7 avril 2015

La Maison de la Radio (2013) de Nicolas Philibert

La Maison de la radioLa Maison de la radio n’est pas un documentaire classique. Il peut donc dérouter car il ne dresse pas un portrait de cette grande maison, ni n’en dévoile vraiment les coulisses, ni n’apporte d’éléments pour comprendre (par exemple) les crises qu’elle traverse comme c’est le cas au moment où ces lignes sont écrites. Nicolas Philibert, dont Etre et avoir est resté dans tous les esprits, nous propose ici un collage plus sonore que visuel, avec des fragments grappillés ici et là et dont la seule structure semble être de suivre le fil d’une journée. Dans la veine du cinéma direct, il s’est totalement immergé avec une caméra légère, ne pratique aucune intervention sur le milieu, le tout avec une totale absence de commentaires ou d’indications. Son approche du documentaire est ainsi très originale et personnelle, ce qui lui permet de relever le défi de faire des images sur un media purement sonore. Cette déambulation n’est pas dénuée d’humour et se regarde (et s’écoute) avec plaisir.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs:
Voir la fiche du film et la filmographie de Nicolas Philibert sur le site IMDB.

Voir les autres films de Nicolas Philibert chroniqués sur ce blog…

Nicolas Philibert
Nicolas Philibert et sa caméra –  La Maison de la Radio

4 avril 2015

La Cible humaine (1950) de Henry King

Titre original : « The Gunfighter »

La cible humaineJimmy Ringo est connu pour être le tireur le plus rapide de l’Ouest mais cette réputation lui pèse. Constamment défié par de jeunes cowboys à la recherche de notoriété, il aspire maintenant à une vie plus calme et se rend dans la petite ville où se trouve la femme qu’il a aimée. Mais, comme partout où il se rend, son arrivée est loin de passer inaperçue et les ennuis arrivent vite… Basé sur une histoire d’André de Toth, The Gunfighter est un western assez peu traditionnel. Il n’y a que peu d’action dans ce portrait de héro fatigué. Du mythe, il nous montre le revers de la médaille. Le film se déroule quasiment en temps réel, presqu’en huis clos, deux points qui le rapprochent de High Noon (Le train sifflera trois fois) que Fred Zimmerman tournera deux ans plus tard. Henry King a tourné The Gunfighter avec une certaine simplicité et même une économie de moyens, sans musique. Gregory Peck y est affublé d’une moustache qui a, semble t-il, beaucoup dérouté à l’époque. Elle n’est pas très heureuse, il est vrai, mais lui attribuer l’échec commercial du film est certainement excessif. Celui-ci est certainement dû au manque d’action. The Gunfighter méritait mieux car c’est un film intéressant par son approche originale d’un des plus grands mythes de l’Ouest, celui du roi de la gâchette. Il est également, avec High Noon précédemment cité, l’un des premiers westerns à donner une grande place à la psychologie de ses personnages.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Gregory Peck, Helen Westcott, Millard Mitchell, Jean Parker, Karl Malden
Voir la fiche du film et la filmographie de Henry King sur le site IMDB.

The Gunfighter
Gregory Peck (et sa moustache) dans La Cible humaine d’Henry King

The Gunfighter
Gregory Peck, Karl Malden (à l’arrière plan) et Skip Homeier dans La Cible humaine d’Henry King

Remarques :
* Le film a été distribué sous plusieurs titres français : La cible humaine à sa sortie en France en 1952 puis L’Homme aux abois à sa ressortie en 1962. En Belgique, le titre fut L’Homme au revolver.

* Le personnage a bien existé, Johnny Ringo (1850-1882), un tueur hors-la-loi mort dans des conditions mystérieuses.

3 avril 2015

Livres nouvelles parutions (2 avril 2015)

Livres sur le cinéma – Les sorties de la semaine :

Cinéma, mode d'emploi :de l'argentique au numériqueTITRE : Cinéma, mode d’emploi
……… de l’argentique au numérique
DE Jean-Louis Comolli et Vincent Sorrel
EDITEUR : Verdier
SORTIE : 02 avril 2015
SUJET : Technique > Toutes les techniques
La numérisation du cinéma, de la prise de vues à la projection, menace de l’entraîner dans l’accélération générale du monde. Informations, spectacles, publicités, marchés, la pression monte…
(Lecture en cours… sera prochainement chroniqué ici).

Rêver les cinémas, demainTITRE : Rêver les cinémas, demain
………
DE Agnès Salson et Mikael Arnal
EDITEUR : Ateliers Henry Dougier
SORTIE : 02 avril 2015
SUJET : Economie
Guidés par une même passion, deux cinéphiles – Agnès Salson, étudiante en exploitation à La Fémis, et Mikael Arnal, réalisateur – se lancent pendant une année dans une aventure inédite : partir à la découverte d’une centaine de salles de cinéma indépendantes en France et rassembler sur une plateforme en ligne les initiatives innovantes qu’ils rencontrent sur la route…

De Scènes de vie à Scènes de ménagesTITRE : De Scènes de vie à Scènes de ménages
………
DE Gérard Hernandez
EDITEUR : Le Cherche Midi
SORTIE : 02 avril 2015
SUJET : Acteur > Gérard Hernandez
Même après soixante ans de carrière, de rencontres et d’amitiés avec les plus grands – de Jean Poiret à Bernard Giraudeau en passant par Jean Becker –, Gérard Hernandez n’est pas homme à raconter ses mémoires…

John Belushi : Folle et tragique vie d'un Blues BrotherTITRE : John Belushi
……… Folle et tragique vie d’un Blues Brother
DE Bob Woodward
EDITEUR : Capricci
SORTIE : 02 avril 2015
SUJET : Acteur > John Belushi
Enquête sur la vie de l’acteur comique, retrouvé mort d’une overdose au Château Marmont, à Los Angeles, en mars 1982. A partir de nombreux témoignages, son ascension fulgurante à Hollywood puis sa plongée dans l’enfer de la drogue sont retracées.

300 citations pour les amoureux de cinémaTITRE : 300 citations pour les amoureux de cinéma
………
DE Mélanie Carpentier et Alessandro Rizzo
EDITEUR : Dunod
SORTIE : 01 avril 2015
SUJET : Les Films > Répliques et dialogues
Cet ouvrage rassemble 300 citations sur le cinéma. Chacune d’elles émane d’un grand nom du cinéma, acteur ou réalisateur, qui a marqué son histoire…

2 avril 2015

Un pilote revient (1942) de Roberto Rossellini

Titre original : « Un pilota ritorna »

Un pilote revientUn jeune pilote italien effectue avec son escadrille des bombardements sur le Grèce. Lorsque son avion est abattu, il est fait prisonnier par les anglais et doit faire face à des conditions difficiles tout en gardant un fort désire d’évasion… Avant Rome, Ville ouverte, Roberto Rossellini a tourné trois longs métrages pendant la guerre, films qui ont souvent été classés comme des films de propagande. Il en effet difficile de qualifier autrement des films produits par Vittorio Mussolini, fils du Duce, qui a en outre fourni ici la base de l’histoire (rappelons que le fils du dictateur avait alors la main sur tout le cinéma italien). Dans cette optique, il est toutefois assez étonnant de voir que Un pilote revient n’est pas tant un film qui exalte l’esprit guerrier mais plutôt un film qui montre les conséquences de la guerre sous des aspects assez réalistes, même rebutants. Il met en relief les doutes et les souffrances. Le qualifier de film antimilitariste comme l’ont fait certains critiques est certainement aller un peu loin dans l’autre sens, cependant. Il faut sans doute y voir là quelques signes annonciateurs du néoréalisme mais rien de plus. La réalisation est assez classique. Rossellini n’était pas encore au stade de créer un nouveau style, il se définissait alors plus par rapport à ses maîtres (Eisenstein, Renoir, etc.)
Elle:
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Massimo Girotti
Voir la fiche du film et la filmographie de Roberto Rossellini sur le site IMDB.

Voir les autres films de Roberto Rossellini chroniqués sur ce blog…

Voir les livres sur Roberto Rossellini

Un pilote revient de Roberto Rossellini
Massimo Girotti (à droite) dans Un pilote revient de Roberto Rossellini

Remarques :
* Vittorio Mussolini apparait au générique sous le nom de Tito Silvio Mursini
* Un pilote revient a été tourné très majoritairement avec des acteurs non professionnels, les soldats sont de vrais soldats, les pilotes sont des membres de l’aviation italienne, des prisonniers anglais ont été utilisés pour jouer des soldats anglais.

* Les trois premiers longs métrages de Rossellini réalisés sous le fascisme :
1. Le Navire blanc (La Nave bianca, 1941) consacré à la Marine
2. Un pilote revient (Un pilota ritorna, 1942) consacré à l’Aviation
3. L’Homme à la croix (L’Uomo dala croce, 1943) consacré à l’Armée de terre.

31 mars 2015

Sommaire de mars 2015

Peau d'âneÀ chaque aube je meursIndiscretStromboliHistoires extraordinairesBronco ApacheLa Flèche briséeL'impitoyable

Peau d’âne

(1970) de Jacques Demy

À chaque aube je meurs

(1939) de William Keighley

Indiscret

(1958) de Stanley Donen

Stromboli

(1950) de Roberto Rossellini

Histoires extraordinaires

(1968) de Federico Fellini, Louis Malle et Roger Vadim

Bronco Apache

(1954) de Robert Aldrich

La Flèche brisée

(1950) de Delmer Daves

L’impitoyable

(1948) de Edgar G. Ulmer

LooperFélicie NanteuilOn a volé un tramAllemagne année zéroL'Adieu aux armesMoby DickRue sans issueBlue Velvet

Looper

(2012) de Rian Johnson

Félicie Nanteuil

(1942) de Marc Allégret

On a volé un tram

(1954) de Luis Buñuel

Allemagne année zéro

(1948) de Roberto Rossellini

L’Adieu aux armes

(1932) de Frank Borzage

Moby Dick

(1956) de John Huston

Rue sans issue

(1937) de William Wyler

Blue Velvet

(1986) de David Lynch

Le Retour de l'abominable Dr. PhibesL'abominable Dr. PhibesLes EnchaînésLe labyrinthe de PanThelma et LouiseLivre : Helmut Berger autoportraitLe Choc des mondesPaïsa

Le Retour de l’abominable Dr. Phibes

(1972) de Robert Fuest

L’abominable Dr. Phibes

(1971) de Robert Fuest

Les Enchaînés

(1946) de Alfred Hitchcock

Le labyrinthe de Pan

(2006) de Guillermo del Toro

Thelma et Louise

(1991) de Ridley Scott

Livre : Helmut Berger autoportrait

(2015) Editions Séguier

Le Choc des mondes

(1951) de Rudolph Maté

Païsa

(1946) de Roberto Rossellini

Un crime dans la têteThe Unsuspected

Un crime dans la tête

(1962) de John Frankenheimer

The Unsuspected

(1947) de Michael Curtiz

Nombre de billets : 26

30 mars 2015

Peau d’âne (1970) de Jacques Demy

Peau d'âneMourante, une reine se fait promettre par le roi de ne prendre pour nouvelle épouse qu’une femme plus belle qu’elle. Mais la seule personne capable de rivaliser avec sa beauté n’est autre que sa propre fille, et le roi la demande en mariage. Pour échapper à cette union incestueuse et sur les conseils de sa marraine la Fée des Lilas, la princesse demande à son père des robes irréalisables, mais il parvient toujours à les lui offrir. Elle lui demande alors de sacrifier son âne qui produit des écus d’or et le roi s’exécute. La princesse s’enfuit alors dans la forêt, revêtue de la peau de l’âne et se fait passer pour une fille de ferme, une souillon… Dans sa version de Charles Perrault, le conte populaire Peau d’âne serait le premier conte de fées français jamais écrit. L’adaptation au cinéma qu’en a fait Jacques Demy est une féérie visuelle : les décors sont splendides, les costumes somptueux. Demy place quelques anachronismes savoureux dans cette histoire où tout est possible. Même pour une personne (comme moi) qui n’est pas un grand amateur des musiques de Michel Legrand, les chansons ne sont pas envahissantes et apportent de belles respirations. Peau d’âne forme un ensemble très réussi qui est loin de n’être qu’un film pour enfants. Le film a été restauré ce que permet de profiter pleinement de sa belle palette de couleurs.
Elle: 4 étoiles
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Catherine Deneuve, Jean Marais, Jacques Perrin, Micheline Presle, Delphine Seyrig, Fernand Ledoux
Voir la fiche du film et la filmographie de Jacques Demy sur le site IMDB.
Voir les autres films de Jacques Demy chroniqués sur ce blog…

Voir les livres sur Jacques Demy… et le (très récent) livre sur Peau d’âne

Voir le mini-site dédiée à Peau d’âne sur le site de la Cinémathèque
(nombreux documents)

Peau d'âne
Catherine Deneuve dans Peau d’âne de Jacques Demy

Remarques :
* Peau d’âne a été tourné au château de Chambord (le château rouge) et au château du Plessis-Bourré au nord d’Angers (le château bleu). Les scènes de ferme et de forêt ont été tournées au château de Neuville dans les Yvelines et la scène finale au château de Pierrefonds dans l’Oise.

29 mars 2015

À chaque aube je meurs (1939) de William Keighley

Titre original : « Each Dawn I Die »

À chaque aube je meursPour avoir accusé de corruption le procureur général, un journaliste (James Cagney) est condamné pour un meurtre qu’il n’a pas commis et envoyé en prison pour une longue peine. Là, il fait la connaissance d’un gangster (George Raft)… Tourné à la fin des années trente, Each Dawn I Die est un film quelque peu surprenant : plus qu’un « film de gangster », genre qui a marqué la décennie, il s’agit plutôt d’un film dénonçant l’univers carcéral et la façon dont il endurcit et radicalise les comportements. L’histoire n’est guère crédible sans que cela n’entame sa force, grâce notamment à la formidable présence à l’écran de James Cagney, et aussi de George Raft, la mise en scène de William Keighley n’ayant en revanche rien de remarquable. Grâce à ces deux acteurs, Each Dawn I Die est particulièrement convaincant.
Lui : 3 étoiles

Acteurs: James Cagney, George Raft, Jane Bryan, George Bancroft
Voir la fiche du film et la filmographie de William Keighley sur le site IMDB.

Voir les autres films de William Keighley chroniqués sur ce blog…

James Cagney et George Raft dans Each Dawn I Die
James Cagney et George Raft dans Each Dawn I Die de William Keighley

27 mars 2015

Indiscret (1958) de Stanley Donen

Titre original : « Indiscreet »

IndiscretAnna est une actrice célèbre à Londres mais elle n’a pas réussi à trouver l’homme de sa vie. Grâce à sa soeur, elle fait la connaissance d’un américain spécialiste de questions financières et se sent immédiatement attirée par lui. Hélas, il lui annonce qu’il est déjà marié… Retrouver le couple formé par Ingrid Bergman et Cary Grant douze ans après le très beau Notorious d’Alfred Hitchcock était assez alléchant. Hélas, cette comédie qui se déroule dans la bonne société londonienne se révèle sans grand intérêt et même plutôt ennuyeuse. Adapté d’une pièce de Norman Krasna qui n’avait pas eu grand succès à Broadway, Indiscret est une comédie sans surprise qui tente sans y parvenir de retrouver le ton léger et enlevé des comédies screwball. Le film fut un grand succès. Le charme de ses deux acteurs principaux n’y est certainement pas étranger.
Lui : 2 étoiles

Acteurs: Cary Grant, Ingrid Bergman, Cecil Parker, Phyllis Calvert
Voir la fiche du film et la filmographie de Stanley Donen sur le site IMDB.

Voir les autres films de Stanley Donen chroniqués sur ce blog…

Indiscret (1958) de Stanley Donen
Ingrid Bergman et Cary Grant dans Indiscret de Stanley Donen

 

Indiscret (1958) de Stanley Donen
La censure ayant manifesté son opposition à toute scène montrant Ingrid Bergman et Cary Grant dans le même lit (alors que leurs personnages ne sont pas mariés), Stanley Donen eut recours à l’astuce du split-screen : l’écran est partagé en deux montrant chacun en train de téléphoner à l’autre depuis son lit. Cette astuce sera reprise largement par Michael Gordon pour son film Pillow Talk l’année suivante.

26 mars 2015

Stromboli (1950) de Roberto Rossellini

StromboliA la fin de la guerre, une jeune femme originaire des Pays baltes épouse un ex-soldat pour échapper au camp de réfugiés où elle croupissait sans ressources. Il l’emmène dans son île natale, une île inhospitalière sous la menace permanente d’un volcan en activité. La jeune femme a tout de suite un sentiment de rejet envers cet endroit totalement isolé dont elle se sent prisonnière… Stromboli est le premier des films de Roberto Rossellini avec Ingrid Bergman. C’est aussi et surtout le premier de ses films intimistes où il cherche à sonder l’âme humaine, des films plus métaphysiques que les trois films sur la guerre qui le précèdent. A l’aspect presque documentaire du film se mêle le parcours initiatique d’une jeune femme qui sera finalement touchée par la grâce, par le charme de l’île. Stromboli a ainsi une connotation spirituelle et religieuse qui est manifeste dans la célèbre scène de la pêche au thon, scène absolument extraordinaire qui évoque l’Epiphanie, et bien entendu toute la scène finale, véritable aboutissement du parcours de la jeune femme. La sortie du film a été marquée par le scandale des deux côtés de l’Atlantique causé par la liaison entre Ingrid Bergman et Rossellini.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Ingrid Bergman, Mario Vitale
Voir la fiche du film et la filmographie de Roberto Rossellini sur le site IMDB.

Voir les autres films de Roberto Rossellini chroniqués sur ce blog…

Voir les livres sur Roberto Rossellini

Stromboli de Roberto Rossellini
Ingrid Bergman et Mario Vitale dans Stromboli de Roberto Rossellini

Remarques :
* L’île-volcan de Stromboli est l’une des îles Éoliennes au nord de la Sicile. Le film a bien entendu été tourné sur place. Les habitants des villages, situés au pied du volcan, ont participé au tournage du film. Une éruption eut lieu pendant le tournage, celle que l’on peut voir dans le film.

* Le rôle principal était initialement prévu pour Anna Magnani qui avait une aventure avec Rossellini quand Ingrid Bergman a fait irruption.

* La lettre que Ingrid Bergman a écrite à Rossellini est restée célèbre :
« Cher Monsieur Rossellini,
J’ai vu vos films Rome, ville ouverte et Païsan et les ai beaucoup appréciés. Si vous avez besoin d’une actrice suédoise qui sait très bien parler anglais, qui n’a pas oublié son allemand, qui n’est pas très compréhensible en français, et qui en italien ne sait dire que « ti amo », alors je suis prête à venir faire un film avec vous.
Ingrid Bergman »

* Dans son autobiographie, Ingrid Bergman raconte comment elle a eu beaucoup de mal à se faire aux méthodes « peu professionnelles » de Rossellini et à tourner avec les habitants locaux dont elle ne comprenait pas le moindre mot…

* Mario Vitale avait été engagé comme porteur de matériel.

* Pendant le tournage, Ingrid Bergman et Roberto Rossellini tombèrent amoureux l’un de l’autre. Le scandale fut très important quand on apprit que l’actrice était enceinte. Ils étaient, chacun de leur côté, marié avec enfants. Howard Hughes (alors à la tête de la RKO) fera faire des coupes sans en parler à Rossellini. Des voix réactionnaires se feront entendre jusqu’au sein du Sénat américain et des autorités religieuses feront campagne contre le film. Finalement, le scandale sera bénéfique au film qui fera d’énormes entrées dès le premier jour aux Etats-Unis. Il sera toutefois méprisé par la critique. Ingrid Bergman épousera Rossellini peu après la sortie du film.

* Le film a donné un attrait touristique à l’île qui abrite aujourd’hui 750 habitants dans deux petites enclaves aux deux extrémités. Un port a été aménagé et l’électricité installée. Le volcan s’élève jusqu’à 926 mètres au dessus de la mer, il est en activité quasi permanente. La profondeur des eaux à l’entour étant d’environ 1000 mètres, le volcan se dresse donc sur 2000 mètres.

Stromboli
Le Stromboli aujourd’hui (photo sous licence CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons)

25 mars 2015

Histoires extraordinaires (1968) de Federico Fellini, Louis Malle et Roger Vadim

Histoires extraordinairesTrois adaptations d’une histoire d’Edgar Poe par trois réalisateurs différents :
1. Metzengerstein de Roger Vadim avec Jane Fonda, Peter Fonda : Au Moyen-âge, une jeune et riche comtesse dilapide son temps en orgies et en jeux cruels.
2. William Wilson de Louis Malle avec Alain Delon et Brigitte Bardot : Un jeune officier, cruel et sadique, de l’armée hongroise confesse à un abbé qu’il a tué son double.
3. Toby Dammit de Federico Fellini avec Terence Stamp : Un acteur anglais alcoolique et décadent arrive à Rome pour tourner un « western catholique »…

Histoires extraordinaires est hélas plutôt décevant. Pour Roger Vadim, le film est surtout l’occasion de mettre en valeur sa femme Jane Fonda en jeune comtesse cruelle aux moeurs dépravées, dans de superbes tenues affriolantes. Elle est effectivement très agréable à regarder mais l’histoire, peu développée, est moins intéressante. On pourra tout de même remarquer l’habileté de Vadim pour faire jouer les animaux, notamment les chevaux. Le sketch de Louis Malle n’est guère plus remarquable : Brigitte Bardot, attifée d’une perruque brune mal ajustée, joue épouvantablement et le thème du Bien et du Mal y est bien mal traité. Heureusement, Fellini joue dans une toute autre cour, on s’en rend compte dès les premières minutes. On retrouve ici certains de ses thèmes favoris, notamment celui d’un monde du spectacle très superficiel et artificiel. Mais le véritable thème de son sketch est plus sur la représentation de la mort. Il est difficile de ne pas penser au propre vécu du cinéaste : victime d’une embolie, Fellini a frôlé la mort et ce sketch est le premier film qu’il tourne après une longue convalescence. Face à la fausseté du monde qui l’entoure, son personnage ne trouve d’issue que dans une course hallucinée vers la mort.
Elle:
Lui : 2 étoiles (Sketch de Fellini : 3 étoiles)

Acteurs: Jane Fonda, Peter Fonda, Brigitte Bardot, Alain Delon, Terence Stamp
Voir la fiche du film sur le site IMDB.

Voir les autres films de Federico Fellini chroniqués sur ce blog…
Voir les autres films de Roger Vadim chroniqués sur ce blog…
Voir les autres films de Louis Malle chroniqués sur ce blog…

Histoires extraordinaires (1968) de Roger Vadim
Jane Fonda dans Metzengerstein de Roger Vadim, l’un des trois sketches de Histoires extraordinaires (1968).

Histoires extraordinaires (1968) de Louis Malle
Brigitte Bardot et Alain Delon dans William Wilson de Louis Malle, l’un des trois sketches de Histoires extraordinaires (1968).

Histoires extraordinaires (1968) de Federico Fellini
Terence Stamp dans Toby Dammit de Federico Fellini, l’un des trois sketches de Histoires extraordinaires (1968).

Remarques :
* Les trois réalisateurs initialement prévues étaient Orson Welles, Luis Bunuel et Federico Fellini.
* Le sketch de Roger Vadim est le seul film où les deux enfants d’Henry Fonda, Jane et Peter, apparaissent ensemble.