Après quelques années passées en captivité durant la Seconde Guerre mondiale, puis en liberté auprès de Gerda en Autriche jusqu’au retour du mari de celle-ci, Fernand Jouvin, restaurateur marseillais rigolard et menteur, revient à Martigues pour retrouver son épouse Christiane. Mais il découvre que cette dernière, le croyant mort, s’est remariée avec André, un cuisinier normand, qui a transformé son petit restaurant en une table réputée… La Cuisine au beurre est un film français réalisé par Gilles Grangier. Ce film a été produit dans le but de réunir deux des plus grandes vedettes du moment, à tel point que le scénario n’était qu’une ébauche quand le tournage a commencé. A la suite d’une colère de Fernandel, ce tournage fut arrêté le temps d’écrire un scénario un peu plus correct. Les deux acteurs s’estimaient mutuellement. Bourvil admirait Fernandel mais ce dernier se considérait d’un niveau supérieur et le faisait sentir. Bourvil n’a jamais voulu retravailler avec lui par la suite. Le scénario ne brille pas vraiment mais les dialogues (signés Raymond Costans) rendent de nombreuses scènes savoureuses. Et leurs éclats de rire sont communicatifs ! Elle: – Lui :
Lecteurs : (3 note(s), moyenne : 2,67 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Pascal, un crieur de journaux parisien au tempérament bourru et candide, sauve un homme de la noyade. Celui-ci raconte qu’il est victime d’un complot ourdi par sa femme qui cherche à s’emparer de ses biens en le faisant passer pour fou… 125 rue Montmartre est un film policier français réalisé par Gilles Grangier. Le scénario est l’adaptation du roman d’André Gillois (1), prix du Quai des Orfèvres 1958. Le film est peu connu mais il mérite le détour : une bonne intrigue, une excellente interprétation relevée de Lino Ventura qui personnifie à merveille l’homme simple très « brave garçon » et des dialogues de Michel Audiard avec de belles réparties. Tout est vu à travers les yeux du personnage principal et nous sommes aussi perdu que lui. Gilles Granger a su inclure de nombreuses scènes de vie qui sonnent très authentiques. Un film à découvrir. Elle: – Lui :
Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 3,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Alors qu’il fait nuit noire et qu’il pleut à verse, le camion de Jean Chappe roule sur un corps étendu sur la chaussée, à côté de sa voiture. Cet homme avait participé quelques heures auparavant à un braquage sanglant. Ses complices retrouvent Jean et tentent de l’intimider, pensant qu’il a récupéré le butin du braquage lors de l’accident…
Réalisé par Gilles Grangier, Gas-oil est un film basé sur un roman de George Bayle paru dans la Série noire, Du raisin dans le gaz-oil. L’adaptation est signée par Michel Audiard et Jacques Marcerou. Précisons tout de suite que l’on ne retrouve pas ici la verve qui sera plus tard la marque de fabrique d’Audiard. Le scénario ne brille pas par son originalité sur le plan de l’intrigue policière, en outre assez simplette et presque caricaturale dans les personnages des gangsters. En fait, l’histoire semble surtout être un prétexte pour nous faire pénétrer le monde des camionneurs dont nous entrevoyons le quotidien et le fonctionnement de leurs « courses ». Le film a été patronné par une organisation professionnelle de routiers. Donc les routiers sont sympas ! La grande partie du récit se déroule en zone rurale, dans le Puy-de-Dôme. Jean Gabin a un jeu sobre et retenu. Face à lui, on retrouve Jeanne Moreau, dont la carrière débutait alors brillamment, et Ginette Leclerc, actrice sous-estimée qui fut hélas toujours cantonnée dans les rôles de garce (et c’est encore le cas ici). Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Les Bons Vivants, alias Un grand seigneur, est un film en trois sketches :
1) La Fermeture (réal. Gilles Grangier) : Monsieur Charles et Madame Blanche sont bien tristes : leur maison close doit fermer, c’est la Loi. En guise d’adieu, ils offrent un cadeau à chacune des pensionnaires. L’une d’elle, Lucette, reçoit l’enseigne (une lanterne)…
2) Le Procès (réal. Gilles Grangier) : Quelques années plus tard, Lucette est devenue baronne. Deux petits truands ont dérobé chez elle des bijoux et la fameuse lanterne à laquelle elle tient beaucoup. Elle vient témoigner à leur procès…
3) Les Bons Vivants (réal. Georges Lautner) : Léon Haudepin, notable d’une petite ville et célibataire, rencontre Héloïse, ancienne pensionnaire de la maison close…
Le scénario de ces trois sketches est signé par Albert Simonin et Michel Audiard. Il s’agit de variations humoristiques sur le thème des maisons closes. Le sujet permet de montrer des jeunes filles en tenue légère, ce qui pouvait perturber les esprits les plus émotifs dans les années soixante. Aujourd’hui, cet effet un peu racoleur, ne fonctionne plus vraiment. Mais le film a été mal considéré et beaucoup l’ont qualifié de « vulgaire » ce qui paraît un peu injuste car, précisément, les scénaristes parviennent à éviter de tomber dans le « salace ». Non, l’humour repose essentiellement sur le fait de parler d’une maison close comme d’une activité respectable et de transformer en moral ce qui est habituellement considéré comme amoral. La seule chose que l’on puisse reprocher, c’est d’en offrir une vision idyllique et bon enfant, c’est une vision de « client » : la réalité des maisons closes était certainement loin d’être aussi joyeuse. Le premier sketch paraît un peu long, mais les deux autres sont plus enlevés, très amusants et même hilarants par moment. Les acteurs s’en donnent à coeur joie et semblent aussi beaucoup s’amuser. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Voir les autres films de Gilles Grangier chroniqués sur ce blog…
Voir les autres films de Georges Lautner chroniqués sur ce blog…
Remarques :
* En avril 1946, la loi Marthe Richard a aboli le régime de la prostitution réglementée en France qui existait depuis 1804. Elle a imposé la fermeture des maisons closes (alias « maisons de tolérance »). La loi a pu bénéficier du climat ambiant, la plupart des tenanciers étant mouillés dans la collaboration.
* Dans son livre d’entretiens avec Bernard Bastide, Une vie de cinéma, Bernadette Lafont raconte quelques anecdotes sur Louis de Funès, qui n’admettait pas que l’on fasse des gros plans sur d’autres acteurs que lui. Pour éviter qu’il reste à râler dans un coin, un assistant lui proposait de l’accompagner pour boire un verre à la buvette du studio. En revenant et comprenant le subterfuge, il faisait un signe avec ses doigts qui signifiait « on coupera au montage ! »
Bernard Blier décroche sa lanterne dans le 1er sketch de Les bons vivants de Gilles Grangier et Georges Lautner.
Mireille Darc, Louis de Funès et Bernadette Lafont dans le 3e sketch de Les bons vivants de Gilles Grangier et Georges Lautner.
Après avoir débuté comme débardeur sur le port de La Rochelle, François Cardinaud a travaillé dur pour gravir les échelons de l’échelle sociale. Il est devenu l’un des hommes les plus riches de la ville. Un jour, sa femme ne rentre pas et il se met à sa recherche… Cette adaptation du roman de Georges Simenon Le Fils Cardinaud est rendue assez particulière par les dialogues de Michel Audiard. S’il n’a pas encore toute la verve qu’il déploiera plus tard, ce dernier met dans la bouche de Jean Gabin quelques répliques brillamment tournées. Heureusement, le jeu de Gabin reste ici assez sobre ce qui permet à cette histoire de garder son caractère de regard social : devenu notable, l’ex-docker fait face à la rancune, voire à l’hostilité des hommes et femmes qu’il côtoie. C’est un homme isolé, dont l’instinct ne le pousse qu’à aller de l’avant. L’écriture d’Audiard aurait pu créer un hiatus mais ils s’intègrent assez bien et relèvent quelque peu une mise en scène plutôt sans éclat. En revanche, elle montre des faiblesses dans les personnages secondaires, c’est particulièrement net pour le capitaine Drouin (Paul Frankeur) qui n’est guère crédible. Le Sang à la tête reste un bon film d’atmosphère. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Un ancien tenancier de maison close se met en tête avec deux complices de se lancer dans la fabrication de fausse monnaie. Il va chercher un très grand spécialiste, Ferdinand dit « le Dabe », et le convainc de s’allier avec eux… Adapté d’un roman d’Albert Simonin, Le cave se rebiffe est une comédie policière : si la forme est celle d’un policier sérieux, les dialogues de Michel Audiard tire nettement le film vers l’humour et la parodie. Gabin et Blier mettent bien en valeur les répliques les plus savoureuses avec un petit côté pince-sans-rire du meilleur effet. Les seconds rôles sont très bien tenus. Le cave se rebiffe est un film que l’on a toujours plaisir à revoir. Elle: – Lui :
Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 4,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)