Alan Colby, héritier d’une immense fortune, réapparaît après une absence de sept ans, mais il est assassiné avant de pouvoir réclamer son héritage. Les suspects ne manquent pas et Charlie Chan tente de découvrir le coupable… Charlie Chan’s Secret est le dixième film de la série Charlie Chan interprété par Warner Oland. Ce personnage de détective sino-américain a été originalement créé en 1925 par l’écrivain américain Earl Derr Biggers qui en a fait le héros d’une série de romans policiers avant qu’Hollywood s’en empare. Dans cet épisode, son enquête se déroule presque entièrement dans l’ancienne maison, en grande partie inoccupée, du défunt où sa vieille (et riche) tante a pour habitude de faire des séances de spiritisme. L’atmosphère penche donc vers le paranormal. Il y a de bonnes trouvailles de scénario et l’ensemble est assez prenant. L’humour est présent par petites touches et le détective n’est pas avare en allégories et en proverbes. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Le séduisant Marcel Dulac atterrit à Paris la veille de Noël avec l’idée de passer le réveillon avec l’une de ses anciennes maitresses. Il est poliment éconduit et, ne voulant pas réveillonner seul, il ensorcelle Françoise, une jeune vendeuse de mode, esseulée comme lui. Il lui offre la superbe robe exposée en vitrine dont elle rêvait depuis si longtemps …
Sur un scénario écrit par Jacques Sigurd, Les Amants de minuit reprend le thème de Cendrillon en le transposant dans le monde moderne. C’est en effet un véritable prince charmant qui offre une soirée de rêve à une jeune fille empruntée qui n’intéresse personne. Elle sait que leur histoire sera sans lendemain (il lui a dit dès le début qu’il doit reprendre l’avion à l’aube) mais jouit de chaque instant de ce rêve qui lui donne l’illusion de l’amour. L’histoire est charmante mais, si Roger Richebé s’applique à donner une mise en soignée à son film, il manque la patte d’un grand réalisateur qui l’aurait porté bien plus haut. Le résultat est finalement bien terne. Le plus étonnant est le dénouement : Roger Richebé est son propre producteur et il donne à son film une fin triste (mais cohérente toutefois) que probablement aucun producteur classique n’aurait acceptée. Le couple Jean Marais – Dany Robin a assuré la réussite du film auprès du grand public. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
En Inde, en 1887, un indien musulman est choisi par les autorités coloniales britanniques pour aller présenter un cadeau d’une pièce commémorative à la Reine Victoria à l’occasion de son jubilé. La reine le remarque et, séduit par sa beauté et son enthousiasme, lui demande d’être son secrétaire particulier… Confident Royal est adapté du livre Victoria & Abdul de Shrabani Basu, basé sur des faits historiques dont la pleine connaissance n’est que très récente (la révélation des carnets de Mohammed Abdul Karim par ses descendants en Inde en 2010). Stephen Frears a pris quelques libertés pour donner plus d’impact à son film. Il dresse un portrait plutôt indulgent de la Reine Victoria, celui d’une femme souffrant de la solitude et du rôle qu’on lui fait jouer ; certains critiques le lui ont reproché. Cependant, le fond du propos ne fait aucun doute : il s’agit de fustiger l’esprit colonial britannique et les rigidités protocolaires et de prôner la tolérance. Tout l’art de Stephen Frears est de faire passer un message assez fort tout en donnant un ton léger à son film. La reconstitution est particulièrement soignée et Judi Dench fait une prestation remarquable. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Dans le monde imaginaire Thra, un gigantesque cristal accumule la lumière des trois soleils qui éclairent la planète pour la restituer sous forme d’énergie vitale. Le cristal s’est assombri depuis mille ans. Il est gardé jalousement par les dix Skeksis, rapaces reptiliens hargneux et cruels, au détriment de dix paisibles UrRus mais une prophétie prédit qu’un Gelfling, être d’allure elfique, saura restaurer l’éclat original du cristal… Dark Crystal est un film américain de fantasy, produit et réalisé par Jim Henson et Frank Oz, les créateurs du Muppet Show. Les personnages et créatures du film sont donc entièrement animés grâce à des marionnettes. Si l’histoire peut paraître assez classique, reposant sur l’opposition du Bien et du Mal, elle est néanmoins assez belle dans sa simplicité. Le récit est vraiment magique grâce à une inventivité foisonnante dans les décors, les plantes intelligentes, les êtres et créatures de ce monde féérique. Ces créatures et une bonne partie des décors ont été conçus par l’illustrateur britannique Brian Froud et son épouse Wendy. La richesse est admirable et nous sommes sans cesse étonnés par ce que nous voyons. Vu aujourd’hui, l’ensemble n’a guère vieilli, seules quelques incrustations trahissent l’âge du film. Une nouvelle version restaurée est sortie en 2019. Fraichement accueilli par la critique à sa sortie, le film a néanmoins conquis le public et Dark Crystal est devenu un classique de la fantasy. Elle: – Lui :
Lecteurs : (1 notes, moyenne : 5,00 sur 5, vous pouvez noter ce film)
Remarque :
* Une suite à Dark Crystal avait été annoncée en 2009 par la Jim Henson Company mais elle n’a jamais vu le jour. En revanche, une série télévisée de 10 épisodes Dark Crystal : Age of Resistance a été produite en 2019, l’histoire étant une préquelle du film de 1982.
Sans se connaître, deux trentenaires, Rémy et Mélanie, vivent dans le même quartier à Paris dans deux immeubles mitoyens, au même étage. Ils tentent de faire des rencontres sans succès…
Vingt trois ans après Chacun cherche son chat, Cédric Klaspisch reprend le thème de la solitude des grandes villes pour voir si l’avènement des réseaux sociaux avait changé la donne. En réalité, cet aspect n’est qu’effleuré, l’essentiel de ce double portrait se concentrant plutôt sur la fragilité et le manque de confiance en soi. Relevé de quelques notes d’humour, l’ensemble est un peu terne, les deux personnages étant sans doute un peu trop lisses, et le volet psychanalytique pourra paraître nourri de poncifs.
Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Alors que les insectes font leurs récoltes d’hiver, un petit groupe de fourmis noires des bois du Mercantour se rend dans une épicerie pour y chaparder une boîte de sucre. Mais elles se font attaquer par les fourmis rouges. Dépassée par la situation, l’une d’elles décide de faire appel à son ami la coccinelle pour leur venir en aide. Dans la bataille, le fils de la coccinelle, qui l’a suivi, tombe accidentellement dans un carton à destination de la Guadeloupe. Le père parvient à suivre le paquet et à prendre le même avion…
Suite de Minuscule – La vallée des fourmis perdues (2013), ce film d’animation français reprend le même principe : il mélange de l’animation en images de synthèse et des décors en prises de vue réelles, y compris cette fois avec des personnages humains réels. Il n’y a pas de dialogues parlés, seulement des bruitages : les insectes parlent entre eux avec des sons. Les déplacements sont ceux des animaux mais tout le reste, notamment leur intelligence, est anthropomorphique. Leur aptitude à soulever des poids énormes est phénoménale. A mes yeux, ce nouvel opus est moins réussi, l’humour fonctionne moins bien, l’histoire est moins prenante, enchainant des situations trop abracadabrantes. Il y a tout de même quelques bons moments et la réalisation reste parfaite. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Dans les années 1750, le prêtre jésuite espagnol Père Gabriel pénètre dans la jungle aux confins de l’Argentine, du Paraguay et du Brésil dans le but de convertir la communauté Guarani au christianisme. Il gagne leur confiance grâce à la musique. Il est rejoint par un ancien mercenaire et marchand d’esclave qui cherche à se racheter d’avoir tué son frère. Mais un traité signé en Europe a établi le partage entre portugais et espagnols sur ces territoires; De plus, les gouvernements cherchent à diminuer l’influence des Jésuites…
Sur un scénario de l’anglais Robert Bolt (qui a beaucoup écrit pour David Lean), The Mission relate de façon très condensée les quelque 150 ans d’histoire des missions catholiques guaranies (1). Le britannique Roland Joffé, souvent décrit comme un cinéaste engagé (qualificatif qui peut convenir à la première moitié de sa filmographie), montre la réalité de la conquête du Nouveau Monde par les espagnols et les portugais, et surtout le dilemme moral des hommes d’église partagés entre humanisme et obéissance aux autorités de tutelle. Mais, dans ce film, ce ne sont pas les intentions qui posent problème mais la volonté évidente de créer un film commercial à grand spectacle, avec force effets de caméra, utilisation de décors naturels grandioses (les chutes d’Iguazú) et une musique tonitruante et grandiloquente d’Ennio Morricone. Tout cela est bien trop visible et donne un caractère artificiel à l’ensemble qui nous éloigne du récit. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Voir les autres films de Roland Joffé chroniqués sur ce blog…
Remarque :
* Palme d’Or au Festival de Cannes 1986. Ce choix surprenant a été d’autant plus critiqué que la sélection cette année-là était de grande qualité.
(1) Le terme exact pour désigner les missions catholiques en Amérique du Sud des XVIIe et XVIIIe siècles est « réductions » (« réduire » étant à prendre ici dans le sens de « soumettre »). Une réduction est un village autonome administré par un conseil élu uniquement composé d’Indiens. Le territoire lui-même est contrôlé et administré par les Jésuites qui veillent à garder son indépendance vis-à-vis des colonies espagnoles et portugaises voisines.
Robert De Niro et Jeremy Irons dans Mission (The Mission) de Roland Joffé.
Dans un petit village des Vosges, Pierre Perdrix est un capitaine de gendarmerie de 37 ans installé dans une existence routinière. De passage dans la région, Juliette se fait voler sa voiture par une bande de nudistes révolutionnaires qui prônent le renoncement au superflu et sèment le trouble dans la région en dépouillant les gens. La jeune femme fantasque et fougueuse va bouleverser sa vie…
Erwan Le Duc a écrit et réalisé Perdrix, une comédie sentimentale fortement teintée d’humour qui est son premier long métrage. Il y mêle habilement le saugrenu et la mélancolie ; les petits questionnements existentiels arrivent de façon inattendue. L’humour s’appuie sur toute une galerie de personnages, tous montrant un caractère bien particulier. Le style a parfois été comparé aux films de Wes Anderson, à juste titre. Perdrix est une belle réussite, un film très original, surprenant et très amusant. Elle: Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
La duchesse de Maulévrier a le coeur accueillant, un mari « aveugle » et un ami dévoué qui lui présente un homme qu’il vient de rencontrer, le comte de Latour-Latour. La duchesse et le comte deviennent amants. De son côté, le duc de Maulévrier, académicien, cherche un nouvel immortel pour un fauteuil vacant. A la suite d’un quiproquo, il sera amené à patronner la candidature de l’amant de sa femme… L’Habit vert est adapté d’une pièce écrite en 1913 par Robert de Flers (marquis de La Motte-Lézeau, comte de Flers…) et Gaston Arman de Caillavet. Cette comédie ridiculise fortement l’Académie française qui semble ne pas s’en être offusquée puisqu’elle a accueilli Robert de Flers en son sein quelques années plus tard, en 1920! C’est aussi une critique des institutions puisque le président de la République est lui aussi tourné en ridicule. Les acteurs s’en donnent à cœur joie, Elvire Popesco et Jules Berry ont un jeu très exubérant qui pourra agacer. Bien qu’assez conventionnelle, l’histoire est assez amusante grâce à des dialogues assez savoureux mais le film souffre du manque d’inspiration de la mise en scène de Roger Richebé. Le film donne en effet beaucoup trop l’impression de n’être que du théâtre filmé. Elle: – Lui :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Remarque :
* Bernard Blier, dans un tout petit rôle non crédité au générique, est ici dans un de ses tous premiers films (ses premières apparitions au cinéma datent de cette année 1937).
(à gauche) Elvire Popesco et Jules Berry et ??
(à droite) Elvire Popesco, Meg Lemonnier, André Lefaur et Victor Boucher
dans L’habit vert de Roger Richebé.