Oliver est un homme d’affaires qui doit se marier le jour même avec la fille d’un magnat du pétrole. Il est appelé à prendre la direction de la compagnie. Stanley est son témoin et le retrouve chez lui pour aller à la cérémonie. Il lui a acheté un cadeau…. Me and My Pal (il faut oublier le titre français qui n’a vraiment rien à voir avec l’histoire) est un court métrage de Laurel et Hardy assez étonnant car il ne comporte pratiquement qu’un seul gag. Il est certes énorme. Il y a très peu de slapstick, tout tourne autour d’un objet et de son attrait. La construction du récit est rigoureuse avec une progression parfaitement contrôlée et rythmée. Me and My Pal montre bien comment, à son apogée, le duo comique pouvait transformer la moindre idée en hilarante comédie burlesque. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Voir les autres films de Charley Rogers chroniqués sur ce blog…
(de g. à d.) Frank Terry, James C. Morton, Oliver Hardy, Bobby Dunn, Stan Laurel et Eddie Dunn
dans Les deux flemmards (Me and My Pal) de Charley Rogers (as Charles Rogers), Lloyd French (uncredited).
Après s’être tenu prudemment à l’écart pendant des années, Gaspard, 25 ans, doit renouer avec sa famille à l’annonce du remariage de son père. Il revient dans le zoo familial accompagné de Laura, une fille bohème rencontrée en chemin qui accepte de jouer le rôle de sa petite amie le temps du mariage…
Pour écrire Gaspard va au mariage, Antony Cordier s’est inspiré de la vie de Claude Caillé, créateur du zoo de la Palmyre (Charente-Maritime). La situation de départ est intéressante et originale avec un lieu et des personnages hors du commun. Hélas, on ne retrouve pas cette originalité dans la mise en scène qui manque de personnalité et, surtout, l’histoire n’évolue que très artificiellement passée la première demi-heure. Le plus réussi est son côté humain et chaleureux ; Antony Cordier montre en effet une indéniable tendresse pour ses personnages. La presse a été (presque) unanime pour louer cette plaisante comédie. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Laura qui vit en Argentine revient dans son village natal en Espagne pour assister au mariage de sa sœur. Alors que la fête bat son plein, un évènement tragique bouleverse l’atmosphère joyeuse et va faire ressurgir un passé enfoui…
L’iranien Asghar Farhadi a écrit son scénario en farsi, l’a tourné en espagnol et en Espagne ; les distributeurs français l’ont affublé d’un titre américain. Autant dire qu’il s’agit d’un film international mais, même si le dossier de presse brode sur le choc des cultures, rien de tel n’est en réalité perceptible à l’écran. Il s’agit d’un thriller familial plutôt classique qui bénéficie d’une interprétation assez forte du couple Penélope Cruz et Javier Bardem. Il se passe réellement quelque chose entre les deux acteurs (rappelons qu’ils sont mari et femme à la ville). Asghar Farhadi manque un peu de clarté dans le déroulement de son scénario, ce qui nuit beaucoup à l’impression générale. Et la mise en place est vraiment interminable. Elle: Lui :
Lecteurs : (1 note(s), moyenne : 3,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
François est un jeune menuisier heureux qui aime sa femme. Il aime aussi la nature et ses amis. Lorsqu’il rencontre Emilie, une jeune postière, et qu’il en tombe amoureux, il voit là une occasion d’ajouter du bonheur à son bonheur…
Troisième long métrage écrit et réalisé par Agnès Varda, Le Bonheur fit grand scandale à sa sortie et fut interdit aux moins de 18 ans car il montrait l’adultère sans réprobation. Débarrassés de ces considérations morales un demi-siècle plus tard, il nous reste un film plein de vie, joyeux et très beau. Agnès Varda explore la notion de bonheur qu’elle déconnecte des conventions sociales ou morales. « Ce n’est pas le mariage qui mène au bonheur, c’est le bonheur qui mène au mariage » semble-t-elle vouloir nous dire. La réalisatrice montre beaucoup d’inventivité dans ses cadrages et surtout une recherche esthétique et picturale qui est particulièrement visible. De très nombreux plans évoquent des natures mortes ou même des tableaux impressionnistes. Son utilisation des couleurs est enthousiasmante, ses talents de photographe sont manifestes. C’est un régal pour les yeux. Jean-Claude Drouot sait restituer toute la candeur de son personnage. L’acteur joue ici avec sa femme et ses enfants ce qui contribue à la sensation de naturel. Le film a été restauré en 2014, rendant ainsi justice à ses qualités esthétiques. Les couleurs, notamment, sont magnifiques. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Marie-France Boyer et Jean-Claude Drouot dans Le Bonheur de Agnès Varda.
Remarques :
* Jean-Claude Drouot était alors le héros de la série TV Thierry La Fronde (1963-1966). Il bénéficiait d’un immense capital de sympathie, y compris auprès des très jeunes enfants, ce qui a certainement exacerbé les oppositions au film d’Agnès Varda.
* L’interdiction aux moins de 18 ans n’a été levée qu’en 2006, lors d’une ressortie au cinéma Saint-André-des-Arts.
* Finalement, le plus étonnant dans ce film d’Agnès Varda est que le propos ne soit pas plus féministe : c’est le bonheur de l’homme qui importe, il est censé déteindre sur le bonheur de la femme… Il faut toutefois garder à l’esprit que nous sommes en 1965. Le propos d’Agnès Varda ne se situe d’ailleurs pas sur le plan homme/femme, la réalisatrice nous incite à réfléchir sur le lien entre bonheur et morale. « Faut-il se cacher pour être heureux? » C’est ce genre de question qu’elle pose.
Les riches héritiers Iris Van Suydam et Richard Prentiss viennent d’annoncer leurs fiançailles, plus par convention sociale que par passion. Mais le sort va en décider autrement : Richard tombe amoureux d’une jeune blanchisseuse et l’épouse. De son côté, Iris se marie avec son chauffeur et, déshéritée par son oncle, part vivre chichement chez son mari. Ces deux couples vont-ils pouvoir surmonter leurs différences sociales ?
Le scénario de Saturday Night a été écrit par l’actrice Jeanie Macpherson dont on retrouve la signature sur bon nombre de films de Cecil B. DeMille. L’histoire met en scène la confrontation de deux classes sociales et développe la théorie que, « tout comme l’huile et l’eau », elles ne peuvent se mélanger. Il ne faut pas sombrer dans la facilité de voir là une théorie plutôt réactionnaire, chacun devant rester dans sa classe sociale, car ce serait oublier que bon nombre des films muets de Cecil B. DeMille (ce sont les moins connus, il est vrai) sont naturalistes avant l’heure. Il décrit avec une relative précision la vie des classes populaires et le film a aujourd’hui une indéniable valeur sociologique, à commencer par le titre (1). De plus, à cette époque, le réalisateur accédait, du fait de sa popularité grandissante, à un autre milieu que le sien et il n’est pas impossible qu’il ressentait lui aussi des difficultés à s’insérer parmi les milieux aisés d’Hollywood. Comme le souligne Luc Moulet dans son étude sur le réalisateur (2), DeMille est l’un des premiers cinéastes à traiter des rapports entre maîtres et serviteurs, thème qui deviendra le sujet favori des plus grands (Murnau, Renoir, Stroheim, Buñuel, Losey, Chabrol, Altman … la liste est longue). Saturday Night est assez admirable par la puissance de son récit, du fait d’une mise en scène précise. Il utilise sans excès des décors parfois spectaculaires (la salle de bains de la riche famille vaut le coup d’œil) et des scènes d’une belle ampleur (l’accident, la soirée Halloween, …) Il est vraiment dommage que ce film soit si mal connu car il nous confirme que Cecil B. DeMille est bien plus qu’un simple faiseur de films historiques. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Remarques :
* Lors d’un dîner avec la presse au Club 21 de New York en février 1939, Alfred Hitchcock a fait une liste de ses dix films préférés. Saturday Night y figurait en première position (un autre Cecil B. DeMille était en 4e position : Forbidden Fruit de 1921) (3).
* Edith Roberts évoque Mary Pickford à la fois par son jeu et aussi sa taille : elle est même plus petite que Mary Pickford (1m52 vs. 1m54).
Jack Mower, Edith Roberts et Conrad Nagel dans Saturday Night de Cecil B. DeMille.
Jack Mower, Cecil B. DeMille et Leatrice Joy sur le tournage de Saturday Night de Cecil B. DeMille.
(1) Dans les milieux populaires, on ne prenait un bain qu’une fois par semaine, le samedi juste avant de sortir pour la soirée alors que dans les milieux plus aisés, on prenait un bain tous les jours. (2) Cecil B. DeMille, l’empereur du mauve de Luc Moullet (Editions Capricci, 2012) (3) Liste des 10 films préférés d’Alfred Hitchcock, établie en 1939 :
1. Saturday Night (Le Détour) de Cecil B. DeMille, 1923
2. The Isle of Lost Ships (L’Ile des navires perdus) de Maurice Tourneur, 1923
3. Scaramouche de Rex Ingram, 1923
4. Forbidden Fruit (Le Fruit défendu) de Cecil B. DeMille, 1921
5. Sentimental Tommy de John S. Robertson, 1921
6. The Enchanted Cottage de John S. Robertson, 1924
7. Variétés de E.A. Dupont, 1925
8. The Last Command (Crépuscule de gloire) de Josef von Sternberg, 1928
9. The Gold Rush (La Ruée vers l’or) de Charles Chaplin, 1925
10. I Am a Fugitive from a Chain Gang (Je suis un évadé) de Mervyn LeRoy, 1932
… soit 9 films muets et 1 parlant.
Affiche pour Saturday Night de Cecil B. DeMille.
L’affiche illustre bien les oppositions de classe (regards, vêtements, arrière-plans) et le dessinateur a même ajouté des menottes pour exacerber la confrontation (ou pour symboliser le mariage ?)
Florence et Chet Keefer sont au tribunal pour finaliser une procédure de divorce. La femme juge leur fait raconter leurs sept ans de vie commune…
Parmi les sept comédies que Garson Kanin (ici avec sa femme Ruth Gordon) a écrit pour George Cukor, The Marrying Kind est assez remarquable, probablement la plus audacieuse. Le film a en effet un petit parfum de néo-réalisme car il décrit de façon assez minutieuse le quotidien de la vie de couple avec ses joies mais aussi ses déceptions et ses rancoeurs. Mais le plus étonnant est cette façon de mêler habilement la comédie, la critique sociale et le drame. La séquence du pique-nique est stupéfiante (surtout si on n’a pris soin d’éviter de trop lire sur le film avant de la visionner) et bouleversante. C’est une très grande scène. Cukor montre une fois de plus que sa palette ne se limite à la comédie. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
A la rédaction du Morning Post de New York, des journalistes rusent pour envoyer un jeune stagiaire couvrir les procès courants à la place du chroniqueur habituel trop ivre. Au tribunal, l’apprenti-journaliste prend pitié pour une jeune femme accusée de vagabondage et déclare qu’elle est sa fiancée…
Alors que la société de production allemande UFA n’est pas passée sous la coupe de Goebbels (la nationalisation par les nazis ne sera effective qu’en 1937), les studios berlinois produisent encore des comédies légères très inspirées des comédies américaines. Glückskinder (traduction littérale : les enfants de la chance) se situe dans le sillage de It Happened One Night (1934) de Frank Capra, film qui a lancé le genre des comédies screwball : la situation de base est aussi celle d’un journaliste forcé de cohabiter avec une jeune femme très indépendante et le scénario va jusqu’à reprendre des scènes emblématiques comme le partage du lit (avec, trouvaille hilarante, une rangée de pots de cactus). Ce n’est pas une copie toutefois, plutôt une variation sur le même thème. Les dialogues sont très enlevés, réellement brillants avec des scènes extraordinaires, telle celle du tribunal. Lilian Harvey et Willy Fritsch étaient alors l’un des couples vedette de l’UFA. Toute l’histoire se déroule à New York avec des personnages américains. Aucune trace de propagande à l’horizon. L’ensemble est très amusant et paraît bien plus réussi que nombre de copies américaines du film de Capra. Elle: – Lui :
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Lilian Harvey et Willy Fritsch dans Glückskinder de Paul Martin (photo publicitaire).
Remarques :
* Les auteurs ne cachent pas leurs inspirations puisque, lors de la chanson, Willy Fritsch annonce imiter Clark Gable et fait le geste d’un auto-stoppeur, référence à la célèbre scène de l’auto-stop de It Happened One Night.
* Paul Martin est un réalisateur d’origine austro-hongroise. A l’époque du tournage, il avait une aventure avec l’actrice Lilian Harvey.
* On peut s’interroger sur pourquoi les distributeurs ont choisi Laissez faire les femmes! comme titre français… (ce titre ne daterait pas de l’époque toutefois puisqu’il semble ne pas être sorti en France).
Oskar Sima, Lilian Harvey, Paul Kemp et Willy Fritsch dans Glückskinder de Paul Martin.
Reporter vedette d’une chaîne de télévision, Rob est marié depuis sept ans à Micki, brillante avocate qui repousse le moment d’avoir un enfant, au grand désespoir de Rob. Lors d’un reportage, il rencontre Maude, une jeune violoncelliste, qu’il fréquente régulièrement. Quelques mois plus tard Maud lui apprend qu’elle est enceinte…
Sur un scénario original écrit par Jonathan Reynolds, Micki & Maude est une comédie qui exploite les ressorts comiques de la bigamie : Rob va devoir jongler de façon de plus en plus frénétique entre ses deux épouses. Il n’y a hélas rien d’inattendu dans le déroulement de cette histoire dont on peut prédire à l’avance les évènements. Cela ne veut pas dire qu’il n’y ait pas des scènes amusantes mais l’ensemble paraît bien long. Elle: Lui :
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Titre original : « Belle ma povere »
Autre titre français : « Beaux mais pauvres »
Romolo et Salvatore sont comme fiancés à Marisa et Anna-Maria, tous quatre amis d’enfance. Mais pour se marier, ils doivent gagner leur vie…
Issu de la première période Dino Risi, celle où il cherchait encore son style, Belles mais pauvres est la suite de Pauvres mais beaux qui avait connu un grand succès quelques mois plus tôt. Par rapport à son prédécesseur, ce deuxième volet se révèle beaucoup moins complet : la peinture sociale est mise en retrait pour se focaliser sur la comédie pure et sur l’immaturité des deux jeunes garçons. On pourra toutefois y voir un portrait du mâle italien, montré particulièrement machiste et conservateur, et aussi les difficultés d’une modernisation économique au travers de l’exemple d’une formation professionnelle accélérée assez pittoresque. Le film traîne en longueur dans sa seconde moitié et l’ensemble est bien en deçà du premier volet. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Laura n’a pas encore vingt ans. Elle n’est guère enthousiaste d’accepter la demande de Franco, jeune homme très sage qui la presse de l’épouser. Elle s’interroge sur son devenir, sa relation avec les hommes, la place que la femme doit tenir… Malgré un titre quelque peu racoleur (exploité par les distributeurs comme on peut le voir sur l’affiche), Laura nuda est un film sensible, assez délicat qui questionne la place de la femme dans la société des années soixante. Laura est très belle, les fiancés potentiels se bousculent devant elle mais elle n’en tire aucune vanité. Cela provoque chez elle plutôt un certain désenchantement car elle ressent que l’intérêt des hommes se placent surtout sur le plan de la sexualité. En outre, l’empressement de sa meilleure amie à se jeter dans le mariage et la maternité la laisse dubitative. Nicolò Ferrari, qui a coécrit le scénario, trouve le ton juste pour ce portrait générationnel qui a un petit parfum de Nouvelle Vague (plus sur le fond que sur la forme qui reste classique). Giorgia Moll, actrice rare, donne une belle interprétation de son personnage. Totalement inédit en France (jusqu’à sa diffusion en 2017 au Cinéma de Minuit de Patrick Brion), Laura nuda est vraiment une étonnante découverte. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Remarque :
* Nicolò Ferrari est âgé de 32 ans au moment du tournage. Il a été auparavant assistant-réalisateur sur le Bel Antonio de Mauro Bolognini (1960) et a participé à l’écriture de deux films de la série des Hercule sous le pseudonyme Archibald Zounds Jr. Par la suite, il réalisera un second long-métrage en 1970 et, bien plus tard, trois documentaires. Ceci explique qu’il soit absent des dictionnaires de réalisateurs et des livres sur le cinéma italien.
Nino Castelnuovo (debout), Anne Vernon, Giorgia Moll et Françoise De Quental dans Laura nuda de Nicolò Ferrari.
Giorgia Moll (portrait de la Warner, donc probablement ca. 1963).