Ferlito, Sydney Tamiia Poitier, Tracie Thoms, Rose McGowan, Jordan Ladd, Mary Elizabeth Winstead
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Remarques :
Initialement, Boulevard de la mort était conçu pour sortir avec le film de Robert Rodriguez Planet Terror, les deux films étant séparés par de fausses bandes-annonces ; l’ensemble était nommé Grindhouse. Devant le peu de succès aux Etats-Unis, les producteurs ont décidé de sortir les films séparément dans les pays non anglophones. Tarantino a alors remonté son film pour passer de 87 minutes à 114 minutes.

(1) Les inspirations les plus évidentes sont Faster, Pussycat! Kill! Kill! De Russ Meyer (1966) et Vanishing Point (Point Limite Zéro) de Richard C. Sarafian (1971).