En instance de divorce, Simin quitte son mari Nader qui doit embaucher une personne pour veiller son père malade… Telle est la situation de départ de ce brillant film de l’iranien Asghar Farhadi, Une séparation, qui voit ensuite se développer une intrigue forte où la tension reste à son niveau maximal jusqu’à la fin. C’est un conflit entre deux couples de niveau social différent, complexifié par les tensions internes à chacun des couples. La situation est assez universelle, il n’y a que peu de spécificités à la société iranienne si ce n’est l’importance de la religion. Ce qui est remarquable dans l’approche d’Asghar Farhadi, c’est la façon avec laquelle il évite de prendre parti. Il sème l’incertitude et nous laisse la liberté de jugement et d’interprétation. La mise en scène est parfaitement maitrisée, de nombreuses scènes ont pourtant été tournées sur les lieux réels. L’interprétation est elle aussi remarquable. Une séparation est un drame humain intense. Elle: Lui :
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Marco navigue au gré de ses envies sur le Lac Majeur. Il est abordé par un riche avocat qui l’emmène dans sa magnifique villa au bord du lac où il vit avec sa femme ombrageuse et sa jeune et jolie belle-sœur… Œuvre de commande, La chambre de l’évêque est l’adaptation d’un roman de Piero Chiara. Développant subtilement son intrigue, le film oscille entre la farce et le drame. Patrick Dewaere est totalement écrasé par Ugo Tognazzi, au jeu très expansif et qui excelle dans ce rôle de roublard aux instincts lubriques. Il y a plusieurs scènes vraiment savoureuses. Ornella Muti dégage beaucoup de sensualité tout en restant assez fragile. C’est son premier film avec Risi. Le film fut méprisé par la critique au festival de Cannes 77, jugé misogyne et raté. C’est excessif car, sans être un grand Risi, La chambre de l’évêque est un film très plaisant. Elle: – Lui :
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Voir les autres films de Dino Risi chroniqués sur ce blog…
Remarque : La chambre de l’évêque a été tourné sur le Lac Majeur, notamment à Stresa juste en face d’Isola Superiore et Isola Bella que l’on voit largement depuis le jardin. Le château qu’ils visitent sur une petite île est le Castelli di Cannero, un peu plus au nord.
Huit mois après la disparition accidentelle de leur fils unique, Becca et Howie tentent de retrouver un sens à donner à leur vie… Rabbit Hole est l’adaptation d’une pièce de David Lindsay-Abaire récompensé par un prix Pulitzer. John Cameron Mitchell sait éviter tout pathos trop appuyé ; il réalise un film assez sobre mais qui manque un peu de force. S’écartant franchement des rôles glamour où elle est trop souvent cantonnée, Nicole Kidman adopte ici un jeu très retenu, empreint de naturel et tout en nuances. Elle seule parvient à créer l’émotion. Elle ne parvient pas en revanche à créer la proximité et l’ensemble reste top lointain. Le point intéressant de Rabbit Hole est de montrer comment ce couple semble ne plus pouvoir fonctionner, ils ne peuvent plus communiquer tout en restant très liés. Elle: – Lui :
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Dans le Paris de 1847, Marguerite est une courtisane parisienne qui profite de la vie et de ses amants. Une amie lui fait rencontrer le riche et austère baron de Varville qui devient son protecteur mais elle est plus attirée par le jeune Armand Duval qui est éperdument amoureux… George Cukor a fait un beau travail de réécriture en adaptant le roman d’Alexandre Dumas Fils La dame aux camélias. Il sait éviter tout travers trop littéraire et convention mélodramatique pour magnifier davantage l’amour-passion. Et aussi, certainement sous l’influence de Garbo, le personnage de Marguerite Gautier devient bien plus qu’une courtisane frivole : elle analyse sa situation avec clairvoyance, maturité et intelligence. C’est l’une des plus belles interprétations de Greta Garbo qui est tout à la fois : forte et fragile, joyeuse et grave, rayonnante et sombre. Et comme l’a souligné George Cukor, chacun de ses mouvements, ses gestes, la façon dont elle déplace, sont empreint d’une grâce infinie(1). Sa voix est elle aussi envoutante, douce, mélodieuse avec toujours cette façon si particulière de traîner légèrement sur certaines syllabes. La mise en scène de Cukor est remarquable que ce soit par les cadrages, le découpage, le rythme global. Autour de Garbo, Robert Taylor est un très bel Armand Duval et tous les seconds rôles montrent beaucoup de nuances. Le roman de Marguerite Gautier est un film qui approche une certaine perfection. Elle: Lui :
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(1) Cukor a parlé d’une véritable « plastique » des mouvements de Greta Garbo : « Lorsque le personnage de Varville, son protecteur, lui demande de ramasser son éventail, elle le fait dans un mouvement absolument remarquable qui est presque le mouvement chorégraphique d’une Isadora Duncan : en effet, au lieu de s’agenouiller pour récupérer l’objet, elle se penche sur le côté avec une élégance naturelle extraordinaire. »
Principales autres adaptations : Camille de J. Gordon Edwards (1917) avec Theda Bara Camille de Ray C. Smallwood (1921) avec Alla Nazimova et Rudolph Valentino Arme Violetta de Paul L. Stein (1921) avec Pola Negri Camille de Fred Niblo (1926) avec Norma Talmadge La dame aux camélias de Fernand Rivers (1934) avec Yvonne Printemps et Pierre Fresnay La dame aux camélias de Mauro Bolognini (1981) avec Isabelle Huppert
Brancaleone et ses compagnons partent aux croisades. Menés par Dieu lui-même, ils embarquent pour traverser la Méditerranée et atteignent un peu trop rapidement la Terre sainte. En réalité, ils n’ont traversé qu’un lac… Tel est le début de Brancaleone s’en va-t’aux croisades, comédie loufoque qui fait suite à L’armata Brancaleone (L’armée Brancaleone) qui avait connu un formidable succès, quatre ans auparavant. Le film peut être vu comme une suite de sketches ou plutôt de séquences sur les rencontres qui ponctuent le périple de cette « armée ». L’esprit général est de démystifier le Moyen Âge(1) en insistant sur l’ignorance et l’intolérance. Avec son petit groupe de parias ou d’éclopés, Brancaleone se situe en marge de cette société cruelle. Les trouvailles de scénario sont nombreuses, avec des exagérations toujours au service de l’humour. Le film peut faire penser à ce que faisaient les Monty Python, à peu près à la même époque en Angleterre. On notera quelques clins d’oeil cinématographiques(2). Il faut aussi remarquer le travail fait sur les dialogues qui utilisent une sorte de dialecte, mélange d’italien courant et de latin. Grâce à son registre de jeu très étendu, Vittorio Gassman est vraiment l’interprète idéal de ce héro frapadingue et multi-facettes. Brancaleone s’en va-t’aux croisades est une bouffonnerie très réussie. Elle: – Lui :
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Remarque :
Le film n’est sorti en France qu’en 1977 dans le cadre du festival d’humour de Chamrousse. Le premier opus n’avait pas été distribué en France.
(1) « Nous voulions démystifier le Moyen Âge, celui qu’on enseigne dans les écoles, avec ses paladins, ses chevaliers, ses pucelles, tout ce ballet de gens raffinés qui est non seulement invraisemblable mais historiquement faux. Le Moyen Âge a été une époque barbare, obscurantiste, cruelle et misérable. » (Entretien avec Mario Monicelli dans Cinéma n°230 de février 1978)
(2) Les dialogues de Brancaleone avec la Mort évoquent Le septième sceau de Bergman et le stylite sur son pilier évoque fortement Simon du désert de Bunuel.
En l’an 70 avant Jésus Christ, le fils d’un riche propriétaire hébreu quitte le domaine familial après avoir été ébloui par la beauté d’une grande prêtresse païenne… Le fils prodigue est basé sur la (courte) parabole homonyme de la Bible ; elle est donc très largement étendue et développée. Il s’agit d’une importante production avec de somptueux et couteux décors mais dont l’histoire est particulièrement manichéenne et le traitement très hollywoodien. Les dialogues sont étonnamment pauvres. Même la vision de Lana Turner en grande prêtresse de rites païens déçoit quelque peu car les scènes prêtent plutôt à sourire par leur côté kitsch vraiment marqué. L’actrice, qui n’appréciait guère de tourner dans des films à costumes, reste tout de même le meilleur atout de ce film. On notera aussi quelques bons seconds rôles. Elle: – Lui :
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Le Roméo et Juliette de Riccardo Freda est l’une des adaptations les moins connues de cette pièce de Shakespeare si délicate à porter à l’écran. Contrairement à d’autres versions (notamment la version de Cukor), les deux acteurs principaux ont bien l’âge du rôle. Toutefois, ils n’ont pas, hélas, la présence nécessaire pour donner une vraie dimension à leur personnage. Riccardo Freda s’efforce de rester le plus près possible du texte original tout en ajoutant des scènes d’action en extérieurs (étonnante scène d’ouverture qui semble sortir d’un western) et des grandes chevauchées. Il utilise largement la musique de Rachmaninov et de Tchaïkovski pour donner de l’ampleur et de la tension à certaines scènes. L’ensemble est enlevé, assez rapide même, sans aucun temps mort. Elle: – Lui :
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Voir les autres films de Riccardo Freda chroniqués sur ce blog…
Les principales adaptations de la pièce de Shakespeare : Romeo and Juliet de J. Gordon Edwards (1916) avec Theda Bara Romeo und Julia im Schnee d’Ernst Lubitsch (1920) (parodie) Roméo et Juliette (Romeo and Juliet) de George Cukor (1936)
… avec Norma Shearer et Leslie Howard Les Amants de Vérone d’André Cayatte (1949)
… avec Anouk Aimée et Serge Reggiani Roméo et Juliette (Romeo and Juliet) de Renato Castellani (1954)
… avec Laurence Harvey et Susan Shentall Roméo et Juliette (Guiletta e Romeo) de Riccardo Freda (1964) Roméo et Juliette (Romeo and Juliet) de Franco Zeffirelli (1968)
… avec Leonard Whiting et Olivia Hussey Roméo + Juliette (Romeo + Juliet) de Baz Luhrmann (1996)
… avec Leonardo DiCaprio et Claire Danes Tromeo and Juliet de Lloyd Kaufman (1996) avec Jane Jensen et Will Keenan Romeo and Juliet de Carlo Carlei (2013) avec Douglas Booth et Hailee Steinfeld
En l’an 690, époque de la dynastie Tang, le couronnement imminent la première impératrice réveille les guerres de clans. Le juge Dee va enquêter sur une série de morts bien mystérieuses… Detective Dee: Le mystère de la flamme fantôme est un subtil mélange de film d’aventures à l’ancienne et de film d’arts martiaux. Tsui Hark fait preuve d’une belle maitrise et d’un certain perfectionnisme que ce soit dans la photographie et les couleurs ou dans la chorégraphie des combats. C’est un spectacle somptueux et divertissant mais on peut ressentir une certaine lassitude après un certain moment du fait de la répétition des combats. Certains critiques y ont vu une fable politique mais cela ne saute pas vraiment aux yeux. Elle: – Lui :
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Titre allemand : « Cagliostro – Liebe und Leben eines großen Abenteurers »
(Film muet) L’aventurier italien Cagliostro s’introduit au sein de la noblesse française et même à la Cour du roi Louis XIV grâce à ses tours de magie. Disgracié, il met sur pied l’escroquerie du collier de la reine pour se venger… Cagliostro est un film perdu qui a été partiellement reconstitué récemment par la Cinémathèque Française. Des 2 heures initiales, il ne reste que 58 minutes reconstruites à partir d’une version Pathé Baby amputée pour projections familiales et de chutes (passages censurés pour leur nudité). Le film que nous pouvons voir est donc très déséquilibré, aucun personnage n’est correctement développé. Les scènes à la Cour de Versailles ont certes une belle ampleur mais l’ensemble apparaît plutôt mineur comparé aux autres films de son époque. Cagliostro est l’une des dernières productions Albatros. Elle: – Lui :
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Remarque :
Les jeunes Jean Dréville et Marcel Carné sont assistants.
>> Lire un compte-rendu intéressant écrit par Carné lui-même sur le site Marcel Carné… Le futur réalisateur mentionne trois scènes fortes à ses yeux : la Cour de Versailles, l’arrestation de Cagliostro (qui a effectivement un rythme très curieux mais dont le résultat n’est hélas guère convainquant) et enfin la fête au village (scène hélas perdue, le « clou » du film d’après lui).