(Court métrage muet, 2 bobines) Laurel et Hardy sont deux amis sans le sou. Un jour, Hardy apprend qu’il touche un héritage. Il promet à Laurel de l’engager comme majordome. Le soir de son anniversaire, Hardy rentre éméché chez lui et joue des mauvais tours à Laurel… Early to Bed est le premier film que Laurel et Hardy interprètent seuls : aucun autre personnage hormis un chien intelligent nommé Buster (tiens tiens…) Les rapports entre les deux compères sont inhabituels : Laurel est le plus sage des deux et Hardy, le plus souvent hilare, profite de son statut social supérieur pour tourmenter le pauvre Laurel qui doit tout subir en silence… jusqu’à ce qu’il se révolte. Peu de gags intéressants hormis une fontaine avec des gargouilles à l’image de son propriétaire qui est bien utilisée de diverses façons. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Frank, un homme d’origine modeste, a gravi l’échelle sociale à force de travail. Il est contraint à la démission de son poste de cadre d’une entreprise de fret à la suite d’une mauvaise décision prise dans l’urgence. En perdant progressivement ses repères, il se rend compte qu’il a sacrifié sa famille à un travail qui ne lui rend pas ses efforts…
Pour son premier long métrage, le jeune réalisateur suisse Antoine Russbach montre une grande maitrise, aussi bien dans la mise en scène que dans l’écriture et le déroulement du scénario. Le propos est assez riche, c’est à la fois une réflexion sur la place du travail dans la vie de chacun et la mise en évidence d’une contradiction : si notre réaction est de condamner Frank pour le crime qu’il a commis, la suite du récit met en évidence que ce jugement relève d’une certaine hypocrisie. Le réalisateur affirme avoir voulu faire un film ni pro ni anti capitaliste, sa démarche est en effet plus subtile que cela. Il déroule son raisonnement sans effets dramatiques ni explosion, de façon implacable et froide à l’image de son personnage principal, merveilleux interprété par Olivier Gourmet. Ce type de rôle lui va, il est vrai, comme un gant. La bande son est la seule ombre au tableau, les bruitages et bruits ambiants étant mixés très forts, mais c’est un défaut minime. Ceux qui travaillent est une belle réussite. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Les Bons Vivants, alias Un grand seigneur, est un film en trois sketches :
1) La Fermeture (réal. Gilles Grangier) : Monsieur Charles et Madame Blanche sont bien tristes : leur maison close doit fermer, c’est la Loi. En guise d’adieu, ils offrent un cadeau à chacune des pensionnaires. L’une d’elle, Lucette, reçoit l’enseigne (une lanterne)…
2) Le Procès (réal. Gilles Grangier) : Quelques années plus tard, Lucette est devenue baronne. Deux petits truands ont dérobé chez elle des bijoux et la fameuse lanterne à laquelle elle tient beaucoup. Elle vient témoigner à leur procès…
3) Les Bons Vivants (réal. Georges Lautner) : Léon Haudepin, notable d’une petite ville et célibataire, rencontre Héloïse, ancienne pensionnaire de la maison close…
Le scénario de ces trois sketches est signé par Albert Simonin et Michel Audiard. Il s’agit de variations humoristiques sur le thème des maisons closes. Le sujet permet de montrer des jeunes filles en tenue légère, ce qui pouvait perturber les esprits les plus émotifs dans les années soixante. Aujourd’hui, cet effet un peu racoleur, ne fonctionne plus vraiment. Mais le film a été mal considéré et beaucoup l’ont qualifié de « vulgaire » ce qui paraît un peu injuste car, précisément, les scénaristes parviennent à éviter de tomber dans le « salace ». Non, l’humour repose essentiellement sur le fait de parler d’une maison close comme d’une activité respectable et de transformer en moral ce qui est habituellement considéré comme amoral. La seule chose que l’on puisse reprocher, c’est d’en offrir une vision idyllique et bon enfant, c’est une vision de « client » : la réalité des maisons closes était certainement loin d’être aussi joyeuse. Le premier sketch paraît un peu long, mais les deux autres sont plus enlevés, très amusants et même hilarants par moment. Les acteurs s’en donnent à coeur joie et semblent aussi beaucoup s’amuser. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Voir les autres films de Gilles Grangier chroniqués sur ce blog…
Voir les autres films de Georges Lautner chroniqués sur ce blog…
Remarques :
* En avril 1946, la loi Marthe Richard a aboli le régime de la prostitution réglementée en France qui existait depuis 1804. Elle a imposé la fermeture des maisons closes (alias « maisons de tolérance »). La loi a pu bénéficier du climat ambiant, la plupart des tenanciers étant mouillés dans la collaboration.
* Dans son livre d’entretiens avec Bernard Bastide, Une vie de cinéma, Bernadette Lafont raconte quelques anecdotes sur Louis de Funès, qui n’admettait pas que l’on fasse des gros plans sur d’autres acteurs que lui. Pour éviter qu’il reste à râler dans un coin, un assistant lui proposait de l’accompagner pour boire un verre à la buvette du studio. En revenant et comprenant le subterfuge, il faisait un signe avec ses doigts qui signifiait « on coupera au montage ! »
Bernard Blier décroche sa lanterne dans le 1er sketch de Les bons vivants de Gilles Grangier et Georges Lautner.
Mireille Darc, Louis de Funès et Bernadette Lafont dans le 3e sketch de Les bons vivants de Gilles Grangier et Georges Lautner.
Son fils Philippe ayant échoué au bac, M. Bosquier décide de l’envoyer étudier en Angleterre. En contrepartie, il accueille Shirley, la fille de Mac Farrel, un distillateur de whisky écossais. Mais Philippe préfère rester en vacances en France et envoie son copain Michonnet à sa place…
L’histoire en elle-même n’est pas l’élément le plus important dans cette comédie burlesque. Elle est surtout là pour engendrer des poursuites rocambolesques avec le maximum de moyens de locomotion différents. Elle doit aussi permettre à Louis de Funès de s’énerver et piquer de grandes colères pour notre plus grand plaisir. Vu aujourd’hui, le film se révèle plutôt amusant. A noter que la scène du repas anglais traduit les forts préjugés de l’époque envers la cuisine anglaise. Enorme succès populaire à sa sortie. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Remarques :
* Le cascadeur Jean Falloux est décédé pendant le tournage de ce film lors d’une cascade aérienne. Il était l’époux de la speakerine Anne-Marie Peysson. Ce film lui est dédié.
* Le fils sage est interprété par le fils de Louis de Funès, Oliver de Funès, qui a tourné dans six films avec lui.
* La scène de la fête des mariages semble trop incroyable pour être inventée. Effectivement, Gretna Green existe bel et bien. Voici ce que nous dit Wikipédia : « Gretna Green est un village du Sud de l’Écosse, célèbre pour la possibilité qu’il offrait aux couples mineurs de s’y marier sans autorisation des parents (…) Gretna Green est l’un des lieux du monde les plus populaires pour se marier. Il s’y célèbre en effet quelque 5 000 mariages chaque année. Sa réputation dans ce domaine a commencé en 1754. » Etonnant… non ?
Louis de Funès et Maurice Risch dans Les grandes vacances de Jean Girault.
En Chine, dans la ville de Datong, Bin, accompagné de sa maîtresse Qiao, règne sur un réseau local de pègre. C’est le tout début du XXIe siècle et les jeunes gens dansent en boîte de nuit sur la musique de Village People tandis que l’économie locale est menacée par le déclin de l’exploitation du charbon… Les Éternels est un film franco-japano-chinois écrit et réalisé par Jia Zhangke. C’est le récit des amours tourmentés entre une femme et un chef de pègre locale racontée sur plusieurs années, en trois volets situés en 2000, 2006 et 2017. En arrière-plan, c’est aussi un portrait de la Chine en pleine mutation, des changements très rapides et très inégaux, avec transplantations de populations, fermetures brutales d’usines et un paysage urbain qui paraît déshumanisé. Le récit est centré sur un personnage fort, celui de la jeune femme interprétée par Zhao Tao, la muse et compagne du cinéaste. Le rythme est par moments très lent et le film paraît alors bien long. La critique a réservé un accueil chaleureux au film, mettant surtout en avant le regard porté sur la Chine. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Voir les autres films de Jia Zhangke chroniqués sur ce blog…
Remarque :
* Le sens du titre original est « Fils et filles de Jianghu ». Si « Jianghu » signifie littéralement « rivières et lacs », l’expression « Fils et filles de Jianghu » désigne dans la littérature les gens en marge de la société traditionnelle de la Chine impériale, tels que les bandits, les combattants, les chevaliers errants mais aussi les prostituées, vagabonds, … (Lire le premier commentaire ci-dessous pour plus de précisions.)
Zhao Tao et Liao Fan dans Les Éternels (Jiang hu er nü) de Jia Zhangke.
Alors que Sibyl décide de stopper son activité de psychothérapeute pour écrire un roman, l’une de ses clientes, une actrice en plein désarroi, l’appelle à l’aide. D’abord réticente, elle accepte de s’occuper d’elle et, sans lui dire, en fait la principale source d’inspiration de son roman…
Après l’excellent Victoria, Justine Triet bâtit une nouvelle fois un film autour de Virginie Efira. L’actrice est de presque tous les plans et fait une belle prestation, n’allant trop loin qu’à de rares moments. L’histoire aurait pu être très forte mais tout est gâché par une construction perturbante : dès le début, la réalisatrice mêle maladroitement la réalité avec des scènes dont on ne sait s’il s’agit de flashback ou de scènes imaginées, ce qui déroute et donne une impression de fouillis incompréhensible. Les éclaircissements arrivent plus tard, tôt tard car notre intérêt s’est alors envolé. Certaines audaces de construction demandent une grande maitrise. Bizarrement, la critique ne semble pas avoir ressenti ce problème et a réservé un très bon accueil au film. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Charlie Chan arrive à Shanghaï dans le cadre d’une mission pour le gouvernement américain pour aider à arrêter un réseau de contrebande de l’opium. Il est l’invité d’honneur d’un banquet tenu dans la soirée, animée par Sir Stanley Woodland. Lorsque Sir Stanley ouvre une boîte pour donner un parchemin manuscrit à Charlie, il est abattu par une arme à feu placée à l’intérieur de la boîte. Charlie Chan rencontre le chef de la police et s’engage à découvrir le coupable… Charlie Chan à Shanghaï est le neuvième film produit par la Fox avec Warner Oland dans le rôle du détective sino-américain Charlie Chan qui revient ici sur « la terre de ses honorables ancêtres ». L’exotisme est toutefois réduit, la coloration chinoise n’est pas vraiment exploitée, tous les protagonistes de cette énigme sont des occidentaux, y compris les méchants. Charlie Chan est ici secondé pour la deuxième fois par son fils qui apparaitra ensuite de façon récurrente. L’enquête est simple mais bien construite. L’ensemble est bien équilibré et plaisant. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Mado, l’accorte et peu farouche concierge d’un immeuble de Montmartre, est poignardée. L’inspecteur Brénot enquête. Il est secondé par une fort jolie femme, Irène Cazenave, veuve de l’un de ses collègues, qui venait juste d’emménager dans l’immeuble. Elle se révèle une excellente adjointe, interrogeant avec discrétion les nombreux suspects. Mado avait en effet attisé la haine et la jalousie de tous ou presque dans le voisinage… Minuit… quai de Bercy est adapté d’un roman de Pierre Lamblin La concierge n’est plus dans l’escalier. C’est un film policier assez classique, reprenant des recettes éprouvées (1). Plus qu’une enquête, il s’agit plutôt d’une série de portraits de personnages au caractère prononcé (parfois trop). Tous les acteurs tiennent leur rôle avec professionnalisme mais il n’y a rien qui puisse nous enthousiasmer réellement. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Trente ans de la vie d’une famille chinoise, des années 1980 aux années 2010, marquée par un deuil soudain…
Wang Xiaoshuai a écrit et réalisé So Long, My Son. A travers ce portrait d’un couple durablement marqué par un drame, il cherche à montrer comment la politique de contrôle des naissances en Chine a profondément influencé la vie de toute une génération de parents. Le film est très long (3 heures), particulièrement lent, mais le plus déroutant pour le spectateur est la structure du récit « en puzzle ». Le réalisateur assume le flou ainsi créé tout en espérant que les incertitudes sont ensuite levées. En réalité, on perd mentalement beaucoup de temps à essayer de recoller les morceaux sans vraiment y parvenir. A moins d’avoir lu à l’avance le synopsis remis en ordre normal (lire sur Wikipédia), il faudrait certainement visionner le film une deuxième fois pour entrevoir et éventuellement apprécier tout l’intérêt de cette structure éclatée. Les bruits d’ambiance et d’arrière-plan sont forts et constants. Le film a été plutôt bien reçu par la critique. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Voir les autres films de Wang Xiaoshuai chroniqués sur ce blog…
Remarques :
* Nos notes auraient certainement été différentes si nous avions pu lire le synopsis avant de voir le film (un principe que nous ne souhaitons pas adopter mais qui, dans le cas présent, semble indispensable).
* Wang Xiaoshuai explique : « Aujourd’hui, notamment chez les jeunes générations, il y a une plus grande prise de conscience de l’importance de l’épanouissement individuel, mais la réalité chinoise telle que je la perçois, c’est que ce pays ne s’est jamais complètement éloigné de la primauté du collectif sur l’individu ».
* A propos du titre original :
地久天长 (Dì jiǔ tiān cháng), littéralement « terre ancienne ciel vaste » est un idiome de Lao Tseu généralement compris comme « perdurer aux côtés de la création », et véhicule ainsi l’idée d’éternel.
Yong Mei et Wang Jingchun dans So Long, My Son (Di Jiu Tian Chang) de Wang Xiaoshuai