Pour se libérer de sa dépendance à l’héroïne, le jeune Thomas rejoint une communauté d’anciens jeunes drogués qui lui proposent un changement de vie radical. Privé de tout, isolé du monde extérieur dans un petit village des Alpes, il devra se soigner par la prière et le travail. Dans ce nouveau monde, il découvre l’amour, l’amitié et même la foi… La Prière est un film vraiment étonnant. Loin de tous les clichés et sans effet de dramatisation, Cedric Kahn réussit à faire un film magnifique et sensible. Le personnage central de son histoire va se reconstruire en découvrant des grandes valeurs humaines, telles l’amitié, la solidarité, l’ouverture aux autres et trouver ainsi une certaine sérénité. La religion n’est pas l’élément majeur de cette renaissance, elle lui offre plutôt un cadre général. Le film a été tourné sans acteur connu (Hanna Schygulla n’a qu’un petit rôle). Anthony Bajon est assez remarquable, il montre une grande présence à l’écran et sait mettre de l’intensité dans son jeu. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Angèle avait 8 ans quand s’ouvrait le premier McDonald’s de Berlin-Est… Depuis, elle se bat contre la malédiction de sa génération : être né « trop tard », à l’heure de la déprime politique mondiale. Elle vient d’une famille de militants, mais sa mère a abandonné du jour au lendemain son combat politique, pour déménager, seule, à la campagne et sa sœur a choisi le monde de l’entreprise. Seul son père, ancien maoïste chez qui elle retourne vivre, est resté fidèle à ses idéaux. En colère, déterminée, Angèle s’applique autant à essayer de changer le monde qu’à fuir les rencontres amoureuses… Tout ce qu’il me reste de la révolution est la première réalisation de Judith Davis. C’est une extension au spectacle qu’elle a créé avec sa troupe, L’Avantage du doute, en 2008 : « le film n’est pas une adaptation du spectacle, mais il en prolonge l’esprit ». Les acteurs sont les membres de sa troupe et la réalisatrice tient le rôle principal, un personnage qui, selon ses propres mots, très proche d’elle-même. Certes, il s’agit d’une comédie mais les personnages paraissent typés à l’extrême, à commencer par le personnage principal, toujours en colère contre tout, vindicative, brusque. Tout paraît excessif. Les scènes les plus amusantes et les plus intéressantes sont celles du petit « groupe de parole », témoins de la difficulté à se trouver des idéaux. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Après 20 ans de mariage et une dispute sur ses infidélités, Maria part s’installer dans la chambre 212 de l’hôtel d’en face. De là, elle a une vue plongeante sur son appartement, son mari, son mariage. Elle se demande si elle a pris la bonne décision. Bien des personnages de sa vie ont une idée sur la question, et ils comptent le lui faire savoir…
Christophe Honoré a écrit et réalisé cette comédie dramatique sur un thème proche du remariage : un couple en crise qui doit se redécouvrir ou périr. La forme est originale avec sa façon de faire surgir des personnages du passé qui viennent dialoguer avec les deux protagonistes d’aujourd’hui. Les bonnes trouvailles sont nombreuses. L’essentiel du film se déroule dans l’hôtel et dans l’appartement. Les dialogues sont vifs, drôles et vraiment brillant, l’écriture est assez remarquable. L’ensemble évoque certains films de Woody Allen. Certes, il n’y aucune pensée révolutionnaire apportant un éclairage nouveau sur le couple, mais on pourra apprécier une amorce de réflexion sur les fondements d’une relation et sur l’intégration des inspirations personnelles. La séduction tient aussi une place importante dans le propos. Très bien écrit, Chambre 212 est un film brillant mais qui pourra être diversement apprécié. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Claire travaille dans l’entreprise de sa belle-mère. Un jour, elle est enlevée sans ménagements. Sur le point d’être tuée, elle est sauvée in extremis par un homme mystérieux qui la recueille dans sa maison isolée. Claire décide de rester là et va éveiller l’émoi des habitants du village voisin…
Sur un scénario écrit par Anne Fontaine et Pascal Bonitzer, Blanche comme neige revisite le comte des frères Grimm, Blanche-Neige. Les hommes qui recueillent la belle Claire ne sont pas des nains mais ils sont bien sept à tomber sous son charme et il y a aussi une (très) méchante belle-mère. La jeune femme s’émancipe, s’éveille au désir et veut croquer la vie (sans parler d’une pomme) à pleines dents. Le scénario est intelligemment écrit, les situations avec chacun de ces hommes sont très différentes, et l’humour se montre subtil, en demi-teinte, passant surtout par les personnages. L’ensemble est léger, amusant, bien entendu pas crédible… mais un conte n’est pas censé l’être. Lou de Laâge est de presque toutes les scènes, l’actrice montre beaucoup d’aisance et de naturel. Tous les autres rôles sont très bien tenus avec une mention particulière pour Vincent Macaigne, assez savoureux et attendrissant dans son personnage de musicien dépressif. Blanche comme neige est original et amusant. Le film semble avoir été diversement apprécié. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Voir les autres films de Anne Fontaine chroniqués sur ce blog…
Blanche-Neigne : Lou de Laâge dans Blanche comme neige de Anne Fontaine.
Les sept nains : Vincent Macaigne, Damien Bonnard, Jonathan Cohen, Richard Fréchette, Benoît Poelvoorde, Pablo Pauly et Charles Berling dans Blanche comme neige de Anne Fontaine.
Pour l’anniversaire de son mari, Cynthia Monestier pense avoir trouvé le cadeau idéal : une concession pétrolière sur les bords de l’Orénoque. Son mari découvre rapidement qu’elle a été dupée par un escroc. Pour se refaire de ce mauvais investissement, il espère que sa fille Patricia parviendra à convaincre le très riche Antoine, qui s’intéresse beaucoup à elle, de racheter la « fabuleuse » concession. Mais pour le plus grand malheur de son père, au même moment, Patricia a recruté un faux mari afin de se débarrasser de son fortuné soupirant… Pouic-Pouic est le premier film vraiment construit autour de Louis de Funès et marque le départ de la seconde partie de sa carrière où sa popularité ne fléchira jamais. Au départ, Pouic-Pouic était une pièce de théâtre, titrée Sans cérémonie, écrite par le tandem Jean Girault et Jacques Vilfrid en 1952. Louis De Funès y tenait déjà un petit rôle, celui du maître d’hôtel. La pièce n’avait eu que peu de succès. Cette fois, l’acteur a le premier rôle et il l’occupe avec force mais sans excès. Jacqueline Maillan est même prête à lui voler la vedette par moments. L’histoire est dans la tradition française du théâtre de boulevard avec quiproquos et de nombreux rebondissements. Les seconds rôles sont bien tenus et hauts en couleur. Pouic-Pouic est un divertissement joyeux. Elle: – Lui :
Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 3,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Remarques :
* Première collaboration entre Jean Girault et Louis de Funès qui feront ensemble 12 films entre 1963 et 1982.
* Caméo : Au début du film, à la bourse, on peut voir Jean Girault (le boursicoteur chauve) et Jacques Vilfrid.
Mireille Darc, Roger Dumas, Philippe Nicaud et Louis de Funès dans Pouic-Pouic de Jean Girault.
Années 70. Après avoir vécu plusieurs années à Paris, Clotaire Sangala revient sur ses terres natales en Afrique. Élevé par un vieil homme chinois expert en arts martiaux, il croit qu’il a été trouvé enfant dans une poubelle. Cet homme égoïste et séducteur, adepte de la vie facile et sans ambition, ignore qui sont ses glorieux parents. Clotaire va pourtant devenir le premier super-héros africain, protecteur du peuple face au dictateur Ezéchias… Black Snake a été conçu et réalisé par l’humoriste d’origine camerounaise Thomas N’Gijol. Il partage la réalisation avec sa compagne Karole Rocher et tous deux en tiennent les rôles principaux. Il s’agit d’une comédie totalement loufoque qui joue avec les clichés. Pour fixer les idées, on peut le situer dans la veine Austin Powers ou Johnny English, avec une légère couleur politique. Certains gags vont assez loin, à la limite du politiquement correct, personne n’est épargné. L’humoriste utilise la dérision et l’outrance, notamment pour fustiger les ingérences de la France en Afrique. Même si certains moments sont plus faibles que d’autres, l’ensemble est très amusant et on ne s’ennuie pas. Hélas, cet humour loufoque ne semble pas avoir fonctionné auprès du public (ni de la critique) et la suite annoncée ne verra certainement pas le jour. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Les Bons Vivants, alias Un grand seigneur, est un film en trois sketches :
1) La Fermeture (réal. Gilles Grangier) : Monsieur Charles et Madame Blanche sont bien tristes : leur maison close doit fermer, c’est la Loi. En guise d’adieu, ils offrent un cadeau à chacune des pensionnaires. L’une d’elle, Lucette, reçoit l’enseigne (une lanterne)…
2) Le Procès (réal. Gilles Grangier) : Quelques années plus tard, Lucette est devenue baronne. Deux petits truands ont dérobé chez elle des bijoux et la fameuse lanterne à laquelle elle tient beaucoup. Elle vient témoigner à leur procès…
3) Les Bons Vivants (réal. Georges Lautner) : Léon Haudepin, notable d’une petite ville et célibataire, rencontre Héloïse, ancienne pensionnaire de la maison close…
Le scénario de ces trois sketches est signé par Albert Simonin et Michel Audiard. Il s’agit de variations humoristiques sur le thème des maisons closes. Le sujet permet de montrer des jeunes filles en tenue légère, ce qui pouvait perturber les esprits les plus émotifs dans les années soixante. Aujourd’hui, cet effet un peu racoleur, ne fonctionne plus vraiment. Mais le film a été mal considéré et beaucoup l’ont qualifié de « vulgaire » ce qui paraît un peu injuste car, précisément, les scénaristes parviennent à éviter de tomber dans le « salace ». Non, l’humour repose essentiellement sur le fait de parler d’une maison close comme d’une activité respectable et de transformer en moral ce qui est habituellement considéré comme amoral. La seule chose que l’on puisse reprocher, c’est d’en offrir une vision idyllique et bon enfant, c’est une vision de « client » : la réalité des maisons closes était certainement loin d’être aussi joyeuse. Le premier sketch paraît un peu long, mais les deux autres sont plus enlevés, très amusants et même hilarants par moment. Les acteurs s’en donnent à coeur joie et semblent aussi beaucoup s’amuser. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Voir les autres films de Gilles Grangier chroniqués sur ce blog…
Voir les autres films de Georges Lautner chroniqués sur ce blog…
Remarques :
* En avril 1946, la loi Marthe Richard a aboli le régime de la prostitution réglementée en France qui existait depuis 1804. Elle a imposé la fermeture des maisons closes (alias « maisons de tolérance »). La loi a pu bénéficier du climat ambiant, la plupart des tenanciers étant mouillés dans la collaboration.
* Dans son livre d’entretiens avec Bernard Bastide, Une vie de cinéma, Bernadette Lafont raconte quelques anecdotes sur Louis de Funès, qui n’admettait pas que l’on fasse des gros plans sur d’autres acteurs que lui. Pour éviter qu’il reste à râler dans un coin, un assistant lui proposait de l’accompagner pour boire un verre à la buvette du studio. En revenant et comprenant le subterfuge, il faisait un signe avec ses doigts qui signifiait « on coupera au montage ! »
Bernard Blier décroche sa lanterne dans le 1er sketch de Les bons vivants de Gilles Grangier et Georges Lautner.
Mireille Darc, Louis de Funès et Bernadette Lafont dans le 3e sketch de Les bons vivants de Gilles Grangier et Georges Lautner.
Son fils Philippe ayant échoué au bac, M. Bosquier décide de l’envoyer étudier en Angleterre. En contrepartie, il accueille Shirley, la fille de Mac Farrel, un distillateur de whisky écossais. Mais Philippe préfère rester en vacances en France et envoie son copain Michonnet à sa place…
L’histoire en elle-même n’est pas l’élément le plus important dans cette comédie burlesque. Elle est surtout là pour engendrer des poursuites rocambolesques avec le maximum de moyens de locomotion différents. Elle doit aussi permettre à Louis de Funès de s’énerver et piquer de grandes colères pour notre plus grand plaisir. Vu aujourd’hui, le film se révèle plutôt amusant. A noter que la scène du repas anglais traduit les forts préjugés de l’époque envers la cuisine anglaise. Enorme succès populaire à sa sortie. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Remarques :
* Le cascadeur Jean Falloux est décédé pendant le tournage de ce film lors d’une cascade aérienne. Il était l’époux de la speakerine Anne-Marie Peysson. Ce film lui est dédié.
* Le fils sage est interprété par le fils de Louis de Funès, Oliver de Funès, qui a tourné dans six films avec lui.
* La scène de la fête des mariages semble trop incroyable pour être inventée. Effectivement, Gretna Green existe bel et bien. Voici ce que nous dit Wikipédia : « Gretna Green est un village du Sud de l’Écosse, célèbre pour la possibilité qu’il offrait aux couples mineurs de s’y marier sans autorisation des parents (…) Gretna Green est l’un des lieux du monde les plus populaires pour se marier. Il s’y célèbre en effet quelque 5 000 mariages chaque année. Sa réputation dans ce domaine a commencé en 1754. » Etonnant… non ?
Louis de Funès et Maurice Risch dans Les grandes vacances de Jean Girault.
Alors que Sibyl décide de stopper son activité de psychothérapeute pour écrire un roman, l’une de ses clientes, une actrice en plein désarroi, l’appelle à l’aide. D’abord réticente, elle accepte de s’occuper d’elle et, sans lui dire, en fait la principale source d’inspiration de son roman…
Après l’excellent Victoria, Justine Triet bâtit une nouvelle fois un film autour de Virginie Efira. L’actrice est de presque tous les plans et fait une belle prestation, n’allant trop loin qu’à de rares moments. L’histoire aurait pu être très forte mais tout est gâché par une construction perturbante : dès le début, la réalisatrice mêle maladroitement la réalité avec des scènes dont on ne sait s’il s’agit de flashback ou de scènes imaginées, ce qui déroute et donne une impression de fouillis incompréhensible. Les éclaircissements arrivent plus tard, tôt tard car notre intérêt s’est alors envolé. Certaines audaces de construction demandent une grande maitrise. Bizarrement, la critique ne semble pas avoir ressenti ce problème et a réservé un très bon accueil au film. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Mado, l’accorte et peu farouche concierge d’un immeuble de Montmartre, est poignardée. L’inspecteur Brénot enquête. Il est secondé par une fort jolie femme, Irène Cazenave, veuve de l’un de ses collègues, qui venait juste d’emménager dans l’immeuble. Elle se révèle une excellente adjointe, interrogeant avec discrétion les nombreux suspects. Mado avait en effet attisé la haine et la jalousie de tous ou presque dans le voisinage… Minuit… quai de Bercy est adapté d’un roman de Pierre Lamblin La concierge n’est plus dans l’escalier. C’est un film policier assez classique, reprenant des recettes éprouvées (1). Plus qu’une enquête, il s’agit plutôt d’une série de portraits de personnages au caractère prononcé (parfois trop). Tous les acteurs tiennent leur rôle avec professionnalisme mais il n’y a rien qui puisse nous enthousiasmer réellement. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)