10 mars 2015

L’abominable Dr. Phibes (1971) de Robert Fuest

Titre original : « The Abominable Dr. Phibes »

L'abominable Dr. PhibesDans les années 1920, un mystérieux personnage, vêtu d’une grande cape noire, assassine des médecins avec une mise en scène qui intrigue Scotland Yard… L’abominable Dr. Phibes est un film très étonnant. Il faut sans doute le classer dans les films d’horreur du fait des meurtres perpétrés, mais l’inventivité et l’humour déployé le mettent indéniablement à part. L’inventivité est évidente dans les mises en scène pour donner la mort, se calquant sur les dix plaies d’Egypte de la Bible, mais cette inventivité est aussi présente dans l’intérieur de la demeure du Docteur Phibes, ses automates et son propre personnage (il a une façon de boire le champagne qui n’est pas banale…) L’humour est tout aussi omniprésent, dans l’excès de raffinement des mises en scène macabres et surtout chez les policiers enquêteurs. Vincent Price est bien entendu l’acteur idéal pour le rôle du docteur maléfique. Il a un jeu démonstratif malgré son visage figé. L’ensemble n’est pas à prendre au sérieux, L’abominable Dr. Phibes est avant tout un divertissement.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Vincent Price, Joseph Cotten, Hugh Griffith, Virginia North, Peter Jeffrey
Voir la fiche du film et la filmographie de Robert Fuest sur le site IMDB.

Voir les autres films de Robert Fuest chroniqués sur ce blog…

Remarque :
* Robert Fuest, qui aurait presque totalement réécrit le scénario, a débuté comme Art Director de la série Chapeau melon et Bottes de cuir dont il a également réalisé quelques épisodes. Il a effectivement une certaine similitude avec cette série dans les mises en scène excessivement élaborées.
* On peut supposer que le film (avec ses références bibliques) a été l’une des sources d’inspiration de David Fincher pour Seven.

L'abominable Dr. Phibes de Robert Fuest

Une réflexion sur « L’abominable Dr. Phibes (1971) de Robert Fuest »

  1. J’ai adoré ce film atypique, mélange d’horreur, d’ésotérisme, de thriller de tueur en série, d’humour anglais, aux décors baroques magnifiques. Un revenant au visage complètement détruit qui se venge du mal qu’on lui a fait : le film fourmille de références à des films-culte du genre, en vrac: le fantôme de l’opéra (l’orgue souterrain, le masque arraché à la toute fin du film), « masques de cire », superbe film de Curtiz de 1933 en couleurs bichromes (les têtes en cire brûlées après chaque meurtre). Les fioles et tuyaux pleins de sang sortent tout droit des vieux Dracula; le bal masqué du début rappelle furieusement Judex (Franju). Les machines à tuer sont délirantes d’imagination, Price est merveilleusement cynique. Un film qui ne se prend jamais au sérieux, sans être vraiment une parodie. Bref, un plaisir à plusieurs niveaux qui pardonne volontiers quelques lourdeurs.

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